Transplantation pulmonaire
La transplantation pulmonaire , ou greffe pulmonaire, est une opération chirurgicale consistant à remplacer un poumon (greffe monopulmonaire) ou les deux poumons (greffe bipulmonaire) lorsque ceux-ci sont atteints de maladies dégénératives telles que la fibrose pulmonaire, la bronchopneumopathie chronique obstructive et l'emphysème, ou encore la mucoviscidose.
Histoire
modifierLa première greffe pulmonaire est réalisée en 1963 aux États-Unis. Les premières greffes pulmonaires étaient décevantes en raison des rejets, des infections ou de problèmes de cicatrisation. C'est au début des années 1980 avec la découverte de la Ciclosporine A, un puissant immunosuppresseur, que les transplantations pulmonaires prennent leur essor. Environ 1 500 sont réalisées chaque année dans le monde[1].
En 1988, Vera Dwyer, originaire du comté de Sligo en Irlande, a reçu un diagnostic de maladie pulmonaire chronique, fibrosante et irréversible. Plus tard dans l'année, elle a bénéficié d'une greffe de poumon au Royaume-Uni. En novembre 2018, Mme Dwyer a été reconnue comme la personne ayant survécu le plus longtemps à une greffe de poumon lors d'une cérémonie à l'hôpital Mater de Dublin[2]. Elle est décédée en 2021, trente-trois ans après sa greffe[3].
La première transplantation du poumon d'un porc génétiquement modifié est réalisée en 2025 sur un receveur mort cérébralement. L'organe survit neuf jours[4],[5].
Pronostic
modifierLa Revue du praticien en 2024, annonce que la médiane de survie après transplantation pulmonaire est de 6 ans, limitée par des facteurs liés au greffon mais aussi au patient[6]. La survie post-transplantation pour les fibroses se situe approximativement à 65-70 % à 1 an et à 40 % à 5 ans, c'est-à-dire à un niveau un peu inférieur à ce qui est noté dans la BPCO ou la mucoviscidose[7].
La principale cause de mortalité tardive est la dysfonction chronique du greffon pulmonaire (DCG)[8] qui affecte près de la moitié des receveurs à 5 ans de la greffe. Malgré les moyens existants pour freiner le processus comme les traitements anti-fibrosants ou la photophérèse, rien ne permet à ce jour de l'inverser tout à fait[9].
Notes et références
modifier- ↑ « Transplantation pulmonaire », sur erasme.ulb.ac.be (consulté le ).
- ↑ (en) « Sligo woman Vera Dwyer in lung transplant record », sur BBC,
- ↑ (en) Ciara Galvin, « Sligo lung transplant recipient Vera Dwyer passes away 33 years after life-saving operation », Irish Independent, (lire en ligne)
- ↑ (en) Rachel Fieldhouse, « Pig lung transplanted into a person in world first », Nature, (DOI 10.1038/d41586-025-02708-2
). - ↑ (en) Jianxing He, Jiang Shi, Chao Yang, Guilin Peng, Chunrong Ju et al., « Pig-to-human lung xenotransplantation into a brain-dead recipient », Nature Medicine, (DOI 10.1038/s41591-025-03861-x).
- ↑ Harry Étienne, Pierre Mordant, Arnaud Roussel, Antoine Girault, Pierre Cerceau, Yves Castier, Marc Veyrier, Domitille Mouren, Mathilde Salpin, Tiphaine Goletto, Lise Morer, Gaelle Weisenburger, Hervé Mal, Vincent Bunel, « Transplantation pulmonaire. Gare aux complications ! », La Revue du praticien, (lire en ligne)
- ↑ Hervé Mal, Olivier Brugière, Gaëlle Dauriat, Odile Groussard, Dominique Valeyre, Michel Fournier, Guy Lesèche, « Transplantation pulmonaire chez les patients atteints de fibrose pulmonaire », Revue de pneumologie clinique, (DOI RPC-07-2005-61-3-0761-8417-101019-200514572, lire en ligne)
- ↑ La DCG est définie par une baisse du volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) supérieure ou égale à 20 % par rapport au VEMS de référence, qui est la moyenne des deux meilleures valeurs obtenues (espacées d’au moins 3 semaines) après la transplantation. Cette diminution de la fonction doit être persistante et retrouvée sur deux valeurs de VEMS espacées d’au moins 3 mois. Il existe différentes classes de DCG selon le niveau de baisse du VEMS, allant de 0 à 4.
- ↑ P. Mordant, E. Catherinot et A. Roux, « La dysfonction chronique du greffon pulmonaire en 2022 : une entité mieux comprise et un défi thérapeutique. », Revue des Maladies Respiratoires, vol. 40, no 4, , p. 324-334 (lire en ligne)
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la santé :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :