Traité de Djeddah (2000)

traité qui règle différend frontalier entre l'Arabie saoudite et le Yémen

Le traité de Djeddah de 2000 a réglé un différend frontalier entre l'Arabie saoudite et le Yémen, qui remonte aux revendications territoriales formulées par l'Arabie saoudite en 1934[1],[2].

Traité de Djeddah
Carte du Yémen, indiquant la frontière nord définitive avec l'Arabie saoudite.
Signataires
Date

Contexte

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Ce différend de longue date trouve son origine dans le traité de Taïf (en) de 1934, conclu entre le Yémen et l’Arabie saoudite nouvellement constituée, ainsi que dans la délimitation de la frontière (en) qui s’ensuit trois ans plus tard. L’ambiguïté quant au tracé de la frontière a donné lieu à des revendications contradictoires de la part de l’Arabie saoudite et du Yémen pendant le reste du XXe siècle, une situation compliquée par des revendications traditionnelles antérieures à la période coloniale, un placement approximatif des bornes frontalières et une incertitude quant au sommet exact de la montagne mentionné dans le texte original du traité[2]. Deux guerres ont éclaté au sujet de cette frontière : en 1934 (en) et en 1969 (en). Au milieu des années 1990, les gouvernements des deux pays reconnaissent la nécessité d’établir une frontière claire et mutuellement acceptée, d’abord par un protocole d'entente daté de , puis lors d’une réunion au lac de Côme, en Italie, qui donne naissance à la « ligne de Côme » provisoire à l’été 1997[3].

Cependant, les progrès marquent le pas au cours des trois années suivantes, en partie parce que les deux pays se disputent le tracé exact de la partie maritime de la frontière à son point de rencontre avec la mer Rouge. Cela donne lieu à une série d'affrontements frontaliers, notamment une confrontation entre les forces armées yéménites et saoudiennes au sujet de l'île de Duwaimah (située au sud des îles Farasan) en [4].

Signature

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En , le prince héritier Abdallah d’Arabie saoudite se rend pour la première fois au Yémen afin de commémorer le dixième anniversaire de l’unification du Yémen. Peu après cette rencontre, et à l’issue d’une série de pourparlers diplomatiques intensifs, les deux gouvernements signent finalement le traité de Djeddah dans cette ville portuaire saoudienne, le  ; celui-ci entre en vigueur le mois suivant. Les signataires du traité sont les ministres des Affaires étrangères des deux pays ainsi que le vice-Premier ministre yéménite Abd al-Rahman Bagammal. Le traité définit les coordonnées exactes de la frontière terrestre et maritime et comprend des dispositions relatives aux droits de pâturage des bergers, au déploiement des forces armées et à l'exploitation future des ressources naturelles le long de la frontière[2],[5].

Après la signature

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En 2003, l’Arabie saoudite entame la construction d’un mur frontalier avec le Yémen, invoquant la contrebande organisée et des préoccupations en matière de sécurité. Suite à des pressions diplomatiques internationales et à des accusations selon lesquelles ce projet viole la zone tampon de 20 km réservée au pâturage prévue par le traité de 2000, l’Arabie saoudite accepte de suspendre la construction et les deux parties s'engagent à respecter le traité en [6]. Cependant, l’Arabie saoudite achève par la suite la construction du mur entre 2009 et 2010. La frontière fait l'objet d'une surveillance de plus en plus étroite et les passages sont soumis à des restrictions depuis les effets déstabilisateurs de la révolution yéménite de 2011 et l'implication subséquente de l'Arabie saoudite dans la guerre civile yéménite qui se poursuit encore[7].

Notes et références

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  1. ↑ (en) « The Treaty of Jeddah, 2000 : International border treaty between the Republic of Yemen and the Kingdom of Saudi Arabia » (version du sur archive.org)
  2. 1 2 3 Askar Halwan Al-Enazy, « "The International Boundary Treaty" (Treaty of Jeddah) Concluded between the Kingdom of Saudi Arabia and the Yemeni Republic on June 12, 2000 », American Journal of International Law, vol. 96, no 1,‎ , p. 161–173 (DOI 10.2307/2686133, JSTOR 2686133, S2CID 144466051)
  3. ↑ Jonathan I. Charney, Lewis M. Alexander, Dr Robert W. Smith et American Society of International Law, International Maritime Boundaries, Martinus Nijhoff Publishers, (ISBN 978-90-411-1954-4)[page à préciser]
  4. ↑ « Saudi Arabian-Yemeni Relations: Implications for U.S. Policy », Middle East Policy Council
  5. ↑ « The Treaty of Jeddah, 2000 »
  6. ↑ « Yemen says Saudis will stop fence », BBC News,‎ (lire en ligne)
  7. ↑ Mohammed H. Al Zahrani, Abdiasiis I. Omar, Abdelmohsin M. O. Abdoon, Ali Adam Ibrahim, Abdullah Alhogail, Mohamed Elmubarak, Yousif Eldirdiry Elamin, Mohammed A. AlHelal, Ali M. Alshahrani, Tarig M. Abdelgader, Ibrahim Saeed, Tageddin B. El Gamri, Mohammed S. Alattas, Abdu A. Dahlan, Abdullah M. Assiri, Joseph Maina, Xiao Hong Li et Robert W. Snow, « Cross-border movement, economic development and malaria elimination in the Kingdom of Saudi Arabia », BMC Medicine, vol. 16, no 1,‎ , p. 98 (PMID 29940950, PMCID 6019222, DOI 10.1186/s12916-018-1081-z Accès libre)

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliograhie

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  • Askar Halwan Al-Enazy, « "The International Boundary Treaty" (Treaty of Jeddah) Concluded between the Kingdom of Saudi Arabia and the Yemeni Republic on June 12, 2000 », The American Journal of International Law, vol. 96, no 1,‎ , p. 161–173 (ISSN 0002-9300, DOI 10.2307/2686133, lire en ligne)

Liens externes

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