Thomas Legrand
Thomas Legrand, né le à Paris, est un journaliste, animateur radio, présentateur audiovisuel, chroniqueur, éditorialiste et ancien grand reporter français.
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Après avoir débuté sur RMC puis sur RTL, il est employé par France Inter de 2008 à 2025. À la télévision, il a été chroniqueur au Grand Journal de Canal+ et dans 28 minutes sur Arte. En presse écrite, il a collaboré ponctuellement à Slate.fr, Lui et Paris Match, puis de manière régulière au quotidien national Libération à partir de 2022. Il est également l'auteur d'une dizaine d'ouvrages politiques depuis 1991.
Biographie
modifierFamille
modifierSon père venait de la bourgeoisie catholique du Nord et était à la fois patriote et proche d'un parti catholique favorable à la République[1]. En 1940, il est aspirant dans l'armée puis fait prisonnier par les Allemands et enfermé cinq ans dans un camp de prisonniers, à l’est de l’Allemagne, dont il tente de s'échapper, épisode que son fils racontera dans une bande dessinée, Les évasions perdues[1].
Scolarité et formation
modifierThomas Legrand commence sa scolarité à l'école privée catholique Saint-Thomas-d'Aquin dans le 7e arrondissement de Paris, où il reçoit des cours de catéchisme du père Jean-Michel Di Falco[2]. Il est diplômé d'une maîtrise d’administration économique et sociale à l'université Paris 1 – Panthéon Sorbonne.
Carrière radiophonique
modifierRMC (1988-1993)
modifierEn 1988, Thomas Legrand commence sa carrière à RMC, où il est journaliste politique jusqu'en 1993[source insuffisante]. Il débute en couvrant l'actualité politique du Front national[3] et s'intéresse à son histoire.
RTL (1993-2008)
modifierRecruté par la rédaction de RTL en 1993, Thomas Legrand devient en 1996 grand reporter au service étranger. Correspondant à New York de 2001 à 2005, il couvre en direct les attentats du 11 septembre 2001. De retour en France, il est chef du service étranger à partir de 2006. C'est l'époque où il plaide pour que la presse se dote de son propre système de comptage des manifestations car il n'est pas satisfait les écarts de calcul entre préfecture et organisateurs[4], ce qui est critiqué dans le monde syndical.
Thomas Legrand est nommé chef du service politique de RTL en 2007. Il remplace durant l'été 2008 Alain Duhamel à la présentation de l'éditorial politique matinal[5]. Peu après, en , quand il s'apprête à rejoindre France Inter pour y signer l'éditorial politique dans la matinale, Télérama y voit une erreur de casting, le magazine le jugeant « un peu roquet, un peu moqueur », puis estimant deux ans après, qu'il fait partie d'un groupe trop restreint de chroniqueurs, « symboles et symptômes d'un système qui se condamne à la sclérose »[4].
France Inter (2008-2026)
modifierDu au [6], il est éditorialiste politique[7] dans la matinale assurée successivement par Nicolas Demorand, Patrick Cohen, et à nouveau par Nicolas Demorand ; il est co-intervieweur des invités. À partir de , il tient la chronique Les Bobinos, constituée d'archives en lien avec l'actualité, qu'il commente.
Il présente l'émission politique dominicale de la station Dimanche Soir Politique, Radio France Politique, Tous politiques[pas clair].
Il est commentateur politique dans d'autres émissions, telles que Comme on nous parle de Pascale Clark. Il est à l’initiative d'une méthode de comptage, indépendante des pouvoirs publics et des organisations revendicatrices, utilisée par une vingtaine de médias français pour déterminer le nombre de personnes présentes à un rassemblement. « La tradition démocratique française passe aussi par l’expression directe de la rue, il faut donc avoir une exigence de vérité sur l’ampleur des manifs ! Il s’agit d’utiliser une méthode qui pourrait, au fil des semaines, déterminer si un conflit s’amplifie ou s’il s’essouffle »[8].
De à , dans l'émission hebdomadaire En quête de politique, il explique l'histoire et la doctrine des courants politiques. Les deux premières saisons, l'émission est d'abord disponible en podcast, puis sur les ondes le samedi à 18 h 10[9]. À la rentrée 2024, l'émission est reportée au dimanche à la même heure[10],[11] ; certains numéros sont diffusés en direct, d'autres sont comme auparavant enregistrés et disponibles en podcast avant l'émission. Estimant avoir fait le tour de la question, le journaliste cesse son émission en [12]. Une autre émission, Face à Thomas Legrand, prévue pour la rentrée suivante, est interrompue après un seul épisode en raison de l'éviction de Thomas Legrand[13].
France Inter suspend temporairement le journaliste le suite à la diffusion quelques jours jours plus tôt de deux vidéos par le mensuel conservateur proche de l'extrême droite L'Incorrect. Puis il arrête son émission hebdomadaire mais continue à intervenir en tant qu'éditorialiste de Libération[14]. Dans ces vidéos captées début juillet de la même année, il est visible avec le journaliste Patrick Cohen et deux responsables du Parti socialiste Pierre Jouvet, et Luc Broussy, alors que des propos litigieux sont tenus à l'encontre de l'élue Les Républicains Rachida Dati. Si Thomas Legrand se défend de toute connivence[15] et met en cause le montage de la vidéo[16], il est critiqué par des personnalités politiques de La France insoumise au RN et des médias issus du groupe Bolloré[17] qui y voient la preuve d'une forme d'entente entre des journalistes de la radio publique et de certains partis politiques[18]. L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), saisie, se déclare incompétente[19],[20]. La plainte de Thomas et Patrick Cohen contre L'Incorrect est classée sans suite en janvier 2026[21],[22].
Suite au deuxième enregistrement d'une conversation privée à son insu, il porte plainte en pour captation illégale, contre Europe 1 et CNews pour détention d’enregistrement illicite, et contre cette radio et cette chaîne télévisée pour diffusion de fausses informations[23]. En , une enquête, confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes[24], est ouverte pour « atteinte à l'intimité de la vie privée » par le parquet de Paris[25]. Les enregistrements ont été effectués par un journaliste d’Europe 1[26].
Presse écrite et autres médias
modifierThomas Legrand collabore à partir de 2009 à plusieurs médias de presse écrite, sous forme de piges et chroniques.
Média en ligne
modifierDe 2009 à 2013, il a écrit pour le média en ligne Slate.fr[27].
Les Inrockuptibles en 2010-2012
modifierDe à , il est responsable des pages politiques du magazine Les Inrockuptibles, dont il signe chaque semaine une chronique politique[28]. L'hebdomadaire est alors, depuis son rachat en 2009, la propriété de Matthieu Pigasse.
Il en démissionne le après l'arrivée d'Audrey Pulvar comme directrice éditoriale[29]. Audrey Pulvar est depuis peu la compagne du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg ; Thomas Legrand estime que les conflits d'intérêts de sa nouvelle directrice l'empêcheraient de collaborer sereinement[30]. Peu avant la venue d’Audrey Pulvar, Thomas Legrand avait rédigé dans l'hebdomadaire un éditorial qui était, selon le journaliste, en défaveur du ministre[31].
Émissions de télévision
modifierDans les années 2010, Thomas Legrand participe régulièrement au club de la presse du vendredi du Grand Journal sur Canal+, l'un des programmes phares de la chaîne, créé et présenté par Michel Denisot et produit par Renaud Le Van Kim[32],[4]. Il est conseiller de la rédaction du Supplément Politique sur la même chaîne, à partir de [Jusqu'à quand ?].
Il participe régulièrement à 28 minutes présenté par Élisabeth Quin sur Arte.
Éditorialiste à Libération à partir de 2022
modifierEn , il rejoint la rédaction de Libération où il rédige une chronique politique quotidienne[33].
Œuvres
modifierLa Main droite de Dieu est une enquête publiée en 1994 avec deux autres journalistes, Emmanuel Faux d'Europe 1, et Gilles Pérez, de Radio France International. Ensemble ils révèlent les liens que François Mitterrand entretenait avec l’extrême droite ; le président de la République a favorisé la percée du Front national en se présentant comme un bouclier face à ce parti, afin de diviser la droite pour se maintenir au pouvoir[34],[35],[36]. « Bordé de citations multiples, assis sur une profusion de sources », cette enquête aurait pu être réalisée « bien avant l’élection présidentielle de 1981 », selon Le Monde diplomatique[37]. Un autre essai sur le même thème est paru trois semaines avant : Une jeunesse française : François Mitterrand, 1934-1947, de Pierre Péan[38],[39].
Parmi les plusieurs ouvrages coécrits avec sa femme, La République bobo paru aux éditions Stock, une analyse sociologique et distanciée de la bourgeoisie bohème parisienne, considéré comme « le petit dictionnaire de la boboïtude »[40]. Ils ont aussi écrit Les 100 mots des bobos aux éditions Que sais-je ?.
Vie privée
modifierThomas Legrand est père de trois enfants et domicilié en Seine-Saint-Denis. Il est marié à l’écrivaine et journaliste Laure Watrin, diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po) et du Centre de formation des journalistes. Il a rencontré son épouse dans les années 2000 à la station de radio où cette dernière a travaillé pendant 12 ans comme reporter radio, et notamment couvert l’actualité médicale et les questions familiales.
Publications
modifier- Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, Plumes de l'Ombre : Les Nègres des hommes politiques, Paris, Éditions Ramsay, , 265 p. (ISBN 978-2-85956-939-6)
- Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, La Main droite de Dieu : Enquête sur François Mitterrand et l'extrême droite, Paris, Éditions du Seuil, coll. « L'Épreuve des faits », , 261 p. (ISBN 978-2-02-021102-4)
- Thomas Legrand, Ce n'est rien qu'un président qui nous fait perdre du temps, Paris, Éditions Stock, , 157 p. (ISBN 978-2-234-06413-3)
- Thomas Legrand, Petit dictionnaire énervé de la politique, Paris, Éditions L'Opportun, coll. « Petit dictionnaire énervé », , 224 p. (ISBN 978-2-36075-007-8)
- Thomas Legrand et Philippe Bercovici, J'aurais voulu faire Président, Paris, Éditions 12bis, , 54 p. (ISBN 978-2-35648-272-3)
- Laure Watrin et Thomas Legrand, La République bobo, Éditions Stock, , 270 p. (ISBN 978-2-234-07547-4)
- Thomas Legrand, Arrêtons d’élire des présidents !, Éditions Stock, , 144 p. (ISBN 978-2-234-07896-3)
- Thomas Legrand, Chronique de l'imprévu, Éditions Stock, , 208 p. (ISBN 978-2-234-08364-6)
- Thomas Legrand et François Warzala, L'Histoire de la Ve République, Les Arènes, BD, 2018, 170 p. (ISBN 978-2-352-04924-1)
- Thomas Legrand (auteur), François Warzala (illustrateur), Les évasions perdues, Stablak, l'université de la collaboration, Rue de Sèvre, BD, 2024, 136 p. (ISBN 978-2-810-20877-7)
Notes et références
modifier- 1 2 Pierre-Emmanuel ERARD, « Thomas Legrand, au Saut du livre à Joigny le 20 février : « l’histoire semble redevenir tragique » », L'Yonne Républicaine, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- ↑ Jean-Michel Di Falco, Le Gàrri, Éditions Jean-Claude Lattès, , 240 p. (ISBN 2-7096-1066-3), p. 103.
- ↑ Vincent Manilève, « La difficile mission des journalistes politiques face au traitement médiatique du Front national », Slate, (lire en ligne).
- 1 2 3 Valérie Lehoux, « "Thomas Legrand, l'ami du petit déjeuner" », Télérama, (lire en ligne).
- ↑ Véronique Brocard, « Thomas Legrand, détricoteur de discours politique », Télérama, no 3084, (lire en ligne).
- ↑ « Thomas Legrand fait ses adieux à la matinale de France Inter », Le Point, (lire en ligne).
- ↑ « Dossier de presse de rentrée 2008 »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?) de France Inter.
- ↑ Cédric Mathiot, « Où en est le comptage des manifestants mis en place par les journaux? », Libération, (lire en ligne).
- ↑ « En quête de politique : à propos du podcast » (consulté le ).
- ↑ Loïse Delacotte, « Guillaume Maurice de retour à la rentrée avec des anciens de « la bande à Charline » », Le Huffington Post, .
- ↑ « Fabrice Luchini arrive sur France Inter et reprend une partie de la case du Grand dimanche soir de Charline Vanhoenacker », Yahoo! Actualités, .
- ↑ « France Inter : Daphné Bürki rejoint la matinale, et tout ce qui change à la rentrée 2025 », Télérama, (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ « AFP 9 septembre 2025 », sur tv5monde.com via Internet Archive, (consulté le ).
- ↑ « Thomas Legrand, accusé de connivence avec le PS, renonce à son émission sur France Inter », France 24, (lire en ligne).
- ↑ « Accusé de complicité avec le PS, Thomas Legrand renonce à son émission sur France Inter », Ouest-France, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Valentin Etancelin, « Thomas Legrand donne sa version des faits au micro de France Inter : « Tout est tronqué » », Huffpost, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Benjamin Meffre, « Après l’affaire Legrand/Cohen, Radio France riposte : « Nous ne laisserons pas CNews et Europe 1 nous déstabiliser » », Le Parisien, (lire en ligne).
- ↑ « Deux journalistes accusés de «complot» avec le PS, les critiques pleuvent, de LFI à l’extrême droite », Ouest-France, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Marina Alcaraz, La guerre entre CNews et l'audiovisuel public s'envenime, l'Arcom tente une médiation, lesechos.fr, 18 septembre 2025.
- ↑ « Affaire Legrand-Cohen : la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte Cunci accuse CNews d’être « une chaîne d’extrême droite » », challenges.fr, (lire en ligne).
- ↑ « Affaire Legrand-Cohen : la plainte déposée par les deux journalistes classée sans suite », sur www.europe1.fr, (consulté le ).
- ↑ « La plainte de Patrick Cohen et Thomas Legrand contre le magazine « L’Incorrect » classée sans suite », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Poursuites Échange entre Thomas Legrand et Laurence Bloch, l’ex-directrice de France Inter : le journaliste porte plainte contre Europe 1 et CNews », Libération, (lire en ligne).
- ↑ « Une enquête ouverte après l’enregistrement clandestin entre Thomas Legrand et Laurence Bloch », sur Ouest France, (consulté le ).
- ↑ « Une enquête ouverte après l'enregistrement clandestin d'une conversation entre le journaliste Thomas Legrand et l'ex-patronne de France Inter », sur BFM TV, (consulté le ).
- ↑ Elodie Guéguen et Géraldine Hallot, « La conversation entre Thomas Legrand et Laurence Bloch dans un café a été enregistrée par un journaliste d’Europe 1 », France Inter, cellule investigation, (lire en ligne).
- ↑ « Thomas Legrand », sur Slate.fr.
- ↑ « Thomas Legrand aux Inrocks », L'Obs, (lire en ligne).
- ↑ Xavier Ternisien, « Thomas Legrand quitte "Les Inrockuptibles" », Le Monde, (lire en ligne
). - ↑ « Thomas Legrand quitte les Inrocks », Le Figaro, (lire en ligne).
- ↑ Article : « Inrockuptibles : Thomas Legrand claque la porte après l'arrivée d'Audrey Pulvar », Les Echos, (lire en ligne).
- ↑ Article : « «Le Grand Journal» s'arrête: Une tragédie télévisuelle en cinq actes », 20 Minutes, (lire en ligne).
- ↑ « Une chronique politique politique de Thomas Legrand », Libération, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « "Voix d'Europe 1 pendant 30 ans, Emmanuel Faux est décédé" », nécrologie sur Europe 1, (lire en ligne).
- ↑ « Nécrologie », Politis, (lire en ligne).
- ↑ Daniel Mermet, « Nécrologie d'Emmanuel Faux ».
- ↑ Christian de Brie, « La main droite de Dieu », Le Monde diplomatique, (consulté le ).
- ↑ Article : « Les liaisons dangereuses de François Mitterrand », L'Humanité, (lire en ligne).
- ↑ Michel Sitbon, « "Un génocide sur la conscience" aux Editions Esprit Frappeur en 1998 ».
- ↑ « «On est toujours le bobo d’un autre» », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le ).
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- « Thomas Legrand », sur Slate.fr
