Truganini

aborigène de Tasmanie connue pour sa participation à la «Black War» (vers 1812-1876)

Truganini ou Truganinny (en palawa kani : Trukanini) née vers 1812 et morte le . Elle est présentée comme la « dernière des Aborigènes nuenonne de Tasmanie » non métissée. Elle est également connue pour sa participation à la « Guerre noire ».

Truganini
Truganini, en 1866.
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
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Conjoint

Milieu familial et mariage

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Truganini est née sur l'île Bruny. Son nom désigne aussi l’Atriplex cinerea . Avant qu'elle n'atteigne ses dix-huit ans, elle perd sa mère (tuée par des baleiniers), son premier fiancé (tué alors qu'il la défendait contre des ravisseurs), et ses deux sœurs, Lowhenunhue et Maggerleede, enlevées et emmenées sur l'île Kangourou pour y être vendues comme esclaves[réf. souhaitée]. Elle épouse par la suite Wourredy en 1829[1].

Transfert à l'île Flinders

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Photographie de Truganini par Henry Hall Baily

Lorsque le gouverneur George Arthur arrive en Tasmanie en 1824, il met en place des politiques visant à mettre fin aux conflits entre Aborigènes et colons blancs. La solution proposée par Arthur est la ségrégation raciale : il tente d'inciter les Aborigènes à s'installer dans des camps spécifiques, et récompense les colons qui y emmènent des Aborigènes, tout en offrant simultanément des primes pour leur capture. Cette politique est appliquée à l'île Bruny[2].

Le prêcheur britannique George Augustus Robinson a pour tâche de persuader tous les Aborigènes restés dans le pays de cesser de résister à la colonisation européenne et de le suivre vers un lieu réservé pour eux[3]. Woureddy et Trukanini sont les guides de Robinson dans cet effort de « conciliation »[3],[4].

En 1830, George Augustus Robinson fait déplacer Truganini et Woureddy sur l'île Flinders avec une centaine d'autres Aborigènes  considérés comme les derniers Aborigènes de Tasmanie encore en vie. Le but officiel est de les sauver en les isolant de la société blanche, mais beaucoup succombent à des maladies telles que la grippe. L'opération de Georges Augustus Robinson s'avère désastreuse pour le peuple autochtone de Tasmanie[1].

Trugani joue un rôle important dans la « mission amicale » de Robinson, qui vise à rassembler de façon pacifique les derniers Aborigènes de Tasmanie avant leur extinction. Elle est employée pour traquer les derniers groupes et utilisée comme leurre afin de les convaincre de suivre Robinson en exil[2]. Son rôle de guide au service des Blancs a souvent été négligé au profit de la version officielle qui s'est imposée, présentant Robinson comme le sauveur des derniers Aborigènes, révélant une réalité plus complexe, comme le souligne le témoignage de James Gravenor, qui a fait partie des expéditions de Robinson[1].

Séjour à Port Phillip

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En 1839, Truganini fait partie des 16 aborigènes d'Australie qui aident Robinson à établir un camp à Port Phillip pour les Aborigènes du territoire métropolitain australien[1].

Entrée en résistance et déportation dans l'île Flinders

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Tunnerminnerwait

Elle quitte le camp de Robinson en 1841 avec quatre autres aborigènes, parmi lesquels le Tasmanien Tunnerminnerwait, et participe à leur guérilla contre les colons. Ils mènent des raids au sud de Melbourne contre les Blancs, mettant le feu à des fermes, et tuant deux chasseurs de baleines. Poursuivis par les forces de l'ordre pendant huit semaines, ils sont finalement capturés et jugés[5].

Les deux hommes du groupe d'aborigènes, Tunnerminnerwait et Maulboyheenner le fils de Luggenemenener, sont condamnés à mort, en 1842 ; ce sont les premières personnes à être pendues par le gouvernement dans le district de Port Phillip. Les trois femmes, dont Truganini, sont déportées en aux îles Flinders avec Woureddy qui meurt en route[1].

Transfert à Oyster Cove

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En 1856, les Aborigènes tasmaniens survivants sont déplacés vers Oyster Cove, au sud de Hobart[6].

Décès et exposition du corps

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En 1872, Lucy Beeton invite Truganini à s'installer sur l'île Badger, qui n'accepte pas son offre[7].

En 1873, Truganini, dernière survivante de ce groupe, est emmenée à Hobart. Elle y meurt le à l'âge de 64 ans[1]. Sur son lit de mort, elle aurait dit au médecin qui l'assistait « Ne les laissez pas me couper en morceaux ». Elle craignait que son corps ne fût mutilé à des fins scientifiques perverses comme l'avait été celui de son dernier mari William Lanne.

Pendant son enterrement, James Gravenor qui a participé aux expéditions de George Augustus Robinson et la connaissait bien, s'approche du cercueil et murmure quelques mots en langue aborigène[2].

Après son enterrement, son corps est exhumé et son squelette suspendu dans une vitrine au Tasmanian Museum en 1904, où il reste jusqu'en 1947[8]. Ce n'est qu'en 1976, pour le centenaire de sa mort, que malgré les objections du Tasmanian Museum  qui mettait en avant l'intérêt du patrimoine  son squelette est incinéré et ses cendres jetées à la mer dans le détroit d'Entrecasteaux près du lieu où elle naquit, selon ses dernières volontés. En 2002, un musée britannique qui avait conservé des prélèvements de ses cheveux et de sa peau rend ces restes à la Tasmanie[9].

Hommage et postérité

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Trugani a longtemps été présentée à tort comme la dernière des aborigènes tasmaniennes, sur la base d'un mythe affirmant que la race des aborigènes en Tasmanie était éteinte suite au génocide ce qui ne prenait pas en compte la descendance des personnes ayant survécu au génocide[10].

En 1993, le groupe australien Midnight Oil lui a rend hommage dans l'album Earth and Sun and Moon avec la chanson homonyme : Truganini[11].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 (en) Lyndall Ryan et Neil Smith, « Trugernanner (Truganini) (1812–1876) », dans Australian Dictionary of Biography, National Centre of Biography, Australian National University (lire en ligne)
  2. 1 2 3 (en) Nicholas Dean Brodie, « ‘The Last Man Left to Tell the Tale’: Challenging the Conciliation Master Narrative in Van Diemen’s Land », Australian Historical Studies, vol. 48, no 1, , p. 86–102 (ISSN 1031-461X et 1940-5049, DOI 10.1080/1031461X.2016.1260608, lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 (en) « Woureddy (Wurati) – an Aboriginal chief of Van Diemen’s Land », sur shapingtasmania.tmag.tas.gov.au (consulté le )
  4. (en-US) Cassandra Pybus, « Friday essay: journey through the apocalypse », sur The Conversation, (consulté le )
  5. (en) Joseph Toscano, « Lest We Forget: The Tunnerminnerwait and Maulboyheenner Saga », dans The Palgrave Handbook on Rethinking Colonial Commemorations, Springer International Publishing, , 151–172 p. (ISBN 978-3-031-28609-4, DOI 10.1007/978-3-031-28609-4_9, lire en ligne)
  6. Pybus 2020.
  7. (en) Shayne Breen, « Lucy Beeton (1829–1886) », dans Australian Dictionary of Biography, National Centre of Biography, Australian National University (lire en ligne)
  8. (en-US) Zara Choudhary, « Exhibited in Life and Death: Western Imperialism and the Exhibition of Colonised Bodies », sur Sacred Footsteps, (consulté le )
  9. (en) « Museum returns sacred samples: Remains of last Tasmanian Aborigine to be put to rest », The Guardian, 31 mai 2002
  10. (en) Tom Lawson, « Memorializing colonial genocide in Britain: the case of Tasmania », Journal of Genocide Research, vol. 16, no 4, , p. 441–461 (ISSN 1462-3528 et 1469-9494, DOI 10.1080/14623528.2014.975946, présentation en ligne)
  11. (en) Eli Duxson, « The 10 best songs written about Darwin », sur Mixdown Magazine, (consulté le )

Bibliographie

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Voir aussi

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Liens externes

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