The Monster and the Girl
The Monster and the Girl est un film muet américain réalisé par Alice Guy et produit par la Solax Film Corporation.
| Réalisation | Alice Guy |
|---|---|
| Sociétés de production | Solax Film Corporation |
| Genre | Drame |
| Durée | 4 bobines |
| Sortie | 1914 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Sorti en mars 1914, ce long métrage en quatre bobines alterne entre les paysages côtiers de la Nouvelle-Angleterre et la ville de New York. Son intrigue mêle drame sentimental, escroquerie financière et film criminel, tout en accordant une place importante à plusieurs scènes spectaculaires qui furent largement mises en avant par la presse professionnelle lors de sa sortie[1],[2].
Synopsis
modifierDeux vieux pêcheurs aperçoivent un navire en flammes au large des côtes de la Nouvelle-Angleterre. Malgré l'intervention des sauveteurs, le bâtiment est détruit et tous ses passagers périssent, à l'exception d'un jeune garçon recueilli par l'un des pêcheurs, qui l'élève avec sa propre fille.
Dix années plus tard, un avocat new-yorkais tente d'adopter le jeune homme, héritier d'une importante fortune. Le tribunal décide finalement de le laisser auprès de sa famille adoptive tout en confiant la gestion de ses biens à un banquier et sa tutelle légale à l'avocat.
Le banquier, dont les affaires sont compromises, détourne une partie de cette fortune afin de couvrir ses pertes. Incapable de rembourser les sommes empruntées, il cherche à convaincre le jeune héritier d'investir dans une société sans valeur. Lors d'une visite au village, il séduit la jeune femme élevée avec le garçon. Jaloux, celui-ci se bat avec lui au sommet d'une falaise. Le banquier chute mais survit ; le jeune homme, pris de remords, participe à son sauvetage.
La jeune femme épouse néanmoins le banquier, qui l'abandonne rapidement pour reprendre sa vie mondaine. Acculé par ses difficultés financières, il organise alors le cambriolage de sa propre banque avec la complicité de criminels qui pénètrent dans l'établissement par un tunnel creusé sous le bâtiment. Après avoir dérobé lui-même l'argent convoité, il s'enfuit vers le village de pêcheurs où réside son épouse.
Trahi par ses complices, il tente de simuler son suicide en échangeant ses vêtements avec ceux d'un noyé rejeté par la mer avant de partir à la poursuite des voleurs dans un quartier mal famé de New York. La confrontation finale donne lieu à un spectaculaire combat suspendu à un câble entre deux immeubles. Le banquier trouve la mort en chutant dans le vide, tandis que les deux jeunes héros sont finalement réunis dans le village où ils ont grandi[1].
Fiche technique
modifier- Titre : The Monster and the Girl
- Réalisation : Alice Guy
- Production : Solax Film Corporation
- Distribution : Box Office Attractions Company
- Pays de production :
États-Unis - Format : Noir et blanc — 35 mm — 1,33:1 — Muet
- Genre : Film dramatique
- Longueur : quatre bobines
- Date de sortie :
- 25 mars 1914 selon les annonces publiées dans la presse professionnelle précédant la sortie commerciale[1].
Distribution
modifier- Vinnie Burns : la fille du pêcheur
Production
modifierThe Monster and the Girl appartient à la période durant laquelle Solax développe des productions de plusieurs bobines destinées à rivaliser avec les grands mélodrames américains. Le récit alterne entre les paysages maritimes de la côte de Nouvelle-Angleterre et les décors urbains de New York, permettant à Alice Guy de multiplier les changements de cadre tout au long des quatre bobines.
La presse professionnelle souligne particulièrement l'importance accordée aux scènes d'action. L'histoire comprend notamment un incendie de navire en mer, une lutte au sommet d'une falaise, le percement d'un tunnel sous une banque et un affrontement aérien entre deux immeubles au cours duquel deux hommes se battent suspendus à un câble. Ces épisodes constituent l'argument promotionnel principal du film avant sa sortie[1],[3].
Tournage
modifierLe tournage comporte plusieurs séquences particulièrement ambitieuses pour une production de la Solax Film Corporation. Les journaux professionnels insistent sur les effets spectaculaires obtenus dans les scènes d'action, notamment l'incendie du navire, le combat au sommet d'une falaise, le cambriolage de la banque et le duel final entre deux immeubles.
Le film est également marqué par un accident survenu au cours du tournage. L'actrice **Vinnie Burns**, interprète de la jeune héroïne, est grièvement blessée lors de la réalisation d'une scène d'action. Alors qu'elle doit être retenue par un câble de sécurité, celui-ci se rompt et la comédienne fait une chute importante avant d'être projetée contre des rochers. Souffrant de multiples contusions, elle est transportée à son domicile où son état nécessite plusieurs semaines de repos. La presse spécialisée souligne néanmoins son sang-froid et rapporte qu'elle souhaitait reprendre rapidement le travail afin d'achever le film[4].
Cet incident illustre le réalisme recherché par Alice Guy, qui privilégie des effets obtenus directement devant la caméra plutôt que par des procédés de substitution.
Accueil critique
modifierÀ sa sortie, The Monster and the Girl reçoit un accueil globalement favorable de la presse professionnelle américaine, qui met surtout en avant son rythme soutenu et la variété de ses scènes spectaculaires.
Moving Picture World considère le film comme un mélodrame solidement construit, dont l'intérêt est constamment renouvelé par la succession d'événements dramatiques. La revue souligne que l'action progresse sans temps mort et que les nombreux rebondissements maintiennent l'attention du spectateur jusqu'au dénouement. Elle relève également la qualité des décors naturels et l'efficacité des séquences d'action, en particulier l'incendie du navire, la lutte sur la falaise et le combat final suspendu au-dessus d'une rue de New York[1].
Dans Motion Picture News, A. Danson Michell insiste davantage sur la construction dramatique de l'œuvre. Selon lui, Alice Guy parvient à équilibrer les aspects sentimentaux et criminels du récit tout en maintenant une progression narrative claire malgré la multiplicité des épisodes. Le critique estime que les quatre bobines sont utilisées avec efficacité et que chaque scène prépare naturellement la suivante. Il considère que le suspense repose autant sur les conflits psychologiques que sur les effets spectaculaires[5].
Variety souligne pour sa part le caractère résolument commercial du film. La revue remarque que chaque bobine apporte son lot d'événements marquants — naufrage, incendie, cambriolage, poursuite et affrontement final — destinés à maintenir l'intérêt du public. Elle estime que cette accumulation d'actions contribue largement à l'efficacité du spectacle[3].
Dans l'ensemble, les critiques s'accordent à reconnaître la maîtrise d'Alice Guy dans la conduite d'un récit de longue durée ainsi que son aptitude à intégrer des scènes spectaculaires au service de la narration plutôt que comme de simples attractions.
Exploitation
modifierDistribué par la Box Office Attractions Company, The Monster and the Girl est proposé aux exploitants comme une production en quatre bobines capable de satisfaire un public recherchant à la fois émotion, aventure et suspense. Les annonces publiées dans la presse professionnelle mettent principalement en avant la richesse de l'action et les nombreuses situations périlleuses qui jalonnent le récit[1].
Références
modifierLiens externes
modifier- « The Monster and the Girl » (présentation de l'œuvre), sur l'Internet Movie Database
- (en) « The Monster and the Girl », sur AFI Catalog of Feature Films, American Film Institute (consulté le )