Toshitaka Suzuki (鈴木俊貴, Suzuki Toshitaka?), né en 1983, est un ornithologue et éthologue japonais spécialisé dans la communication animale. Il est doctorant à l'Université Rikkyō à Tokyo[1]. Il est connu pour ses études sur la communication des oiseaux et notamment de la mésange de Chine (Parus Minor) dont il cherche à prouver la capacité à utiliser le langage[2].

Toshitaka Suzuki
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Biographie
Naissance
(42 ans)
Tokyo, Japon
Nom dans la langue maternelle
鈴木俊貴
Nationalité
Formation
Université Tōhō
立教大学大学院理学研究科・理学部 (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Research Center for Advanced Science and Technology (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Domaine
éthologie
Site web

Travaux

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Après de longues observations d'oiseaux à Karuizawa, Toshitaka Suzuki établit un lien entre certains cris des mésanges de Chine et des comportements spécifiques. Il s'intéresse aux cris « jijijiji » et « pîtspi ». Le premier est un cri de ralliement, en présence d'une source de nourriture par exemple, et le second pousse à l'état d'alerte, en présence d'un prédateur. S'ils peuvent être poussés séparément, Toshitaka Suzuki observe qu'il arrive que les oiseaux les combinent. Les mésanges se regroupent alors et cherchent à repousser le prédateur. En disposant des haut-parleurs dans la forêt pour émettre les différents cris, Toshitaka montre que le regroupement défensif des oiseaux n'intervient que lorsqu'ils sont prononcés dans un ordre spécifique (« jijijiji pîtspi »), et pas autrement, ce qui lui fait conclure à la compositionnalité de leur communication. Il fait entendre les mêmes cris à d'autres oiseaux de la même espèce dans des lieux différents et obtient des réactions semblables. Il en va de même pour d'autres espèces d'oiseaux vivant au contact des mésanges[3].

Il met au jour plusieurs cris pour signaler la présence d'un prédateur. Le cri « chicka » est généralement poussé. Mais quand le prédateur est un serpent les mésanges crient « jar » de façon répétée. Pour montrer que le cri correspond bien au serpent, Toshitaka approche un bâton dont la forme fait penser à un serpent de nids de mésanges. Non seulement le cri provoqué est « jar », mais le comportement des oiselles en couvaison est différent. Lorsqu'elles s'attendent à un prédateur qui ne peut pas pénétrer dans le nid, comme le corbeau à gros bec ou la marte, elles sortent la tête du nid pour collecter des informations sur le prédateur. En revanche, quand elles attendent un serpent, qui risque d'entrer dans le nid, elles s'envolent. De même, les oisillons s'envolent du nid en entendant « jar » mais s'y terrent sans bruit en entendant « chicka ». Toshitaka en déduit que la fonction référentielle est présente dans ce qu'il appelle un langage[4].

Les oisillons qui s'envolent du nid ne l'ont pourtant jamais quitté par le passé, et n'ont jamais vu les prédateurs, ce qui pourrait laisser conclure à une simple réaction à des sons. S'il semble que la communication des oiseaux diffère en ce sens de celle des humains, qui ne peut se passer d'un apprentissage du sens des mots, Toshitaka Suzuki soutient que les oiseaux sont capables de produire des phrases. Lors d'une expérience, il fait pousser les cris « jijijiji pîtspi » par un unique haut-parleur puis par deux, chacun n'en émettant qu'une partie. Les oiseaux ne réagissent que dans le premier cas, ce qui semble infirmer l'hypothèse d'une pure réaction à des sons. D'après le chercheur, il arrive même que les oiseaux mentent. En présence d'un prédateur dangereux, il arrive que le cri « hihihihi » soit poussé, alors qu'il désigne habituellement les faucons. Il prend aussi l'exemple du cri « jar », poussé alors qu'il regardait à l'intérieur d'un nid, ce qui a causé la fuite des oisillons. Il en conclut que les oiseaux interprètent leur environnement et adaptent leurs énoncés en conséquence. Cela contribue à parler de phrases plutôt que de simples sons.

Par ailleurs, Toshitaka prétend montrer que le langage des oiseaux est compris par d'autres espèces. Il constate que d'autres oiseaux, et animaux comme les écureuils sont mis en état d'alerte par certains cris. Il étudie aussi les cris des mésanges à travers le monde et, malgré certaines variations phonétiques - dont l'existence remet en cause l'idée d'un son purement instinctif - les réactions et les cris sont semblables. Il semble donc que la compréhension de ces phrases dépasse les espèces qui les émettent et fassent partie d'un environnement sonore que beaucoup d'animaux apprennent à prendre en compte. Cela ouvre de nombreuses perspectives quant à l'existence de langages animaux, qu'a traditionnellement niée la linguistique théorique dont l'un des postulats fondamentaux est que le langage tel qu'elle le décrit est le propre de l'homme[5].

Notes et références

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  1. https://www.researchgate.net/profile/Toshitaka-Suzuki
  2. Suzuki, Toshitaka N. 2021. “Animal Linguistics: Exploring Referentiality and Compositionality in Bird Calls.” Ecological Research 36 (2): 221–31. https://doi.org/10.1111/1440-1703.12200.
  3. “L’homme Qui a Percé Le Langage Des Oiseaux. (L’homme Qui a Percé Le Langage Des Oiseaux.).” 2026. Sciences & Avenir, 22 janvier, N.PAG. EBSCOhost.
  4. Toshitaka N. Suzuki, Parental alarm calls warn nestlings about different predatory threats, Current Biology, Volume 21, Issue 1, 2011, Pages R15-R16, ISSN 0960-9822, https://doi.org/10.1016/j.cub.2010.11.027. (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0960982210014521)
  5. « Genius Scientist Proved Birds Can Talk and Use Grammar (Part 2) » [vidéo], sur YouTube.