Taxi en Algérie
Les taxis en Algérie constituent un mode de transport privé de voyageurs assuré par des véhicules automobiles contre rémunération. Ils comprennent les taxis individuels, qui effectuent des courses à la demande, et les taxis collectifs, qui transportent plusieurs voyageurs selon des itinéraires déterminés. Ces services assurent aussi bien des déplacements à l'intérieur des agglomérations que des liaisons entre communes et entre wilayas.
Réglementation
modifierL'activité de transport par taxi est réglementée par l'État et soumise à une autorisation d'exploitation. Le décret exécutif no 12-230 du constitue l'un des principaux textes réglementaires régissant l'activité. Il distingue les services de taxi individuel, les services de taxi collectif urbain et les services de taxi collectif non urbain[1].
Le taxi individuel assure un service à la demande, en location indivise, tandis que le taxi collectif fonctionne en location divisée et dessert un itinéraire déterminé. Les services collectifs non urbains comprennent les liaisons intercommunales et interwilayas[1].
Le décret exécutif no 16-82 du 1er mars 2016 a modifié et complété le décret de 2012, notamment en ce qui concerne les conditions d'accès à l'activité, l'autorisation d'exploitation et les obligations imposées aux exploitants[2].
Le cahier des charges applicable aux services de taxi fixe les caractéristiques des véhicules et les obligations des conducteurs. Pour le taxi individuel, le véhicule doit notamment être équipé d'un taximètre permettant de déterminer le montant de la course. Le conducteur doit déclencher celui-ci au début du trajet et respecter les tarifs en vigueur[3].
Le conducteur doit également respecter les obligations relatives à l'identification du véhicule, aux points de stationnement, à l'affichage des tarifs et au transport des voyageurs et de leurs bagages. Les taximètres sont soumis aux contrôles prévus par la réglementation de la métrologie légale[3].
Types de taxis
modifierTaxis urbains
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Les taxis urbains assurent des déplacements à l'intérieur d'un périmètre de transport urbain. Ils comprennent les taxis individuels et les taxis collectifs urbains. Le taxi individuel fonctionne à la demande, sans itinéraire imposé, tandis que le taxi collectif urbain circule sur un itinéraire fixe et transporte plusieurs voyageurs dans le cadre d'une location divisée[1].
Le taxi individuel doit être équipé d'un taximètre. Le conducteur est tenu de le mettre en fonctionnement au début de la course et d'appliquer le tarif réglementaire[3].
Toutefois, des pratiques différentes du fonctionnement réglementaire ont été documentées. Une enquête publiée en novembre 2013, à partir d'informations de l'Algérie Presse Service recueillies à Blida, rapporte que des chauffeurs de taxis urbains négociaient directement avec leurs clients le prix des courses au lieu de se conformer au montant affiché par le taximètre. Certains chauffeurs expliquaient cette pratique par la faiblesse des revenus obtenus avec le tarif réglementé[4].
La même enquête rapporte que certains chauffeurs préféraient conserver le régime du taxi individuel plutôt que d'exercer officiellement comme taxis collectifs. Ils invoquaient notamment les contraintes liées à l'identification des véhicules, dont la peinture en jaune, ainsi que les difficultés de revente qu'ils associaient à cette modification[4].
En décembre 2015, le wali d'Alger a tenté d'imposer une livrée orange et noire, mais s'est heurté à l'opposition des syndicats de taxis[5].
Taxis collectifs
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Les taxis collectifs transportent plusieurs voyageurs dans un même véhicule selon le principe de la location divisée. Chaque passager acquitte le tarif correspondant à sa place. La réglementation distingue les taxis collectifs urbains et les taxis collectifs non urbains[1].
Les taxis collectifs urbains circulent sur des itinéraires fixes à l'intérieur des périmètres de transport urbain. Les taxis collectifs non urbains assurent quant à eux des liaisons intercommunales ou interwilayas[1].
Les véhicules affectés au transport collectif doivent répondre à des caractéristiques particulières et porter des dispositifs permettant d'identifier le service exploité. Le cahier des charges prévoit notamment un dispositif lumineux placé sur la partie avant du toit indiquant la catégorie du taxi collectif[3].
Taxis interwilayas
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Les taxis interwilayas assurent des liaisons entre différentes wilayas selon des itinéraires déterminés. Ils appartiennent à la catégorie des taxis collectifs non urbains prévue par la réglementation. Celle-ci comprend également les services de taxi collectif intercommunal[1].
Ces services sont exploités en location divisée. Les véhicules utilisés pour le transport collectif non urbain peuvent comporter jusqu'à huit places assises, hors conducteur[2].
Les taxis interwilayas doivent respecter les points de stationnement prévus pour ce type de service et les conditions fixées par le cahier des charges. Les véhicules sont notamment identifiés par un dispositif lumineux correspondant à leur catégorie de transport[3].
Évolution du secteur
modifierLa réglementation des taxis en Algérie est antérieure au dispositif actuellement en vigueur. L'arrêté du constitue l'un des premiers textes réglementant spécifiquement l'activité de taxi durant la période contemporaine. Le décret no 86-287 du 9 décembre 1986 a ensuite fixé les modalités d'attribution des licences d'exploitation d'un service de taxi.
L'arrêté du 16 mars 1994 portant réglementation du transport effectué par taxis distingue le taxi individuel et le taxi collectif. Le premier assure des prestations à la demande et en location indivise, tandis que le second assure des services urbains, intercommunaux et interwilayas selon le principe de la location divisée[6].
Le décret exécutif no 12-230 du 24 mai 2012 a renouvelé le cadre réglementaire en distinguant les taxis individuels, les taxis collectifs urbains et les taxis collectifs non urbains. Cette dernière catégorie regroupe les services intercommunaux et interwilayas[1].
La réforme de 2016 a modifié ce dispositif et précisé les conditions d'exercice de l'activité. Elle a notamment été accompagnée par la publication d'un nouveau cahier des charges définissant les caractéristiques des véhicules, les obligations des conducteurs et les modalités d'exploitation des différents services de taxi[2],[3].
À partir de la fin des années 2010, le secteur du transport individuel à la demande connaît l'apparition de services reposant sur des applications mobiles.
Ces plateformes mettent en relation les voyageurs et les conducteurs et permettent de commander une course depuis un téléphone mobile, avec des informations relatives au trajet et au conducteur. L’apparition de ces services constitue une évolution du transport à la demande en Algérie, en parallèle du réseau traditionnel de taxis. Elle a également soulevé un flou juridique concernant le statut des VTC, leurs conditions d’exercice et leur articulation avec le secteur des taxis traditionnels, conduisant les pouvoirs publics à envisager un cadre réglementaire spécifique pour les conducteurs et les plateformes[7],[8].
Parmi les premières plateformes développées en Algérie figure Yassir. Lancée à Alger en 2017, elle met initialement en relation les utilisateurs avec des chauffeurs de taxi au moyen d'une application mobile. Le client peut renseigner son lieu de départ et sa destination et obtenir notamment une estimation de la durée et du prix du trajet. Le paiement étant directement perçu en espèces par le chauffeur, celui-ci reverse ensuite une commission à la plateforme. Ce modèle contribue à la rentabilité rapide de la start-up, atteinte huit mois seulement après son lancement[9],[10].
Le développement du marché voit ensuite apparaître plusieurs autres plateformes de réservation et de mise en relation entre passagers et conducteurs. Parmi celles-ci figurent notamment TemTem, Coursa, Wesselni, Heetch , Indrive et Careem[11],[12],[13],[14],[15],[16].
Le développement des véhicules de transport avec chauffeur (VTC) a également soulevé la question de leur statut juridique et de leur articulation avec la réglementation applicable aux taxis. En avril 2026, Abdelghani Hamani, directeur des transports routiers et de la logistique au ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, indique que l’activité des VTC s’exerce alors sans autorisation officielle du ministère des Transports. Il précise qu’une réflexion est engagée, en concertation avec les syndicats de taxis, afin de définir les modalités d’intégration de ce mode de transport dans un cadre réglementaire adapté[17].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 « Décret exécutif n° 12-230 du 24 mai 2012 portant réglementation du transport par taxi » [PDF], sur Journal officiel de la République algérienne, (consulté le )
- 1 2 3 « Décret exécutif n° 16-82 du 1er mars 2016 modifiant et complétant le décret exécutif n° 12-230 du 24 mai 2012 portant réglementation du transport par taxi » [PDF], sur Journal officiel de la République algérienne, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 « Cahier des charges relatif aux conditions et modalités d'exploitation d'un service de taxi » [PDF], sur Journal officiel de la République algérienne, (consulté le )
- 1 2 « TAXIS À BLIDA — Le compteur pour ne pas toucher à la couleur » [PDF], sur dknews.dz, (consulté le )
- ↑ « Uniformisation de la couleur des taxis : La wilaya d'Alger annule », sur Autobip.com (consulté le ).
- ↑ « Arrêté du 16 mars 1994 portant réglementation du transport effectué par taxis » [PDF], sur Journal officiel de la République algérienne, (consulté le )
- ↑ Zine Haddadi, « Activité des VTC : la fin du flou juridique », sur L'Algérie Aujourd'hui, (consulté le )
- ↑ Ali Amzal, « Le gouvernement promet une réglementation : Reconnaissance légale des VTC en Algérie », sur L'Expression, (consulté le )
- ↑ « Introduction d'une application mobile pour le transport par taxi », sur Radio Algérienne, (consulté le )
- ↑ Xavier Thomann, « Yassir, une success story valorisée à plusieurs centaines de millions de dollars », sur Le Revenu, (consulté le )
- ↑ Eco Times, « Lamia Rouaz, Directrice générale de Careem Algérie : « Notre ambition est de devenir la Supper App de la région MENA » », sur ECOTIMES, (consulté le )
- ↑ Ouramdane Mehenni, « Wesselni : lancement de nouveaux services », sur Algérie Eco, (consulté le )
- ↑ « Application mobile : Coursa, un nouveau service de chauffeurs privés, entre dans l’arène », sur NTICWEB, (consulté le )
- ↑ Théau Monnet, « Transports : Temtem vise une levée de fonds record pour une start-up algérienne », sur Jeune Afrique, (consulté le )
- ↑ « inDrive Algérie : Engagement en faveur de la sécurité des passagers et des conducteurs », sur Algérie Eco, (consulté le )
- ↑ « La start-up « Heetch » s’installe en Algérie », sur Algérie Eco, (consulté le )
- ↑ Rédaction, « Nouveau code de la route, tarification des taxis, VTC : un responsable du secteur des Transports s’exprime », sur Algérie Eco, (consulté le )