Thierry IV de Lenoncourt
Thierry IV de Lenoncourt (v. 1414 – 1483)[note 1] est un noble lorrain de la fin du XVe siècle. Seigneur de Lenoncourt et comte de Beaufort, il exerce diverses fonctions au service des ducs de Lorraine et de la monarchie française, notamment lors des guerres de Bourgogne. Il est attesté au service des ducs de Lorraine et des rois de France dans plusieurs fonctions administratives en tant que bailli de Vitry-en-Perthois et capitaine de la Rochelle, et diplomatiques. Il est membre de l'Ordre du Croissant.
| Thierry IV de Lenoncourt | ||
Sceau de Thierry IV de Lenoncourt | ||
| Titre | Seigneur de Lenoncourt Comte de Beaufort |
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| Allégeance | Duché de Lorraine Royaume de France |
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| Conflits | Guerres de Bourgogne | |
| Faits d'armes | Bataille de Nancy | |
| Distinctions | Ordre du Croissant | |
| Autres fonctions | Bailli de Vitry-en-Perthois Capitaine de la Rochelle |
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| Biographie | ||
| Naissance | v. 1414 |
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| Décès | ||
| Père | Herman de Lenoncourt | |
| Mère | Jeanne de Luxembourg de La Tour | |
| Conjoint | Antoinette d'Haroué | |
| Enfants | Henri Éléonore |
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Biographie
modifierOrigines familiales
modifierThierry de Lenoncourt est le fils d'Herman de Lenoncourt († avant 1449) et de Jeanne de Luxembourg-de-la-Tour, fille de Gilles de la Tour. Il est le frère de Philippe II de Lenoncourt, qui fait une carrière au sein du duché de Lorraine. Il descend ainsi d'une famille faisant partie des quatre Grands chevaux de Lorraine, qui selon Prosper Guerrier de Dumast, sont les familles lorraines qui sont considérées comme ayant une existence immémoriale[1].
Au service de Charles VII
modifierThierry apparait dans l'entourage de René Ier, alors duc de Lorraine, à la suite de son mariage avec Isabelle de Lorraine. Néanmoins, une grande partie de son activité s’est faite au sein du Royaume de France.
Sa carrière commence par sa nomination en tant que bailli de Vitry-en-Perthois, en 1444 par le roi Charles VII[2]. Ce bailliage champenois permet alors d'assurer au duc de Lorraine un passage sécurisé pour se rendre à Paris.
Sous le règne de Charles VII, les relations entre la monarchie française et la Lorraine demeurent étroites dans le contexte de l'opposition au duché de Bourgogne, en poursuivant la politique menée par Charles d'Orléans contre les Bourguignons[3]. C'est pendant cette période que Charles VII l'envoie en ambassade auprès de plusieurs princes allemands dans le cadre de ses revendications sur le Luxembourg[2]. Par la suite, vers 1459, il devient écuyer et conseiller du roi[4].
Malgré ses responsabilités politiques au sein du royaume de France, il demeure investi dans les affaires de Lorraine. Il intervient notamment en 1433 comme caution — avec son père, son frère et son oncle[note 2] — pour obtenir la libération de René Ier, capturé lors de la bataille de Bulgnéville de 1431[5].
Entre Lorraine et royaume de France (1461-1472)
modifierA la Cour de Jean II
modifierEn 1461, lors de l'arrivée de Louis XI sur le trône de France, les sources mentionnent moins fréquemment Thierry de Lenoncourt. C'est notamment pour cette raison, qu'on va le retrouver plus impliqué dans la politique Lorraine, duché dans lequel évolue son frère Philippe II de Lenoncourt. C'est ainsi qu'il devient conseiller et chambellan du duc Jean II.
Service auprès de Charles de France
modifierGardant une influence dans le royaume de France, il entre au service de Charles de France, le frère du roi. Il en devient le valet de chambre, puis le conseiller et chambellan[4]. Après la cession du duché de Guyenne à Charles, Thierry est nommé gouverneur et capitaine de La Rochelle.
Retour auprès de Louis XI et missions diplomatiques
modifierAprès la mort du duc de Guyenne, il est de nouveau mentionné dans l'entourage de Louis XI, qui le nomme conseiller et chambellan.
Ainsi, en 1477, il est envoyé en tant qu'ambassadeur, avec Jean Bourré pour le compte de Louis XI où il est chargé de persuader les Flamands que le roi d'Angleterre cherche à enlever Marie de Bourgogne[6].
Lors du procès de Jacques d'Armagnac, comte de Nemours, Thierry de Lenoncourt figure parmi des nobles auxquels sont distribuées une des possessions confisquées au condamné par le Roi. Il obtient ainsi à titre viager la châtellenie de Beaufort, érigée en comté spécialement à son intention, de même que les seigneuries de Lassicourt, Soulaines et Villemaheu, situées dans le comté de Champagne, près de Vitry[7]. Ces donations contribuent à la fois, à l'extension de son patrimoine territorial hors du duché de Lorraine et sont associées à son accession à la noblesse titrée, mais aussi un moyen pour Louis XI de s'assurer la vassalité d'un officier dont le fief d'origine est situé sur le territoire du duc de Lorraine et de Bar[8].
Participation aux Guerres de Bourgogne
modifierDans le contexte des guerres de Bourgogne, Charles de Bourgogne cherche à établir une continuité territoriale entre ses possessions des Pays-Bas et le duché de Bourgogne[3].
La participation de Thierry de Lenoncourt est limitée avant le règne du duc René II. Thierry rejoint le parti de René II pour combattre les armées bourguignonnes. Les sources signalent notamment sa présence lors de la bataille de Nancy en 1477. Cet engagement s’explique notamment du fait de ses possessions de Serres, d’Haroué et de Lenoncourt qui font partie du duché de Lorraine[6].
Ordre du Croissant
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Le 2 (ou le 21 janvier) 1450, Thierry est élu comme vingt-troisième chevalier de l'Ordre du Croissant, quelques années avant son frère Philippe II[5]. Son admission au sein de cette institution s'inscrit dans le prolongement des services rendus au pouvoir ducal, Thierry de Lenoncourt s'étant notamment porté caution lors de la libération de René Ier en 1436[5].
Fin de vie et sépulture
modifierComme le présente son épitaphe[9],[note 3], Thierry IV de Lenoncourt meurt à Paris en novembre 1483 ; son corps est ensuite transporté pour être inhumé dans l'église du couvent des Cordeliers de Toul (aujourd'hui détruite). Ce lieu est d'autant plus important qu'il aurait été fondé par Thierry Ier de Nancy-Lenoncourt en 1261. Ainsi, cette église devient le lieu où plusieurs membres de la famille de Lenoncourt sont enterrés par la suite[10].
Mariage et descendance
modifierVers 1435, Thierry IV épouse en premières noces, Antoinette d'Haroué, dame du même lieu. Il acquiert ainsi une partie du fief d'Haroué. De ce mariage naissent deux enfants[11]:
- Henri de Lenoncourt († 18 septembre 1477), seigneur d'Apremont. Conseiller et Chambellan de Louis XI. Marié en 1450 avec Jacquette/Jeanne de Baudricourt († 19 février 1493), fille de Jean de Baudricourt, Maréchal de France. Ils eurent trois enfants, dont l'archevêque de Reims, Robert de Lenoncourt.
- Eléonore de Lenoncourt († v. 1505), mariée avec Erard de Dompmartin († v. 1520), dont elle eut un fils.
À la mort de sa première femme, il épouse vers 1450, Marguerite de Laval, veuve d'Arnoul de Sampigny, seigneur de Sampigny, de Rembercourt et de Noviant. Néanmoins, aucune descendance de ce mariage n'est connue[11].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ La numérotation de Thierry de Lenoncourt varie selon les auteurs. François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois le désigne comme Thierry III, tandis que d'autres travaux le numérotent Thierry IV.
- ↑ Qui sont respectivement, Herman de Lenoncourt, Philippe II de Lenoncourt dit "Le Jeune" et Jean de Lenoncourt
- ↑ Son épitaphe prend la forme du poème ci-dessous :
« Cy devant qu'est dessous la lame
Noble seigneur dont Dieu a l'ame
Thiery de Lenoncourt nommé
En France si bien renommé
Par sang, par sens et par avoir
Que le roi le voulut avoir
Pour chambellan et conseiller
Et pour autres gens conseiller
De Vitry son baillis le fit
Puis luy donna par bel escript
Tout près la comté de Beaufort
Mais celle qui foible ny fort
n'espargne, à Paris le ferit 352
Si fort qu'il rendit l'esprit
Mil quatre cen octante trois
En novembre sixieme du mois
Puis son corps solon sa devise
Fut amené dans ceste église
Dieu par sa bonte et sa grace
De ses pechés pardon luy face.»
Références
modifier- ↑ Guerrier-Dumast, Sur les grands et petits chevaux de Lorraine in Journal de la Société d'archéologie lorraine, 1861.
- 1 2 Michel Parisse et Guy Cabourdin, Encyclopédie illustrée de la Lorraine, Éd. Serpenoise Presses universitaires de Nancy, (ISBN 978-2-86480-343-0 et 978-2-87692-050-7)
- 1 2 Henry Bogdan, La Lorraine des ducs, sept siècles d'histoire, Perrin, [détail des éditions] (ISBN 2-262-02113-9)
- 1 2 VAESEN, Joseph, CHARAVAY, Étienne (éd), Lettres de Louis XI, roi de France, publiées d'après les originaux pour la Société de l'Histoire de France., t. IV, Paris, Renouard, 1883-1909, p. 296, note 1
- 1 2 3 Christian de Mérindol, « L’ordre du Croissant. Mises au point et perspectives », Publications de l'École française de Rome, vol. 275, no 1, , p. 499–509 (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Zeni‐Fabry Cynthia, La famille de Lenoncourt des origines à 1556,[Mémoire de master ou de recherche en Histoire], Mémoire de Master d’Histoire médiévale réalisé en 2008 sous la direction de Pierre Pégeot, à l’Université Nancy II.
- ↑ Gabriel Monod, Charles Bémont, Sébastien Charléty et Pierre Renouvin, Revue historique, Librairie G. Baillère, (lire en ligne)
- ↑ Jean Favier, Louis XI, Fayard, (ISBN 978-2-213-61003-0)
- ↑ Bibliothèque municipale de Nancy, ms. 1376 (cat. Noël, n° 186), relevé de l'épitaphe de Thierry IV de Lenoncourt attribué à Claude de La Tour (XVe siècle).
- ↑ Robert Furgaux, Lenoncourt en Lorraine, Saint-Nicolas-de-Port, (ISBN 9782307295372).
- 1 2 François-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois et Jacques Badier, « Dictionnaire de la noblesse : contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France » [archive du ], sur Gallica, 1863-1876 (consulté le )