Tour du télégraphe Chappe de Saverne

tour télégraphe de Haegen, en France

La tour du télégraphe Chappe de Saverne est un des relais de l'ancienne ligne télégraphique Chappe, entre les villes françaises de Paris et Strasbourg, sur la ligne Paris-Strasbourg, inaugurée le . En cours d'exploitation, la tour a été déplacée sur la commune de Haegen dans le Bas-Rhin. Saverne / Haegen est le 48e des 52 postes télégraphiques implantés entre Paris et Strasbourg[2].

Tour du télégraphe Chappe de Saverne
Image illustrative de l’article Tour du télégraphe Chappe de Saverne
Vue de la tour du télégraphe Chappe à Haegen
Coordonnées 48° 43′ 22″ nord, 7° 20′ 11″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Bas-Rhin
Commune Haegen
Géolocalisation sur la carte : France
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Tour du télégraphe Chappe de Saverne
Géolocalisation sur la carte : Alsace
(Voir situation sur carte : Alsace)
Tour du télégraphe Chappe de Saverne

Histoire

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La première localisation

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La tour est initialement (1798) implantée près du pont du diable (Teufelsbrücke)., dans l'enceinte du château du Haut-Barr à Saverne d'où son nom de tour du Haut-Barr ou tour de Saverne en raison de son positionnement idéal sur un point haut. L'emplacement exact se situe entre le Château du Grand-Geroldseck et le rocher du Haut-Barr[3].

À l'occasion de travaux de défrichement entrepris par l'Administration des Postes et Télégraphes en 1964, des vestiges décrits en détail par Albert Fuchs[4] furent mis au jour. Ceux-ci comprennent les fondations d'une tour circulaire d'environ 3 mètres de diamètre intérieur ainsi que la base d'un bâtiment carré de 4 mètres de côté. La tour aurait abrité le mécanisme du télégraphe, tandis que le bâtiment carré aurait servi de logement au gardien de la station[3]. La station se présentait sous la forme d'une construction en bois surmontée d'un télégraphe optique. Celui-ci était constitué d'un bras principal, appelé « régulateur », d'une longueur de 4,62 mètres, auquel étaient articulés deux bras secondaires de 2 mètres de long, désignés sous le nom d'« indicateurs ». L'ensemble était équipé de contrepoids destinés à faciliter la manœuvre et à assurer la stabilité du dispositif de signalisation[5].

La tour Chappe est déplacée en 1810 vers son emplacement actuel au lieu-dit Honbert[6] (commune de Haegen) à quelques centaines de mètres du château, en raison de son accès trop dangereux à l'époque. Ruinée, la tour est aujourd'hui une reconstitution visitable avec une exposition en son sein.

Haut-Barr

Les stations télégraphiques

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La première station télégraphique établie dans le Bas-Rhin fut celle du Haut-Barr. Elle était reliée à la station de Strasbourg par l'intermédiaire des postes de Hohengoeft et de Hurtigheim. Ce dernier fut supprimé en 1805. En 1822, le poste de Hohengoeft fut à son tour remplacé par une nouvelle station située sur le Kochersberg, à proximité de Willgottheim[5]. Enfin, en 1834, une autre station fut construite à Dingsheim afin de renforcer le réseau de transmission optique dans la région[3].

Intérieur de la grotte de St. Vit et vue du chateau de Géroldseck, près de Saverne

Plusieurs gravures représentant la Grotte Saint-Vit permettent de reconstituer l'implantation du Système Chappe dans son environnement[7], ansi qu'une gravure de Benjamin Zix.

Benjamin Zix, Vue du Haut-Bar : le poste du Haut-Barr en place sur le rocher au milieu des ruines du château, 1805.

Le déplacement

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Bien située (altitude 481 m), mais d'accès dangereux, elle est déplacée en 1810 à son emplacement actuel au lieu-dit Honbert[6]. Plusieurs facteurs ont été avancés pour expliquer l’abandon ou le déplacement de la station. Parmi eux figurent la difficulté d’accès au site, l’espace restreint disponible autour du poste ainsi que sa forte exposition aux intempéries[5]. Le changement de propriétaire du château a également été mentionné comme une cause possible. En effet, l’édifice fut acquis en 1801 par le maréchal Henri-Jacques-Guillaume Clarke[5]. Le nouvel emplacement de la station fut établi à environ 200 mètres au sud du premier site. Plus aisément accessible, il présentait également l’avantage d’être moins contraint par le relief, n’étant pas entouré de rochers abrupts. Cette nouvelle implantation offrait ainsi de meilleures conditions d’exploitation et d’entretien pour les installations télégraphiques.

Exploitation

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En 1798, un article publié dans le Strasburger Weltbote rapporte qu'une effraction aurait été constatée à la station télégraphique du Haut-Barr dans la nuit du 29 au 30 floréal an VII. Saisi par l'agent télégraphique B. Carillon, le juge de paix de Saverne conclut cependant que les dégâts observés, notamment la disparition d'une serrure et l'arrachement d'une planche, étaient vraisemblablement dus au mauvais état de la porte et à la violence du vent plutôt qu'à un cambriolage[5]. Cet épisode constitue l'une des rares mentions documentées des premiers employés de la station télégraphique du Haut-Barr[5].

Interruption

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À la suite de la retraite des armées napoléoniennes, les troupes russes entrèrent à Saverne en janvier 1814. La première interruption de la ligne survint le , lorsque plusieurs stations furent détruites par les armées d'invasion, entraînant la cessation des communications. À la mi-avril, le Gouvernement provisoire ordonna le rétablissement des lignes télégraphiques et engagea sans délai la reconstruction ou la réparation des postes endommagés[8]. Dans la division de Metz, les stations de Douaumont, Éton, Vernéville et du Mont Saint-Quentin avaient été entièrement détruites, tandis que celles de Delme et de Pontoy ne nécessitaient que des réparations limitées. Les travaux de remise en état furent achevés au début du mois de juillet. À partir du , les communications purent de nouveau être assurées en direction de Paris ; du côté de Strasbourg, elles demeurèrent toutefois provisoirement interrompues au niveau de la station du Haut-Barr.

Le , un aide de camp du comte Pavel Petrovitch Pahlen se rendit au Haut-Barr et fit démonter le télégraphe optique afin de le transférer à Saverne. La durée exacte de cette interruption demeure inconnue.

Reprise

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Toutefois, le service fut rétabli quelques mois plus tard, comme en témoignent les dépêches transmises depuis Paris et conservées dans les archives municipales de Strasbourg[5]. En 1822, François-Marie de Mougé, ancien avocat chargé de missions de renseignement pour le préfet, signala la construction supposée d’un télégraphe dans un secteur isolé situé derrière le Haut-Barr. Après vérification, il reconnut cependant son erreur et précisa qu’il ne s’agissait pas d’une installation télégraphique, mais de travaux topographiques réalisés par le corps du Génie[5].

Déclin et reconversion

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Le dernier télégraphier en Alsace

« A quelques pas du Haut-Barr, dans la forêt, on rencontre une cassine ruinée, dont bientôt la dernière trace aura disparu. C'était la maisonnette du dernier télégraphier en Alsace qui transférait les signes hiéroglyphiques de son instrument de la limite orientale de la France, du bassin du Rhin vers Nancy et Metz, et mettait Strasbourg en correspondance avec la capitale et vice versa. Entre ce point et Strasbourg, il existait encore deux points intermédiaires où le solitaire employé était assis en actif observateur... »

Frédéric Piton, 1855, Strasbourg illustré, t.II, p. 192.

La tour n'est plus utilisée à des fins de télécommunications à compter de 1854. L’arrivée du télégraphe électrique au milieu du XIXe siècle rend progressivement obsolète le système Chappe. Le réseau optique cesse alors son activité. L'exploitation du télégraphe dura jusqu'en 1852, année de la mise en service du télégraphe électrique entre la capitale et Strasbourg, parallèlement au chemin de fer. L'achèvement de la liaison ferroviaire vers Avricourt en 1852 s'accompagna de l'essor du télégraphe électrique, plus rapide et plus fiable que le télégraphe optique. Devenu obsolète, le télégraphe du Haut-Barr fut alors démantelé et ses équipements retirés[5].

Restitution

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Tour et musée Chappe de Saverne

En 1962, lorsque l'association Les amis de l'histoire des PTT d'Alsace s'y intéresse, la tour est complètement ruinée[9]. L’initiative de la reconstruction de la tour Chappe du Haut-Barr remonte à 1963, lorsque Michel Dupouy, président des Amis de l’Histoire des P.T.T. d’Alsace et directeur départemental des Postes et Télécommunications, identifia les fondations des anciens bâtiments en présence du maire de Saverne, Joseph Wolff. Afin de préserver et de mettre en valeur ce patrimoine, il sollicita auprès de l'administration des Eaux et Forêts la location de la parcelle domaniale abritant les vestiges de l’ancien sémaphore. Cette demande reçut un avis favorable et permit d’engager le projet qui aboutit à la reconstruction de la tour sur son emplacement historique[5].

La tour construite en 1968 fut édifiée sur les fondations de l’ancienne station[5],[10]. Le projet fut financé grâce au soutien des collectivités locales et à l’engagement des Amis de l’Histoire des P.T.T. d’Alsace. Prévue en mai 1968, l’inauguration officielle fut reportée en raison des événements de Mai 68 et se tint finalement en juin 1970.

La tour restituée reproduit fidèlement les caractéristiques de celle qui lui avait précédé au XIXe siècle. Seule la maisonnette destinée aux opérateurs de la station a fait l’objet d’un agrandissement, afin d’accueillir un espace muséographique consacré à l’histoire du télégraphe optique et du site[5]. Lors de l'inauguration, la station du Haut-Barr fut présentée comme l’unique station de télégraphie aérienne reconstruite et remise en état de fonctionnement connue à cette époque. Une plaque commémorative fut apposée sur la tour pour rappeler cette réalisation patrimoniale[5].

La tour déplacée et reconstruite se situe maintenant dans le massif des Vosges, sur le territoire de la commune de Haegen, au sud du château du Haut-Barr et à 180 m de la limite intercommunale entre Saverne et Haegen.

Les visites organisées par l'Association de sauvegarde de la tour musée de l'ancien télégraphe Chappe et des collections Postes et Télécoms[2], comprennent le musée du télégraphe Chappe et une démonstration de l'appareil. Le musée du Télégraphe Chappe est ouvert du mardi au dimanche de 13h à 18h de début juin à mi-septembre (jusqu'aux journées du Patrimoine).

Notes et références

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  1. ↑ Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. 1 2 « 6 - Lignes du télégraphe Chappe », sur www.tourchappe.fr (consulté le )
  3. 1 2 3 A. Ruscher, Le poste de télégraphe Chappe au Haut-Barr, Société d'histoire et d'archéologie de Saverne et environs, 1964. Voir en ligne.
  4. ↑ Albert Fuchs, Histoire du télégraphe Chappe, revue « Elsassische Monatsschrift für Geschichte und Volkskunde » , 1913, p. 497-505 et 539.
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Henri Gachot, « La tour Chappe du télégraphe optique du Haut-Barr 1798 à 1852 », Pays d'Alsace, Saverne, Société d'histoire et d'archéologie de Saverne et environs, nos 107/108,‎ , p. 77-82 (lire en ligne, consulté le )
  6. 1 2 À 360 m au sud.
  7. ↑ Jacques Rothmuller, Chapelle Saint-Vit (Chapelle de Pèlerinage),
  8. ↑ Général Gemain, Le télégraphe aérien à Metz, Mémoires de l'Académie nationale de Metz, 1927.Voir en ligne
  9. ↑ Jacques Perrier, 1963 : Société d’Histoire de La Poste et de France Telecom en Alsace, Revue d’Alsace, 135 | 2009, mis en ligne le 01 octobre 2012, consulté le 24 juillet 2026. URL : Voir en ligne
  10. ↑ En conséquence, les données et repères topographiques établis pour le site demeurent applicables aux deux constructions, dont l’implantation correspond au même emplacement.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Albert Fuchs, Histoire du télégraphe Chappe, revue « Elsassische Monatsschrift für Geschichte und Volkskunde » , 1913, p. 497-505 et 539.
  • A. Ruscher, Le poste de télégraphe Chappe au Haut-Barr, Société d'histoire et d'archéologie de Saverne et environs, 1964. Voir en ligne
  • Henri Gachot, « La tour Chappe du télégraphe optique du Haut-Barr 1798 à 1852 », Pays d'Alsace, Saverne, Société d'histoire et d'archéologie de Saverne et environs, nos 107/108,‎ , p. 77-82 (lire en ligne, consulté le ).
  • La tour Chappe du Haut-Barr
  • Télégraphe de Chappe à Saverne

Liens externes

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