Tiébélé
Tiébélé – nom historique et usité de l'actuel Korabié[1] ou Corabié – est un village du département de Tiébélé, dont il est le chef-lieu, situé dans la province du Nahouri et la région du Nazinon au Burkina Faso. Situé à proximité de la frontière avec le Ghana, c'est une localité qui se trouve en pays kasséna[2].
| Tiébélé Korabié, Corabié | |||
Tiébélé vue de la colline | |||
| Administration | |||
|---|---|---|---|
| Pays | |||
| Région | Centre-Sud. | ||
| Province | Nahouri | ||
| Département ou commune |
Tiébélé | ||
| Démographie | |||
| Population | 2 470 hab. (2006[1]) | ||
| Géographie | |||
| Coordonnées | 11° 05′ 43″ nord, 0° 57′ 49″ ouest | ||
| Localisation | |||
| Géolocalisation sur la carte : Burkina Faso
Géolocalisation sur la carte : Burkina Faso
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Géographie
modifierSituation
modifierTiébélé est situé à 25 km à l'est du chef-lieu provincial Pô, sur la route régionale 15, et à 6 km linéaire – 15 km par la RG15 – au nord de la frontière entre le Burkina Faso et le Ghana. La ville de Pô est elle-même à 147 km de la capitale Ouagadougou.
Elle est située au sud-est de Pô à environ trente un (31) km13(*) et est accessible par la Nationale 25 reliant Pô à Guelwongo, localité située à la frontière du Ghana[3].
Climat
modifierLe climat de la zone de Tiébélé est de type nord-soudanien caractérisé par deux saisons : une saison des pluies et une saison sèche. La saison des pluies va de juin à septembre-octobre. La saison sèche s’étend en moyenne d’octobre à mi-mai. Les températures présentent une variation saisonnière caractérisée par :
- deux périodes de fortes chaleurs dont la première période (mars à mai) précède la saison des pluies (minima 24,2°c et maxima 38,2°c) et la seconde période (octobre à novembre) succède la saison pluvieuse (minima 2O,3°c, maxima 35,0°c)
- deux saisons froides qui se résument à une saison froide et humide correspondant à la saison pluvieuse et à une saison fraîche et sèche de décembre à février[3].
Histoire
modifier« A l’origine, les Kasséna de la région de Tiébélé étaient formés de deux groupes en conflit permanent : les Dougdjiebié (constitués de Warombou et de Mantchiobou) qui vivaient au pied de la colline Yéfi, et les Koumboul, habitants de Kollo, et détenteurs des terres.
C’est l’arrivée des Mossi dans la région vers le XVIe siècle, qui conduira à la création de la chefferie de Tiébélé. Ceux-ci firent leur apparition sous forme d’un petit groupe d’immigrants avec à leur tête l’ancêtre des chefs de Tiébélé connu sous le nom de Patyringomie. Celui-ci avait quitté Loumbila, village moaga situé à quelques kilomètres au nord-est de Ouagadougou, à la suite d'un conflit de succession l’opposant à ses frères. A son arrivée, ce petit groupe reçut un accueil favorable de la part des Warombou et des Mantchiobou et s’installa sur la colline de Tchibeli, qui donnera à Tiébélé son nom. Mais, les habitants de Kollo se montrèrent hostiles à leur égard. Ces conflits auraient amené leur chef à jeter un sort sur la descendance des nouveaux arrivants. Mais, ce sort eut un effet inverse et, une fois que les Mossi furent assez nombreux, ce sont eux qui furent en mesure de chasser les habitants de Kollo. Dans ce processus, ils s’assurèrent la maîtrise des terres en gardant un Koumboul parmi eux. la mort de Patyringomie, son fils, Buinkiété, décida de fonder son royaume. Pour cela, il se rendit à Nanlorgho pour acquérir un fétiche puissant appelé Kora ou Kwara, qui lui permit de régner en maître sur tous les habitants de la Chefferie de Tiébélé. Depuis, tous les groupes effacèrent leurs différences pour devenir des Kasséna.
Quant aux habitants de Kollo, ils s’enfuirent vers le sud et fondèrent le village de Kolloforo (Ghana)[3].
Administration
modifierTiébélé est jumelé avec la commune belge de Fernelmont (province de Namur)[4].
Économie
modifierL'économie du village repose sur l'agriculture de subsistance (mil et riz) et la production importante de patates douces – avec l'aménagement d'une importante zone de culture dédiée en aval du barrage de Tiébélé au Nord-Est de la ville –, ainsi que sur l'élevage et la chasse[5]. Elle est aussi marquée par sa localisation près de la frontière avec le Ghana qui entraine des échanges commerciaux.
De plus, le caractère patrimonial du village royal kasséna favorise les activités touristiques liées à l'artisanat et au commerce. Cependant, ces activités sont remises en cause par la prolifération du djihadisme et du terrorisme dans le sahel. Pour faire face à cette menace, des milices armées, communément appelées koglweogo, ont émergé dans ce village[6].
Éducation et santé
modifierTiébélé accueille un centre de santé et de promotion sociale (CSPS)[7].
Culture
modifierLa cour royale de Tiébélé a été inscrite sur la liste indicative du Patrimoine mondial de l'Unesco en 2012[8]. Les « ménages » sont constitués d'un ensemble de cases, en terre façonnée, construites autour d'une maison mère (en forme de huit) où habitent les aïeuls, d'une maison rectangulaire où habite la famille, et de cases individuelles circulaires où vivent les célibataires toutes reliées entre elles par les toits-terrasses ou des passages intérieurs bas[5]. L'ensemble des ménages constituent une « concession ». La construction des cases est faite par les hommes ; les décors des murs – peintures murales (blanc en talc, noir en graphite, réserve sur latérite rouge) géométriques sur des couches d'enduits de latérite et de terre protecteurs contre les pluies – réservés aux femmes[5].
- Vue de la Cour royale de Tiébélé.
- Habitat kasséna à Tiébélé.
- Maison de la cour royale.
- toit de la case de binger
- maison etage (palais Tiakané)
- palais royal vue en haut
Annexes
modifierNotes et références
modifier- 1 2 [xls] Liste des villages du Burkina Faso - Recensement 2006 sur le site HDX–Open data Burkina Faso, consulté le 14 janvier 2019.
- ↑ Tiébélé
- 1 2 3 « Fondation de Tiébélé et de sa cour royale », sur burkinatourism.com (consulté le )
- ↑ Comité de jumelage Fernelmont - Tiébélé.
- 1 2 3 Tiébélé : la cité labyrinthe, Philippe Simay et Jacques Offre, Arte France, 2016, 26 min.
- ↑ Tiébélé,film de Benjamin Géminel, LCP, 2022, 54min.
- ↑ [PDF] Carte sanitaire 2010, Ministère de la Santé, p. 59, consulté le 25 décembre 2018.
- ↑ Cour royale de Tiébélé sur le site Patrimoine mondial de l'Unesco.
Bibliographie
modifier- Direction du Patrimoine culturel (Burkina Faso), La cour royale de Tiébélé, Burkina Faso, CRATerre éd., Grenoble, 2008, 35 p. (ISBN 2-906901-52-0)
- Jean-Claude Klotchkoff, « Tiébélé », in Le Burkina Faso aujourd'hui, Éditions du Jaguar, Paris, 2011, p. 177-181 (ISBN 9782869504523)
- Lassina Simpore (dir.), La cour royale de Tiébélé au Burkina Faso, Agence Wallonne du patrimoine, coll. « Carnets du patrimoine » (no Hors série), , 54 p. (ISBN 978-2-87522-193-3)
Filmographie
modifier- (en) Building season in Tiébélé (Kasena, Burkina Faso): a royal compound in change, film de Beate Engelbrecht et Annemarie Fiedermutz-Laun, IWF Wissen und Medien gGmbH, Göttingen, 1999, 1 h 35 min (DVD).
- Tiébélé : la cité labyrinthe, Philippe Simay et Jacques Offre, Arte France, 2016, 26 min.
- Tiébélé,film de Benjamin Géminel, LCP, 2022, 54 min.