Termessos

cité antique au nord-ouest d'Antalya

Termessos (en grec: Τερμησσός) est une cité antique dont les ruines actuelles, relativement bien conservées, sont à 34 km au nord-ouest d'Antalya. Il s'agit, chose assez rare à l'époque, d'une cité située en altitude (1 050 m) au fond d'une gorge qui se termine par un petit plateau coincé entre deux sommets des monts Güllük (antique mont Solymos). De nos jours, une route (payante) permet de se garer à 40 minutes en contrebas de la cité qu'on rejoint ensuite à pied par un sentier de montagne.

Termessos
(grc) Τερμησσός, (la) Termessus
Image illustrative de l’article Termessos
Le théâtre de Termessos
Localisation
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Province Antalya
Province antique Pisidie
Coordonnées 36° 58′ 57″ nord, 30° 27′ 54″ est
Géolocalisation sur la carte : province d'Antalya
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Termessos
Termessos
Géolocalisation sur la carte : Turquie
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Termessos
Termessos

Histoire

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Le fondateur mythologique de Termessos est Bellérophon. Mais les origines de la cité sont mal connues ; selon Strabon les habitants de Termessos s'appelaient eux-mêmes les Solymi (ou Slymi d'où proviendra le mot Solymien) et étaient un peuple de Pisidie. Leur nom, ainsi que celui donné à la montagne sur laquelle ils vivaient (le mont Solymos), est dérivé à partir de Solymeus, un dieu de l'Anatolie qui sera plus tard identifié à Zeus. C'est ce qui donna dans la cité le culte de Zeus Solymeos (Solim en turc). Ce terme existe toujours dans la province d'Antalya comme prénom. Solymeus est souvent montré sur les pièces originaires de Termessos. A l'époque hellénistique, Termessos formait avec sa voisine Tyraion (de) la petite confédération de Cabalide.

Ses premiers habitants vivent de l'élevage, de la culture de l'olive mais aussi du brigandage ce qui leur donne une réputation exécrable. Quand en 334 av. J.-C., Alexandre le Grand lève le siège de la ville qu'il n'arrive pas à prendre d'assaut, il brûle en représailles les champs d'oliviers. Selon Arrien, un historien antique qui s'est occupé de ces événements, la cité est pratiquement imprenable du fait des obstacles naturels entourant la ville et même une petite force peut facilement défendre la ville. Complètement furieux, Alexandre marche au nord où il passe sa colère sur la ville de Sagalassos.

L'historien Diodore rapporte un autre récit inoubliable de la cité : en 319 av. J.-C., après la mort d'Alexandre le Grand, l'un de ses généraux, Antigone le Borgne, se déclare lui-même maître de l'Asie mineure et entre en guerre contre son rival Alcétas qui peut recourir au soutien de Termessos. N'étant pas en mesure de battre les forces énormes d'Antigone, Alcétas et ses amis demandent refuge à Termessos avec succès. Ensuite, l'armée d'Antigone s'approche de la ville et demande la livraison d'Alcétas et ses amis. Les aînés de la cité ne veulent pas de guerre et sont disposés à livrer Alcétas ce que les jeunes refusent. De ce fait, ils quittent la cité en contestation, tandis qu'Alcétas apprend la trahison et se suicide. Les aînés remettent un Alcétas mort à Antigone, qui profane son corps pendant trois jours et puis quitte le lieu sans l'enterrer. Les jeunes, revulsés par les actions honteuses d'Antigone, retournent à Termessos, enterrent Alcétas honorablement et dressent un beau monument sur son tombeau[1].

La ville s'hellénise rapidement au IIIe siècle av. J.-C. et compte à son apogée sans doute plusieurs dizaines de milliers d'habitants. Rome lui accorde un statut indépendant en 71, par la Lex Antonia de Termessibus, pour la remercier de son alliance lors de la guerre contre Mithridate VI. La ville est prospère sous l'Empire romain. Son déclin intervient à partir du Ve siècle apr. J.-C. quand un tremblement de terre ravage la cité, détruisant notamment l'aqueduc. La cité est alors abandonnée. Du fait de son accès particulièrement difficile, le site ne sera jamais réoccupé par la suite, laissant la nature envahir les ruines.

Description du site

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Panorama de Termessos

De nos jours, des monuments d'époque hellénistique et romaine sont encore visibles, comme le théâtre de 4 200 places qui offre une vue grandiose sur la vallée, ou le tombeau d'Alcétas. On peut y voir un nombre très important de sarcophages funéraires, ainsi que des tombeaux taillés directement dans la falaise, dont les arches et certains reliefs sont remarquablement conservés.

Accès et environnement

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Tombes rupestres le long de la route principale menant à Termessos.

Depuis la route principale, un chemin escarpé mène à la ville. De là, on aperçoit le célèbre col de Yenice, où serpentait l'ancienne voie que les Termessiens appelaient « Voie royale », ainsi que des remparts hellénistiques, des citernes et de nombreux autres vestiges. La Voie royale, construite au IIe siècle après J.-C. grâce aux contributions des habitants de Termessos, traverse les remparts en hauteur et s'étend en ligne droite jusqu'au centre-ville. Sur les remparts, à l'est de la porte de la ville, se trouvent des inscriptions auspicieuses, liées au jeu de dés et à des croyances – sorcellerie, magie, superstition – répandues tout au long de l'histoire de l'Empire romain. Les Termessiens s'intéressaient probablement beaucoup à la divination. Ces inscriptions, comportant généralement quatre à cinq lignes, indiquent les nombres de lancers aux dés, le nom du dieu invoqué pour la divination et la nature de la prédiction donnée par ce dieu.

La partie de Termessos où se trouvent les principaux édifices officiels s'étend sur une zone plane, un peu au-delà des remparts intérieurs. L'agora, avec ses caractéristiques architecturales remarquables, est le plus impressionnant de ces bâtiments. Le rez-de-chaussée de cette place à ciel ouvert est surélevé sur des blocs de pierre, et cinq grandes citernes ont été creusées au nord-ouest. L'agora est entourée de portiques sur trois côtés. Selon l'inscription découverte sur le portique à deux étages situé au nord-ouest, celui-ci fut offert à Termessos par Attale II, roi de Pergame (règne : 150-138 av. J.-C.), en gage d'amitié. Le portique nord-est fut construit par un riche Termessien nommé Osbaras, probablement à l'imitation de celui d'Attale. Les ruines situées au nord-est de l'agora appartiennent sans doute au gymnase, mais elles sont difficiles à distinguer parmi les arbres. Ce bâtiment à deux étages se composait d'une cour intérieure entourée de salles voûtées. L'extérieur est orné de niches et d'autres éléments décoratifs d'ordre dorique. Cet édifice date du Ier siècle après J.-C.

Théâtre

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Immédiatement à l'est de l'agora se trouve le théâtre. Dominant la plaine de Pamphylie, cet édifice est sans doute le plus remarquable de toute la plaine de Termessos.

Il s'agit d'un théâtre hellénistique modifié ultérieurement à l'époque romaine, conservant son plan grec d'origine tout en intégrant des ajouts architecturaux romains distinctifs tels que des entrées voûtées, un bâtiment de scène agrandi et une structure entre la cavea et la scène[2].

La cavea hellénistique, semi-circulaires, est divisée en deux par un diazoma. Huit niveaux de gradins s'élèvent au-dessus du diazoma, seize en dessous, permettant d'accueillir environ 4 000 à 5 000 spectateurs. Un grand porche voûté relie la cavea à l'agora. Le parados sud fut voûté à l'époque romaine, tandis que le parados nord a été conservé à ciel ouvert. Le bâtiment de la scène présente des caractéristiques typiques du IIe siècle apr. J.-C. Derrière se trouve une pièce longue et étroite qui communique avec le podium où se déroulait la pièce par cinq portes perçant la façade richement ornée (scaenae frons). Sous la scène se trouvent cinq petites pièces où étaient gardés les animaux sauvages, avant d'être conduits dans l'orchestre pour les combats.

Comme dans d'autres villes antiques, un odéon se trouve à une centaine de mètres du théâtre. Cet édifice, qui ressemble à un petit théâtre, date du Ier siècle avant J.-C. Il est remarquablement bien conservé jusqu'au toit et présente une maçonnerie de pierre de taille d'une qualité exceptionnelle. L'étage supérieur, d'ordre dorique, est revêtu de blocs de pierre équarris, tandis que l'étage inférieur, dépourvu d'ornement, est percé de deux portes. Il est certain que le bâtiment était à l'origine couvert, car il était éclairé par onze grandes fenêtres situées dans les murs est et ouest. La manière dont cette toiture d'une portée de 25 mètres était soutenue reste encore à déterminer. L'intérieur étant actuellement recouvert de terre et de gravats, il est impossible d'évaluer la disposition des sièges, ni la capacité d'accueil du bâtiment. Celle-ci ne devait probablement pas dépasser 600 à 700 places. Parmi les décombres, des fragments de marbre coloré ont été mis au jour, laissant supposer que les murs intérieurs étaient décorés de mosaïques. Il est également possible que cet élégant édifice ait servi de bouleutérion ou de salle du conseil.

Temples

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Six temples de tailles et de types variés ont été identifiés à Termessos. Quatre se trouvent près de l'odéon, dans une zone qui devait être sacrée. Le premier, situé juste derrière l'odéon et construit en maçonnerie de qualité, pourrait être dédié au dieu principal de la ville, Zeus Solymeus. À part les murs de la cella, hauts de cinq mètres, il ne reste que très peu de choses de ce temple.

Le second temple se situe près de l'angle sud-ouest de l'odéon. Il possède une cella de 5,50 mètres sur 5,50. D'après une inscription découverte sur l'entrée encore intacte, ce temple de type prostyle était dédié à Artémis. La construction et la statue de culte qu'il abritait furent financées par une femme nommée Aurelia Armasta et son époux, sur leurs propres deniers. De l'autre côté de cette entrée, une statue de l'oncle de cette femme se dresse sur un socle inscrit. Le temple peut être daté, sur la base de critères stylistiques, de la fin du IIe siècle apr. J.-C.

À l'est du temple d'Artémis se trouvent les vestiges d'un temple dorique périptère à six ou onze colonnes de chaque côté ; il devait s'agir du plus grand temple de Termessos. Les reliefs et inscriptions qui subsistent indiquent qu'il était dédié à Artémis.

Plus à l'est, les ruines d'un temple plus petit gisent sur une terrasse creusée dans la roche. Le temple s'élevait sur un haut podium, mais on ignore pour l'instant à quelle divinité il était dédié. Contrairement aux règles générales de l'architecture des temples classiques, son entrée se situe à droite, ce qui laisse supposer qu'il était peut-être dédié à un demi-dieu ou à un héros. On peut le dater du début du IIIe siècle apr. J.-C.

Les deux autres temples, situés près du portique d'Attale, appartiennent à l'ordre corinthien et sont de type prostyle. Dédiés à des divinités encore inconnues, ces temples peuvent être datés du IIe ou du IIIe siècle après J.-C.

Autres quartiers

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Parmi tous les édifices officiels et religieux de cette vaste place centrale, l'un des plus intéressants se présente sous la forme d'une maison typique de l'époque romaine. Une inscription est visible au-dessus du portail d'ordre dorique, le long du mur ouest, qui s'élève à six mètres de hauteur. Cette inscription loue le propriétaire de la maison comme le fondateur de la ville. Sans doute, cette maison n'était-elle pas celle du fondateur de Termessos. Il s'agissait peut-être d'une modeste récompense offerte au propriétaire pour services exceptionnels rendus à la cité. Ce type de demeure appartenait généralement à des nobles ou des ploutocrates. L'entrée principale donne sur un hall qui, par une seconde entrée, mène à une cour centrale, ou atrium. Un impluvium, ou bassin destiné à recueillir l'eau de pluie, se trouve au centre de la cour. L'atrium occupait une place importante dans la vie quotidienne de ces maisons et, servant également de salle de réception pour les invités, il était souvent décoré avec ostentation. Les autres pièces de la maison étaient disposées autour de l'atrium.

Une rue bordée de larges arcades et de boutiques traversait la ville du nord au sud. L'espace entre les colonnes des arcades était souvent orné de statues d'athlètes victorieux, principalement des lutteurs, avec des socles inscrits.

Nécropoles

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Tombeau dans une des nécropoles.

Au sud, à l'ouest et au nord de la ville, principalement à l'intérieur des remparts, se trouvent de vastes nécropoles abritant des tombes rupestres. L'une d'elles aurait appartenu à Alcétas lui-même. Malheureusement, ce tombeau a été pillé par des chasseurs de trésors. À l'intérieur, une sorte de treillis était sculpté entre les colonnes, derrière la kliné ; une frise ornementale se dressait probablement au sommet. La partie gauche du tombeau est décorée par la représentation d'un guerrier à cheval, datable du IVe siècle avant J.-C. On sait que le jeune homme de Termessos, profondément affecté par la mort du général Alcétas, fit construire pour lui un magnifique tombeau, et l'historien Diodore rapporte qu'Alcétas combattit Antigone à cheval. Ces concordances laissent penser qu'il s'agit bien du tombeau d'Alcétas et que c'est son effigie qui figure sur le relief.

Les sarcophages, dissimulés pendant des siècles sous une épaisse végétation au sud-ouest de la ville, nous plongent au cœur de l'histoire. Lors des cérémonies funéraires, les défunts étaient placés dans ces sarcophages avec leurs vêtements, leurs bijoux et autres précieux ornements. Les corps des plus pauvres étaient inhumés dans de simples sarcophages de pierre, d'argile ou de bois. Datant des IIe et IIIe siècles après J.-C., ces sarcophages reposent généralement sur un haut piédestal. Dans les tombeaux familiaux des plus aisés, en revanche, les sarcophages étaient placés à l'intérieur d'une structure richement ornée, construite à l'effigie du défunt et portant l'inscription de sa lignée ou les noms des personnes autorisées à être enterrées à ses côtés. Ainsi, le droit d'usage était officiellement garanti. De cette manière, l'histoire d'une tombe en particulier peut être retracée. On y trouve également des inscriptions implorant la colère des dieux pour empêcher l'ouverture des sarcophages et éloigner les pilleurs de tombes. Les inscriptions mentionnent également les amendes infligées à ceux qui ne respectaient pas ces règles. Ces amendes, allant de 300 à 100 000 deniers et généralement versées au trésor de la cité au nom de Zeus Solymeus, tenaient lieu de jugements légaux.

Termessos connut un déclin progressif, pour être finalement abandonnée au Ve siècle. Parmi les vestiges subsistants figurent les remparts, l'arc de triomphe d' Hadrien, les citernes, le théâtre, le gymnase, l'agora, l'odéon et l'hérôon. On peut également admirer, parmi les tombeaux disséminés sur le site, les sarcophages d'Alcatès, d'Agatéméros et du Lion, ornés de motifs remarquables.

Le site n'a pas encore été fouillé.

Notes et références

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Annexes

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Bibliographie

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Liens externes

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