Turan (agence de presse)
Turan est une agence de presse azerbaïdjanaise fondée en . Rare média indépendant du pouvoir en place, il publie des informations en russe, azéri et anglais.
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Mehman Aliyev (en) |
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Histoire
modifierL'agence est créée dans la capitale, Bakou, en , par un groupe de journalistes, alors que l'État appartient à l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS)[1].
En 2013, un mois avant l'élection présidentielle, le président (et candidat à sa propre succession) Ilham Aliyev propose à plus d'une centaine de journalistes un logement gratuit dans un immeuble neuf près de la capitale ; selon Courrier international, Turan est le seul média non gouvernemental à refuser l'offre[2].
Qualifié par M, le magazine du Monde de « l’un des derniers journaux indépendants » en 2015, le média fait l'objet d'un harcèlement du régime d'Ilham Aliyev : « coupures d’électricité, connections Internet interrompues, refus d’accréditations, interdiction de recevoir des fonds étrangers, amendes diverses et variées, menaces sur la famille... »[3].
Le , une enquête est ouverte contre Turan par l'administration fiscale, qui l'accuse de n'avoir pas déclaré toutes ses recettes[4],[5]. Le , Mehman Aliev, le directeur de la publication de l'agence de presse, est arrêté, placé en garde à vue puis en détention provisoire, après une mise en examen pour « évasion fiscale » et « abus de pouvoir ». Reporters sans frontières dénonce une « escalade de la répression contre le dernier média indépendant encore actif en Azerbaïdjan »[6] ; le Comité pour la protection des journalistes, Human Rights Watch et Amnesty International dénoncent également la répression qui vise le média[7],[8],[9]. Sous la pression internationale, Mehman Aliev est placé sous résidence surveillée le et finalement libéré (en même temps que les poursuites à l'égard de Turan sont abandonnées) en novembre[8]. Associated Press rapporte que quelques mois avant l'ouverture de poursuites judiciaires contre l'agence de presse, le gouvernement aurait proposé à Mehman Aliev de la financer en échange de son contrôle – et aurait essuyé un refus[10].
Voir aussi
modifierRéférences
modifier- ↑ (en) « About us », sur turan.az (consulté le )
- ↑ « Azerbaïdjan. A un mois des élections, le régime achète la presse », Courrier international,
- ↑ Louise Couvelaire, « Les doubles Jeux de l’Azerbaïdjan », M, le magazine du Monde, (lire en ligne)
- ↑ « Le dernier média indépendant d’Azerbaïdjan rattrapé par la répression », Reporters sans frontières,
- ↑ Mathieu Ait Lachkar, « En Azerbaïdjan, arrestation du directeur de la seule agence de presse indépendante », Libération, (lire en ligne)
- ↑ « Escalade de la répression en Azerbaïdjan: le directeur de l’agence Turan arrêté », Reporters sans frontières,
- ↑ (en) « Azerbaijan detains head of Turan news agency », Comité pour la protection des journalistes,
- 1 2 « Azerbaïdjan 2017/2018 », Amnesty International,
- ↑ (en) Giorgi Gogia, « Azerbaijan’s Last-standing Independent News Agency Facing Closure », Human Rights Watch,
- ↑ (en) Hannah Lang (Associated Press), « US pressure aids release of imprisoned Azeri journalist », Chicago Tribune, (lire en ligne)