Technosol
Un technosol est un type de sol qui est fortement influencé ou modifié par les activités humaines de nature technique et caractérisés par la présence d'artefacts, de matériaux de construction, d'infrastructures ou d'autres éléments techniques qui influencent de manière significative ses propriétés.
Contrairement aux sols naturels qui se forment au fil du temps à partir des processus géologiques et biologiques, les technosols sont créés ou altérés par les activités humaines telles que la construction, l'excavation, le remblayage, le dépôt de matériaux et la pollution. On les retrouve en particulier dans les zones urbaines ou industrielles.
Les technosols ont été ajoutés officiellement comme groupe de référence dans l'édition de 2006 de la Base de référence mondiale pour les ressources en sols (WRB), le système de taxonomie des sols approuvé par l'Union Internationale des Sciences du Sol (IUSS), qui facilite la description et la cartographie uniforme des sols urbains et industriels[1]. Cette taxonomie officielle établit une distinction entre les technosols, c'est-à-dire les sols contenant de nombreux artefacts anthropiques, et les anthrosols, qui sont marqués par les activités humaines telle que l'irrigation ou l'agriculture en général, mais sans la présence des artefacts[2].
Caractéristiques
modifierComme leur définition est axée sur la composante anthropique, les technosols peuvent présenter des compositions et des profils extrêmement variés. La WRB mentionne ainsi comme appartenant aux technosols les sols urbains, les sols des zones d'exploitation minières, les trottoirs avec le matériel non consolidé sous-jacent, les sols comportant des géomembranes ou encore les technosols construits[3].
Selon la WRB, les technosols contiennent 20 % ou plus d'artefacts ou sont scellés par des roches dures d'origine technique à moins de 5 cm de la surface tout en couvrant 95 % ou plus de la surface horizontale du sol[3],[4].
Une variété de matériaux artificiels peut être présente, tels que le béton, l'asphalte, les briques et autres matériaux de construction, ainsi que des déchets industriels ou ménagers. Cette diversité peut influencer la fertilité, la capacité de rétention d'eau, le drainage, la capacité à soutenir la végétation ou encore la toxicité des technosols[5].
Technosols construits
modifierLes technosols construits sont une sous-catégorie de technosols caractérisés par une construction et un design volontaire du technosol. Ils sont souvent désignés simplement comme technosols[5],[6].
La construction d'un technosol peut être motivée par diverses raisons :
- les sols ne sont pas une ressources renouvelables aux échelles de temps humaine[7];
- les endroits où les sols ont été détruits ont besoin de restauration écologique, notamment à la fin d'exploitation d'une mine [5],[8] où le stockage du sol superficiel en vue de sa réutilisation ultérieure entraine une dégradation de sa qualité [9];
- les coûts de construction d'un sol peuvent être moins importants que ceux d'une dépollution[5].
Les matériaux nécessaires pour imiter les fonctionnalités d'un sol sont d'une part des matériaux organiques, et d'autre part des matériaux minéraux. Dans une logique d'économie circulaire soutenue par exemple par l'Union européenne[10], les matériaux utilisés proviennent le plus souvent de déchets. Les déchets organiques peuvent être du compost, des digestats de méthaniseurs ou encore du biochar ; les déchets minéraux peuvent être des débris de démolition, des briques ou encore du matériel extrait lors de l'exploitation de la mine[5],[6].
Il n'existe pas une unique façon de designer un technosol[5] ; les contraintes météorologiques et environnementales, les matériaux à disposition ainsi que les futurs usages du technosols doivent être pris en compte au cas par cas. Actuellement, bien que montrant des résultats encourageants[6],[8], les technosols construits présentent encore des limites en termes de capacité à supporter la croissance des plantes[6], de contamination par les matériaux utilisés ou encore de compaction au long-terme[5].
Références
modifier- ↑ Rossiter, D.G. Classification of Urban and Industrial Soils in the World Reference Base for Soil Resources (5 pp). J Soils Sediments 7, 96–100 (2007). https://doi.org/10.1065/jss2007.02.208
- ↑ World reference base for soil resources 2006. A framework for international classification, correlation and communication. World Soil Resources Report 103. FAO, Rome, Italy, p. 5. https://www.fao.org/3/a-a0510e.pdf
- 1 2 (en) « Technosol – World Reference Base for Soil Resources », sur wrb.isric.org (consulté le )
- ↑ (en-US) « Technosols », sur isric.org (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 (en) Debora Fabbri, Romeo Pizzol, Paola Calza et Mery Malandrino, « Constructed Technosols: A Strategy toward a Circular Economy », Applied Sciences, vol. 11, no 8, , p. 3432 (ISSN 2076-3417, DOI 10.3390/app11083432, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 Francisco Ruiz, Maurício Roberto Cherubin et Tiago Osório Ferreira, « Soil quality assessment of constructed Technosols: Towards the validation of a promising strategy for land reclamation, waste management and the recovery of soil functions », Journal of Environmental Management, vol. 276, , p. 111344 (ISSN 0301-4797, DOI 10.1016/j.jenvman.2020.111344, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) FAO, « Soil is a non-renewable resource : Its preservation is essential for food security and our sustainable future », FAO, Rome, (lire en ligne
) - 1 2 (en) « Restoration of degraded mining soils with Technosols: the mine of Touro | EU CAP Network », sur eu-cap-network.ec.europa.eu (consulté le )
- ↑ MRINAL K. GHOSE et N. K. KUNDU, « Deterioration of soil quality due to stockpiling in coal mining areas », International Journal of Environmental Studies, vol. 61, no 3, , p. 327–335 (ISSN 0020-7233, DOI 10.1080/0020723032000093991, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Didier Bourguignon, « Closing the loop »
[PDF], EPRS | European Parliamentary Research Service, (consulté le )
Bibliographie
modifier- IUSS Working Group WRB: World Reference Base for Soil Resources, fourth edition. International Union of Soil Sciences, Vienna 2022, (ISBN 979-8-9862451-1-9). ().
- IUSS Working Group WRB: Base de référence mondiale pour les ressources en sols 2014, Mise à jour 2015. Rapport sur les ressources en sols du monde N° 106, FAO, Rome 2018. (ISBN 978-92-5-308369-5). (PDF 3,9 MB).
- W. Zech, P. Schad, G. Hintermaier-Erhard: Soils of the World. Springer, Berlin 2022, Chapter 12.3.3. (ISBN 978-3-540-30460-9)
Liens externes
modifier- Photos de profils de sol (avec classification) WRB page d'accueil
- Photos de profils de sol (avec classification) IUSS World of Soils