Tell Abou Hawam

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Tell Abu Hawam est l’emplacement protégé d’un port de pêche proche de la mer, au bord de la rivière Kishon. Une petite ville existe déjà à la fin de l'âge du bronze, vers 1600 avant notre ère, tout près de l'actuelle Haïfa, au nord-ouest d'Israël[1]. Scylax, un navigateur et géographe grec du VIe siècle avant notre ère, décrit la ville comme étant située « entre la baie et le promontoire de Zeus », ce dernier désignant l'extrémité nord-ouest du mont Carmel. Dû aux inondations et à un changement de cours de la rivière Kishon, le quai des bateaux et le village de pêcheurs, sont déplacés au sud de l'actuel banlieue côtière de Bat Galim. La petite ville originelle s'étend progressivement pour devenir ce qui est aujourd'hui la grande ville de Haïfa.

Croquis de la zone où se situe Tell Abu Hawam.
Plan de Tell Abu Hawam de 1932.

Fouilles archéologiques

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Le site est fouillé par une expédition d'archéologues britanniques de 1929 à 1933.

Parmi les découvertes remarquables, un bol en glaçure noire de type « assiette à poisson », portant un graffiti phénicien gravé sur sa face inférieure a été mis au jour lors de ces fouilles archéologiques de 1929 à 1933. Ce le bol est daté du IVe ou IIIe siècle avant notre ère.

Ces fouilles archéologiques révèlent qu'au Bronze ancien, ce port de Tell Abu Hawam situé sur la côte du Levant, joue un rôle stratégique pour les échanges en Méditerranée orientale entre l’Anatolie, Chypre et l’Égypte[2]. Le bois nécessaire à la construction de bateaux solides et de leur mât est fourni par les forêts du mont Méron. Le port du Kishon, protégé des vents marins, permet de mettre les voiliers à l’abri des tempêtes[3]. Le partenariat entre Phéniciens et Cananéens sécurise le cabotage[4].

Le Dr Cemal Pulak est spécialiste de la navigation à l'âge du bronze, du commerce maritime en Méditerranée et la technologie. Il participe actuellement à l'identification des objets contenus l’épave de l’Uluburun. Les analyses ont déterminé avec précision que les ancres du bateau ainsi que la céramique utilitaire (vaisselle, lampes) provient de la région du mont Carmel. Le port d'attache du bateau serait donc un de ceux identifiés dans la région pour le Bronze récent, à savoir Tell Abu Hawam (Haifa[5], dans la baie d'Acre, à l'embouchure du Kishon) qui sert de port pour la cité de Megiddo, ou bien Tel Dor, Tel Shiqmonah ou Tel Akko. Le site de Tell Abu Hawam a justement livré une quantité importance de céramiques chypriotes, dont une partie était stockée sur place avant d'être expédiée ailleurs[6].

Jarres découvertes sur le site de Tell Abu Hawam.

Légende et histoire

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Le peuple hébreux vénère ce site comme l'endroit donné par Jacob à son fils Zébulon[7]: « Zébulon doit résider en bordure de la mer, avait suggéré son père, et il doit rester proche d’un port où les bateaux soient en sécurité, et ses voyages pourront aller jusqu’à Sidon[8]. ». L'embouchure du Kishon sur la Méditerranée devint l'accès à la mer pour ses descendants.

épave d'Uluburun

Potentiellement, Tell Abu Hawam présente des connotations bibliques de par sa proximité géographique avec des événements et des territoires clés décrits dans la Bible hébraïque. Le site est souvent identifié à Shihor-Libnath (לַבנָת שַׁיחוֹר), borne délimitant le territoire attribué à Asher dans le livre de Josué (19,26), qui décrit un territoire s'étendant vers l'ouest jusqu'au Carmel et touchant Shihor-Libnath, reflétant le rôle stratégique de la plaine côtière dans l'implantation des Israélites[9]. Sa situation près de l'embouchure du fleuve Kishon le relie également au récit de la victoire de Débora et Barak sur Sisera, au vııe siècle av. J.-C., dans les livres des Juges (4-5), où le fleuve fut un champ de bataille décisif, soulignant ainsi la position du site dans un corridor vital pour les mouvements militaires dans le nord de Canaan[10].

Au xe millénaire avant notre ère, la mer Méditerranée était plus basse et le front de mer s'étendait à 10 km du rivage actuel. C'est du vııe au ıve millénaire que le niveau de la mer a atteint son niveau maximum, immergeant complètement l'actuelle vallée de Zébulon (Vallée de Zvouloun). L'accumulation de sables marins au IIIe millénaire permet un nouveau développement à l'époque du Bronze ancien en Canaan[11].

Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Tell Abu Hawam » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) Jacqueline Balensi, « Mise à jour des découvertes de Tell Abu Hawam », Bulletin des écoles américaines de recherche sur le Proche-Orient, vol. V « Partie 1 : Galilée et régions du Nord », , p. 257 : 65–74 (ISBN 978-3-1107-1577-4)
  2. John Bowker, Atlas de la Terre sainte vue du ciel, Chine, Véga-Trédaniel, , 256 p. (ISBN 978-2-8582-9570-8), p. 240
  3. Note : « Israël est depuis toujours un endroit stratégique pour les activités maritimes, les premiers villages de pêcheurs méditerranéens datent de 10 000 avant notre ère. » https://fr.timesofisrael.com/des-fouilles-sous-marines-dans-le-nord-disrael-revelent-un-passe-preserve-par-la-mer/ [archive]
  4. Jean Faucounau, Les peuples de la mer et leur histoire, L’Harmattan, , 196 p. (ISBN 978-2-7475-4369-9)
  5. (en) Encyclopedia Judaica, Haifa, vol. 7, Jerusalem, Keter Publishing, , p. 1134-1139
  6. (en) Cemal Pulak, The Uluburun Shipwreck and Late Bronze Age Trade, dans Joan Aruz, Kim Benzel et Jean M. Evans (dir.), Beyond Babylon. Art, Trade, and Diplomacy in the Second Millenium B.C, New York, New Haven et Londres, (lire en ligne), p. 289 -310
  7. Félix García López, Comment lire le Pentateuque, Labor et Fides, , 119 p.
  8. Genèse 49 : 13
  9. (en) Helen Dixon, « Phoenicia: Identity, and Geopolitics in the Iron I-IIA Period: An Examination of the Textual, Archaeological, and Biblical Evidence », (consulté le )
  10. (en) Finkelstein, Israel, « The forgotten kingdom: the archaeology and history of northern Israel », (consulté le )
  11. (en) D. Zviely, « Holocene evolution of the Haifa Bay area, Israel, and its influence on ancient tell settlements », sur Levant-Haifa-Littoral-Drift (pages 853-859) [archive], (consulté le )

Liens externes

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Sur les autres projets Wikimedia :

  • Encyclopédie Judaica, Haïfa, Keter Publishing, Jérusalem, 1972, vol. 7, pp. 1134–1139
  • La Nouvelle Encyclopédie des fouilles archéologiques en Terre Sainte, Volume 5, article Abu Hawam p 1553