Toundra (satellite)

famille de satellites russes

Toundra (indice GRAU 14F142) ou EKS est une famille de satellites d'alerte précoce russes dont le déploiement a débuté en 2015. Les satellites Toundra constituent la cinquième génération de satellite d'alerte précoce soviético/russe. Ils remplacent les satellites US-KMO.

Données générales
Organisation Drapeau de la Russie Forces spatiales de la fédération de Russie
Constructeur Drapeau de la Russie Kometa, RKK Energuia
Domaine Détection des lancements de missile balistique
Nombre d'exemplaires 6
Constellation oui
Statut Partiellement opérationnel
Lancement 2015-2022
Lanceur Soyouz 2.1b Fregat-M
Durée de vie 7,5 ans
Caractéristiques techniques
Plateforme USP
Contrôle d'attitude Stabilisé sur 3 axes
Source d'énergie Panneaux solaires
Orbite de Molnia
Périgée 1626 km
Apogée 38552 km
Inclinaison 63,37°

Ces satellites constituent le segment spatial d'un système d'alerte plus global baptisé Edinaia Kosmicheskaia Sistema (en russe système spatial intégré). Il est censé non seulement permettre de détecter les lancements des missiles balistiques mais également prendre en charge d'autres fonctions telles que la surveillance de l'orbite basse, le suivi des missiles détectés et comprend un système de communications sécurisé. Les nouveaux satellites peuvent détecter les missiles lancés depuis le territoire russe mais également ceux tirés par des sous-marins lance-engins.

Alors que pour que le système soit pleinement opérationnel, la Russie devait disposer de 8 à 10 satellites Toundra circulant sur une orbite de Molnia, début 2026 seulement six satellites Toundra ont été placés en orbite dont deux ne fonctionnent plus. Le déploiement semble stoppé peut-être à la suite des répercussions des sanctions occidentales touchant les importations russes de composants électroniques après l'invasion de l'Ukraine lancée en 2022. Par ailleurs les quatre satellites encore actifs ne sont plus maintenus sur leur orbite nominale.

Historique

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Les satellites US-KMO (1996-2015)

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La Russie dispose à compter du milieu des années 1990 d'une constellation de satellites d'alerte précoce circulant sur une orbite géostationnaire et baptisés US-KMO ou Oko. Celle-ci a remplacé la première génération précédente des US-K et, contrairement à celle-ci, elle peut détecter les missiles sans être aveuglés par la réflexion du Soleil par la Terre. Ces satellites constituent la composante spatiale du système SRPPN (acronyme en russe de Satellite de prévention d'une attaque de fusée) qui comprend également des radars et qui est chargé de détecter le lancement de missiles balistiques 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 en les localisant de manière précise. Le développement de ces satellites est piloté par la société Kometa qui gérait également les projets de satellites de reconnaissance océanique et les équipements anti-satellite. L'intégration des satellites est pris en charge par Le constructeur de sondes interplanétaire Lavotchkine tandis que les capteurs infrarouge sont fournis par l'Institut d'optique d'État Vavilov et l'Institut VNIIT de Léningrad[1],[2].

Le déploiement des satellites de première et de deuxième génération se poursuit durant les décennies 1990 et 2000 mais il repose largement sur les stocks fabriqués durant la période soviétique et la crise économique ne permet pas de lancer le développement d'un nouveau système. Pourtant les caractéristiques des satellites US-KMO étaient critiquées comme étant peu efficaces et obsolètes. Par ailleurs, selon un spécialiste des systèmes d'alerte avancée, compte tenu de l'étroitesse du champ de vue du télescope utilisé par ces satellites, il aurait fallu disposer de 12 satellites en orbite géostationnaire pour obtenir une couverture globale. Mais le budget militaire russe des années 1990 et 2000 n'était pas en mesure de faire à la dépense que cela impliquait (il n'y a jamais eu plus de 3 à 4 satellites opérationnels en orbite)[3],[2].

Le nouveau système EKS

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Un nouveau système de détection du lancement de missiles balistiques est dévoilé en 2011 par le gouvernement russe. Baptisé EKS (en russe Edinaya Kosmicheskaya Sistema en français système spatial intégré) [Note 1]. La composante spatial d'EKS est constitué de satellites baptisés Toundra. Très peu d'informations sur les caractéristiques du nouveau système sont rendues publiques. La conception du nouveau système est confiée à la société Kometa[Note 2],[3]. La mise en place d'EKS s'inscrit également dans la refonte du segment terrestre du système d'alerte avancée mis à mal par l'éclatement de l'Union soviétique qui s'est accompagné de la perte de stations radar situées en Ukraine et en Lituanie.

Selon les responsables russes les satellites Toundra pouvaient détecter non seulement les missiles balistiques mais également les missiles de croisière. Ils pouvaient non seulement détecter le lancement de missiles balistiques mais également suivre leur déplacement, une tache confiée dans le système précédent aux radars terrestres. Cette dernière fonction prise en charge par des capteurs secondaires permettait d'accélérer le processus de traitement de l'alerte d'environ une minute. Radars et satellites travaillant désormais en tandem étaient moins sensibles aux fausses alertes et autres erreurs. Selon les déclarations du ministre russe de la défense cité dans par l'agence de presse Tass en 2015, un satellite Toundra pouvait remplacer cinq ou six satellites de la génération précédente[Note 3]. Les satellites prenaient apparemment également en charge certaines fonctions de communication en transmettant directement les coordonnées des missiles attaquants aux batteries de missiles anti-missiles permettant de remplacer ou du moins compléter un rôle auparavant pris en charge par les satellites de télécommunications Meridian. Selon de nombreuses sources, la constellation Toundra devait comprendre au moins 8 satellites opérationnels circulant à la fois sur des orbites géostationnaire et polaires. En 2014 il était indiqué que 10 satellites devaient lancés d'ici 2018 sans doute en comptant les satellites de réserve[3].

Construction des satellites Toundra

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La construction des Toundra est confiée en 2007 aux société RKK Energuia et Kometa avec un premier lancement planifié en 2009. Plusieurs problèmes de développement, des changements dans le cahier des charges puis un contentieux entre le donneur d'ordre et la société chargée du projet ont entraîné un report du premier lancement en 2015.

Une version géostationnaire du satellite est annoncée par RKK Energuia en 2017 mais ne semble jao

Déploiement (2015-)

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En , le dernier satellite US-KMO est tombé en panne et à partir de cette date la Russie ne dispose plus de système d'alerte avancé[4]. Finalement, le déploiement du 1er satellite a eu lieu en 2015. Six satellites de ce type sont prévus d'être lancés. L'objectif calendaire est qu'ils soient tous satellisés avant 2020[4].

Statut (janvier 2026)

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Pour être complètement opérationnel la constellation en orbite devait comprendre entre 8 et 10 satellites actifs. Seuls six satellites ont été lancés. Par ailleurs l'invasion de l'Ukraine lancée en 2022 semble avoir entraîné une dégradation rapide du segment spatial du système d'alerte avancée. À la suite du lancement du sixième satellite Toundra en 2022, les militaires russes semblent avoir renoncé au maintien d'une constellation viable soit du fait des sanctions occidentales privant le constructeur Kometa de composants électroniques indispensables, soit à la suite de problèmes financiers. Aucun satellite Toundra n'a été lancé depuis (actualisé début ) alors que le nombre de satellites encore opérationnels est tombé à quatre et serait peut-être même réduit à un unique satellite selon un analyste des forces nucléaires stratégiques russes. En effet l'orbite des quatre satellites survivants n'est plus maintenue sur leur trajectoire nominale et a commencé à dériver vers l'ouest. Toutefois, selon un autre spécialiste, cette absence de manœuvre apparente pour corriger les déviations pourrait être une décision née de la volonté de prolonger la durée de vie de la constellation pour prendre en compte l'arrêt des renouvellements de cette flotte [3].

Caractéristiques techniques

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Le satellite Toundra est assemblé par la société Kometa qui fournit également la charge utile). Le satellite utilise une plateforme/bus USP fournie par RKK Energia que cette entreprise a développé pour les satellites de télécommunications Yamal[4],[5].

Les satellites circulent sur une orbite de Molnia, Les satellites soient lancés par une fusée Soyouz-2-1b/Fregat-M et placés sur une orbite de Molnia dont le périgée est de 1626 km, l'apogée de 38552 km et l'inclinaison orbitale de 63,37°.

Historique des lancements

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Tirés depuis le cosmodrome de Plesetsk avec des lanceurs Soyouz-2.1b/Fregat-M t, à la date de , cinq satellites sur les 6 prévus avaient été mis en orbite.

mis à jour le [4]
Satellite Lanceur Date lancement Base de lancement Identifiant COSPAR Statut Notes
Toundra no 1L (Cosmos 2510) Soyouz 2.1b Fregat-M 17/11/2015 Site 43/4

Plesetsk

2015-066A Hors service
Toundra no 2L (Cosmos 2518) Soyouz 2.1bFregat-M 25/05/2017 Site 43/4 Plesetsk 2017-027A Hors service
Toundra no 3L (Cosmos 2541) Soyouz 2.1bFregat-M 26/09/2019 Site 43/4 Plesetsk 2019-065A N'est plus sur son orbite nominale
Toundra no 4L (Cosmos 2546) Soyouz 2.1b Fregat-M 22/05/2020 Site 43/4 Plessetsk 2020-031A N'est plus sur son orbite nominale
Toundra no 5L (Cosmos 2552) Soyouz 2.1b Fregat-M 25/11 2021 Site 43/4 Plessetsk 2021-113A N'est plus sur son orbite nominale
Toundra no 6L Soyouz 2.1b Fregat-M 2 novembre 2022 Site 43/4 Plessetsk 2022-145A N'est plus sur son orbite nominale

Notes et références

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  1. Son nom complet est EKS OiBU (en russe Edinaya Kosmicheskaya Sistema Obnaruzheniya i Boevogo Upravleniya, en français système spatial intégré pour la détection et le commandement du champ de bataille)
  2. En 2012 la raison sociale qui était TsNII Kometa devient OAO Kometa
  3. Sans doute grâce à son champ de vue élargi.

Références

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  1. (en) Anatoly Zak, « Design and operation of the EKS Kupol system », sur russianspaceweb.com, (consulté le )
  2. 1 2 (en) Bart Hendrickx, « EKS: Russia’s space-based missile early warning system », sur thespacereview.com, (consulté le )
  3. 1 2 3 4 (en) Anatoly Zak, « Design and operation of the EKS Kupol system », sur russianspaceweb.com, (consulté le )
  4. 1 2 3 4 (en) Gunter Dirk Krebs, « Tundra (Kupol, EKS, 14F142) », Gunter's space page (consulté le )
  5. (en) Anatoly Zak, « Kupol (EKS/Tundra) satellite », sur russianspaceweb.com, (consulté le )

Sources

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Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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