Timemenne de La Gonâve
La reine Ti Memenne de La Gonâve, également orthographiée Timemenne, née en 1868 et morte en 1934[1], était la souveraine tribale de La Gonâve, une île haïtienne située à l'ouest d'Hispaniola dans le golfe de Gonâve, entre 1912 et 1934. Bien que son règne n'ait pas été officiellement reconnu par le gouvernement républicain d'Haïti pendant l'occupation américaine, elle a conservé le leadership politique, économique, spirituel et social de l'île.
| Ti Memenne | |
La reine Timemenne, photographiée dans les années 1920. | |
| Titre | |
|---|---|
| Reine de La Gonâve | |
| – (4 ans, 8 mois et 29 jours) |
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| Prédécesseur | Faustin II |
| Successeur | Julie |
| – (14 ans, 5 mois et 21 jours) |
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| Prédécesseur | Célita Ire |
| Successeur | Faustin II |
| Héritière du royaume de La Gonâve | |
| – (28 ans, 6 mois et 4 jours) |
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| Prédécesseur | Célita Soulouque |
| Successeur | Julie |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Ulcénie Timemenne de Vil-Lubin |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Petit-Goâve (Haïti) |
| Date de décès | (à 65 ans) |
| Lieu de décès | Anse-à-Galets (La Gonâve) |
| Père | Jean-Jacques Anacréon de Vil-Lubin |
| Mère | Marie-Suzanne Olivette Soulouque (mère biologique) Célita Soulouque (mère adoptive) |
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| Monarques d’Haïti | |
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Arrêtée par la Garde d'Haïti pour pratique du vaudou, elle a bénéficié de la compassion de Faustin E. Wirkus, un officier militaire américain qui a contribué à sa libération. Elle proclama plus tard Wirkus comme la réincarnation de l'ancien empereur haïtien Faustin Soulouque et le couronna roi de La Gonâve sous le nom de Faustin II.
Biographie
modifierTi Memenne était une figure de proue d'un groupe de sociétés matriarcales, dominant les affaires sociales et économiques de La Gonâve. Née sous le nom d’Ulcénie Timemenne, elle est la fille de Marie-Suzanne Olivette Soulouque et de Jean-Jacques Anacréon de Vil-Lubin[2], avant d’être adoptée par sa tante maternelle, Célita Soulouque, reine de La Gonâve entre 1883 et 1912. Par sa mère, elle est une petite-fille de l’empereur Faustin Soulouque.
En 1912, Ti Memenne hérite du trône[3] après le décès de sa mère adoptive. Son règne sur La Gonâve n'a pas été officiellement reconnu par le gouvernement républicain, qui avait aboli la monarchie et la noblesse en Haïti[4]. Malgré cela, elle était considérée par les autres peuples autochtones de l'île comme leur chef politique et spirituel[4],[5].
Après 1915, la reine fut capturée par des militaires américains pendant l'occupation américaine d'Haïti et accusée de « délits mineurs liés au vaudou »[6],[5]. Elle a reçu l'aide de Faustin E. Wirkus, un sergent américain servant dans la Garde d'Haïti qui avait été stationné à La Gonâve[7]. Wirkus l'envoya à Port-au-Prince avec une recommandation pour un traitement clément[6]. L'année suivante, Ti Memenne noua une amitié avec Wirkus, qui la conseilla sur les questions gouvernementales et civiles[4].
Grâce à son aide, et parce qu'il portait le même nom que l'ancien empereur haïtien Faustin Soulouque, elle et son peuple proclamèrent Wirkus sous le nom de Faustin II lors d'un rituel vaudou, lui permettant ainsi de régner sur La Gonâve pendant trois ans (1926-1929)[8],[9],[10]. Elle aurait cru que Wirkus était la réincarnation de Faustin Soulouque[6].
La reine Ti Memenne mourut quelque temps après le départ de Wirkus de La Gonâve en 1929, alors que l’administration haïtienne tente de réformer l’île pour la rattacher au reste du territoire d’Haïti. C’est néanmoins une de ses conseillères, sa cousine la reine Julie, qui lui succède à la tête de la communauté.
Dans la culture populaire
modifierTi Memenne est mentionné dans le roman de William Seabrook de 1929 , The Magic Island, et dans les mémoires de Wirkus , The White King of La Gonave: The True Story of the Sergeant of Marines Who Was Crowned King on a Voodoo Island [11].
Références
modifier- ↑ « Timemenne de Vil-Lubin, reine de La Gonâve », sur www.pagedhistoire.com (consulté le )
- ↑ « Jean-Jacques de Vil-Lubin, comte d'Hudicourt », sur www.pagedhistoire.com (consulté le )
- ↑ « Chronologie des reines de La Gonâve », sur www.pagedhistoire.com (consulté le )
- 1 2 3 « Cambridge Sentinel 26 February 1944 — Cambridge Public Library's Historic Cambridge Newspaper Collection » [archive du ], cambridge.dlconsulting.com (consulté le )
- 1 2 S.A, « Sierżant Faustin Wirkus, cesarz La Gonave » [archive du ], opinie.wp.pl, (consulté le )
- 1 2 3 « That time a Marine was crowned king of a voodoo island in Haiti » [archive du ], (consulté le )
- ↑ WILLIAMS, « City officials face criminal charges » [archive du ], Prince George Citizen, (consulté le )
- ↑ Faustin E. Wirkus, Dudley, Taney et Introduction by William E. Seabrook, The White King of La Gonâve: The True Story of the Sergeant of Marines Who Was Crowned King on a Voodoo Island, New York, Doubleday, Doran & Company, Inc. (paperback: Ishi Press, 2015), , 333 p. (ISBN 978-4871872393)
- ↑ « Department of the Navy -Naval Historical Society » [archive du ]
- ↑ « The Winnipeg Tribune from Winnipeg, Manitoba, Canada on April 25, 1931 · Page 45 » [archive du ], Newspapers.com, (consulté le )
- ↑ « The White King of La Gonave », www.goodreads.com