Thomas Taylor
Thomas Taylor ( à Londres - ) est un traducteur anglais. Tour à tour maître d'école et commis dans une maison de banque. Parallèlement à ces modestes fonctions, il s'adonna aux lettres et à la philosophie et fut un spécialiste de la philosophie grecque antique[1], à quoi s'ajouta un travail important de traducteur depuis le grec ancien. C'est ainsi qu'on lui doit — entre autres travaux — , une traduction des Œuvres complètes de Platon (1804, cinq volumes in-quarto), ainsi que celles d'Aristote, (neuf volumes in-quarto), et une partie des écrits de Plotin (1787) et de Proclus.
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Il est souvent connu dans le monde anglophone comme « Thomas Taylor the Platonist » (« le platonicien ») ou encore « le païen » [1],[2],[3]. Ses œuvres ont influencé les libres penseurs, en particulier les poètes romantiques[1].
Biographie
modifierThomas Taylor est né à Londres en 1758, et il vécut essentiellement dans cette ville jusqu'à sa mort[3]. Il commença à y étudier à la St Paul's School, avant d'être emmené à Sheerness. Il y resta plusieurs années, chez un parent, et étudia dans le but de devenir pasteur de la branche des Dissidents, mais diverses circonstances l'obligèrent à renoncer à ce projet[3]. Il devint alors instituteur, puis commis dans une banque. Entre 1798 et 1806, il travailla comme secrétaire adjoint de la « Société pour l’encouragement des arts, des manufactures et du commerce », mais il quitta cette fonction pour étudier la philosophie.
Il obtint le soutien du duc de Norfolk ainsi que d'un commerçant à la retraite, ayant du goût pour les lettres, qui l'aida à publier plusieurs de ses ouvrages. Il commença alors à donner des traductions, complètes ou partielles, de Platon, Aristote, Plotin, Proclus, Pausanias, Porphyre, ainsi que des hymnes orphiques[3].
Réception
modifierSon travail a été peu apprécié, et même regardé de haut, du fait des lacunes dans sa culture générale ainsi que d'un manque d'esprit critique[4]. Toutefois, Taylor a travaillé inlassablement pour dépasser ces problèmes. Isaac Disraeli le présente dans son célèbre Curiosities of Litterature (1824)[5] comme un « Pléthon des temps modernes » (a modern Pletho) qui « (...) conformément à la philosophie platonicienne, professe religieusement le polythéisme ! Qu’il soit noté qu’à la fin du XVIIIe siècle, de nombreux ouvrages ont été publiés dans lesquels l’auteur se présente comme un platonicien zélé et affirme pouvoir prouver que la religion chrétienne est "un platonisme dénaturé et barbare". Les divinités de Platon sont celles qu’il faut adorer, et on nous enseigne à appeler Dieu "Jupiter", la Vierge "Vénus" et le Christ "Cupidon" ! L’Iliade d’Homère, interprétée allégoriquement, est transformée en une Bible grecque des mystères de la nature ! »
Quant à l'auteur de Pursuits of Literature (publié, anonymement, par Thomas James Mathias (en) en 1798) voit en Taylor « le prêtre païen de l'Angleterre (...) prétendant restaurer un mysticisme incompréhensible et des absurdités païennes superstitieuses. Tout ce que Jamblique révéla à Aedesius. (...) »[6].
Notes et références
modifier- 1 2 3 (en) « Thomas Lawrence. Thomas Taylor 1812 », sur beaux-arts.ca (consulté le )
- ↑ Balch 1917
- 1 2 3 4 Britannica 1911
- ↑ Sauf mention contraire, cette partie vient de Britannica 1911.
- ↑ Isaac Disraeli, Curiosities of Literature, t. 1, Paris, Baudry's European Library, 1835, p. 180 [lire en ligne (page consultée le 3 septembre 2026)]
- ↑ The Pursuits of Literature. A Satirical Poem, in Four Dialogues, Dublin, 1798, p. 139-140. [lire en ligne (page consultée le 3 septembre 2026)]
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) William A. Axon (en), Thomas Taylor, the Platonist. A Biographical and Bibliographical Sketch, London, , 15 p. (lire en ligne)
- (en) Ruth Balch (of the Newberry Library staff), Thomas Taylor. List of Original Works and Translations, Chicago, , 34 p. (lire en ligne)
- Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Thomas Taylor » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (lire sur Wikisource)
- (en) Britannica, « Taylor, Thomas », sur en.wikisource.org/, Encyclopædia Britannica, (consulté le )
- (en) Frank B. Evans III, « Thomas Taylor, Platonist of the Romantic Period », PMLA, vol. 55, no 4, , p. 1060-1079 (lire en ligne
) - (en) Andrew Louth, « Thomas Taylor (1758–1835) »
, sur oxfordddnb.com, Oxford Dictionary of National Biography, (consulté le ) - (en) James A. Notopoulos, « Shelley and Thomas Taylor », PMLA, vol. 51, no 2, , p. 502-517 (lire en ligne
) - (en) James McCullen Rigg (1855-1926), « Taylor, Thomas (1758-1835) », sur en.wikisource.org, Dictionary of National Biography, 1885-1900 (consulté le )
Liens externes
modifier- Liste de ses traductions sur en.wikisource.org [lire en ligne (page consultée le 3 septembre 2026)]
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