Théorème de Demonque
Le théorème de Demonque énonce que, sur une courte période, les statistiques de la délinquance varient en proportion inverse de la popularité du ministre de l'Intérieur auprès des agents chargés du collationnement des données qui les fondent[1].
Commentaires
modifierCe pseudo-« théorème » résume en une boutade la difficulté d'interpréter les statistiques de la délinquance. En effet, celles-ci résultent pour l'essentiel de l'enregistrement par les forces de l'ordre elles-mêmes des faits qui sont portés à leur connaissance. Ces faits sont collectés dans un document dit état 4001[2]. Les résultats de cette collecte sont diffusés périodiquement et ont été, à plusieurs reprises, utilisés dans le débat politique.
Comme tout indicateur quantitatif, ils sont parfois considérés avec méfiance : « les statistiques du ministère de l’Intérieur [français] ont toujours eu la réputation d’être lissées, pour ne pas dire policées » (Éric Pelletier in Le Figaro, )[3]. Les principales critiques faites sur les chiffres ainsi diffusés viennent de ce qu'il s'agit d'une mesure de l'activité des forces de l'ordre effectuée par les intéressés eux-mêmes[2],[4].
Depuis 2003, l'Observatoire national de la délinquance (OND) est chargé de recueillir et d'exploiter les données produites par les forces de l'ordre. Depuis 2006, il s'est également vu confier la diffusion de ces données[5],[6].
Le chercheur Frédéric Ocqueteau en a déduit la perte de pertinence du théorème de Demonque[7]. Le théorème de Demonque est cependant régulièrement cité dans les débats publics sur la délinquance en France[8].
Notes et références
modifier- ↑ Pénombre, Lettre Blanche, n° 5, octobre 1994 ou
Association Pénombre, Chiffres en folie, Paris, La Découverte, septembre 1999, pp. 32-33 - 1 2 Pour une présentation détaillée en France voir, par exemple, le rapport du Sénat déposé le 15 octobre 2003 L'organisation du temps de travail et des procédures d'information des forces de sécurité intérieure
- ↑ cité par le CIRDEL, Les 20 premiers mois de la politique Perben Sarkozy : Un recul des libertés, mars 2004
- ↑ Bruno Aubusson de Cavarlay, Chiffres de l’insécurité : rien de neuf?, inHommes et libertés, n° 120, Le sécuritaire contre la sécurité, oct.-déc. 2002
- ↑ « Les faits constatés par les services de police et de gendarmerie » [archive du ], sur INHES
- ↑ voir aussi l'Insee :
- ↑ « Sur la fiabilité de l?enregistrement comptable des crimes et délits » [archive du ], sur Champpenal
- ↑ Laurent Mucchielli, « Le « nouveau management de la sécurité » à l’épreuve :délinquance et activité policière sous le ministère Sarkozy (2002-2007) », Champ pénal/Penal field, no Vol. V, 2008/juin/11 (ISSN 1777-5272, DOI 10.4000/champpenal.3663, lire en ligne, consulté le )