Théorème de Poynting

théorème de conservation de l'énergie dans un champ électromagnétique

Le théorème de Poynting, énoncé en 1884 par John Henry Poynting, concerne la conservation de l'énergie dans un champ électromagnétique. Il établit une relation entre l'effet Joule, l'énergie électromagnétique et le flux du vecteur de Poynting dans un volume donné de l'espace. Ce théorème découle des équations de Maxwell.

En termes informels, on peut dire que le flux du vecteur de Poynting à travers une surface fermée est égal à la somme de la variation d'énergie électromagnétique et de l'effet Joule dans le volume intérieur à la surface.

Histoire

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L'éponyme[1],[2],[3] du théorème de Poynting[4],[5],[6] est le physicien anglais John Henry Poynting (-) qui l'a établi à partir de deux des équations de Maxwell[7] — celles de Maxwell-Faraday[5],[8] et de Maxwell-Ampère [5],[9] — et l'a publié en [1],[10].

Variation de l'énergie électromagnétique

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Le théorème énonce que pour tout volume :

soit, sous forme locale, pour un volume

avec:

  • , vecteur de Poynting
  • , champ électrique
  • , champ magnétique
  • , densité de courant
  • , permittivité du vide
  • , perméabilité du vide

Démonstration à partir des équations de Maxwell

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Le théorème de Poynting peut se démontrer à partir de l'équation de Maxwell-Ampère et de l'équation de Maxwell-Faraday[11].

Introduction

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La puissance échangée par une charge électrique q avec un champ électromagnétique (E, B) est donnée par :

où v est la vitesse de la particule chargée, et F la force de Lorentz :

On en déduit :

Ce résultat indique que seul le champ électrique peut échanger de la puissance et donc de l'énergie avec la matière. La force magnétique ne peut pas fournir de travail à une particule chargée dans la mesure où elle est toujours orthogonale à son vecteur vitesse. En notant J la densité volumique de courant électrique, on peut donc affirmer que la puissance échangée par la matière contenue dans un volume V de l'espace avec le champ électromagnétique est donnée par :

Étape n°1 : Utilisation de l'équation de Maxwell-Ampère

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En considérant l'équation de Maxwell-Ampère :

on remarque que celle-ci nous permet d'exprimer la densité de courant J en tout point de l'espace en fonction des champs E et B :

La puissance échangée par la matière avec le champ électromagnétique est donc :

En développant, on obtient :

On peut ensuite utiliser l'identité vectorielle suivante :

ce qui nous donne :

Étape n°2 : Utilisation de l'équation de Maxwell-Faraday

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Pour finir, on utilise l'équation de Maxwell-Faraday :

On obtient :

Par ailleurs,

ce qui conduit à :

Finalement :

Vecteur de Poynting en milieu macroscopique

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Dans un milieu macroscopique, les effets électromagnétiques sont décrits par des champs moyennés dans l'espace (macroscopiques). Le vecteur de Poynting dans un milieu macroscopique peut être défini de manière cohérente avec la théorie microscopique, de telle sorte que le vecteur de Poynting microscopique moyenné dans l'espace soit prédit exactement par un formalisme macroscopique. Ce résultat est strictement valable dans la limite des faibles pertes et permet d'identifier sans ambiguïté la forme du vecteur de Poynting en électrodynamique macroscopique[12],[13].

Formes alternatives

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Il est possible de tirer des versions dérivées du théorème de Poynting[14]. Au lieu du vecteur flux E × H, on peut utiliser, avec des calculs similaires, E × B, la forme de Minkowski D × B, ou même D × H. Chaque choix représente la réponse du milieu de propagation à sa manière : la forme E × B a la propriété d'avoir une réponse uniquement en présence de courants électriques, tandis que la forme D × H ne consièdre que des courants créés par un monopôle magnétique (fictif). Les deux autres formes (Abraham et Minkowski) utilisent des combinaisons complémentaires de courants électriques et magnétiques pour représenter les réponses de polarisation et magnétisation du milieu[14].

Notes et références

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  1. 1 2 Chaichian et al. 2016, chap. 3, § 3.4, p. 131.
  2. ↑ Deshmukh 2019, chap. 13, § 13.1, p. 493.
  3. ↑ Wen 2010, chap. 1er, § 1.3.3, p. 23.
  4. ↑ Akbi 2021, chap. III, § 6.4, p. 138.
  5. 1 2 3 Benson 2015, chap. 13, § 13.4, p. 535.
  6. ↑ Taillet, Villain et Febvre 2018, s.v. Poynting (théorème de), p. 592, col. 1.
  7. ↑ Benson 2015, chap. 13, § 13.4, p. 534-535.
  8. ↑ Benson 2015, chap. 13, § 13.2, p. 527 (13.5).
  9. ↑ Benson 2015, chap. 13, § 13.2, p. 527 (13.6).
  10. ↑ Poynting 1884.
  11. ↑ David J. Griffiths, Introduction to Electrodynamics, Pearson (Fourth ed., 2013), Section 8.1.2 : Poynting's Theorem.
  12. ↑ (en) M. G. Silveirinha, « Poynting vector, heating rate, and stored energy in structured materials: a first principles derivation », Phys. Rev. B, vol. 82,‎ (DOI 10.1103/physrevb.82.037104)
  13. ↑ (en) J. T. Costa, M. G. Silveirinha et A. Alù, « Poynting Vector in Negative-Index Metamaterials », Phys. Rev. B, vol. 83, no 16,‎ (DOI 10.1103/physrevb.83.165120, Bibcode 2011PhRvB..83p5120C)
  14. 1 2 (en) Kinsler, P., Favaro, A. et McCall M.W., « Four Poynting theorems », European Journal of Physics, vol. 30, no 5,‎ , p. 983 (DOI 10.1088/0143-0807/30/5/007, Bibcode 2009EJPh...30..983K, arXiv 0908.1721, lire en ligne)

Bibliographie

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Voir aussi

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