Temple d'Apollon (Delphes)

bâtiment antique de Delphes, Grèce-Centrale, en Grèce

Le temple d'Apollon de Delphes dont les ruines sont visibles aujourd'hui date du IVe siècle av. J.-C. et se présente comme un édifice périptère d'ordre dorique. Le temple et le sanctuaire dans son ensemble étaient consacrés à l'une des principales divinités grecques : Apollon. Il a été érigé par Spintharos de Corinthe, Xenodoros et Agathon[1] sur les restes d'un temple plus ancien datant du VIe siècle av. J.-C., lui-même érigé sur une construction datant du VIIe siècle av. J.-C. attribuée aux architectes Trophonios et Agamedes[2]. Il se situe au cœur du sanctuaire panhellénique de Delphes.

Temple d'Apollon Pythien
Vestiges archéologiques du temple d'Apollon à Delphes.
Vestiges archéologiques du temple d'Apollon à Delphes.
Localisation
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Ville Delphes
Coordonnées géographiques 38° 28′ 56″ N, 22° 30′ 04″ E
Image illustrative de l’article Temple d'Apollon (Delphes)
Le temple, au centre, correspond au n°1.
Histoire
Lieu de construction Au centre du sanctuaire panhellénique de Delphes
Date de construction Entre 346 et 320 av. J.-C.
Artiste Spintharos de Corinthe,
Xenodoros,
Agathon,
Praxias d'Athènes,
Androsthenes d'Athènes
Caractéristiques
Type Temple grec
Longueur 60,32 m
Largeur 23,82 m

Géolocalisation sur la carte : Grèce
(Voir situation sur carte : Grèce)
Temple d'Apollon Pythien
Grèce antique

Histoire et description

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Le temple le plus ancien, construit en pierre et attribué aux architectes Trophonios et Agamedes, est détruit par un incendie en 548 avant J.-C[3].

Le second temple du VIe siècle av. J.-C. était nommé « temple des Alcméonides » en hommage à la famille Athénienne qui finança sa reconstruction à la suite d'un incendie qui avait détruit la structure d'origine. Ce nouveau bâtiment fut conçu comme un temple hexastyle de 6 colonnes par 15, dans le style dorique[1]. La reconstruction est confiée à l’architecte corinthien Spintharos, qui en fait un édifice monumental d'une plus grande magnificence que le précédent. Il remplace la pierre calcaire utilisée pour la façade du précédent temple, par du marbre de Paros[3]. Plusieurs groupes sculptés ornaient les frontons, ils représentaient Apollon entouré d’Artémis, de Léto et des Muses ainsi que Dionysos accompagné des Thyades et du soleil couchant. Ces sculptures, œuvres de Praxitèle et d’Androsthénès, furent achevées vers 430 avant J.-C. Sur les murs du vestibule figuraient de brèves sentences inscrites en lettres d’or, attribuées aux Sept Sages ; parmi elles, la célèbre maxime : « Connais-toi toi-même » (γνῶθι σεαυτόν, Pausanias, X, 24, 1). Dans le sanctuaire proprement dit se dressait la statue en or d’Apollon, devant laquelle se trouvait le foyer où brûlait un feu perpétuel[3].

Dans le sanctuaire se trouvait également un globe de marbre, un Omphalos, considéré comme le centre du monde. Deux aigles étaient placés à ses côtés, évoquant la légende selon laquelle, Zeus avait fait partir simultanément chacun de ses aigles depuis les extrémités orientale et occidentale du monde terrestre. Ces aigles furent démantelés lors de la guerre phocidienne et remplacés par deux représentations d'aigle en mosaïque sur le sol. Derrière cet espace se trouvait une caverne installée au-dessus d’une faille terrestre, qui abritait des chapelles, des statues, des ex-voto et des trésors de guerre (butins). C’est là que se trouvait également la salle du conseil des Delphiens. Devant l’entrée du temple s’élevait un trépied en or, installé en offrande après la bataille de Platées, posé sur un socle en bronze figurant un serpent enroulé en spirales[3].

Le temple des Alcméonides fut détruit au début du IVe siècle av. J.-C. par un tremblement de terre[4]. D'une proportion similaire au second édifice, le temple du IVe siècle av. J.-C. en conserva le modèle de 6 colonnes par 15 qui encadrent le stylobate. Les sculptures du fronton furent réalisées par Praxias et Androsthenes d'Athènes[1]. L'intérieur du temple abritait l'adyton, qui constituait le lieu sacré de l'oracle de Delphes où se tenait la Pythie.

L'édifice survécut jusqu'en 392 apr. J.-C., lorsque l'empereur romain Théodose Ier promulgua l'édit de Thessalonique, ouvrant ainsi la voie à la destruction des symboles païens[5].

Notes et références

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  1. 1 2 3 (en) Anthoula Tsaroucha, « Temple of Apollo at Delphi – Description », sur odysseus.culture.gr (consulté le ).
  2. ↑ (en) Thomas Sakoulas, « Temple of Apollo at Delphi », sur ancient-greece.org (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 (en) Harry Thurston Peck, Harpers Dictionary of Classical Antiquities, New York, Harper and Brothers, (lire en ligne), « Oracŭla »
  4. ↑ Théophile Homolle, « Le bronze de Delphes », La Revue de l'art ancien et moderne, vol. 2,‎ , p. 289-294 (p. 291) (lire en ligne).
  5. ↑ (en) Trudy Ring, Robert M. Salkin et Sharon La Bod, International Dictionary of Historic Places : Southern Europe, Londres, Routledge, , 836 p. (ISBN 978-1884964022, lire en ligne), p. 185.

Annexes

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Bibliographie

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  • Francis Cranmer Penrose, « Note sur l'orientation du temple de Delphes », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 20,‎ , p. 383-385 (lire en ligne)
  • Théophile Homolle, « Le temple de Delphes. Son histoire », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 20,‎ , p. 641-654 (lire en ligne)
  • Théophile Homolle, « Histoire du temple de Delphes », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 20,‎ , p. 677-701 (lire en ligne)
  • Théophile Homolle, « Histoire du temple (fin) », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 20,‎ , p. 702-732 (lire en ligne)
  • Théophile Homolle, « Monuments figurés de Delphes. Les frontons du temple d'Apollon », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 25,‎ , p. 457-515 (lire en ligne), planches IX-XVI et XVIII-XIX
  • Fernand Courby, « Le fronton oriental du temple archaïque d'Apollon, à Delphes », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 38,‎ , p. 327-350 (lire en ligne), planches VI et VII
  • Pierre de La Coste-Messelière, « À Delphes : le fronton Est du temple archaïque », Revue archéologique, 5e série, t. 26,‎ , p. 33-42 (lire en ligne)
  • Georges Roux, « Les comptes du IVe siècle et la reconstruction du temple d'Apollon à Delphes », Revue archéologique, no 2,‎ , p. 245-296
  • Pierre Amandry, « Notes de topographie et d'architecture delphiques. V. Le temple d'Apollon », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 93, no 1,‎ , p. 1-38 (lire en ligne)
  • Patrick Marchetti, « La construction du temple de Delphes et la date d'Aristônymos », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 103, no 1,‎ , p. 151-163 (lire en ligne)
  • Eustathe Stikas, « La restauration de l'autel d'Apollon à Delphes », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 103, no 2,‎ , p. 479-500 (lire en ligne)
  • Georges Roux, « Note sur la construction du temple de Delphes », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 103, no 2,‎ , p. 501-505 (lire en ligne)
  • Jean-François Bommelaer, « La construction du temple classique de Delphes », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 107, no 1,‎ , p. 191-216 (lire en ligne)
  • Pierre Amandry, « Notes de topographie et d'architecture delphiques. IX. L'opisthodome du temple d'Apollon », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 117, no 1,‎ , p. 263-283 (lire en ligne)
  • Francis Croissant, Fouilles de Delphes, tome IV, Monuments figurés : sculpture, fascicule VII, Les frontons du temple du IVe siècle, École française d'Athènes, Paris, 2003, 186p., (ISBN 978-2-86958-173-9)
  • Jean-François Bomelaer, « Delphica 1. À nouveau les comptes de Delphes et la reconstitution du temple d’Apollon au IVe siècle av. J.-C. », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 132, no 1,‎ , p. 221-255 (lire en ligne)
  • Nicolas Kyriakidis, « Le sanctuaire d’Apollon Pythien à Delphes et les diasporas grecques, du VIIIe au IIIe s. av. J.-C », Pallas. Revue d'études antiques, no 89,‎ , p. 77-93 (lire en ligne)
  • Anne Jacquemin et Didier Laroche, « Apollon à Delphes au IVe siècle », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 144, no 1,‎ (lire en ligne)

Articles connexes

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Liens externes

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