Tharcisse Sinzi

écrivain rwandais

Tharcisse Sinzi est un survivant du génocide des Tutsi au Rwanda, maître de karaté et auteur rwandais. Il est connu pour avoir organisé la résistance d’un groupe de Tutsi dans la région de Butare en et pour son témoignage publié dans le livre Combattre. Récit d’un résistant face au génocide des Tutsi, écrit avec le journaliste Thomas Zribi.

Tharcisse Sinzi
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Biographie
Naissance
Surnom
Maître Sinzi
Nationalité
Rwandaise
Formation
Institut des sciences agronomiques du Rwanda (ISAR)
Activité
Témoin du génocide des Tutsi, écrivain, maître de karaté, ancien laborantin

Biographie

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Origines et formation

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Tharcisse Sinzi naît dans une famille tutsie du sud du Rwanda, dans la région de Butare, à une époque où le pays est marqué par un régime de ségrégation ethnique à l’encontre des Tutsi[1],[2]. Son père lui donne le nom de « Sinzi », qui signifie « je ne sais pas » en kinyarwanda, en référence à l’incertitude qui pèse sur l’avenir des enfants Tutsi dans ce contexte[1].

Confronté aux discriminations dans l’accès aux études secondaires, il poursuit néanmoins sa scolarité et rejoint l’Institut des sciences agronomiques du Rwanda (ISAR) à Songa, dans l’ancienne commune de Rusatira, où il suit une formation scientifique et travaille comme laborantin[3],[1].

Parallèlement, il découvre le karaté à la fin des années 1970, encouragé par son frère aîné. Il s’investit intensément dans cette discipline, obtient la ceinture noire et progresse jusqu’aux grades de haut niveau (plusieurs dan), devenant une figure respectée du karaté au Rwanda[4],[5].

Génocide des Tutsi en 1994

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Lorsque le génocide des Tutsi commence, en , Tharcisse Sinzi travaille dans un laboratoire de l’ISAR Songa, en préfecture de Butare[3],[5]. Le , alors que les milices Interahamwe et les forces de l’ancien régime attaquent les Tutsi réfugiés dans la région, il décide d’organiser la résistance pour « ne pas mourir sans se défendre »[6].

Autour de lui se rassemble d’abord un groupe d’habitants de son village, armés uniquement d’outils agricoles, de pierres et de bâtons. Tharcisse Sinzi met à profit son expérience du karaté pour structurer l’autodéfense du groupe, renforcer la discipline et maintenir le moral des réfugiés[4],[5]. Le groupe gagne progressivement la colline de Songa, un lieu agricole isolé, où se regroupent des milliers de Tutsi venus des collines environnantes[7].

Selon les récits publiés, jusqu’à environ 3 400 personnes se rassemblent autour de Songa, sous sa direction, dans l’espoir d’échapper aux attaques répétées des milices et des forces armées[6],[5]. Les assauts sont fréquents et particulièrement violents lorsque les gendarmes interviennent avec des fusils et des grenades. Malgré les pertes et les massacres, l’organisation de la résistance permet la survie de nombreuses personnes ; plusieurs sources évoquent plus d’une centaine de vies sauvées directement grâce à son action[4],[5],[3].

Après-guerre et témoignage

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Après la fin du génocide, Tharcisse Sinzi survit, alors que de nombreux membres de sa famille ont été tués. Il doit se reconstruire, tout en assumant la mémoire de ceux qui ont été massacrés[8].

Il poursuit une activité professionnelle au sein de l’Université du Rwanda, notamment comme responsable des services techniques (Director of Estates) dans le campus de Huye, tout en continuant à enseigner le karaté et à encadrer des pratiquants[4],[9].

Au fil des années, il témoigne dans divers cadres : commémorations annuelles Kwibuka, rencontres organisées par des associations de rescapés, événe

Génocide des Tutsi en 1994

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Lorsque le génocide des Tutsi commence, en , Tharcisse Sinzi travaille dans un laboratoire de l’ISAR Songa, en préfecture de Butare[10],[11]. Le , alors que les milices Interahamwe et les forces de l’ancien régime attaquent les Tutsi réfugiés dans la région, il décide d’organiser la résistance pour « ne pas mourir sans se défendre »[12].

Autour de lui se rassemble d’abord un groupe d’habitants de son village, armés uniquement d’outils agricoles, de pierres et de bâtons. Sinzi met à profit son expérience du karaté pour structurer l’autodéfense du groupe, renforcer la discipline et maintenir le moral des réfugiés[13],[11]. Le groupe gagne progressivement la colline de Songa, un lieu agricole isolé, où se regroupent des milliers de Tutsi venus des collines environnantes.

Selon les récits publiés, jusqu’à environ 3 400 personnes se rassemblent autour de Songa, sous sa direction, dans l’espoir d’échapper aux attaques répétées des milices et des forces armées[12],[11]. Les assauts sont fréquents et particulièrement violents lorsque les gendarmes interviennent avec des fusils et des grenades. Malgré les pertes et les massacres, l’organisation de la résistance permet la survie de nombreuses personnes ; plusieurs sources évoquent plus d’une centaine de vies sauvées directement grâce à son action[13],[11],[10].

Après-guerre et témoignage

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Après la fin du génocide, Tharcisse Sinzi survit, alors que de nombreux membres de sa famille ont été tués. Il doit se reconstruire, tout en assumant la mémoire de ceux qui ont été massacrés[14].

Il poursuit une activité professionnelle au sein de l’Université du Rwanda, notamment comme responsable des services techniques (Director of Estates) dans le campus de Huye, tout en continuant à enseigner le karaté et à encadrer des pratiquants[13],[15].

Au fil des années, il témoigne dans divers cadres : commémorations annuelles Kwibuka, rencontres organisées par des associations de rescapés, événements publics en Europe, notamment au Mémorial de la Shoah à Paris ou dans des lieux de mémoire comme le Chambon-sur-Lignon en France[16],[17].

Écriture de Combattre

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En 2025, les éditions Tallandier publient Combattre. Récit d’un résistant face au génocide des Tutsi, écrit avec le journaliste et réalisateur français Thomas Zribi[18],[12]. L’ouvrage retrace son parcours, depuis son enfance marquée par la ségrégation jusqu’à l’organisation de la résistance en 1994, puis la reconstruction après le génocide.

Le livre est présenté comme un témoignage de survie et de lutte, mais aussi comme une réflexion sur la manière de vivre après l’extermination d’une grande partie de ses proches, sans céder à la haine[14],[19]. Il est au cœur de rencontres publiques et de débats sur la mémoire du génocide des Tutsi, en particulier en France et en Belgique, dans le cadre de la commémoration des trente ans du génocide.

  • Tharcisse Sinzi et Thomas Zribi, Combattre. Récit d’un résistant face au génocide des Tutsi, Paris, Tallandier, coll. « Actualité société », , 256 p. (ISBN 979-10-210-6298-6)[18],[12]

Notes et références

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  1. 1 2 3 Marion Rousset, « Tharcisse Sinzi, survivant du génocide des Tutsi au Rwanda : « Vivre ou mourir, mais debout » », Le Monde,‎ (ISSN 0395-2037)
  2. ↑ « Tharcisse Sinzi : de la ségrégation à la résistance face au génocide des Tutsis », sur RCF, (consulté le )
  3. 1 2 3 (en) « Sinzi Tharcisse », sur Gariwo (consulté le )
  4. 1 2 3 4 (en) « Sinzi, the man who used martial arts to save lives in the Genocide », sur Justice4Survivors, (consulté le )
  5. 1 2 3 4 5 (en) « Sinzi Tharcisse the ‘April Father’ Used Karate to Save Over 100 Tutsi #Kwibuka23 », sur KT Press, (consulté le )
  6. 1 2 « Thomas Zribi, Tharcisse Sinzi, Combattre », sur Fnac (consulté le )
  7. ↑ [vidéo] « Génocide des Tutsis au Rwanda: Tharcisse Sinzi a survécu, il raconte », Le Figaro, , 13:32 min (consulté le )
  8. ↑ « Tharcisse Sinzi face au génocide rwandais », sur Ouest-France / France Génocide Tutsi, (consulté le )
  9. ↑ (en) « Sinzi Tharcisse », sur LinkedIn (consulté le )
  10. 1 2 (en) « Sinzi Tharcisse », sur Gariwo (consulté le )
  11. 1 2 3 4 (en) « Sinzi Tharcisse the ‘April Father’ Used Karate to Save Over 100 Tutsi #Kwibuka23 », sur KT Press, (consulté le )
  12. 1 2 3 4 « Thomas Zribi, Tharcisse Sinzi, Combattre », sur Fnac (consulté le )
  13. 1 2 3 (en) « Sinzi, the man who used martial arts to save lives in the Genocide », sur Justice4Survivors, (consulté le )
  14. 1 2 « Tharcisse Sinzi face au génocide rwandais », sur Ouest-France / France Génocide Tutsi, (consulté le )
  15. ↑ (en) « Sinzi Tharcisse », sur LinkedIn (consulté le )
  16. ↑ « Tharcisse Sinzi, un résistant Tutsi », sur Mémorial de la Shoah (consulté le )
  17. ↑ « Tharcisse Sinzi : de la ségrégation à la résistance face au génocide des Tutsis », sur RCF, (consulté le )
  18. 1 2 « Tharcisse SINZI », sur Tallandier (consulté le )
  19. ↑ Marion Rousset, « Tharcisse Sinzi, survivant du génocide des Tutsi au Rwanda : « Vivre ou mourir, mais debout » », Le Monde,‎ (ISSN 0395-2037)

Voir aussi

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Article connexe

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Liens externes

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Bibliographie

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  • Tharcisse Sinzi et Thomas Zribi, Combattre. Récit d’un résistant face au génocide des Tutsi, Paris, Tallandier, coll. « Actualité société », , 256 p. (ISBN 979-10-210-6298-6)