Tchakhars

sous-groupe des Mongols

Les Tchakhars (mongol : ᠴᠠᠬᠠᠷ, VPMC : chaqar, cyrillique : Цахар, MNS : Tsakhar ; chinois simplifié : 察哈尔 ; chinois traditionnel : 察哈爾 ; pinyin : cháhā'ěr) sont un sous-groupe des Mongols.

Femmes Tchakhares en 1874
Yourtes du peuple nomade chahar. Mongolie-Intérieure, en Chine, 1874

Historiquement liés aux derniers empereurs mongols indépendants, ils résident aujourd'hui principalement dans la région autonome de Mongolie-Intérieure, en Chine. Le dialecte tchakhar sert de base au mongol standard parlé en Mongolie-Intérieure.

Histoire

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Les Tchakhars apparaissent dans les sources historiques au cours de la seconde moitié du XVe siècle comme l'un des six tümens (divisions administratives et militaires) des Mongols. Ils occupent alors le nord de l'actuelle ligue de Xilin Gol. Après le règne de Dayan Khan, le tümen des Tchakhars devient l'apanage personnel des grands khans Gengiskhanides de la dynastie Yuan du Nord. Sous le règne de Daraisun Küdeng Khan, le groupe migre vers l'est, franchissant le Grand Khingan pour s'installer dans la vallée de la Shara Mören[1].

Au début du XVIIe siècle, la politique de centralisation menée par Ligdan Khan provoque la révolte de plusieurs districts (otogs) Tchakhars en 1627. Attaqué par la montée en puissance des Mandchous en 1632, Ligdan Khan fuit vers l'ouest avec les Tchakhars restants. Après sa mort, ses fils se rendent à la nouvelle dynastie Qing. Les Tchakhars sont alors réinstallés sous la forme de bannières autonomes dans le centre-sud de la Mongolie-Intérieure[1].

En 1675, Burni et Lubsang, les petits-fils de Ligdan Khan, se révoltent contre le pouvoir Qing. Suite à leur défaite, la noblesse gengiskhanide des Tchakhars est dépouillée de ses privilèges. Les bannières Tchakhars perdent leur autonomie et sont directement intégrées au système militaire des Huit Bannières de l'Empire Qing. La cour impériale y établit également quatre « pâturages » (sürüg) destinés à l'approvisionnement de la cour en viande, montures et produits laitiers. L'ensemble de ces structures administratives est placé sous l'autorité d'un officiel mandchou (dutong) stationné à Zhangjiakou[1].

À partir de 1903, la mise en œuvre des réformes Qing entraîne une colonisation chinoise massive et forcée des terres Tchakhars, en particulier sur le flanc droit. Ce phénomène est accéléré par la construction de voies ferrées à partir de 1907. En 1928, la République de Chine divise la Mongolie-Intérieure en provinces : le flanc droit chakhar est rattaché au Suiyuan, tandis que le flanc gauche est intégré à la province du Chahar. Pendant l'occupation japonaise (1937–1945), les élites Tchakhars jouent un rôle actif au sein du gouvernement autonome mongol du prince Demchugdongrub. Après la guerre civile chinoise, les territoires Tchakhars sont intégrés au gouvernement autonome de Mongolie-Intérieure (créé par les communistes en 1947). Les réorganisations administratives de 1954 et 1958 stabilisent les frontières actuelles, rattachant définitivement le flanc gauche à la ligue de Xilin Gol et le flanc droit à Ulaan Chab[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 (en) Christopher Pratt Atwood, Encyclopedia of Mongolia and the Mongol Empire, Facts On File, (ISBN 978-0-8160-4671-3, lire en ligne), p. 88-89

Annexes

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Bibliographie

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  • (en) Alan J. K. Sanders, « Chahar (Tsahar, Qahar) », in Historical Dictionary of Mongolia, Scarecrow Press, 2010 (3e éd.), p. 143 (ISBN 9780810874527)

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