Ten Days in a Mad-House

livre de Nellie Bly

Ten Days in a Mad-House, en français Dix jours dans un asile[1], est un livre de la journaliste américaine Nellie Bly. Tout d'abord publié sous la forme d'une série d'articles dans le New York World, il a été ensuite édité chez Norman Munro à New York en 1887[2].

Dix jours dans un asile
Image illustrative de l’article Ten Days in a Mad-House

Auteur Nellie Bly
Pays États-Unis
Version originale
Langue anglais
Titre Ten Days in a Mad-House
Lieu de parution New York
Date de parution 1887
Version française
Traducteur Hélène Cohen
Éditeur Éditions du Sous-Sol
Date de parution 2015

Il est publié en 2015 aux Éditions du Sous-Sol en France sous le nom Dix jours dans un asile et traduit par Hélène Cohen[3].

Le livre est basé sur des articles écrits alors que Bly simule la folie dans une pension pour femmes, afin d'être internée de force dans un asile psychiatrique. Elle enquête ensuite sur les rapports faisant état de brutalités et de négligences à l'asile de femmes de Blackwell's Island (aujourd'hui appelée Roosevelt Island)[2].

Le livre a été salué par la critique. La combinaison de ses reportages et de la diffusion de son contenu lui a valu la célébrité et a conduit à une enquête du grand jury et à une augmentation des fonds alloués au Department of Public Charities and Corrections.

Genèse

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Une illustration tirée du livre, montrant la préparation de Bly pour le projet.

Nellie Bly quitte le Pittsburgh Dispatch en décembre 1985[4]. Elle devient journaliste freelance et voyage à Mexico[4]. À son arrivée à New York en mai 1887, Nellie Bly se présente dans différentes rédactions à la recherche sans succès[4],[5],[6].

Une rumeur existe sur d'effroyables conditions de vie des patientes de l'asile pour femmes de Blackwell's Island[7]. Le New York World y fait référence à deux reprises les 3 et 9 juillet 1887[7]. Bly, sans le sou après quatre mois de recherche, insiste pour être reçue par Joseph Pulitzer, propriétaire du New York World en personne[8],[9],[10]. Pulitzer propose de l'embaucher si elle parvient à se faire interner[8],[9],[10]. Sur une idée du chef d'édition du journal John Albert Cockerill, Bly accepte cette mission d'infiltration pour laquelle elle feint la folie afin d'enquêter sur des rapports de brutalité et de négligence à l'asile pour femmes de Blackwell's Island[4],[8]. Elle se fait passer pour une personne avec des troubles psychiatriques sous le nom de Nellie Brown[4].

Reportage

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Un médecin a décrit Bly comme « véritablement démente ».

Pour son reportage, Nellie Bly met en place un scénario pour se faire interner[7]. Pendant une nuit entière, la jeune journaliste se prépare face à son miroir[11].

Le lendemain, alors âgée de 23 ans, elle se présente à un foyer pour femmes, le Temporary Home for Females situé au 84 Deuxième Avenue à New York[6]. Vêtue d'habits usés, elle pose ses valises à la pension[11],[6]. Elle feint la folie avec une attitude hagarde, en ne dormant pas et répétant que ses meilleurs amis sont « des troncs d'arbres »[6],[11],[3]. Son comportement trouble les autres pensionnaires[6]. Le lendemain matin, la gérante la signale à la police[6]. Les policiers l'emmènent au tribunal de police Essex Market[6]. Devant le juge Patrick G. Duffy, la journaliste simule des origines cubaines, jouant sur les préjugés racistes, et une amnésie[6]. Le juge la déclare folle et ordonne son transfert vers le service psychiatre de l'hôpital Bellevue[12]. Elle est examinée par quatre médecins qui conclurent à une aliénation mentale[6],[3]. Quelques jours plus tard, Bly est envoyée à l'asile pour femmes situé sur Blackwell's Island[6],[12].

Pendant dix jours, Nellie Bly est à la fois témoin et victime des traitements inhumains infligés aux pensionnaires de l'asile[6]. Selon son récit, les patientes sont rouées de coups, nourries avec des produits avariés, lavées à l'eau froide et subissent des agressions verbales du personnel[6],[13],[3],[14].

Après plusieurs jours à Blackwell's Island, Nellie Bly cesse de feindre la folie et se présente sous un jour le plus sain d'esprit[12],[11]. Mais ces efforts restent vains auprès du personnel soignant jusqu'à ce que son journal, le New York World, envoie un avocat pour organiser sa libération[12],[11].

Publication

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Deux jours après la libération de Nellie Bly, le 9 octobre 1887, le New York World publie le premier volet de son récit sous le nom « Behind Asylum Bars »[12]. Cette enquête devient par la suite un livre de dix-sept chapitres[15].

Notes et références

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  1. Littéralement « Dix jours dans un asile de fous ».
  2. 1 2 TIME Staff, « Top 10 Literary Stunts », Time, (lire en ligne)
  3. 1 2 3 4 Nelly Kaprièlian, « Nellie Bly, la femme qui inventa le gonzo au XIXe siècle », Les Inrocks, (lire en ligne)
  4. 1 2 3 4 5 Muhlmann 2007, p. 129
  5. « Nellie Bly, 10 jours dans un asile, Paris, Éditions du sous-sol, 2015, 127 p., trad. Hélène Cohen. », Psychiatrie, Sciences humaines, Neurosciences, vol. 14, (lire en ligne)
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 (en) Brenann Sutter et Andrew W. Mellon, « Nellie Bly’s “Ten Days in a Mad-House” and the Rise of Girl Stunt Reporting », The New York Historical, (lire en ligne)
  7. 1 2 3 Muhlmann 2007, p. 130
  8. 1 2 3 (en) Alice Gregory, « Nellie Bly's Lessons in Writing What You Want To », The New Yorker, (lire en ligne)
  9. 1 2 (en) Betty Carter, « Review of Ten Days a Madwoman: The Daring Life and Turbulent Times of the Original “Girl” Reporter Nellie Bly », The Horn Book, (lire en ligne)
  10. 1 2 Virginie Girod, « Nellie Bly, la mère du journalisme d’immersion (partie 1) », sur Europe 1,
  11. 1 2 3 4 5 Guillaume Pajot, « Les infiltrés (2/6) Nellie Bly, l’orpheline folle alliée », Libération, (lire en ligne)
  12. 1 2 3 4 5 (en) Dr. Howard Markel, « How Nellie Bly went undercover to expose abuse of the mentally ill », Public Broadcasting Service, (lire en ligne)
  13. Sandrine Cabut, « Une immersion à rendre fou », Le Monde, (lire en ligne)
  14. Virginie Girod, « Infiltrée dans un asile : l'incroyable histoire de Nellie Bly, la première journaliste d'investigation », Madame Figaro, (lire en ligne)
  15. Chloé Bergeret, « Journalisme gonzo : cinq enquêtes à la première personne qui ont marqué l’histoire », Numero, (lire en ligne)

Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Liens externes

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Voir aussi

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