Tribunal international des crimes contre les femmes

Tribunal d'opinion tenu à Bruxelles du 4 au 8 mars 1976

Le Tribunal international des crimes contre les femmes est un tribunal d'opinion qui s'est tenu des 4 au à Bruxelles. Environ 2 000 femmes venues du monde entier y auraient participé pour dénoncer les crimes dont elles étaient victimes[1].

Tribunal international des crimes contre les Femmes
Type Tribunal d'opinion
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Localisation Bruxelles
Cause Violences contre les femmes
Date au
Nombre de participants 2 000

Selon deux des organisatrices, l'américaine Diana E. H. Russell et la belge Nicole Van De Ven : « Nous étions toutes nos propres juges (...) Les femmes présentes rejetaient une définition patriarcale des crimes : toutes les formes masculines d'oppression contre les femmes étaient considérées comme telles »[2]. En ce sens, de nombreuses violences ont été évoquées : les violences sexuelles, les crimes médicaux, les violences commises à l'encontre des prisonnières politiques, etc.

Histoire

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L'histoire du Tribunal prendrait racine deux ans plus tôt, en 1974. A cette période, la sociologue Diana E. H. Russell aurait pris congé de son poste au Mills College pour voyager à travers l'Europe et aller à la rencontre des mouvements de libération des femmes. Pendant l'été, elle se trouve sur l'île danoise de Femø, à quatre heures de Copenhague, qui accueille chaque année un camp d'été entièrement réservé aux femmes. La tradition veut que deux semaines soient spécifiquement réservées aux femmes internationales afin d'en faciliter la rencontre et les échanges. Durant ces quinze jours, de nombreux ateliers sont organisés, et durant l'un d'entre eux il est proposé de réfléchir aux actions que les mouvements féministes pourraient entreprendre durant l'Année internationale des femmes. Cette année symbolique avait été votée et déclarée par l’ONU deux ans plus tôt, en , afin de visibiliser les problématiques spécifiques aux droits des femmes pendant un an[3].

La réflexion à propos de l'organisation d'un « tribunal international des crimes contre les femmes » se prolonge lors d'une conférence féministe internationale, organisée quelques mois plus tard à Francfort[4]. Durant le week-end du 15 au , des échanges ont lieu pour mettre sur pied ce projet et un comité de coordination de huit femmes est constitué. Pendant près d'un an et demi, elles organisent alors différentes réunions pour préparer l'évènement. Deux mois avant le Tribunal, la réunion des 24 et , 27 pays sont inscrits pour y participer[2].

Objectifs du Tribunal

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Les objectifs du tribunal étaient de :

  • montrer que l'oppression des femmes est la même partout, mais à des degrés différents selon les espaces ;
  • que chaque cas n'est pas isolé mais représentatif de ce qui se passe dans le pays en question ;
  • renforcer la solidarité entre les femmes ;
  • découvrir des moyens de lutter contre les crimes contre les femmes.

Diana E. H. Russell et Nicole Van Den Ven, qui faisaient partie des organisatrices du Tribunal, évoquent s'être inspirées du Tribunal international des crimes de guerre de Bertrand Russell, un tribunal populaire sur les crimes commis pendant la guerre du Vietnam[5]. Toutefois, cela n'est corroboré par aucune source historique ni par aucune archive disponible. Il s'agirait davantage d'une inspiration liée au contexte des années 1970, comme le rapporte Lydia Horton, elle-même participante et coorganisatrice du Tribunal international des crimes contre les femmes[6].

En 1975, le comité d'organisation définit l'objectif du Tribunal comme étant« de sensibiliser le plus grand nombre possible de femmes dans le monde à l’ampleur et à la gravité de l’oppression dont elles sont victimes dans un monde dominé par les hommes »[7].

Contenu

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Pendant quatre jours, du 4 au , ce sont près de 2 000 femmes originaires d'environ 40 pays qui se sont retrouvées pour échanger autour des violences faites aux femmes. Parmi les sujets abordés par les participantes, on trouve : les mutilations génitales, les inégalités économiques, le viol, l'inceste, les crimes subies par les prisonnières politiques, les oppressions spécifiques à l'encontre des lesbiennes, les violences conjugales, la prostitution forcée, la pornographie et le féminicide[8],[5].

Hormis lors de la session d'ouverture de 45 minutes, aucun homme n'est admis dans l'auditorium où les femmes témoignent, ni dans les ateliers. Seules les femmes journalistes sont admises à toutes les sessions[2]. Selon l'historienne Milène Le Goff, ce choix de la non-mixité était pour « protéger celles qui risquent d'être reconnues dans leurs pays d'origine »[9] d'autant que plusieurs ambassades ont fait la demande d'accéder aux listes de participantes après l'organisation du Tribunal afin de savoir lesquelles de leurs ressortissantes étaient venues à Bruxelles[2].

Sujets abordés et témoins

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Les violences qui ont été dénoncées étaient divisées en quatre catégories définies par le comité d'organisation du Tribunal[9] :

  • Les crimes sexuels
  • Les crimes médicaux et relatifs à la reproduction
  • Les crimes domestiques et légaux
  • Les crimes politiques et économiques

Les crimes sexuels

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Les sujets relatifs aux violences sexuelles recouvraient à la fois le viol, l'inceste ou encore des thèmes comme l'exploitation sexuelle et la prostitution forcée. Parmi les témoins, on trouve ainsi les témoignages d'Anne Tonglet et d'Aracelli Castellano, qui avaient été victimes de viols et d'actes de tortures et de barbarie à Marseille[10]. Alors en couple au moment des fait, le caractère lesbophobe des violences avait été retenu. Elles déposent plainte au lendemain des faits, durant l'été 1974. Leur affaire tiendra le monde politique et médiatique français en haleine pendant de nombreuses années, puisque le jugement final intervient en et marque une étape dans la prise de conscience de la société de la gravité du viol et de ses conséquences pour les victimes[11]. Elles étaient à l'époque suivies par la célèbre avocate Gisèle Halimi. Par ailleurs, cette affaire amène un changement légal majeur en France pour le , où la définition légale du viol évolue et devient : « Tout acte de pénétration sexuelle de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui, par violence, contrainte ou surprise » (cf. article 332 du Code pénal (France)).

Les crimes médicaux et relatifs à la reproduction

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Les violences dénoncées sont notamment l'excision et les mutilations génitales féminines ainsi que les violences gynécologiques et obstétricales[2].

Les crimes domestiques et légaux

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Sous cette expression, le comité d'organisation avait regroupé les discriminations et violences au sein de la familles : les violence conjugale par exemple, mais aussi le travail domestique non rémunéré[2].

Les crimes politiques et économiques

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De nombreux témoignages ont été donnés à propos des traitements inhumains à l'encontre des prisonnières politiques[2].

Parmi ceux-ci, on retrouve celui de la militante espagnole Lidia Falcon.

Autres témoins et expériences à Bruxelles
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Parmi les témoignages, on retrouve aussi celui de Pat Parker, poétesse lesbienne qui témoigne du meurtre de sa sœur aînée assassinée par son mari[12]. Le poème révèle les différentes étapes subies par sa sœur jusqu'à son décès ainsi que les répercussions sociales qu'il a entraîné pour elle-même et ses autres proches[4].

De nombreux témoignages sont fournis par écrit par des femmes qui n'ont pas pu se présenter au tribunal[8].

Une marche Take Back the Night se déroule sous la forme d'une procession aux chandelles en association avec le Tribunal[13]. Une résolution de solidarité est adoptée entre femmes palestiniennes arabes et juives israéliennes[10]. Des témoignages dénoncent le statut des femmes en Iran sous le régime de Mohammed Reza Shah[10].

La participante Frances Doughty note que le Tribunal lui a confirmé que « l'oppression des femmes en général et des lesbiennes en particulier est véritablement mondiale »[14]. D'ailleurs les lesbiennes organisent un happening lors du troisième jour du Tribunal pour refuser leur invisibilisation et dont les médias parleront beaucoup[15].

Simone de Beauvoir, invitée pour la session d'ouverture du Tribunal International, et qui finalement n'a pas pu être présente, parle de cet évènement comme « le début de la décolonisation radicale des femmes »[16].

En France, le discours d'introduction de Simone de Beauvoir est repris dans Le Nouvel Observateur. Pour Évelyne Le Garrec, dans Politique Hebdo, l'heure est aux analyses et au développement stratégique. Elle se demande toutefois si dans cent ans, les femmes feront encore la liste des oppressions qu'elles subissent. Paris-Match parle d'« un immense psychodrame d'où émerge, avant tout, l'incohérence » et cite un gardien de salle au Palais : « Si vous voulez mon avis, il vaudrait mieux les enfermer dans un bordel de campagne. Cela les calmerait »{{citnec}} . Dans Le Monde, Pierre Devos, parle de « témoignages de femmes venant essentiellement de pays riches », et « de liens touchants, par exemple entre les femmes arabes et israéliennes[2]. »

Les journalistes du Herald Tribune qui ont suivi l'évènement, créent une association de femmes journalistes dans le but d'éduquer leurs propres collègues sur le sexisme et pour améliorer l'emploi des femmes journalistes[2]. De nombreuses initiatives des mouvements de libération des femmes sont constituées après les rencontres entre femmes lors du tribunal[2].

La mémoire du Tribunal aujourd'hui

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Initiation d'un travail mémoriel (2023-2024)

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En 2023, l'historienne Milène Le Goff, alors chargée de projets au sein de l'Université des femmes (asbl belge féministe d'éducation permanente) entame un travail mémoriel pour remettre au goût du jour le Tribunal de 1976. Elle se lance dans l'organisation de nombreuses activités suite à sa rencontre avec Anne Tonglet et Nicole Van de Ven et après un an et demi de recherches préalables[17]. Le projet consiste alors en plusieurs volets : des ateliers, un colloque international, une exposition, et la traduction des actes du Tribunal.

Les ateliers participatifs : "Réflexions citoyennes : les ateliers du Tribunal (1973-2023)".

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Organisés une fois par mois de novembre 2022 à mai 2023, ces ateliers avaient pour objectif de réunir le public autour de deux expert-es de sujets abordés lors du Tribunal de 1976 afin de les actualiser :

Titre de l'atelier Spécialiste invité (1) Spécialiste invité (2)
14 nov. 2022 Violences intrafamiliales, femmes et enfants : premières victimes ? Miriam Ben Jattou (juriste, Femmes de Droit asbl) Yamina Zaazaa (travailleuse sociale au Centre de Prévention des Violences Conjugales et Familiales)
13 déc. 2022 Les femmes en temps de conflits, des oubliées ? Dilnur Reyhan (directrice du Uighur Institute of Europe) Firouzeh Navahandi (sociologue, ULB).
23 janv. 2023 Être et devenir une “vieille femme” : contrainte ou liberté ? Dominique Laguendries (Respect Seniors absl) Jeanine W. (Gang des vieux en colères)
20 mars 2023 My body, my choice! Marianne Nguena Kana (coordinatrice GAMS Belgique[18]) Cécilia Viera da Costa (Groupe d'action des centres extra hospitaliers pratiquant l'avortement).
3 avril 2023 A l’intersection des discriminations, sont les femmes racisées Sarah Swaydan (chargée de projet, asbl Arab Women’s Solidarity – Belgium) Yannicke de Stexhe (sociologue, UCLouvain)
2 mai 2023 La santé mentale des femmes, invisibilité et méconnaissance Pascale Maquestiau (présidente de Le Monde selon les Femmes (asbl) Milène Le Goff (historienne, ancienne chargée d'accompagnement psychosociale pour les victimes de violences sexistes ou sexuelles au CIDFF)

Colloque international : Le Tribunal International des Crimes contre les Femmes (1976-2023)

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Les 6, 7 et 8 mars 2023, trois jours de colloques international sont organisés au Citizen Corner (Schaerbeek, Bruxelles) pour rendre visible l'histoire du Tribunal[19]. A cette occasion, trois participantes de 1976 (Anne Tonglet, Nicole Van de Ven et Toby Gemperle Gilbert) ouvrent les journées le lundi matin et partagent leur expérience avec le public dans un échange modéré par Milène Le Goff[20]. C'était la première fois que ces femmes se revoyaient en 50 ans. L'après-midi, parmi les intervenantes se trouvait Françoise Tulkens, ancienne juge et vice-présidente de la Cour européenne des droits de l'Homme (entre 1998 et 2012) qui intervient. Trois autres interventions ont eu lieu : celle de la militante féministe belge Nadine Plateau, le Centre d'archives et de Recherches pour l'Histoire des Femmes de Bruxelles et la sociologue Marie Cabadi.

Le deuxième jour était divisé entre un premier panel dédié au "corps des femmes : de 1976 à aujourd'hui, une lutte sans fin?" avec notamment la présence d'Aurélie Gal-Régniez, présidente de l'ONG EQUIPOP, et une table-ronde sur les discriminations à l'égard des femmes avec OXFAM Belgique et Sarah Jean-Jacques, sociologue et co-fondatrice de l'Observatoire de la Lesbophobie[21].

Le troisième jour a été ouvert par la Secrétaire d’État à l’Égalité des genres, à l’Égalité des chances et à la Diversité, Sarah Schlitz, puis deux table-rondes se sont enchainées. La première portait sur la place des femmes en temps de conflits, avec la présence de Dominique Deshayes (Amnesty Internationale, section belge francophone) et de la juriste Céline Bardet (présidente de We are not Weapons of War) ainsi que de la politiste Margot Giacinti. L'autre thématique abordé a été la question des combats féministes contemporains et futurs, qui a abordé les questions de cyberviolences (avec l'asbl WitchGamez en modération) et différentes militantes (Bettina Zourli, Aïda Yancy, Lidia Rodriguez-Perez et la chercheuse Hélène Breda).

La journée s'est achevée avec un départ pour rejoindre la marche mondiale des femmes organisée à Bruxelles par le collectif 8 mars.

Le numéro 131 de la revue Chronique féministe, coordonnée par Milène Le Goff et Alice Nucci, a publié une série d'articles issues du colloque[22].

L'exposition rétrospective consacrée au Tribunal (2023-2026)

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Lors du colloque internationale de mars 2023 est inaugurée la première exposition européenne consacrée à l'histoire du tribunal international des crimes contre les femmes[23]. D'une taille de 10 mètres sur 6 mètres, l'exposition était organisée en imitant une cours judiciaire et laissait les visiteurs déambuler entre ses panneaux. De nombreuses personnes ont participé à sa réalisation, notamment l'artiste réalisatrice écologiste Laurane Le Goff qui est à l'origine des graphismes et de la scénographie[24]. Les recherches ont été effectuée en collaboration avec l'historien Xavier de Weirt, alors en stage auprès de Milène Le Goff. Tous les textes présentés ont été traduits en français et en anglais avec l'aide de deux bénévoles, Sigrid Dieu et Juliette Taing.

L'exposition a été modifiée et montrée au public à nouveau en mars 2026 à l'ULB dans le cadre des événements organisés pour les 50 ans du Tribunal.

La traduction française des actes du Tribunal et leur édition augmentée (2024)

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En août 2024, les éditions de l'Université des Femmes publient la première traduction française des actes du Tribunal. L'ouvrage est composé du texte d'origine, celui publié en 1976 à l'issue du Tribunal, auquel s'ajoute une préface co-écrite par Milène Le Goff et Nicole Van de Ven[9]. La traduction de l'anglais vers le français a été réalisée à la fois par Milène Le Goff et par Sigrid Dieu, bénévole de l'Université des femmes. L'ouvrage est "augmentée" d'une deuxième partie composée de différentes annexes, telles que la présentation des groupes présents au Tribunal ou des biographies de participantes. Au total, il est composé de 526 pages.

Célébration des 50 ans du Tribunal (2026)

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A l'occasion de la célébration des 50 ans du Tribunal, une nouvelle série d'évènements a été organisés.

"Reclaiming (Feminist) Justice" : 3 pays, 6 événéments dédiés au Tribunal de 1976

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Le projet "Reclaiming (Feminist) Justice" a été financé par la CIVIS et fait l'objet d'un partenariat entre l'Université Libre de Bruxelles, La Sapienza Università di Roma et l'université de Lausanne (UNIL)[25]. L'objectif était rendre les savoirs féministes et l'expérience vécue à Bruxelles accessibles au plus grand nombre et de permettre une collaboration transdisciplinaire et transnationales. Les activités organisées ont été coordonnées par Daniela Susarenco (doctorante en Peace Studies) pour le pan italien, par Justine Chatellard (doctorante en criminologie à l'UNIL) pour le suisse et par Milène Le Goff (doctorante en histoire et en langues et littératures anglaises et anglo-saxonnes à l'ULB et l'université de Lille) pour les activités belges[26].

Les actions menées dans le cadre du projet "Reclaiming (Feminist) Justice" sont les suivantes[27] :

  • une journée d'étude organisée à Rome, le 16 janvier 2026. Coordonnée par Daniela Susarenco, Giorgia Di Giovanni et Martina Caslini, avec la participation de la Fondazione Lelio e Lisli Basso et la Casa Internazionale delle Donne à propose de leur expérience du Women's Tribunal for Migrant Women.
  • une journée d'étude organisée à Lausanne, le 27 février 2026. Coordonnée par Justine Chatellard, avec la participation de plusieurs associations consacrées à la justice transformatrice (Fondation Surgir, Association Reconnaissance).
  • une soirée d'inauguration de la nouvelle version de l'exposition rétrospective consacrée au Tribunal, le 5 mars 2026.
  • une journée d'étude organisée à Bruxelles, le 25 mars 2026. Coordonnée par Milène Le Goff, avec la participation d'anciennes membres du Tribunal de 1976 et l'asbl OXO ainsi que le RIFI (Réseau interculturel féministe et intersectionnel).
  • l'organisation de panels académiques et militants, le 27 mars 2026. Coordonné par Milène Le Goff dans le cadre du projet Women26, trois tables ont eu lieu pour évoquer les enjeux contemporains que soulèvent le Tribunal de 1976.
  • une soirée de clôture avec la projection du film Bandes d'hystériques, réalisé par Kita Bauchet en sa présence et modéré par l'Université des Femmes.

Women26 : la culture au service de la mémoire

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Du 26 au 28 mars 2026, le théâtre d'Aremberg (Anvers, Belgique) a accueilli l'organisation de l'évènement 2026Women Tribunal. Ce projet est né de l'association MadamFortuna afin de célébrer les 50 ans du tribunal international des crimes contre les femmes à travers l'art, la culture et le débat citoyen et démocratique[28]. De nombreuses activités d'artivisme ont été proposées avec des ateliers créatifs et des workshops. Une performance inédite a été présentée au public qui mettait en scène le Tribunal de 1976 par des femmes originaires de plusieurs pays (et en plusieurs langues)[29].

Livre, film et podcast : le Tribunal de 1976 reste d'actualité

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En mars 2026 est sorti l'ouvrage Le Tribunal international des crimes contre les femmes : un événement fondateur du féminisme[1]. Il a été écrit par Milène Le Goff, préfacée par l'historienne Michelle Zancarini-Fournel et édité par la maison d'édition indépendante Hors d'atteinte. Il s'agit de la présentation de vingt témoignages de femmes qui ont participé au Tribunal ainsi que la remise en contexte historique de leur parole. Chaque témoin est accompagné d'une notice où est fait le lien avec une lutte sociale actuelle (par exemple, le mouvement "Femmes, Vie, Liberté" écho le témoignage des prisonnières politique sous le shah d'Iran dans les années 1970.)

L'ouvrage a fait l'objet d'une couverture médiatique par M, Le Magazine du Monde[30], Médiapart[31], France24[32], FranceInfo[33] ou encore le magazine féminin Elle (juillet 2026). L'autrice a été invitée au Salon du Livre de Paris d'avril 2026 en dédicaces ainsi qu'à plusieurs présentations à Lyon et à Paris[34].

Dans le cadre de l'émission proposée par la RTBF sur sa chaine La Première, Milène Le Goff a été invitée à parler de l'ouvrage et à raconter l'histoire du Tribunal dans un épisode de l'émission L'histoire continue intitulé : "Il y a 50 ans, à Bruxelles : un acte fondateur du féminisme largement oublié"[35]. L'émission est présenté par Bertrand Henne et Hélène Maquet.

En mars 2026, la réalisatrice Kita Bauchet a sorti un long-métrage (film documentaire) intitulé Bandes d'hystériques, produit par Altitude100[36]. Elle y retrace l'histoire des militantes féministes belges des années 1970 et revient sur plusieurs luttes marquantes de la période : les actions des Dolle Mina, des Marie Mineur et du tribunal international des crimes contre les femmes[37],[38]. Dedans, elle consacre un chapitre au Tribunal dont elle révèle des images inédites et encore jamais dévoilées[39]. Dedans, Nicole Van de Ven et Milène Le Goff donnent deux interviews pour expliquer l'ampleur de l'évènement de 1976.

Notes et références

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  1. 1 2 Milène Le Goff, Le Tribunal international des crimes contre les femmes: Un événement fondateur du féminisme, Hors d'atteinte, coll. « Faits & idées », (ISBN 978-2-38257-287-0).
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) Diana E. H. Russell et Nicole Van de Ven, Crimes Against Women: Proceedings of the International Tribunal, Berkeley (Californie), Russell publications, , 204 p. (lire en ligne).
  3. ↑ (en) Jocelyn Olcott, International Women's Year: The Greatest Consciousness-Raising Event in History, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-532768-7 et 978-0-19-934483-3, DOI 10.1093/oso/9780195327687.001.0001, lire en ligne).
  4. 1 2 Milène Le Goff, « Dénoncer toutes les oppressions. La parole des Étasuniennes au Tribunal International des Crimes contre les Femmes (1976) », dans Marie-Christine Michaux et Elyane Elmaleh, Penser l’intersectionnalité. Minorités et dominations plurielles aux États-Unis, Les Perséïdes, , 236 p. (ISBN 2371250872).
  5. 1 2 Chesler, Phyllis. Rape as a War Crime: Reaching Moral Clarity, On the Issues, mai 1996, page 14
  6. ↑ Lydia Horton, « Introduction », Les cahiers du GRIF, vol. 14, no 1,‎ , p. 83–86 (DOI 10.3406/grif.1976.1135, lire en ligne, consulté le ).
  7. ↑ Milène Le Goff, « Le Tribunal international des crimes contre les femmes (1976) », EHNE Sorbonne-Université,‎ (lire en ligne).
  8. 1 2 Doughty, Frances. lesbians and International Women's Year: A Report on Three Conferences, in Our Right to Love: A Lesbian Resource Book, Ginny Vida, Prentice Hall, 1978 (ISBN 0-13-644401-6), p148
  9. 1 2 3 Milène Le Goff, Édition augmentée des Actes du Tribunal International des crimes contre les Femmes (1976-2024), Bruxelles, Université des Femmes, , 536 p. (ISBN 978-2-87288-068-3, lire en ligne), p. 21.
  10. 1 2 3 « Du tribunal international des crimes contre les femmes à #Metoo : 50 ans de luttes oubliées », sur France 24, (consulté le ).
  11. ↑ Fabrice Virgili, « Viol (histoire du) », dans Michela Marzano, Dictionnaire de la violence, Paris, PUF, (ISBN 978-2-13-057734-8), p. 1423-1429.
  12. ↑ Alexander, Ilene 1998
  13. ↑ « Take Back the Night History » [archive du ] (consulté le ).
  14. ↑ Doughty, Frances. lesbians and International Women's Year: A Report on Three Conferences, in Our Right to Love: A Lesbian Resource Book, Ginny Vida, Prentice Hall, 1978, (ISBN 0-13-644401-6), p149
  15. ↑ Milène Le Goff, « « J'aime les femmes. Et vous ? » Se dire lesbienne au Tribunal international des crimes contre les femmes (1976) », Clio. Femmes, Genre, Histoire, vol. 60, no 2,‎ , p. 159-171 (lire en ligne).
  16. ↑ (en) « Diana Russell obituary », sur the Guardian, (consulté le ).
  17. ↑ Milène Le Goff, « Petite(s) et grande Histoire(s) – Récit de l’émergence du projet mémoriel dédié au Tribunal », Chroniques féministes, vol. 131, no 2,‎ (lire en ligne).
  18. ↑ « Marianne is the new Director of End FGM European Network » (consulté le ).
  19. ↑ Juliette Lebatteur, « Colloque International (6-8 mars 2023) : Le tribunal International des crimes contre les femmes de 1976 », sur Femmes de droit, droit des femmes, (consulté le ).
  20. ↑ Julien Rensonnet, « En 1976, Bruxelles a eu son #MeToo : 3 militantes se souviennent du Tribunal International des Crimes contre les Femmes et ses 2.000 participantes », sur DHnet, (consulté le ).
  21. ↑ « A ne pas manquer ! », sur www.universitedesfemmes.be (consulté le ).
  22. ↑ Milène Le Goff (dir.) et Alice Nucci (dir.), Le Tribunal international des crimes contre les femmes (1976-2023), Bruxelles, Université des Femmes, (lire en ligne).
  23. ↑ Anne Chemin, « « Le Tribunal international des crimes contre les femmes de 1976 laisse déjà apparaître l’aspect systémique des violences faites aux femmes » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  24. ↑ Laurane Le Goff, « Tribunal International des Crimes contre les Femmes: une rétrospective », sur Site professionnel de l'artiste Laurane Le Goff (consulté le ).
  25. ↑ (en) CIVIS, « Reclaiming Feminist Justice », sur CIVIS Alliance, .
  26. ↑ ULB, « Student-led project CIVIS: 50 ans après, un héritage féministe revisité », (consulté le ).
  27. ↑ (en) CIVIS Highlights, « Reclaiming (Feminist) Justice: three countries, three universities, one shared feminist memory », CIVIS Alliance,‎ (lire en ligne).
  28. ↑ « Women2026 Tribunal ».
  29. ↑ Women26, « Performances MadamFortuna 2026Women ».
  30. ↑ Clémentine Goldszal, « Le Tribunal international des crimes contre les femmes, fondé en 1976, un événement fondateur du féminisme », M, le Magazine du Monde,‎ (lire en ligne).
  31. ↑ Philippe Artières (En attendant Nadeau), « Il y a cinquante ans, le procès de la justice patriarcale », Mediapart,‎ (lire en ligne).
  32. ↑ Stéphanie Trouillard, « Du tribunal international des crimes contre les femmes à #Metoo : 50 ans de luttes oubliées », France24,‎ (lire en ligne).
  33. ↑ Lucy Dricot, « Il y a 50 ans, Bruxelles accueillait le premier "Tribunal international des crimes contre les femmes"… et presque personne ne s’en souvient », France Info,‎ (lire en ligne).
  34. ↑ « Dédicaces festival du livre de Paris », sur Festival du livre de Paris.
  35. ↑ L'histoire continue, « Il y a 50 ans, à Bruxelles : un acte fondateur du féminisme largement oublié », sur RTBF, .
  36. ↑ « Bandes d'hystériques », sur Altitude100 Production, .
  37. ↑ Les Grenades - Kévin Giraux, « "Bandes d’hystériques" : Kita Bauchet lève le voile sur l’histoire du féminisme belge avec humour, force et sororité », RTBF actus,‎ (lire en ligne).
  38. ↑ Juliette Goudot, « "Bandes d'hystériques", les pionnières du féminisme belge », La Libre,‎ (lire en ligne).
  39. ↑ Dimitra Bouras et Nabil El Yacoubi, « Kita Bauchet, réalisatrice de Bandes d’hystériques », Cinergie Belgique,‎ (lire en ligne).