Tour blanche (Thessalonique)
La Tour blanche (en grec moderne : Λευκός Πύργος / Lefkós Pýrgos, turc : Beyaz Kule) est un monument de Thessalonique, situé sur le front de mer et transformé en musée. La tour actuelle remplace une ancienne fortification byzantine déjà citée au XIIe siècle et reconstruite par les Ottomans pour renforcer le fort de la ville. Elle devient une prison célèbre et le lieu d'exécutions de masse durant la période ottomane. Elle est rénovée, après la reprise de la ville par la Grèce, en 1912 et deviendra le symbole de la ville.
| Type | |
|---|---|
| Fondation |
XVe siècle |
| Style | |
| Matériau | |
| Hauteur |
33,9 m |
| Diamètre |
22,7 m |
| Périmètre |
71,3 m |
| Usage | |
| Patrimonialité | |
| Visiteurs par an |
239 767 ()[1] |
| Site web |
| Adresse |
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| Coordonnées |
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Historique
modifierLa datation exacte de l'édifice visible de nos jours est sujette à débat parmi les scientifiques. Une tour plus ancienne de l'époque byzantine occupait le même site. Elle est mentionnée par Eustathe de Thessalonique, témoin de la prise de Thessalonique par les troupes de Guillaume II de Sicile en 1185[2],[3].
La tour actuelle remonterait probablement au règne du sultan Soliman le Magnifique[4],[5], ou bien, selon une autre hypothèse, vers 1450[6]. L'historien Franz Babinger avança la possibilité que le monument soit une réalisation du célèbre architecte ottoman Mimar Sinan, tel que le laisse à croire Evliya Çelebi, même si peu de preuves permettent de soutenir cette thèse[7],[8].
La tour servit tour à tour de fort, de caserne et de prison. Elle changea aussi de nom au fil des siècle : « Tour du Lion »[9], « Tour de Kalamariá »[10] ou bien encore « Tour des Janissaires »[2]. En 1826, sur ordre du sultan Mahmoud II, un massacre des prisonniers eut lieu dans la prison, ce qui lui valut l'appellation « Tour du sang »[11],[2],[12].
Pendant des siècles, la Tour blanche fit partie intégrante des murailles de la ville, des murailles détruites en 1866-1867[3]. Son nom actuel de « Tour blanche » remonterait à 1890, lorsqu'un prisonnier accepta de blanchir l'édifice en échange de sa liberté[3]. Quelques années plus tard, en , c'est près de la Tour blanche que le roi Georges Ier de Grèce fut assassiné par un déséquilibré du nom d'Aléxandros Schinás[13].
Au cours de la Première Guerre mondiale, le monument fut affecté à plusieurs usages liés aux activités de l’Armée d’Orient et aux besoins de la ville. Il accueillit notamment des collections archéologiques provenant des fouilles militaires, des installations dédiées à la surveillance aérienne et maritime, ainsi qu’un laboratoire de météorologie rattaché à l’université Aristote[14],[3].
Bien que la tour ne soit plus aussi blanche, elle conserve encore son nom. Elle se situe sur le « boulevard de la victoire » (Leofóros Níkis (en)) et abrite un musée qui retrace toute l'histoire de la ville. Le monument constitue aujourd'hui une attraction touristique majeure de la cité[15],[3].
Architecture
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La tour, de forme cylindrique, est constituée d'une grande salle centrale autour de laquelle rayonnent de petites salles ayant vue sur l'extérieur. Pour accéder aux niveaux supérieurs, il faut emprunter un escalier hélicoïdal[16]. Au sommet, un large chemin rond donne une vue sur l'ensemble de la ville et de la baie. L'édifice est surmonté d'un drapeau grec accroché au mât du cuirassé ottoman Fetih-i Buleh, coulé par la marine hellénique dans le port de Salonique le [17].
Le monument a un diamètre de 23 m pour une hauteur de 34 m au-dessus du niveau du sol. Une tourelle de 12 m de diamètre et de 6 m de haut surmonte le sommet. La tourelle abrite une plate-forme d'un diamètre de 10 m[18],[3].

La tour a été sensiblement modifiée au cours des décennies. Les premières illustrations montrent qu'elle a été recouverte par un toit conique[19]. Jusqu'à sa démolition, entre 1916 et 1917[20], une chemise d'une superficie d'au moins trois fois le diamètre de la tour principale existait au pied de la tour, soutenant les canons lourds. Des poivrières octogonales situées sur la chemise et des caponnières au niveau du sol assuraient une protection autour de la tour. Il est difficile de savoir si la chemise faisait partie du plan original de la tour ou s'il s'agit d'un ajout plus tardif[21].
D'allure générale, l'architecture de la Tour blanche rappelle d'autres fortifications ottomanes du milieu du XVe siècle, notamment Rumeli Hisarı et Yedikule à Istanbul[6].
Musée
modifierDepuis les années 2000 le monument est un lieu d’expositions organisées par le Musée de la culture byzantine. Les espaces muséaux occupent quatre niveaux, la plateforme du sommet étant gardée comme point de vue sur la ville, le port, et le golfe Thermaïque[3].
Galerie
modifierNotes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « White Tower of Thessaloniki » (voir la liste des auteurs).
- ↑ « https://www.statistics.gr/documents/20181/d6992eff-7a4d-9cc2-8666-a6ff28e4bc98 »
- 1 2 3 Oreste Tafrali, Topographie de Thessalonique, P. Geuthner, , 220 p. (lire en ligne), p. 94.
- 1 2 3 4 5 6 7 (en) Dimítrios Nalpántis, « The White Tower », sur odysseus.culture.gr, Ministère de la Culture (consulté le ).
- ↑ Machiel Kiel 1973, p. 353.
- ↑ Vakalopoulos 1993, p. 86.
- 1 2 Braun, Faucherre et Spieser 1983, p. 13.
- ↑ Machiel Kiel 1973, p. 356–357.
- ↑ Tracy 2000, p. 306.
- ↑ Machiel Kiel 1973, p. 356.
- ↑ (en) Robert Dankoff et Robert Elsie, Evliyā Çelebi in Albania and Adjacent Regions (Kosovo, Montenegro, Ohrid): The Relevant Sections of the Seyahatname, Leyde, Brill, , 308 p. (ISBN 978-90-04-66198-1, lire en ligne), p. 137.
- ↑ (en) Misha Glenny, The Balkans: Nationalism, War, and the Great Powers, 1804-1999, Viking, , 726 p. (ISBN 978-0-670-85338-0, lire en ligne), p. 181.
- ↑ Vakalopoulos 1993, p. 100.
- ↑ Bernard Lory, « 1912, les Hellènes entrent dans la ville », dans Gilles Veinstein, Salonique 1850-1918 : La « ville des juifs » et le réveil des Balkans, Paris, Autrement, , 294 p. (ISBN 2-86260-356-2), p. 252.
- ↑ (el) Nikólaos Bárdis, « Ο Λευκός Πύργος της Θεσσαλονίκης » [« La Tour blanche de Thessalonique »], sur www.skai.gr, (consulté le ).
- ↑ (en) Eugene N. Borza, Frances B. Titchener et Richard F. Moorton Jr., The Eye Expanded: Life and the Arts in Greco-Roman Antiquity, Berkeley, University of California Press, , 294 p. (ISBN 0-520-21029-8, lire en ligne), p. 256.
- ↑ Braun, Faucherre et Spieser 1983, p. 3–4.
- ↑ (el) Nóni Doúnia, « Πώς λεγόταν ο ”Λευκός Πύργος” πριν γίνει το τοπόσημο της Θεσσαλονίκης » [« Comment s’appelait la « Tour Blanche » avant qu’elle ne devienne le monument de Thessalonique »], sur megatv.com, (consulté le ).
- ↑ Braun, Faucherre et Spieser 1983, p. 2.
- ↑ Braun, Faucherre et Spieser 1983, p. 9.
- ↑ Braun, Faucherre et Spieser 1983, p. 11.
- ↑ Tracy 2000, p. 306–307.
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- J.-P Braun, N. Faucherre et J.-M Spieser, « Deux tours turques de Thessalonique », Μακεδονικά, vol. 23, , p. 1 (ISSN 2241-2018, DOI 10.12681/makedonika.328, lire en ligne, consulté le ).
- (en) Machiel Kiel, « A Note on the Exact Date of Construction of the White Tower of Thessaloniki », Balkan Studies, vol. 14, no 2, , p. 352-357 (ISSN 0005-4313, lire en ligne, consulté le ).
- (en) Apostolos Vakalopoulos, A History of Thessaloniki, vol. 63, Thessalonique, Institute for Balkan Studies, , 153 p. (lire en ligne).
- (en) James D. Tracy, City Walls: The Urban Enceinte in Global Perspective, Cambridge, Cambridge University Press, , 720 p. (ISBN 0-521-65221-9), p. 303–307.
Liens externes
modifier- (el + en) Site officiel du musée
- (el + en) Site officiel
- Ressources relatives aux beaux-arts :

