Thermes antiques de Lyon
Les thermes antiques de Lyon désignent plusieurs établissements thermaux romains situés à Lyon, en France. Le plus important de ceux découverts est celui de la rue des Farges bâti sur le flanc de la colline de Fourvière, possiblement désigné sous le nom de thermes d'Apollon selon un faisceau ténu d'indices[1].
| Thermes antiques de Lyon | |
Terrasses et thermes antiques de la rue des Farges | |
| Localisation | |
|---|---|
| Pays | |
| Lieu | Lyon |
| Type | Thermes romains |
| Coordonnées | 45° 45′ 25″ nord, 4° 49′ 12″ est |
| Histoire | |
| Époque | Ier siècle - IIIe siècle |
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Traces épigraphiques
modifierLa présence de thermes à Lugdunum est connue par deux inscriptions :
- l'inscription découverte quai Pierre Scize mentionnant les thermes d'Ullatius
- la stèle funéraire de Pömpeius Catussa découverte dans les fondations de la Commanderie quatier Saint-Georges, évoquant sa fréquentation des bains d'Apollon[2].
Thermes de la rue des Farges
modifierAprès quelques découvertes fortuites, dont deux salles voutées souterraines, des fouilles archéologiques conduites de 1974 à 1980 sur une surface d’un hectare environ ont mis au jour un quartier antique daté de la fin du Ier siècle et abandonné à la fin du IIe siècle ou au début du IIIe siècle : Ce quartier se découpe en trois terrasses superposées orientées est ouest et séparées par deux voies orientées nord-sud reliant ce quartier aux édifices de spectacle de Fourvière[3].
Les fouilles n'ont permis d'examiner qu'une partie des thermes qui est recouvert par le lycée Jean-Moulin. Elles ont aussi mis au jour sur les terrasses les vestiges d'une maison à péristyle, dite « maison des masques », des entrepots, une maison trapézoïdale dite « maison aux chars », et une esplanade utilisée comme nécropole dans l'antiquité tardive[3].
Thermes de l'avenue Adolphe-Max
modifierLors des travaux de percement du tunnel de la ligne D du métro est fouillé à partir de 1983 l'avenue Adolphe-Max sur un secteur de 1 100 m2[4]. Sont mis au jour des éléments d'un complexe thermal tardif datés de la fin du IVe siècle ou du début du Ve siècle. Les archéologues ont identifié une cour pouvant servir de palestre, une piscine, peut-être couverte vue l'épaisseur des murs qui la bordaient et partiellement repérée sur 29 m2, une enfilade de trois salles à hypocauste sur sol revêtu de mortier au tuileau, un fragment de baignoire en marbre, un foyer d'hypocauste partiellement conservé[5]. Le motif retrouvé sur un fragment d'enduit appartient au répertoire décoratif caractéristique de ce type de bâtiment[6].
Thermes de l'Antiquaille
modifierEn 1827, lors de la construction de la buanderie à l’Hôpital de l'Antiquaille, on découvre les restes d’un établissement thermal de petite dimension (sans qu’il soit possible de dire s’il s’agit de bains privés ou publics)[7]. Des fouilles archéologiques préventives avant destruction du site sont menées par le Service Archéologique de la Ville de Lyon (SAVL) en 2011-2012. Elles repèrent dans les vestiges d'une domus une pièce chauffée sur hypocauste, une autre munie d'un bassin et un raccordement à l'égout[8].
Autres thermes
modifierDeux autres thermes publics sont connus grâce à l'épigraphie : les thermes d'Ullatius (inscription trouvée quai Pierre-Scize) et ceux d'Apollon (stèle trouvée dans les fondations de la commanderie de Saint-Georges)[9]. Il est toutefois possible que les thermes d'Apollon soient ceux de la rue des Farges, trois autels dédiés à Apollon ayant été trouvés à Fourvière et à Saint-Just[1].
Notes et références
modifier- 1 2 Desbat 1984, p. 84.
- ↑ CIL XIII, 01983.
- 1 2 Pelletier 1988, p. 91 et 95, plan général des fouilles.
- ↑ Villedieu 1990, p. 8-9.
- ↑ Villedieu 1990, p. 29 et suiv..
- ↑ Villedieu 1990, p. 24-25.
- ↑ Ouvrage collectif, l’Antiquaille de Lyon, histoire d’un hôpital, éditions Lieux Dits, 2003, p. 21.
- ↑ Plaquette du SAVL, plan p. 14.
- ↑ Desbat 1984, p. 67.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Ouvrages généraux
- Alix Barbet, « La diffusion du IIIe style pompéien en Gaule », Gallia, t. 40, no 1, , p. 53-82 (lire en ligne).
- Anne-Catherine Le Mer et Claire Chomer, Académie des inscriptions et belles-lettres, Carte archéologique de la Gaule 69/2 : Lyon, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, , 1re éd., 884 p. (ISBN 978-2-87754-099-5).
- Ouvrages sur la rue des Farges
- Armand Desbat, Les fouilles de la rue des Farges : 1974-1980, Groupe Lyonnais de Recherche en Archéologie Gallo-romaine, , 107 p..
- Armand Desbat, « Note sur l'apparition des constructions à arases de briques dans la région lyonnaise », Gallia, t. 49, , p. 45-50 (lire en ligne).
- Armand Desbat et François Leyge, Jadis, rue des Farges: archéologie d'un quartier de Lyon antique: exposition au Musée de la civilisation gallo-romaine de Lyon du 22 novembre 1985 au 2 mars 1986 (catalogue d'exposition), Lyon, Groupe Lyonnais de recherche en archéologie gallo-romaine, , 51 p. (présentation en ligne).
- André Pelletier, Histoire et Archéologie de la France ancienne – Rhône Alpes, Horvath, (ISBN 2717105611).
- Ouvrages sur la rue Adolphe Max
- Françoise Villedieu, « Lyon (Rhône). Fouilles archéologiques préalables à l'ouverture de la ligne « D » du métro : le chantier de l'avenue A. Max », Archéologie médiévale, t. 14, , p. 296-297 (lire en ligne).
- Françoise Villedieu, Lyon. St-Jean. Les fouilles de l'avenue Adolphe Max, Lyon, Circonscription des antiquités historiques, coll. « Documents d'archéologie en Rhône-Alpes (DARA) » (no 3), , 239 pages (ISBN 2-906190-07-1, lire en ligne).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à la géographie :