Le type Hercule est une série de monnaies françaises dont le modèle original a été dessiné en 1794 et gravé en 1795 par Augustin Dupré. Ce type iconographique a été réutilisé de nombreuses fois dans les émissions monétaires françaises[1].

Dessin original du motif, par Augustin Dupré, daté 13 mai 1794.

Histoire du type

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Ce type monétaire doit son nom au motif central figurant à l'avers : il représente Hercule, coiffé de la peau du lion de Némée et armé d'une massue. Il est entouré de deux allégories : à sa droite celle de la Liberté qui tient une pique coiffée d'un bonnet phrygien, et à sa gauche, celle de l'Égalité qui tient un niveau triangulaire de maçon[2].

Ce motif a été appelé par Dupré Le Peuple souverain réunissant la Liberté et l'Égalité, et a été conçu le 13 mai 1794 comme en témoigne un dessin légendé archivé au musée Carnavalet : il était destiné originellement pour le « timbre sec de l'assignat de mille livres arrêté par le Directeur des artistes Guillot » qui ne fut jamais fabriqué[3]. D’après Maurice Agulhon, le choix d'Hercule, initié en pleine Terreur, est une tentative de viriliser la métaphore féminine de la République, qui n'a pas eu beaucoup de succès comme le montre son usage intermittent ; dans le motif de 1794, Hercule foule de son pied droit les symboles régaliens (couronne et sceptre)[4]. Cependant, on peut y voir une anticipation des images socialistes ou communistes du Peuple souverain[5].

La devise Union et Force appliquée de par la loi du 28 thermidor an III (15 août 1795) votée par la Convention thermidorienne, est remplacée depuis 1848 par Liberté Égalité Fraternité. La loi du 28 thermidor an III précise bien en son article 4 : « Les pièces d’argent auront pour type la figure d’Hercule unissant l’égalité et la liberté, avec la légende Union et force ».

Le revers présente la valeur entourée d'une couronne de feuilles de chêne à droite et d'olivier à gauche, le millésime et les marques d'atelier et la légende République française.

La première émission est historique car sous le module de l'écu de 5 francs en argent, c'est l'application du nouveau système métrique qui définit les caractéristiques de la monnaie par la loi du 28 thermidor an III () lui donnant le nom de franc et la valeur de 5 grammes d'argent au titre de 900/1000e. La frappe, de l'an IV (1795-1796) de la Première République est la première monnaie française à arborer le mot franc. La frappe datée « An 4 » n'existe qu'avec la lettre A au revers : l'atelier de Paris est le seul à avoir frappé cette pièce, à 3 058 061 exemplaires[2].

Par la suite, le franc germinal est créé par Bonaparte en l'an IX. Des pièces de 1 et 2 francs étaient également prévues avec le même type, mais elles n'ont pas été réalisées[1].

Le type a été repris par la IIe République en 1848 avec deux légères modifications : le bonnet phrygien sur la pique est remplacé par une main de justice et la Justice perd son chignon, puis par la IIIe République en 1870 pour l'écu de 5 francs qui revient au type de 1795.

La Ve République réutilise le motif créé par Dupré pour ses frappes de prestige : 10 francs et 50 francs en argent ; émission commémorative de 5 francs pour le 200e anniversaire de l'écu de 5 francs ; 10 € (argent), 100 € (argent) et 1 000 € (or) à l'Hercule modernisé gravé par Joaquin Jimenez.

Tableau des émissions

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AnnéesValeurDiamètrepoidsTrancheMétalTirage totalCommentaires
1795 à 18025 francs37 mm25 gen creux « Garantie Nationale »argent 90021 247 401légende « Union et Force »
1848 et 18495 francs37 mm25 gen relief « Dieu Protège La France »argent 90051 925 769légende « Liberté Égalité Fraternité »
1870 à 18775 francs37 mm25 gidemargent 90072 769 818idem
en 18715 francs37 mm25 gidemargent 900256 410différent : Trident, émission de la Commune de Paris, dite « 5 Fr. Camélinat », très rare
1964 à 197310 francs37 mm25 gen relief : symboles des métiersargent 90039 122 400année 1964 très rare, peu de circulation
1974 à 198050 francs41 mm30 gidemargent 90048 332 200peu circulante
19965 francs29 mm10 gcanneléecupro-nickel4 976 213commémorative des 200 ans du type de Dupré
2011100 euro47 mm50 glisseargent 90050 000Hercule modernisé par Joaquin Jimenez ; ne circule pas
2011-20121000 euro39 mm20 glisseor10 000Hercule modernisé par Joaquin Jimenez ; ne circule pas
2011-20125000 euro45 mm75 glisseor2 000Hercule modernisé par Joaquin Jimenez ; ne circule pas

Les dites « pièces de prestige » de 10 francs et 50 francs ont été très thésaurisées, d'autant plus que dès 1973, le prix de l'argent métal ne cessait d'augmenter. Les autorités monétaires cessèrent la frappe de la pièce de 10 francs dont la valeur à la refonte approchait trop de sa valeur faciale. Une pièce de 20 francs devait la remplacer, mais l'augmentation des cours du métal et l'inflation prirent de vitesse les autorités et seules quelques très rares exemplaires furent remis à des personnalités. Finalement une pièce de 50 francs vit le jour en 1974 et remplit les bas de laine des français. D'un poids de 30 g, ce fut la plus grosse pièce en argent ayant cours légal frappée par la France depuis la Révolution. En 2011, la « pièce de prestige » de 100 euros devient la pièce française ayant cours légal avec le plus lourd poids d'argent depuis la Révolution.

Galerie

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Notes et références

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  1. 1 2 (en) Philippe Theret, Xavier Bourbon et Laurent Schmitt, « Les outils monétaires d’Augustin Dupré pour le franc », dans Proceedings of the XVI International Numismatic Congress, 11–16.09.2022, Warsaw, Vol. iv: Medals, Modern and General Numismatics, Brepols Online, , 63–68 p. (DOI 10.1484/M.WSA-EB.5.145464?crawler=true, lire en ligne)
  2. 1 2 « La pièce de 5 francs Union et Force 1796 – première monnaie en argent du Franc décimal », Numismag, 9 janvier 2021.
  3. ↑ Dessin d'Augustin Dupré, notice sur Paris-Musées.
  4. ↑ Maurice Agulhon, « Sur la représentation de la République en 1848 », Revue d'Histoire du XIXe siècle - 1848, vol. 14, no 1,‎ , p. 107–112, p. 110 (DOI 10.3406/r1848.1997.2270, lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ (en) Fred Andersson, « Iconography of the Labour Movement. Part 1: Republican Iconography, 1792–1848 », ICO Iconographisk Post. Nordisk tidskrift för bildtolkning – Nordic Review of Iconography, nos 1-2,‎ , p. 153–183, p. 170 (ISSN 2323-5586, DOI 10.69945/ico.vi1-2.25660, lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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Voir aussi

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