La tonada est un genre musical folklorique qui consiste en un ensemble de mélodies et de chants relevant du genre lyrique. Elle se caractérise par le fait qu'elle n'est pas dansée et qu'elle met l'accent sur les textes. Elle est originaire des régions des Asturies et de la Cantabrie, situées au nord de l'Espagne, où elle donne naissance respectivement aux genres de la tonada asturienne et de la tonada montañesa. Elle s'implante et se développe également dans des pays d'Amérique latine tels que l'Argentine, la Bolivie, le Chili, l'Équateur et le Venezuela.

Tonada
Origines stylistiques Musique traditionnelle, musique folklorique
Origines culturelles Espagne
Scènes régionales Espagne, Argentine, Bolivie, Chili, Équateur, Venezuela

Genres dérivés

Tonada asturienne, tonada montañesa

Histoire

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Espagne

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La première référence musicale à la mélodie asturienne se trouve dans le Primer Pot-Pourri de Cantos Asturianos, publié par Víctor Sáez, originaire d'Oviedo, en 1865, tandis que le premier enregistrement d'une « asturianada » remonte à 1902 et est réalisé par le joueur de cornemuse Ramón García Tuero pour le label Edison[1].

Dans ce domaine professionnalisé de l’asturianada, le travail de Joaquín Pixán, également connu pour être un grand ténor, se distingue particulièrement ; sur le territoire asturien, certains interprètes professionnels tels qu'Anabel Santiago, les frères Valle Roso (Marisa et Fernando) et le chanteur et musicologue Héctor Braga redynamisent le genre dans les années 2010. La déclaration de l’asturianada comme bien d'intérêt culturel est officialisée en 2015 sur la base d'un rapport technique rédigé par ce dernier interprète pour la Direction générale du patrimoine du gouvernement de la Principauté des Asturies, lequel est publié en même temps que la déclaration officielle au Bulletin officiel de l'État[2].

Argentine

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Dans la région argentine de Cuyo, la tonada est généralement interprétée par un ensemble de guitaristes qui peuvent former des duos ou d'autres formations musicales, en s'accompagnant uniquement d'instruments à cordes tels que la guitare ou le guitarrón, mais jamais de tambours ou d'autres instruments utilisés pour accompagner les expressions musicales d’autres régions. La professeure María Teresa Carreras de Migliozzi (de la ville de San Luis), dans son ouvrage La Tonada en la Provincia de San Luis, fait référence aux origines de cette mélodie traditionnelle dans la région de Cuyo ainsi qu'à ses éléments constitutifs, tels que les « mélismes » et les « cogollos », qui accompagnent toujours chacune d'entre elles, ce qui permet d'impliquer chaque personne présente dans l'interprétation[3].

Les contrapuntos, les cuecas et les tonadas font partie du patrimoine musical folklorique du Chili. Dans le contexte de l'histoire de la musique populaire chilienne, le cas de la tonada est l'un des plus intéressants d'un point de vue tant musical que social[4].

D'un point de vue musical, la tonada paysanne des huasos provient probablement de formes arabo-andalouses. Il s'agit d'un chant folk dont l'alternance et le tempo (6/8 et 3/4) lui confèrent une richesse rythmique particulière, très similaire à celle de la cueca chilienne. Elle est généralement accompagnée à la guitare ou à la harpe, et sa forme strophique peut prendre différentes formes. Elle peut être classée en fonction de l'occasion pour laquelle elle est chantée : comme sérénade (esquinazo), comme louange ou bénédiction pour les jeunes mariés (parabién), comme romance ou « corrido », ou enfin comme chant de Noël (villancico). D'un point de vue sociologique, la tonada remplit encore diverses fonctions sociales, selon l'occasion et le lieu où elle est chantée[4].

Au Chili, au début du XXe siècle, ce genre fait son entrée dans la musique savante ; le cas de Pedro Humberto Allende Sarón, auteur des Doce Tonadas para Piano, en est un exemple flagrant. Au cours de la deuxième décennie du XXe siècle, la tonada fait son entrée dans les salles de concert et intègre le répertoire de divers groupes de musique populaire de la ville, entraînant une certaine mobilité musicale de la campagne vers la ville, processus presque parallèle à l'évolution des classes sociales au Chili de la première moitié du XXe siècle. À cette époque, le poète Pablo Neruda dépasse les frontières avec sa poésie et se hisse même dans les classements des ventes de disques grâce à l'adaptation musicale de l'une de ses créations, Las tonadas de Manuel Rodríguez, réalisée par le compositeur Vicente Bianchi et interprétée par le groupe Silvia Infantas y Los Baqueanos ; cette œuvre fait partie du patrimoine culturel et folklorique du Chili[5].

Une nouvelle génération de musiciens chiliens fait évoluer la tonada, parmi lesquels Juan Antonio Sánchez — avec ses œuvres pour guitare Tonada por Despedida et Tonada en Sepia — et le guitariste et compositeur Javier Contreras — avec ses œuvres Tonada del Retorno, Tonada a mi madre et Tonada euclídica. De son côté, la folkloriste Margot Loyola publie en 2006 l'ouvrage La Tonada: Testimonios para el futuro. Depuis 1986, le Festival national de la cueca et de la tonada inédite se tient chaque année à Valparaíso[6].

Notes et références

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(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Tonada » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ (es) « Registro de "Canteros de Covadonga" (1902) », Biblioteca Nacional de España (web.archive.org) (consulté le ).
  2. ↑ (es) « BOE N.º 144, de 17 de junio de 2015 » [PDF], sur BOE (web.archive.org) (consulté le ).
  3. ↑ (es) « Biblioteca Digital » (consulté le ).
  4. 1 2 (es) « Tonadas - Memoria Chilena, Biblioteca Nacional de Chile », sur memoriachilena.gob.cl (web.archive.org) (consulté le ).
  5. ↑ (es) « Vicente Bianchi », sur profesorenlinea.cl (web.archive.org) (consulté le ).
  6. ↑ (es) « Todo un éxito fue el XXXI Festival de Cueca y Tonada Inédita en Valparaíso », sur tps.cl (web.archive.org) (consulté le ).

Annexes

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Bibliographie

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