Triphyophyllum peltatum

espèce de plante dans la famille des Dioncophyllaceae

Triphyophyllum peltatum (du grec tria « trois », phyo « croître » et phyllon « feuille », l'épithète peltatum, du grec pelte « bouclier » faisant référence à la forme de ses graines) est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Dioncophyllaceae. C'est une plante carnivore tropicale que l'on rencontre en Afrique de l'ouest et du centre. Cette liane est la seule espèce du genre Triphyophyllum.

Description

modifier

Petite plante de 60 centimètres, elle possède une tige vrillée sur le sommet, qui lui permet de s'accrocher à d'autres végétaux. Cette plante, mise de côté tant par les collectionneurs que les cultivateurs, a récemment été classée parmi les plantes carnivores (Bringmann 1998). En effet, les feuilles carnivores sont capables d'absorber certains acides aminés, dont la L-alanine. De plus, l'analyse de l'ADN du Triphyophyllum peltatum montre que celui-ci est très proche de ceux des droseracées (Mark Chase et al. de Kew)

Feuilles

modifier

On distingue trois types de feuilles chez cette espèce (trimorphisme foliaire, comme le rappelle son nom Triphyophyllum)[1] :

  • Les feuilles des rameaux longs peuvent atteindre 20 cm de long, et cm de large. Elles sont oblongues. Fines vers la tige, elles s'élargissent lorsqu'on va vers le bout de la feuille. On les reconnait par la présence de deux crochets, servant probablement à s'accrocher aux arbres voisins.
  • Les feuilles des rameaux courts, oblongues arrondies, sont beaucoup plus longues que les précédentes. Elles peuvent atteindre 30 cm de long, et 6 cm de large.
  • Les feuilles des ramilles stériles, sont des feuilles atrophiées et modifiées. En effet, le limbe de la feuille a disparu, ne laissant que la nervure centrale. C'est sur cette « feuille » que l'on trouve les glandes digestives, donnant le caractère carnivore de la plante.

Carnivorie

modifier

Triphyophyllum peltatum se distingue par le fait que sa carnivorie est facultative. La phase carnivore ne constitue pas un passage obligatoire de son cycle de vie[2].

Le processus qui déclenche la carnivorie chez cette espèce est le manque de phosphore[2]. Ce nutriment, absorbé sous sa forme inorganique (Pi), est essentiel à la croissance et au développement des plantes. On le retrouve notamment dans les acides nucléiques, dans l'énergie métabolique ou encore dans les phospholipides membranaires[3].

Dans la nature, on peut observer toute l'année la formation de feuilles glandulaires par T. peltatum. La quantité de feuilles carnivores atteint un maximum à la fin de la saison sèche, lorsque la disponibilité en phosphore est basse[4].

Fonctionnement

modifier

Le piège fonctionne comme celui de la droséra. De fines tiges sortent de la plante, recouvertes de cils glanduleux. Ceux-ci, contrairement à la droséra, ne sont dotés d'aucun mouvement. Les glandes de T. peltatum produisent un liquide visqueux et clair contenant diverses enzymes digestives, notamment des protéases, des peroxydases, des estérases et des phosphatases acides[4]. Certains coléoptères et autres insectes, attirés par le liquide qui ressemble à du nectar, viennent s'y coller[5],[6]. Ils sont ensuite digérés par les enzymes présentes dans la sécrétion visqueuse.

Fleurs et graines

modifier

Les fleurs bisexuées sont blanches-orange et sont composées de 5 sépales, 5 pétales, 10 étamines et 1 ovaire.

Elle donne naissance à des fruits. Contrairement aux autres angiospermes, les graines sont éjectées du fruit avant que celui-ci ne soit mature

Les graines sont plates, en forme de disque, et peuvent atteindre 6 à 12 cm de diamètre. L'embryon est très petit, et le reste de la graine se compose d'une aile fine servant à planer lors de l'expulsion. C'est le même principe utilisé par les gymnospermes.

Culture

modifier

La culture de Triphyophyllum peltatum est délicate, et encore peu répandue. Cependant, elle reste facile pour les collectionneurs de plantes tropicales.

Pour croitre, Triphyophyllum peltatum a besoin de :

  • Humidité : 80-90 %
  • Luminosité : très forte
  • Température : 20 °C min, idéalement entre 25 et 35 °C.
  • Substrat : composé de 50 % de tourbe blonde, et 50 % de perlite, ou sable non-calcaire.

Pour un amateur, il est déconseillé de cultiver cette plante avant d'avoir de bonnes connaissances dans le domaine des plantes tropicales.

Notes et références

modifier
  1. Marcel Guinochet, Notions fondamentales de botanique générale, Masson, , p. 93
  2. 1 2 (en) Traud Winkelmann, Gerhard Bringmann, Anne Herwig et Rainer Hedrich, « Carnivory on demand: phosphorus deficiency induces glandular leaves in the African liana Triphyophyllum peltatum », New Phytologist, vol. 239, no 3, , p. 1140–1152 (ISSN 0028-646X et 1469-8137, DOI 10.1111/nph.18960, lire en ligne, consulté le )
  3. (en) Philip J. White et John P. Hammond, « Phosphorus nutrition of terrestrial plants », dans The Ecophysiology of Plant-Phosphorus Interactions, Springer Netherlands, , 51–81 p. (ISBN 978-1-4020-8435-5, DOI 10.1007/978-1-4020-8435-5_4, lire en ligne)
  4. 1 2 (en) Sally Green, T. L. Green et Yolande Heslop-Harrison, « Seasonal heterophylly and leaf gland features in Triphyophyllum (Dioncophyllaceae), a new carnivorous plant genus », Botanical Journal of the Linnean Society, vol. 78, no 2, , p. 99–116 (DOI 10.1111/j.1095-8339.1979.tb02188.x, lire en ligne, consulté le )
  5. H. K. Airy Shaw, « On the Dioncophyllaceae, a Remarkable New Family of Flowering Plants », Kew Bulletin, vol. 6, no 3, , p. 327–347 (ISSN 0075-5974, DOI 10.2307/4118000, lire en ligne, consulté le )
  6. (en) Porembski S, Barthlott W, « Dioncophyllaceae », dans Klaus Kubitzki, Clemens Bayer, Flowering Plants · Dicotyledons : Malvales, Capparales and Non-betalain Caryophyllales, Springer Berlin, Heidelberg, (ISBN 978-3-540-42873-2, ISSN 2730-6259, e-ISSN 2730-6267, DOI https://doi.org/10.1007/978-3-662-07255-4), p. 178–181

Liens externes

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Genre Triphyophyllum

modifier

Espèce Triphyophyllum peltatum

modifier