Taourga
Taourga (en kabyle : Tawerga, en tifinagh : ⵜⴰⵡⴻⵔⴳⴰ ; en arabe : تاورقة), dénommée Horace-Vernet durant la colonisation française, est une commune de la wilaya de Boumerdès, en Algérie, située en Grande Kabylie, entre Alger et Tizi Ouzou. Commune rurale et montagneuse, elle est notamment connue pour sa filière avicole, spécialisée dans la production de poussins reproducteurs.
| Taourga | ||||
| Noms | ||||
|---|---|---|---|---|
| Nom amazigh | ⵜⴰⵡⴻⵔⴳⴰ | |||
| Nom kabyle | Tawerga | |||
| Administration | ||||
| Pays | ||||
| Région | Kabylie | |||
| Wilaya | Boumerdès | |||
| Daïra | Baghlia | |||
| Code postal | 35029[1] | |||
| Code ONS | 3525 | |||
| Démographie | ||||
| Gentilé | Iwarguiwen | |||
| Population | 9 994 hab. (2008 [2]) | |||
| Densité | 370 hab./km2 | |||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | 36° 47′ 38″ nord, 3° 56′ 47″ est | |||
| Altitude | Min. 300 m Max. 700m m |
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| Superficie | 27 km2 | |||
| Localisation | ||||
Localisation de Taourga | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Algérie
Géolocalisation sur la carte : Algérie
Géolocalisation sur la carte : Algérie (nord)
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Géographie
modifierSituation
modifierTaourga est située à l'extrême est de la wilaya de Boumerdès, dans la région de la Grande Kabylie, à 95 km à l'est d'Alger et à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Tizi Ouzou. La ville côtière de Dellys, sur la mer Méditerranée, se trouve à environ 15 km au nord. La commune relève administrativement de la daïra de Baghlia[3].
Relief
modifierLe relief de la commune est montagneux, l'altitude variant entre 300 et 700 mètres.
Voies de communication
modifierLa commune est desservie par le chemin de wilaya 52 (CW52), accessible depuis la route nationale 12 reliant Alger à Tizi Ouzou, par une bifurcation à hauteur de Naciria. L'état dégradé de cette route contribue à l'enclavement de la localité, décrit par la presse nationale comme l'un des principaux freins à son développement[3].
Localités de la commune
modifierLa commune de Taourga est composée des villages et hameaux suivants : Aïn Tingrine, Beni Attar, Bouhbachou, Bouhciène, El Kodiat, El Djemaâa, Ighil Tamravatt, Laghdaïr, Mazer et Taourga.
Toponymie
modifierHistoire
modifierAntiquité
modifierDes vestiges datant des époques numide et romaine, notamment des jarres et des pierres taillées, ont été mis au jour de manière fortuite dans plusieurs localités de la commune, dont les cimetières de Thadarth et d'Afir n'Twarga ainsi que le lieu-dit Acharidj n'Bouafroun. Une première découverte avait eu lieu en 1989 à la suite d'un glissement de terrain. Selon la presse locale, le site correspondrait à l'antique Tigist[5],.
Période coloniale
modifierLe 12 mai 1844, durant la conquête de l'Algérie par la France, le combat de Taourga oppose les troupes françaises, dont les 26e et 48e régiments d'infanterie de ligne, aux populations locales. Un centre de colonisation est ensuite créé sur le territoire et prend, en 1891, le nom d'Horace-Vernet, en hommage au peintre Horace Vernet[6].
Depuis l'indépendance
modifierLe centre de peuplement est érigé en commune en 1956 et rattaché au département de Tizi Ouzou. Lors du découpage administratif de 1984, la commune de Taourga est rattachée à la wilaya de Boumerdès, au sein de la daïra de Baghlia.
Démographie
modifierSelon le recensement général de la population et de l'habitat de 2008, la commune de Taourga comptait 9'994 habitants[7]. La population est répartie sur une dizaine de villages et hameaux, pour une superficie communale d'environ 27 km2.
Administration
modifierLa commune de Taourga est administrée par une Assemblée populaire communale (APC). Saïd Boulouache préside l'assemblée à la fin des années 2010[8] ; Makhlouf Khedim lui succède à l'issue des élections locales de novembre 2021[3].
Population et société
modifierLangues
modifierTaourga se situe dans l'aire kabylophone qui couvre la partie orientale de la wilaya de Boumerdès, en Grande Kabylie. Le kabyle (taqbaylit), variante du tamazight, y est la langue vernaculaire et y cohabite avec l'arabe algérien[9]. Comme dans l'ensemble du pays, l'arabe est langue officielle ; le tamazight, langue nationale depuis 2002, est également langue officielle depuis la révision constitutionnelle de 2016[10]. La signalétique publique de la commune est bilingue, comme en témoigne le panneau d'entrée de la ville rédigé en arabe et en kabyle.
Économie
modifierTaourga est une commune à vocation agricole, dont le territoire est couvert de champs d'oliviers et de figuiers. Les activités traditionnelles y sont l'oléiculture, l'apiculture et l'agriculture de montagne[8].
La commune s'est surtout spécialisée dans l'aviculture, en particulier la production de poussins reproducteurs. En 2018, plus de 300 éleveurs exerçaient dans cette filière, et la localité fournissait, selon la presse nationale, plus de 40 % de la demande algérienne en poussins reproducteurs, approvisionnant plusieurs wilayas du pays[8]. La filière avicole constitue le principal pourvoyeur d'emplois de la commune ; son activité a toutefois fortement reculé au début des années 2020, dans un contexte de crise sanitaire et de renchérissement des matières premières[3].
Personnalités liées à la commune
modifier- Rezki Zérarti, peintre, né en 1938 à Beni Attar.
- Chérif Arbouz, écrivain, né en 1930 à Tizi Rached et vécut la plus grande partie de son enfance à Taourga.
- Boualem Kara, chanteur et poète d'expression kabyle.
- Karim Doudane, ancien joueur de la JS Kabylie.
- Abdelkrim Doudène (1972-), footballeur, y est né.
- Ahmed Benamane, écrivain et penseur algérien.
- Saïd Slyemi, né en 1925, syndicaliste et militant de la Fédération de France durant la guerre d'indépendance[11].
Notes et références
modifier- ↑ « Boumerdès 35000 - Code postal de la wilaya par localité en Algérie », sur algerie-poste.net (consulté le ).
- ↑ « Recensement Génaral de la Population et de l’Habitat », sur wilaya-boumerdes.dz (consulté le ).
- 1 2 3 4 Nacer Zerrouki, « Taourga, la commune oubliée », Liberté, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Adolphe Hanoteau et Aristide Horace Letourneux, La Kabylie et les coutumes kabyles (lire en ligne).
- ↑ « Des vestiges archéologiques découverts à Taourga », sur lecourrier-dalgerie.com, (consulté le ).
- ↑ « Horace-Vernet (Algérie) », sur Archives nationales d'outre-mer (consulté le ).
- ↑ « Recensement général de la population et de l'habitat », sur wilaya-boumerdes.dz (consulté le ).
- 1 2 3 B. Khider, « Boumerdès : Taourga, une commune enclavée qui ambitionne de devenir un grand pôle avicole », sur lecourrier-dalgerie.com, (consulté le ).
- ↑ Salem Chaker, « Kabylie : La langue », Encyclopédie berbère, no 26, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Constitution de la République algérienne démocratique et populaire, article 4 », sur joradp.dz (consulté le ).
- ↑ « SLYEMI Saïd [Dictionnaire Algérie] – Maitron » (consulté le )