Tchormaghan
Tchormaghan noïon (cyrillique : Чормаган хорчи, MNS : Chormagan Khorchi), également orthographié Chormaqan Noyan ou Chormagan Noyan, était un noyan et un général de l'empire mongol sous les règnes de Genghis Khan et d'Ögödei, souvent mentionné dans l'Histoire secrète des Mongols.
Biographie
modifierSous le règne de Gengis Khan, Tchormaqan commence sa carrière comme porte-carquois au sein du Kheshig (la garde impériale)[1]. Il a probablement participé aux campagnes mongoles dans le nord de la Chine et au raid de Subötai et de Djebé autour de la Caspienne en 1222-1223.
En 1229, le nouvel empereur, Ögödei, l'envoie conquérir le Moyen-Orient à l'ouest du fleuve Amou-Daria, avec pour mission spécifique de soumettre Jalal al-Din, le sultan fugitif du Khwarezm. Il lance trois tumens (unité de 10000), soit environ 90 000 soldats, contre le Khwârazm-Shah Jalal ad-Din, qui traversent rapidement le Khorasan et marchent sur l’Azerbaïdjan. Jalal ad-Din, affaibli par sa défaite face aux musulmans, abandonne Tabriz au printemps 1231 et fuit vers le territoire de Moghan et d’Arran, à l’embouchure de la Koura et de l’Araxe, puis à Diyarbakir[1].
À partir de 1232, Tchormaqan établit ses quartiers d'hiver dans la steppe de Mughan, à la frontière entre l'Azerbaïdjan et l'Iran. En 1233, il engage la troisième invasion mongole en transcaucasie et entre en Arménie et s’empare de plusieurs villes dont il massacre la population, comme à Maragha. Tabriz est épargné après le versement d'un riche tribut[1]. En 1236, ses troupes envahissent à nouveau la Géorgie et s’emparent sans combat de Tiflis, incendiée par son gouverneur en fuite. En 1239, les Mongols, qui occupent la plus grande partie de l’Arménie, incendient et saccagent les villes d’Ani et de Kars après le massacre de leur population. Tchormagha meurt en 1241 et est remplacé par son lieutenant Baïdju.
En 1241, Tchormaqan dirige le sac de la ville d'Amid (Diyarbakır). Peu après cet événement, il devient sourd et perd la capacité de commander seul. Sa femme, Elteni, partage alors la direction des troupes avec le successeur désigné, Baiju. Les populations chrétiennes d'Arménie perçoivent généralement Chormaqan et son épouse Elteni (qui est elle-même chrétienne) comme des protecteurs face aux éléments les plus cruels de l'armée mongole[1].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 (en) Christopher Pratt Atwood, Encyclopedia of Mongolia and the Mongol Empire, Facts On File, (ISBN 978-0-8160-4671-3, lire en ligne), p. 106
Source
modifier- László Lőrincz, Histoire de la Mongolie, des origines à nos jours, Akadémiai Kiadó, , 292 p. (ISBN 978-963-05-3381-2, lire en ligne)
- René Grousset, L’empire des steppes, Attila, Gengis-Khan, Tamerlan, Paris, Payot, 1938, quatrième édition, 1965, (version .pdf) 669 (présentation en ligne, lire en ligne)
- Peter Jackson. Čormāgūn. Encyclopædia Iranica (December 15, 1993).
- Henry Hoyle Howorth, History of the Mongols from the 9th to the 19th century. Part III., Londres, Longmans, Green, And Co.,