Trou de mémoire (1984)

Un « trou de mémoire » est, dans 1984, le roman dystopique de George Orwell, le nom donné à tout mécanisme permettant la modification ou la disparition délibérée d'éléments gênants ou de documents, photographies, transcriptions ou tout élément d'archives embarrassants, particulièrement dans le cadre d'une tentative de donner l'impression que quelque chose ne s'est jamais produit. Popularisé par le roman d'Orwell, paru en 1949, où le Ministère de la Vérité du Parti modifie ou supprime tous les documents historiques potentiellement compromettants, le terme anglais « memory hole » est aujourd'hui utilisé dans le contexte plus large d'une réécriture de l'Histoire afin de correspondre à la propagande d'État, au fur et à mesure de ses changements.

un document partiellement censuré

Origines

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Dans 1984, le « trou de mémoire » est un conduit d'évacuation menant à un immense incinérateur utilisé pour la censure[1],[2] :

Il y avait trois orifices aux murs de là cabine. À droite du phonoscript se trouvait un petit tube pneumatique pour les messages écrits. À gauche, il y avait un tube plus large pour les journaux. Dans le mur de côté, à portée de la main de Winston, il y avait une large fente ovale protégée par un grillage métallique. On se servait de cette fente pour jeter les vieux papiers. Il y avait des milliers et des milliers de fentes semblables dans l’édifice. Il s’en trouvait, non seulement dans chaque pièce mais, à de courts intervalles, dans chaque couloir. On les surnommait trous de mémoire. Lorsqu’un document devait être détruit, ou qu’on apercevait le moindre bout de papier qui traînait, on soulevait le clapet du plus proche trou de mémoire, l’action était automatique, et on laissait tomber le papier, lequel était rapidement emporté par un courant d’air chaud jusqu’aux énormes fournaises cachées quelque part dans les profondeurs de l’édifice.

Le protagoniste de 1984, Winston Smith, qui travaille au Ministère de la Vérité, est systématiquement chargé de réviser de vieux articles de journaux dans le but de servir les intérêts de la propagande du gouvernement. Dans un cas, la ration hebdomadaire de chocolat a été réduite de 30 grammes à 20 grammes. Le jour suivant, le journal annonça que la ration de chocolat n'avait pas été réduite à 20 grammes par semaine, mais augmentée à 20 grammes.Toute mention antérieure de la ration comme étant de 30 grammes par semaine devait être détruite.

Il est fait référence au « trou de mémoire » pendant qu'O'Brien torture Smith ; O'Brien produit des preuves d'une tentative de dissimulation du Parti, Smith est ravi qu'une telle documentation existe. Cependant, O'Brien détruit ensuite la preuve dans le trou de mémoire et nie non seulement l'existence des preuves, mais aussi tout souvenir de ses actions. Smith réalise qu'il s'agit de la doublepensée en action, car O'Brien a activement refoulé le souvenir d'un fait politiquement gênant et des mesures qu'il a prises pour en détruire la preuve[3].

Articles connexes

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Notes et références

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  1. ↑ (en) Don Pittis, « Google's memory hole a bottomless pit » [« Le trou de mémoire de Google est un gouffre sans fond »] Accès libre, sur CBC,
  2. ↑ (en) « Amazon Erases Orwell Books From Kindle Devices » [« Amazon supprime les livres d'Orwell des appareils Kindle »] Inscription nécessaire, sur The New York Times,
  3. ↑ (en) On Nineteen Eighty-Four : Orwell and Our Future [« À propos de 1984 : Orwell et notre avenir »], Princeton University Press, , 328 p. (ISBN 978-1400826643, lire en ligne), p. 32