Trompettes de Toutânkhamon

Les trompettes de Toutânkhamon sont deux trompettes découvertes dans la chambre funéraire du pharaon Toutânkhamon (XVIIIe dynastie). L'une est en argent sterling et l'autre en bronze ou en cuivre. Elles sont considérées comme les plus anciennes trompettes encore fonctionnelles au monde, et les seuls exemplaires connus ayant survécu de l'Égypte antique.

Trompettes de Toutânkhamon
Image illustrative de l’article Trompettes de Toutânkhamon
La trompette en bronze/cuivre photographiée par Harry Burton peu après sa découverte.
Photo Burton nº P0227, Carter nº 050gg, Musée égyptien, Le Caire JE 62008 ; exposée sous le nº 125
Type Trompette
Dimensions 57,2 cm/49,6 cm (longueur)
Inventaire JE 62008
Matériau Argent sterling et bronze
Période Vers 1327 av. J.-C.
Culture Égypte ancienne (XVIIIe dynastie)
Lieu de découverte Tombeau de Toutânkhamon (vallée des Rois)
Conservation Musée égyptien du Caire

Découvertes

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La trompette en argent avec son noyau en bois (à droite).
Photo Burton nº p0700, Carter nº 175

Les trompettes furent découvertes en par Howard Carter lors des fouilles de la tombe de Toutânkhamon. La trompette en bronze fut trouvée dans l'antichambre du tombeau, à l'intérieur d'un grand coffre contenant divers objets militaires et des bâtons de marche[1]. La trompette en argent fut ensuite découverte dans la chambre funéraire.

Les deux instruments sont finement gravés et ornés de motifs représentant les dieux Rê-Horakhty, Ptah et Amon[1]. Le pavillon de la trompette en argent est décoré d'un motif en spirale de sépales et de calices représentant une fleur de lotus, ainsi que du praenomen et du nomen du roi[2].

La trompette dite en bronze pourrait être en réalité en cuivre ; en 2011 le métal n'avait pas encore été analysé[1]. Des trompettes similaires apparaissent dans des peintures murales égyptiennes, généralement  mais pas toujours  associées à des scènes militaires[1].

Restées silencieuses pendant plus de 3 000 ans, les trompettes sonnèrent en public le lors d'une émission internationale de la BBC, écoutée par environ 150 millions d'auditeurs[1], jouées par le musicien James Tappern, membre du régiment des 11th Hussars (Prince Albert's Own). L'enregistrement a depuis été rediffusé à plusieurs reprises sur la BBC Radio, notamment le dans l'émission Breakfast[3],[4],[1].

Rex Keating, qui présenta l'émission de 1939, affirma plus tard que, lors d'une répétition, la trompette en argent se serait brisée. Alfred Lucas, membre de l’équipe de Carter chargé de la restauration des artefacts, en aurait été si bouleversé qu'il dut être hospitalisé[1]. En raison de leur extrême fragilité, il est peu probable que les trompettes soient rejouées dans le cadre de futures reconstitutions musicales officielles[1].

Les instruments étaient probablement conçus pour jouer une seule note servant aux signaux militaires. Parmi les trois notes que des trompettistes modernes ont pu produire à partir de ces instruments, l'une était de mauvaise qualité, une autre correspondait au ton normalement utilisé, et la dernière exerçait une telle pression qu'elle risquait de détruire la trompette[5].

Dimensions, fabrication et jeu

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La trompette en argent mesure environ 57,2 cm de long, tandis que la trompette en bronze ou en cuivre est plus courte d'environ 7,6 cm. Le diamètre de leurs tubes est d'environ 1,3 cm à l'embouchure, s'élargissant progressivement jusqu'à environ 2,5 cm avant de s'évaser à 10,2 cm à l'extrémité. Les embouchures sont renforcées par des anneaux et sont relativement larges selon les normes modernes, ce qui rendait probablement les trompettes difficiles à jouer. Tappern dut ajouter une embouchure moderne (avec un calage pour l’adapter) avant son interprétation[1].

La trompette en bronze fut examinée en détail par Jeremy Montagu dans les années . Elle se compose de deux parties distinctes. Le corps, légèrement conique, est formé d'une feuille roulée d'un alliage de cuivre d'une épaisseur comprise entre 0,2 et 0,25 mm. Il est soudé dans le sens de la longueur à l'aide d'un « joint à méandres très habilement brasé, poli jusqu'à obtenir une finition parfaite », mais présente une surface « légèrement rugueuse » à l'intérieur, ce qui indique que — comme on pouvait s'y attendre pour un instrument cérémoniel — l'apparence importait davantage que la performance acoustique. Le pavillon est constitué d'un matériau différent et plus fin : un alliage d'aspect électrum contenant de l'or, d'une épaisseur comprise entre 0,1 et 0,13 mm. Il ne présente aucune soudure visible, probablement parce qu'il a été « poli jusqu'à ce que l'or se fonde littéralement ». L'anneau de 3,25 mm d'épaisseur formant l'embouchure était probablement lui aussi en électrum. Cet anneau ne semble pas fixé au corps de l'instrument. Montagu supposait que, bien qu'il soit possible de produire trois notes avec la trompette, la plus aiguë ne devait pas être utilisée : en plus de nécessiter un effort considérable, la structure de l'instrument n'aurait pas pu la supporter. La note la plus grave portant peu, Montagu émit l'hypothèse que seule la note médiane était utilisée dans un code rythmique de signaux[6].

Allégations de pouvoirs magiques

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La trompette en bronze faisait partie des objets volés au Musée égyptien du Caire lors des pillages et émeutes survenus en Égypte en 2011. Elle réapparut mystérieusement au musée quelques semaines plus tard[4].

Selon le journal Al-Ahram, après son retour, Hala Hassan, conservatrice de la collection de Toutânkhamon au Musée égyptien, aurait affirmé que l'instrument possédait des « pouvoirs magiques » et que « chaque fois que quelqu’un souffle dedans, une guerre éclate ». Au cours d'une séance de documentation et de photographie, un membre du personnel du musée aurait soufflé dans la trompette — et une révolution aurait éclaté une semaine plus tard. Le même phénomène se serait déjà produit avant la guerre de 1967 et avant la guerre du Golfe de 1991, lorsqu'un étudiant menait une étude approfondie sur la collection de Toutânkhamon[7].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 « Archaeologist Christine Finn goes in search of sounds not heard for millennia, including Tutankhamun's trumpet. From 2011. », BBC (consulté le )
  2. « Tutankhamun: Anatomy of an Excavation », griffith (consulté le )
  3. « Monday - Kate's classical alternative », bbc (consulté le )
  4. 1 2 « Recreating the sound of Tutankhamun's trumpets », BBC (consulté le )
  5. « One of Tut'ankhamūn's Trumpets », jstor (consulté le )
  6. « Montagu, Jeremy (1978). "One of Tut'ankhamūn's Trumpets". Journal of Egyptian Archaeology. 64: 133–134. », jstor (consulté le )
  7. « Missing artifacts from the Egyptian Museum retrieved », ahram.org (consulté le )

Voir aussi

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