Tortue de Kemp

espèce de tortues

Lepidochelys kempii est une espèce de tortues marines de la famille des Cheloniidae[1]. En français elle est appelée tortue de Kemp, Ridley de Kemp ou tortue bâtarde. L'espèce est fortement menacée de disparition.

Lepidochelys kemp
Description de cette image, également commentée ci-après
Tortue de Kemp.
Classification TFTSG
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Reptilia
Sous-classe Chelonii
Ordre Testudines
Sous-ordre Cryptodira
Super-famille Chelonioidea
Famille Cheloniidae
Sous-famille Carettinae
Genre Lepidochelys

Espèce

Lepidochelys kempii
(Garman, 1880)

Synonymes

  • Thalassochelys kempii Garman, 1880

Statut de conservation UICN

( CR )( CR )
CR A1ab :
En danger critique

Statut CITES

Sur l'annexe  I  de la CITES Annexe I , Rév. du 06/06/1981

Distribution et lieux de ponte

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Répartition des lieux de pontes de la tortue de Kemp.
  Point jaune : lieu de ponte secondaire.
  Point rouge : lieu de ponte principal.

On rencontre cette tortue dans l'océan Atlantique de la Nouvelle-Écosse au Mexique et jusqu'en Europe, et bien sûr, sur le site principal de nidification à Rancho Nuevo dans la municipalité d'Aldama au Tamaulipas mais parfois aussi sur Padre Island au Texas[2],[3]. L'autre espèce du genre Lepidochelys : Lepidochelys olivacea vit dans les régions tropicales et subtropicales de tous les océans du globe[4].

On estimait en 1947 à 47 000 le nombre de femelles reproductrices qui venaient pondre. Ce chiffre a plongé à quelques centaines dans les années 1970 puis, grâce aux efforts de protection, a remonté aux alentours de 1 000 femelles[5].

Étymologie

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Cette tortue s'appelle tortue de Kemp en l'honneur de Richard Moore Kemp (1825-1908)[6] , Américain de Key West en Floride qui a fait parvenir un spécimen à Samuel Garman de Harvard pour qu'il l'identifie[7].

Description

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La tortue de Kemp et la tortue olivâtre sont les plus petites espèces de tortues marines, et mesurent entre 58 et 70 cm. Les Lepidochelys pèsent de 36 à 45 kg. La tortue de Kemp est reconnaissable à sa dossière caractéristique. Elle se différencie de la tortue olivâtre par une carapace moins bombée.

Sa carapace, recouverte de scutelles, est gris foncé ou verte et son plastron est plus clair, presque blanc. Les nageoires en forme de palettes, la tête imposante et le bec légèrement crochu et corné parfois finement denticulé, sont propres à cette tortue. Les mâles sont généralement plus grands que les femelles, avec une queue plus allongée[8].

Alimentation

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Le régime alimentaire de la tortue de Kemp est principalement carnivore. Elle a une préférence pour les méduses et autres animaux à corps mou. Les petits invertébrés, les crabes et les mollusques constituent également une part importante de son régime alimentaire. Elle consomme des crustacés, en brisant leur carapace avec son bec puissant, des poissons, des céphalopodes et des coquillages. Aucune étude ne révèle qu'elle mange des végétaux marins[8].

Reproduction

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L'âge de maturation sexuelle est discuté, certains annoncent une dizaine d'années, d'autres 35 ans. Fait unique parmi les tortues marines, il semblerait que les mâles ne migrent pas[5].

La saison de reproduction a lieu entre avril à juin, mais peut continuer jusqu'en août. Elle niche presque exclusivement dans le golfe du Mexique, principalement dans l'État du Tamaulipas[2]. Elle attend pour pondre qu'un vent fort souffle du nord et accoste préférentiellement les plages surplombées de dunes et bordées en aval d'un marais. Les Lepidochelys sont les seules espèces de tortues marines à préférer pondre de jour.

Les femelles nichent environ trois fois par saison tous les 10 à 28 jours. L'incubation, en fonction de la température, peut prendre 45 à 70 jours. Elle pond en moyenne 110 œufs par accostage.

Comme pour les autres tortues, le sexe des embryons est déterminé par la température à une certaine période de maturation : les petits seront mâles pour une température inférieure à 29,5 °C.

Comportement

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La tortue de Kemp pond ses œufs, la nuit, sur les plages de sable. Effectuant de longs périples migratoires, elle passe une grande partie de sa vie en haute mer. L'espèce s'est adaptée aux environnements tropicaux comme tempérés . À terre, elle peut avoir recours à des coups de tête pour éloigner les intrus [8].

Systématique

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Les deux espèces de Lepidochelys partagent le nom vernaculaire de « tortue bâtarde ».

Les principaux groupes évolutifs relatifs sont décrits ci-dessous par phylogénie[9] selon Hirayama, 1997, 1998, Lapparent de Broin, 2000, and Parham, 2005 :

--o Chelonioidea Bauer, 1893
|--o
| |--o †Toxochelyidae
| `--o Cheloniidae
| |--o Carettini
| | `-- Caretta Rafinesque, 1814
| |--o Natator McCulloch, 1908
|   `--o Chelonini
|    |--o Eretmochelys Fitzinger, 1843
|      `--o
|       |--o Lepidochelys Fitzinger, 1843
|       | |--o Lepidochelys kempii (Garman, 1880)
|       | `--o Lepidochelys olivacea (Eschscholtz, 1829)
|         `--o Chelonia Brongniart, 1800
  `--o Dermochelyidae

La tortue de Kemp et l'Homme

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Comme toutes les tortues marines, elle est principalement menacée par les activités humaines et la chasse qu'elle subit. La pêche au chalut est particulièrement mortelle. Malgré la protection aussi bien sur les plages que la limitation des captures accidentelles par les chalutiers grâce au dispositif d’exclusion des tortues, la population n'augmente que très lentement. On pense que cela est également dû à la pollution du golfe du Mexique autour de l'embouchure du Mississippi et de l'Alabama qui limite le développement des juvéniles.

Protection

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Elle est protégée au Mexique depuis les années 1960 et signalée par l'UICN comme en danger depuis décembre 1970. Elle est inscrite sur la liste rouge comme espèce en danger critique d'extinction.

Au Guatemala où il n’est pas interdit d’en récolter les œufs durant la période de ponte, l’association Arcas mène aussi sur le terrain un projet de protection de l’espèce grâce à l’action d’écovolontaires.

Au Costa Rica, le refuge national de Playa Hermosa, à km de Jacó vise à protéger la nidification de la tortue de Kemp.

Publication originale

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  • Garman, 1880 : On certain species of Chelonioidae. Bulletin Museum of Comparative. Zoology, vol. 6, n. 6, p. 123-126 (texte intégral).

Liens externes

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Notes et références

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  1. TFTSG, consulté lors d'une mise à jour du lien externe.
  2. 1 2 Márquez, 2001 : Status and Distribution of the Kemp’s Ridley Turtle, Lepidochelys kempii, in the Wider Caribbean Region. ()
  3. Bryan P. Wallace, Andrew D. DiMatteo, Brendan J. Hurley et Elena M. Finkbeiner, « Regional Management Units for Marine Turtles: A Novel Framework for Prioritizing Conservation and Research across Multiple Scales », PLOS ONE, vol. 5, , e15465 (ISSN 1932-6203, PMID 21253007, PMCID 3003737, DOI 10.1371/journal.pone.0015465, lire en ligne, consulté le )
  4. 1 2 (en) « Kemp's ridley turtle », WWF
  5. https://fr.findagrave.com/memorial/33617281/richard_moore-kemp
  6. (en) Ellin Beltz, « Scientific and Common Names of the Reptiles and Amphibians of North America - Explained »
  7. 1 2 3 (en) « Ridley de kemp (Lepidochelys kempii) », sur Picture Nature (consulté le )
  8. (en) « Dermochelyoidea - leatherback turtles and relatives », Mikko's Phylogeny Archive (consulté le )