Test de lisibilité
Un test de lisibilité ou formule de lisibilité ou mesure de lisibilité est une analyse statistique de la lisibilité d'un texte, c'est-à-dire l'évaluation du « degré de difficulté éprouvé par un lecteur essayant de comprendre un texte[1] ». Ce type d'analyse est généralement réalisée en comptant les syllabes, les mots, les phrases et par la comparaison de la fréquence des mots par rapport à d'autres textes. Les tests de lisibilité sont souvent utilisés comme alternative à une étude statistique sur des lecteurs humains (sondage) du texte à analyser.
Histoire des recherches
modifierLe jugement d'expert, par des critères non explicites, était la méthode initiale d'évaluation de la lisibilité d'un texte. Les premiers travaux méthodologiques datent des années 1920 aux États-Unis, avec les recherches de Lively et Pressey (1923)[2] qui conduisirent à l'élaboration de formules mathématiques.
De nombreux travaux font suite pour les textes en langue anglaise, avec notamment les formules de Rudolf Flesch (1948)[3], Gunning (1952)[4], Spache (en) (1953)[5], McLaughlin (1969)[6], Flesch-Kincaid (1975)[7], Dale–Chall (en) (1995)[8], ATOS (Advantage TASA Open Standard)[9], Gray & Leary (1935)[10], Zakaluk & Samuels (1988)[11], Bormuth (1969)[12], Dale & Chall (1948)[13], Fry (1968)[14], Spache (1978)[15], Vogel & Washburne (1928)[16], Stenner & Burdick (1997)[17], le test DRP (Degrees of Reading Power)[18], et le Lexile Framework for Reading (en).
Les premiers travaux pour la langue française émanent de André Conquet (La Lisibilité, 1956[19]). Suit l'adaptation des formules de Flesch, avec les formules de Kandel-Moles (1958)[20] et Landsheere (1963)[21]. Des formules spécifiques au français apparaissent ultérieurement, par exemple celles de Henry (1975)[22], Richaudeau (1979)[23] et Mesnager (1989)[24].
Applications
modifierLes tests de lisibilité sont utilisés par exemple dans le domaine de la pédagogie, de l'enseignement de la lecture et des langues, de la communication (publicité), de l'édition (littérature enfantine), journalisme), de la rédaction juridique.
Aux États-Unis, les tests de lisibilité comme l'indice de lisibilité de Gunning ont été utilisés à partir des années 1970 dans des campagnes pour une « clarté de langage » (plain language), notamment pour la simplification des textes officiels des administrations publiques, ou auprès des banques et compagnies d'assurances. De même au Royaume-Uni, pour les textes destinés aux consommateurs, ou à partir des années 1990 au Canada (provinces anglophones et francophones) pour la simplification et clarification des textes officiels.
En comparaison des pays de culture anglo-saxonne, les pays francophones portent peu d'attention aux tests de lisibilité[25]. Bossé-Andrieu (1993)[26] explique ce désintérêt par des motifs culturels (rapports au pragmatisme et à l'empirisme) impliquant une réticence à l'évaluation des textes par des critères objectifs et une préférence pour l'analyse stylistique.
Critiques
modifierFormules notoires
modifierBibliographie indicative
modifierOuvrages
modifier- André Conquet, Lisibilité, 1956
- G. Henry, Comment mesurer la lisibilité, Bruxelles : Labor, 1975, 176 p.
- F. Richaudeau, La lisibilité, Paris : Retz, 1971
- F. Richaudeau, Recherches actuelles sur la lisibilité, Paris : Retz, 1984
Articles
modifier- Thomas François, « Modèles statistiques pour l’estimation automatique de la difficulté de textes de FLE », RECITAL 2009, Senlis, 2009
- Richaudeau-Conquet, « Cinq méthodes de mesure de la lisibilité », Communication & Langages, 1973. lire en ligne
Références et notes
modifier- ↑ Henry, Lisibilité, 1975
- ↑ (en) William H. DuBay, Bertha A.. Lively et Sidney Leavitt Pressey, « The Classic Readability Studies », sur U.S. Department of Education, (consulté le ).
- ↑ (en) Rudolf Flesch, « A new readability yardstick », sur PubMed, (consulté le ).
- ↑ (en) Robert Gunning, « The Technique of Clear Writing », sur Scribd, (consulté le ).
- ↑ (en) George Spache, « A New Readability Formula for Primary-Grade Reading Materials », sur JSTOR, (consulté le ).
- ↑ (en) G. Harry McLaughlin, « SMOG Grading - a New Readability Formula », sur Scribd, (consulté le ).
- ↑ (en) J. Pater Kincaid, Lieutenant Robert P, Fishbume, Jr., Richard L. Rogers et Brad S. Chissom, « DERIVATION OF NEW READABILITY FORMULAS (Automated Readability Index, Fog Count and Flesch Reading Ease Formula) FOR NAVY ENLISTED PERSONNEL », sur Wikiwand, (consulté le ).
- ↑ (en) Jeanne Sternlicht Chall et Edgar Dale, « Readability revisited : the new Dale-Chall readability formula », sur Internet Archive, (consulté le ).
- ↑ (en) Michael Milone, « The Development of ATOS », sur Mountain Park Media Center, (consulté le ).
- ↑ (en) William S. Gray et Bernice E. Leary, « What makes a book readable : with special reference to adults of limited reading ability: an initial study », sur National Library of Australia, (consulté le ).
- ↑ (en) Beverly L. Zakaluk et Jay S. Samuels, « Readability : its past, present, and future », sur SciSpace, (consulté le ).
- ↑ (en) John R. Bormuth, « Development of Readability Analysis », sur quanteda, (consulté le ).
- ↑ (en) Edgar Dale et Jeanne Sternlicht Chall, « A Formula for Predicting Readability », sur JSTOR, (consulté le ).
- ↑ (en) Edward Fry, « A Readability Formula That Saves Time », sur JSTOR, (consulté le ).
- ↑ (en) George Daniel Spache, « Good reading for poor readers », sur Internet Archive, (consulté le ).
- ↑ (en) Mabel Vogel et Carleton Washburne, « An Objective Method of Determining Grade Placement of Children's Reading Material », sur JSTOR, (consulté le ).
- ↑ (en) A. Jackson Stenner et Donald S. Burdick, « The Objective Measurement of Reading Comprehension: In Response to Technical Questions Raised by the California Department of Education Technical Study Group. », sur SciSpace, (consulté le ).
- ↑ (en) Michael W. Kibby, « Test Review: The Degrees of Reading Power », sur JSTOR, (consulté le ).
- ↑ André Conquet, « La Lisibilité : trois variations sur le même thème pour des publics différents / André Conquet - Patrimoine des bibliothèques de Reims », sur Patrimoine des bibliothèques de Reims, (consulté le ).
- ↑ (en) L. Kandel et A. Moles, « Kandel, L. and Moles, A. (1958) Application de l’indice de Flesch à la langue française. Cahiers Etudes de Radio-Télévision, 19, 253-274. », sur SCIRP Open Access, (consulté le ).
- ↑ Gilbert de Landsheere, « Pour une application des tests de lisibilité de Flesch a la langue française. », sur ULiège, (consulté le ).
- ↑ Georges Henry, « Comment mesurer la lisibilité », sur ULiège, (consulté le ).
- ↑ François Richaudeau, « La lisibilité », sur Numilog, (consulté le ).
- ↑ Jean Mesnager, « Lisibilité des textes pour enfants : un nouvel outil ? », sur Persée, (consulté le ).
- ↑ « Ce que les tests de lisibilité ne vous disent pas », sur En Clair (consulté le ).
- ↑ Jacqueline Bossé-Andrieu, « La question de la lisibilité dans les pays anglophones et les pays francophones », sur Public Knowledge Project, (consulté le ).