Toxcatl est le nom du cinquième mois de vingt jours du calendrier aztèque, correspondant approximativement à la période du 5 au , ainsi que de la fête religieuse qui s’y déroulait chaque année. Le rituel central de cette célébration, dédiée au dieu Tezcatlipoca, était le sacrifice d’un jeune homme ayant incarné la divinité pendant une année entière.

La « pierre solaire » aztèque présentant des éléments du calendrier aztèque.

Le massacre de Toxcatl, épisode décisif de la conquête espagnole du Mexique, survint lorsque les Espagnols, alors tolérés à Tenochtitlan, attaquèrent les Aztèques durant ces festivités. Cet événement déclencha les hostilités ouvertes entre Aztèques et Espagnols et précéda de peu la Noche Triste.

Calendriers

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Le calendrier aztèque reposait sur deux cycles distincts : le tonalpohualli (260 jours) et le xiuhpohualli (365 jours).

Le xiuhpohualli comprenait dix-huit mois de vingt jours (veintenas), auxquels s’ajoutaient cinq jours supplémentaires. Certaines sources mentionnent l’existence d’une année intercalaire destinée à synchroniser le calendrier avec les cycles agricoles, tandis que d’autres indiquent que cette correction n’était pas pratiquée, entraînant un décalage progressif avec l’année astronomique.

D’après les témoignages des conquistadors présents en 1521, la fête de Toxcatl eut lieu cette année-là au mois de mai.

Selon Diego Durán, le terme Toxcatl dériverait du verbe nahuatl toxcahuia se dessécher de soif »), et signifierait « sécheresse ». D’autres interprétations ont été proposées, notamment en lien avec les colliers de maïs grillé portés lors des festivités. Le mois était également désigné sous le nom de Tepopochtli fumée »).

Le festival

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Le dieu aztèque Tezcatlipoca dans le Codex Borgia.

Les rituels de Toxcatl sont décrits par Bernardino de Sahagún dans le Codex de Florence, ainsi que par Diego Durán et Juan Bautista Pomar.

L’élément central du rituel était le sacrifice d’un jeune homme ayant incarné Tezcatlipoca durant l’année écoulée, ainsi que la désignation de son successeur.

Le jeune homme choisi comme ixiptlatli (représentant de la divinité), généralement un prisonnier de guerre, recevait une formation à l’éloquence, au chant et à la musique. Pendant un an, il circulait dans Tenochtitlan et faisait l’objet d’une vénération publique. Son corps était orné de peintures, de bijoux et de vêtements précieux, et il participait à divers rituels, notamment en présence du tlatoani.

Au mois de Huey Tozoztli, il était uni rituellement à quatre jeunes femmes incarnant des déesses. Quatre jours avant la cérémonie finale, une procession avait lieu dans la ville. Le jour du sacrifice, il se rendait au temple, gravissait les marches en brisant des flûtes, puis était immolé : les prêtres lui ouvraient la poitrine à l’aide d’un couteau d’obsidienne pour en extraire le cœur. Son corps était ensuite traité rituellement et son crâne exposé sur le tzompantli.

D’autres sacrifices accompagnaient ces cérémonies, ainsi que des offrandes, des danses et des rituels collectifs. Une effigie d’Huitzilopochtli en pâte d’amarante était également confectionnée et honorée[1].

Lors de la conquête, une attaque ordonnée par Pedro de Alvarado pendant cette fête provoqua la mort de nombreux participants, dont des notables.

Interprétations

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Certains rapprochements comparatistes ont été proposés entre le rituel de Tōxcatl et les analyses du sacrifice développées par René Girard[2],[3]. Dans le cadre de la théorie mimétique, le sacrifice rituel est interprété comme un mécanisme de canalisation de la violence collective, concentrée sur une victime unique à la fois sacralisée et mise à mort, permettant la restauration de l’ordre social. La figure de l’ixiptla — individu incarnant la divinité avant d’être sacrifié — présente ainsi des analogies avec ce que Girard décrit comme le « mécanisme de la victime émissaire »[4].

Cette interprétation demeure discutée : les spécialistes des religions mésoaméricaines soulignent l’inscription de ces rituels dans une cosmologie spécifique, liée aux cycles cosmiques et à la dette sacrificielle envers les dieux[5],[6],[7].

Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Tōxcatl » (voir la liste des auteurs).
  1. James Lockhart, We People here: Nahuatl Accounts of the Conquest of Mexico, Wipf & Stock, (ISBN 978-1-59244-681-0, lire en ligne)
  2. René Girard, La Violence et le sacré, Grasset,
  3. René Girard, Des choses cachées depuis la fondation du monde, Grasset,
  4. (en) Scott Cowdell, « Sacrifice, Mimesis, and the Scapegoat Mechanism », dans The Oxford Handbook of Religion and Violence, Oxford University Press,
  5. (en) Inga Clendinnen, Aztecs: An Interpretation, Cambridge University Press,
  6. (en) David Carrasco, Religions of Mesoamerica: Cosmovision and Ceremonial Centers, Waveland Press,
  7. (es) Bernardino de Sahagún, Historia general de las cosas de Nueva España, Editorial Porrúa,

Bibliographie

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  • Hvidtfeldt, Arild, Teotl and Ixiptlatli: some central conceptions in ancient Mexican religion: with a general introduction on cult and myth, Copenhagen, Munksgaard,
  • Miller, Mary et Karl Taube, The Gods and Symbols of Ancient Mexico and the Maya, London, Thames and Hudson, (ISBN 0-500-05068-6, lire en ligne Inscription nécessaire)
  • Olivier, Guilhem, Mockeries and Metamorphoses of an Aztec God - Tezcatlipoca, "Lord of the Smoking Mirror", University Press of Colorado, (ISBN 0-87081-745-0, lire en ligne Inscription nécessaire)