Ma'alot-Tarshiha
Ma'alot-Tarshiha (en hébreu : מַעֲלוֹת-תַּרְשִׁיחָא ; en arabe : معالوت ترشيحا) est une ville mixte du district nord en Israël, à environ 7km de la frontière entre Israël et le Liban. Elle se trouve à 20 kilomètres à l'est de Nahariya, 20 kilomètres à l'ouest de Safed et 15 kilomètres au nord de Carmiel.
| Ma'alot-Tarshiha (he) מַעֲלוֹת-תַּרְשִׁיחָא (ar) معالوت ترشيحا | |
Héraldique |
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| Administration | |
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| Pays | |
| District | District nord |
| Géographie | |
| Coordonnées | 33° 01′ 00″ nord, 35° 16′ 00″ est |
| Localisation | |
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La ville se situe en Galilée occidentale, à une altitude d'environ 600 mètres au-dessus du niveau de la mer. Sa population est composée d'une majorité de juifs (environ 64 %), ainsi que d'une importante minorité arabe (musulmans : environ 12 % ; chrétiens : environ 12 %) et de quelques familles druzes.
La ville était à l'origine composée de deux villages, un juif et un arabe. Ma'alot et Tarshiha ont fusionné et ont obtenu le statut de ville en 1995. Le maire actuel est Moti Ben David.
Histoire
modifierTarshiha
modifierEpoque médiévale
modifierOn trouve mention de la localité de Tarshiha dès les XIIe-XIIIe siècle dans un cadastre de la période des croisades.
Tersyha ou Torsia était un casal ou chesal relevant du Château du Roi (Castellum Regis). Le fief fut vendu en 1220 par Othon, comte de Henneberg à l'Ordre Teutonique[1].
D'après la tradition populaire arabe, le nom de Tarshiha proviendrait du cananéen et signifie "La montagne (tôr) du buisson (sih'a)", ou encore de la conjonction des mots "Târ" ( ) et "Chih'a" (Chi'ha Jamal al-Din, cheikh légendaire qui combattit les croisés du haut de ces montagnes) (en arabe : طار شيحא).
La localité est apparaît également sous le nom de "terrain de Scheïha" (Tîn Cheîha) par Étienne Marc Quatremère dans sa traduction de lHistoire des Sultans mamelouks de l'Égypte (I, B, 32), d'Ahmad al-Maqrîzî (1837-1845) parmi les fiefs octroyés par Baybars à ses émirs dans le territoire de Césarée. Selon la Revue archéologique, l'orthographe d'Étienne Marc Quatremère doit être corrigée en Teîr Chîha. Les variantes d'orthographe incluent Tersyha, Tersia, Torsia, etc[2].
Sous l'empire ottoman
modifierAu XVIIIe siècle, le chef bédouin Dhaher al-Omar procéda à des transferts de population : il fit venir des chrétiens du Liban dans le village de Mi'ilya et installa les habitants musulmans de Mi'ilya à Tarshiha. Cette dernière vit ensuite son importance régionale croître, la plaçant comme lieu stratégique entre Safed et Acre.
L'explorateur français spécialiste de la Terre d'Israël, Victor Guérin, visita Tarshiha en 1870. Il rapporta que la bourgade était divisée en quatre quartiers, chacun dirigé par son propre cheikh.
Il nota aussi que la localité comptait 2 000 musulmans disposant de trois mosquées, dont la principale avait été construite par le gouverneur d'Acre, Abdallah Pacha. À leurs côtés vivaient environ 500 chrétiens de rite grec-catholique (melkite), résidant dans leur propre quartier. Ces derniers faisaient construire à l'époque, sous la supervision de l'évêque melkite d'Acre, une nouvelle église destinée à remplacer la précédente qui était délabrée.
Période mandataire
modifierTarshiha a figuré dans la campagne de Syrie, ou opération Exporter, qui désigne l'invasion par les Alliés de la Grande Syrie (actuellement Syrie et Liban), alors contrôlée par le gouvernement de Vichy, lors de la Seconde Guerre mondiale entre juin et après que la région a servi de support à des activités allemandes lors de la guerre anglo-irakienne. Le jour de la libération de Tyr, le , l'avancée des Australiens "se fit de terre tôt dans la matinée de dimanche. La principale poussée se fit en direction de Tarshiha dans le Nord. Elle commença à 6 heures et Tyr fut occupée à 16 heures 30."[3].
Guerre de 1948
modifierEn 1948, Tarshiha a été occupée par la milice de Fawzi al-Qawuqji[4]. De là, il a bombardé la colonie juive de Yechiam.
Période israélienne
modifierDepuis la création de l’État d’Israël, Ma’alot s’est développée comme l’un des principaux centres urbains de la Haute-Galilée occidentale. Fondée en 1957 en tant que ville de développement, elle accueillit au cours de ses premières années de nombreux immigrants, notamment originaires d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et, par la suite, de l’ex-Union soviétique. En 1963, Ma’alot fusionna avec la localité voisine de Tarshiha pour former la municipalité de Ma’alot-Tarshiha, réunissant une population majoritairement juive et une population arabe, principalement chrétienne et musulmane.
Au fil des décennies, la ville s’est affirmée comme un centre régional de services, de commerce et d’industrie pour les localités environnantes. Plusieurs zones industrielles et commerciales se sont développées, accueillant des entreprises actives dans les secteurs de la métallurgie, des plastiques, de l’agroalimentaire et des technologies. L’amélioration des infrastructures routières a renforcé les liens de Ma’alot-Tarshiha avec Acre, Nahariya et les autres villes de Galilée.
La ville est également devenue une destination touristique grâce à son environnement naturel. Située à proximité du lac de Monfort, de la réserve naturelle de Nahal Kziv et de plusieurs forêts et sentiers de randonnée, elle attire de nombreux visiteurs tout au long de l’année. Le parc du lac de Monfort, aménagé au cœur de la ville, comprend notamment des installations sportives, un lac artificiel, des espaces de loisirs et une patinoire, contribuant à l’attractivité touristique de la région.
Aujourd’hui, Ma’alot-Tarshiha est reconnue pour son développement économique, son système éducatif et sa diversité culturelle. La coopération entre les communautés qui composent la ville, son rôle régional dans la Haute-Galilée et la qualité de son cadre naturel en font l’un des principaux centres urbains du nord-ouest d’Israël.
En mai 1974, trois membres du Front démocratique pour la libération de la Palestine infiltrés depuis le Liban commettent le massacre de Ma'alot, prenant en otage plus de cent élèves dans une école de la ville. L’attaque fait 31 morts israéliens, dont 22 enfants.
Notes et références
modifier- ↑ Emmanuel-Guillaume (1837-1916) Auteur du texte Rey, Les colonies franques de Syrie aux XIIe et XIIIe siècles / par E. Rey,..., (lire en ligne)
- ↑ « Revue archéologique », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ « Istanboul », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ « Hehaloutz : bulletin intérieur édité par le Mérkaz Hehaloutz en France », sur Gallica, (consulté le )
Articles connexes
modifier- Massacre de Ma'alot
- « Hehaloutz : bulletin intérieur édité par le Mérkaz Hehaloutz en France », sur Gallica, (consulté le )
- « Revue archéologique », sur Gallica, (consulté le )
- « Les colonies franques de Syrie aux XIIe et XIIIe siècles », sur Gallica, (consulté le )
- « Istanboul », sur Gallica, (consulté le )