Transition présidentielle

période entre la fin de l'élection présidentielle et l'inauguration du nouveau président

Une transition présidentielle est une période entre la fin de l'élection présidentielle et l'inauguration du nouveau président d'un pays. Durant cette période, le nouveau président, souvent désigné comme le « président élu » en opposition au « président sortant », choisit son futur gouvernement. La transition présidentielle est perçue comme la transition d'un gouvernement à un autre.

Dans les démocraties présidentielles, la durée de la période de transition dépend notamment du calendrier électoral et des règles constitutionnelles ou légales qui fixent la date de l'élection et celle de l'entrée en fonctions du nouveau président, tout comme elle peut être variable selon les différentes périodes de leur histoire institutionnelle. La durée effective d'une transition peut, en outre, être affectée par le mode de scrutin, la tenue d'un second tour, et les contestations des résultats électoraux ou des crises politiques[1].

Une étude de 2024 portant sur dix démocraties présidentielles multipartites d'Amérique latine[2] relève d'importantes variations de durée entre les pays et, dans certains cas, entre différentes périodes de leur histoire institutionnelle[1]. Sur la période étudiée, la durée moyenne de la transition atteint ainsi 46 jours en Bolivie, 72 jours en Argentine, 117 jours au Paraguay, 122 jours au Panama et 152 jours au Mexique. La moyenne des dix pays étudiés s'établit à 112 jours. Le Chili présente la durée moyenne la plus élevée de l'échantillon, avec 255 jours, résultat largement imputable aux transitions proches de 300 jours observées entre 1937 et 1973 : une durée raccourcie à 90 jours depuis le retour à la démocratie à la fin des années 1980[1].

À l'échelle mondiale plus large, une étude de 2026 portant sur les élections présidentielles depuis 1945 mesure la période de transition comme l'intervalle séparant l'élection d'un nouveau président de son investiture. Sur les 389 élections pour lesquelles cette durée a pu être calculée, soit 33 % des élections présidentielles de l'échantillon, elle varie de 1 à 194 jours et s'établit en moyenne à 56 jours. La très grande majorité des transitions présidentielles étudiées s'achèvent dans les six mois suivant l'élection. Parmi les 389 transitions mesurées, une seule excède 180 jours : celle à la suite de l'élection présidentielle salvadorienne de 1956 (es), en raison d'une règle constitutionnelle fixant l'investiture présidentielle à la veille de la fête nationale de l'indépendance[3].

La durée de la transition constitue une période cruciale pour la formation de gouvernements et la négociation politique[2],[4] : les partis susceptibles de participer au gouvernement y négocient notamment la répartition des portefeuilles ministériels et l'élaboration d'un programme commun[4]. Selon les auteurs de l'étude de 2024 en Amérique latine, une transition plus longue laisse davantage de temps aux partis pour réévaluer les alliances conclues avant l'élection et pour recomposer la coalition appelée à gouverner. Leur analyse met ainsi en évidence une diminution de la continuité entre coalitions préélectorales et gouvernementales à mesure que la durée officielle de la transition augmente[5].

Particularités par pays

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Argentine

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En Argentine, le président élu prête serment devant le Congrès de la Nation argentine. Il doit traverser l'avenue de Mai jusqu'à la Maison rose, siège de la présidence.

États-Unis

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Aux États-Unis, durant la transition présidentielle (en), le président sortant est dit « lame duck » (littéralement « canard boiteux ») après l'élection de novembre, jusqu'à ce que le président élu prenne ses fonctions, le suivant.

Références

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  1. 1 2 3 Albala, Borges et Silva 2024, p. 254.
  2. 1 2 Albala, Borges et Silva 2024, p. 249.
  3. (en) Raphaël Descamps, Benjamin Marx, Vincent Pons et Vincent Rollet, The Global Incumbency Advantage L'Avantage électoral mondial des gouvernants sortants »] (Working Paper), Cambridge (Massachusetts), Bureau national de recherche économique, coll. « NBER Working Paper Series » (no 34968), , 96 p. (DOI 10.3386/w34968 Accès libre, lire en ligne), p. 55.
  4. 1 2 Albala, Borges et Silva 2024, p. 250.
  5. Albala, Borges et Silva 2024, p. 255.

Bibliographie

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Publications académiques

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  • ['t Hart et Uhr 2011] (en) Paul 't Hart (dir.) et John Uhr (dir.), How Power Changes Hands : Transition and Succession in Government Le Pouvoir change de mains : transition et succession au gouvernement »], Basingstoke, Palgrave Macmillan, coll. « Understanding Governance », , 1re éd., XI-254 p. (ISBN 978-0-230-24296-8 et 978-0-230-30643-1, DOI 10.1057/9780230306431, lire en ligne Accès payant).
  • [Albala, Borges et Silva 2024] (en) Adrián Albala, André Borges et Thiago N. Silva, « From Ballots to Cabinets : Analyzing the Continuity Between Pre- and Post-Electoral Coalitions in Multiparty Presidential Democracies » [« Des urnes aux cabinets : analyse de la continuité entre les coalitions préélectorales et postélectorales dans les démocraties présidentielles multipartites »], dans Patrick Dumont, Bernard Grofman, Torbjörn Bergman et Tom Louwerse, New Developments in the Study of Coalition Governments Nouveaux Développements dans l'étude des gouvernements de coalition »], Berlin, Springer Nature, coll. « Studies in Public Choice » (no 9), , 320 p. (ISBN 978-3-031-69346-5 et 978-3-031-69347-2, DOI 10.1007/978-3-031-69347-2_11 Accès payant), p. 249-270.
  • [Menzies et Tiernan 2015] (en) Jennifer Menzies et Anne Tiernan, « Caretaker conventions », dans Constitutional Conventions in Westminster Systems : Controversies, Changes and Challenges, Cambridge, Cambridge University Press, , 1re éd., 91-115 p. (DOI 10.1017/CBO9781316178560.006 Accès payant, lire en ligne).
  • [Zhang 2026] (en) Mingyi Zhang, « Policymaking activities of caretaker governments in Western Europe » [« L'Activité de production des politiques publiques des gouvernements chargés des affaires courantes en Europe occidentale »], Political Science Research and Methods, Cambridge University Press, , p. 1-10 (DOI 10.1017/psrm.2026.10118 Accès libre).

Publications institutionnelles

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  • [Alessandro, Arrieta et Naranjo Bautista 2026] (en) Martín Alessandro, Dolores Arrieta et Sandra Naranjo Bautista, Managing and Communicating Government Transitions : A Practical Toolkit Gérer et communiquer les transitions gouvernementales : guide pratique »], Washington, D.C., Banque interaméricaine de développement, (DOI 10.18235/0013988, lire en ligne Accès libre).
  • [NDI 2026] (en) Institut national démocratique pour les affaires internationales, Effective Transitions of Executive Power : The Role of Legal Frameworks Les Transitions efficaces du pouvoir exécutif : le rôle des cadres juridiques »], National Democratic Institute for International Affairs, (lire en ligne Accès libre [PDF]).
  • [OCDE 1998] (en) OCDE, Management Challenges at the Centre of Government : Coalition Situations and Government Transitions Les Défis de gestion au centre du gouvernement : gouvernements de coalition et transitions gouvernementales »], Paris, OCDE, coll. « SIGMA Papers » (no 22), , 78 p. (DOI 10.1787/5kml614vl4wh-en Accès libre).

Annexes

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