Timbre amphorique
Un timbre amphorique est une marque imprimée (avant cuisson) sur une amphore de transport durant l'Antiquité.

Timbres grecs
modifierDans le monde grec, il peut comporter différentes indications, dont les plus courantes sont l'éthnique (nom de la cité d'origine, indiqué par le nom au génitif pluriel des habitants de la cité productrice), la date d'après le nom du magistrat éponyme qui officiait lorsque l'amphore a été produite, un autre nom, le fabricant selon l'hypothèse la plus probable, parfois un emblème associé à une des éléments précédents[1]. Leur étude permet de dater assez précisément les contextes archéologiques dans lesquels elles ont été retrouvées, mais également d'étudier le commerce antique.
Toutes les cités productrices d'amphores n'ont pas timbré leurs amphores. En outre, le coefficient de timbrage (nombre d'amphores timbrées par rapport au nombre total d'amphores) d'une cité pouvait varier au fil du temps.
Les timbres de Thasos[2], Sinope, Rhodes, Cos, Cnide, Héraclée du Pont sont relativement bien étudiés et ont permis d'aboutir à des chronologies relativement précises[3].
Timbres romains
modifierDans le monde romain, l'essentiel des timbres amphoriques sont des marques de fabricant.
Le codage est abrégé donc complexe à interpréter. Citant le cas d'amphore à huile de Bétique au IIe siècle, François Jacques comprend les trois premières lettres comme les initiales du tria nomina romain, F (pour Figlina, atelier de potier) suivi du nom de l'atelier plus ou moins abrégé, puis d'autres lettres pouvant être le fabricant[4]. L'indication CV venant après les premières initiales a été lue par Heinrich Dressel comme la marque d'une fabrique nommée CVf(iense), hypothèse longtemps admise mais impossible à soutenir vue la multiplicité des origines géographiques des amphores portant cette indication. Comme ces deux lettres suivent les initiales du tria nomina, la lecture C(larissimus) V(ir parait plus pertinente. Elle qualifie les membres de l'ordre sénatorial, selon un usage systématique à partir de Septime Sévère [5].

Notes et références
modifier- ↑ Debidour 1998, p. 275-277.
- ↑ Grace et Lenger 1958, p. 368 et suiv.
- ↑ Garlan 2000.
- ↑ Jacques 1990, p. 866.
- ↑ Jacques 1990, p. 866-867.
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- [Debidour 1998] Michel Debidour, « Le timbrage des amphores : une prérogative publique ou privée ? », Ktèma : civilisations de l'Orient, de la Grèce et de Rome antiques, no 23, , p. 275-286 (lire en ligne)
. - [Empereur 1982] Jean-Yves Empereur, « Les anses d'amphores timbrées et les amphores : aspects quantitatifs », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 106, no 1, , p. 219-233 (lire en ligne).
- [Garlan 2000] Yvon Garlan, Amphores et timbres amphoriques grecs. Entre érudition et idéologie, Paris, De Boccard, coll. « Mémoires de l'académie des inscriptions et belles-lettres (nouvelle série) » (no 21), , II-210 p. (ISBN 2-87754-111-8, résumé).

- [Garlan 2004] Yvon Garlan et Hikmet Kara, « Les timbres céramiques sinopéens sur amphores et sur tuiles trouvés à Sinope. Présentation et catalogue » (monographie), Publications de l'Institut Français d'Études Anatoliennes, no 16, (lire en ligne, consulté le ).
- [Garlan 2013] Yvon Garlan, « Les timbres amphoriques en Grèce ancienne. Nouvelles questions. Nouvelles méthodes. Nouveaux résultats » (article), Journal des Savants, no 2, , p. 203-270 (lire en ligne, consulté le ).
- * [Jacques 1990] François Jacques, « Un exemple de concentration foncière en Bétique d'après le témoignage des timbres amphoriques d'une famille clarissime », Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité, t. 102, no 2, , p. 865-899 (lire en ligne).
- [Millet et al. 2012] Piero Berni Millet, « Autopsie du timbre sur amphore romaine », dans Michel E. Fuchs, Richard Sylvestre et Christophe Schmidt Heidenreich (dir.), Inscriptions mineures : nouveautés et réflexions (Actes du premier colloque Ductus, 19-20 juin 2008, université de Lausanne), , 151-163 p. (lire en ligne).
- [Pridik 1917] E.M. Pridik, Catalogue d'inventaire des timbres sur manches d'amphores, Collection de l'Ermitage, (lire en ligne [PDF]).
- [Grace 1958] Virginia Grace et Marie-Thérèse Lenger, « Timbres amphoriques de Thasos », Bulletin de correspondance hellénique, vol. 82, , p. 368-434 (lire en ligne).