Théorème de Hardy-Ramanujan
En mathématiques et plus précisément en théorie des nombres, le théorème de Hardy-Ramanujan, démontré par G. H. Hardy et S. Ramanujan en 1917, donne une approximation du nombre de facteurs premiers distincts d'un entier naturel . Plus précisément, ce résultat énonce que la fonction est un ordre normal de , où désigne la fonction logarithme naturel. Ce résultat peut-être interprété comme la traduction rigoureuse du fait que la plupart des entiers naturels ont environ facteurs premiers distincts. Par exemple, le nombre de facteurs premiers d'un entier de l'ordre de un milliard est presque toujours égal à .
Énoncé
modifierÉtant donné un entier naturel , soit sa décomposition en facteurs premiers. La fonction est donnée par . Il s'agit d'une fonction arithmétique additive, autrement dit pour tous entiers naturels premiers entre eux et , on a . Le théorème de Hardy-Ramanujan donne une approximation pour la fonction , plus précisément[1]
Théorème (Hardy-Ramanujan) — La fonction est un ordre normal de la fonction . Autrement dit, pour tout réel ,
Une version plus précise indique que, pour toute fonction à valeurs réelles qui tend vers l'infini lorsque , on a, pour presque tout entier naturel ,Cette relation ne cesse d'être valable que pour une proportion négligeable de nombres réels. Rigoureusement, si désigne le nombre d'entiers naturels inférieurs à pour lesquels l'inégalité ci-dessus n'est pas valide, alors converge vers zéro lorsque tend vers l'infini.
Hardy et Ramanujan démontrent également l'équivalent suivante[2]:
Autrement dit, la fonction est un ordre moyen de .
La fonction , qui dénombre le nombre de facteurs premiers de comptés avec multiplicité, admet des propriétés similaires à celles de [3].
Preuve
modifierUne preuve plus élémentaire que la démonstration originelle de Ramanujan est donnée par Pál Turán en 1934. La mathématicien utilise une technique de crible, afin de prouver la majoration[4],[5] :
dont découle le résultat de Hardy et Ramanujan.
Généralisations
modifierLe mathématicien Mark Kac partage à Paul Erdős son intuition selon laquelle le résultat de Hardy et Ramanujan suggèrerait que la distribution du nombre de facteurs premiers distincts d'un entier naturel est essentiellement décrite par une loi normale. Ils mettent en œuvre cette idée en démontrant en 1938 le théorème d'Erdős–Kac, qui donne une estimation de la distribution des valeurs de la fonction . Ce résultat pose les bases de la théorie probabiliste des nombres[5],[3].
Références
modifier- ↑ (en) G. H. Hardy et S. Ramanujan, « The normal number of prime factors of a number n », Quarterly Journal of Mathematics, (lire en ligne)
- ↑ J. Mathieu, « Théorie probabiliste des nombres : les théorèmes fondateurs », (consulté le )
- 1 2 « Hardy-Ramanujan theorem - Encyclopedia of Mathematics », sur encyclopediaofmath.org (consulté le )
- ↑ (en) Paul Turán, « On a Theorem of Hardy and Ramanujan », Journal of the London Mathematical Society, vol. s1-9, no 4, , p. 274–276 (ISSN 1469-7750, DOI 10.1112/jlms/s1-9.4.274, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 (en) Anatomy of Integers, American Mathematical Society, coll. « CRM Proceedings and Lecture Notes », (ISBN 978-0-8218-4406-9, 978-0-8218-7041-9 et 978-1-4704-3960-6, DOI 10.1090/crmp/046, lire en ligne)