Thaddée Nsengiyumva

évêque catholique rwandais

Thaddée Nsengiyumva ( - ) est un évêque du diocèse de Kabgayi au Rwanda. Il est tué à Kabgayi lors du génocide contre les Tutsi en 1994 .

Thaddée Nsengiyumva
Fonctions
Évêque diocésain
Diocèse de Kabgayi
-
Anastase Mutabazi (en)
Évêque coadjuteur
Diocèse de Kabgayi
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 45 ans)
Activités
Autres informations
Consécrateurs

Biographie

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Thaddée Nsengiyumva est né à Bungwe le . Il est ordonné prêtre le . Le , il est nommé évêque coadjuteur de Kabgayi, puis consacré à cette fonction le [1]. Il accède finalement à l’épiscopat en tant qu’évêque de Kabgayi le , succédant ainsi à André Perraudin[2].

En , Thaddée Nsengiyumva publie une lettre pastorale intitulée « Convertissons-nous pour vivre ensemble dans la paix ». Dans ce texte, il dénonce l’absence d’efforts concrets pour résoudre le conflit opposant Hutus et Tutsis. Il y affirme notamment que « l'assassinat politique est désormais monnaie courante »[3]. Ce document adopte un ton autocritique : l’Église y est accusée de ne pas suffisamment soutenir la population et d’être devenue, par son inaction, complice du système en place[4].

Après le début du génocide en 1994, Nsengiyumva, alors président de la conférence des évêques du Rwanda, multiplie les appels en faveur de l'arrêt des massacres[5]. En collaboration avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), il essaye d'aider de nombreux déplacés de guerre autour et dans l'évêché. Cependant, le , il publie une lettre qui a été généralement considérée comme soutenant le gouvernement hutu contre la rébellion tutsie[6].

Le , Thaddée Nsengiyumva est assassiné à Gakurazo[7] par des soldats de l' Armée patriotique rwandaise (APR)[8]. Lors de cet événement, l'archevêque de Kigali, Vincent Nsengiyumva ainsi que l'évêque Joseph Ruzindana (en) trouvent la mort à ces côtés[9]. Dix prêtres périssent également dans ces circonstances. Certaines sources suggèrent que Thaddée Nsengiyumva aurait été tué par erreur, la cible initiale étant en réalité son homonyme, Vincent Nsengiyumva. Cette hypothèse reste cependant peu plausible, dans la mesure où les deux hommes ont été assassinés simultanément[7].

Références

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Voir aussi

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Bibliographie

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  • Laure Coret et Francois-Xavier Verschave, L'horreur qui nous prend au visage - L'Etat français et le génocide au Rwanda, KARTHALA Editions, (ISBN 978-2-8111-3925-4, lire en ligne)
  • Paul Lewis, « June 5–10: New Atrocities in Africa; Three Bishops and 10 Priests Are Slaughtered in Rwanda As Tribal Killings Go On », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
  • Serge Desouter, Rwanda le procès du FPR: Mise au point historique, Harmattan, (ISBN 978-2-296-16303-4, lire en ligne), p. 89
  • André Perraudin, "Par-dessus tout la charité": un évêque au Rwanda : les six premières années de mon épiscopat (1956-1962), Editions Saint-Augustin, (ISBN 978-2-88011-295-0, lire en ligne)
  • (en) Scott Peterson, Me Against My Brother: At War in Somalia, Sudan, and Rwanda : a Journalist Reports from the Battlefields of Africa, Routledge, (ISBN 978-0-415-93063-5, lire en ligne)
  • André Sibomana et Laure Guilbert, Gardons espoir pour le Rwanda: suivi de enquête sur la mort d'André Sibomana, par Hervé Deguine, Harmattan, (ISBN 978-2-296-04164-6, lire en ligne)

Liens externes

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