Union nationale des centres sportifs de plein air
L' Union nationale des centres sportifs de plein air (UCPA) est une association française à but non lucratif fondée en 1965, du rapprochement d'organisations de jeunesse et d’éducation populaire. Elle favorise l’accès au sport, aux loisirs et aux vacances. Elle regroupe plusieurs structures associatives pour exercer ses activités d'organisation de séjours sportifs et touristiques, de gestion d’équipements sportifs et de loisirs par délégation de service public, et de formation professionnelle aux métiers du sport et de l’animation.
Le sport qui nous unit[réf. nécessaire] |
| Fondation |
|---|
| Forme juridique |
Association déclarée |
|---|---|
| Domaine d'activité |
Autres activités liées au sport |
| Objectif |
Rendre accessible les activités sportives de plein air aux jeunes / La rencontre par le sport[réf. nécessaire] |
| Méthode |
Séjours sportifs, loisirs sportifs de proximité, formation professionnelle aux métiers du sport et de l'animation[réf. nécessaire] |
| Siège | |
| Pays |
| Effectif |
12 879 employés () |
|---|---|
| Fondateur | |
| Président |
Yves Blein (depuis ) |
| Directeur |
Guillaume Légaut (d) (depuis ) |
| Affiliation | |
| Représentativité |
Union de mouvements de jeunesse[réf. nécessaire] |
| Site web |
| RNA | |
|---|---|
| SIREN | |
| OpenCorporates |
Histoire
modifierOrigines (1945–1966)
modifierDans le contexte de l’après-guerre, à la Libération de la France, les pouvoirs publics et Le Mouvement associatif cherchent à proposer à la jeunesse un projet éducatif et humaniste fondé sur l’émancipation par le sport et les loisirs de plein air[1]. Le « sport travailliste », déjà présent avant-guerre, connaît alors un nouvel essor, notamment sous l’impulsion du Mouvement de jeunesse et d'éducation[2]. Dans ce contexte émergent plusieurs structures destinées à démocratiser l’accès aux sports de nature. L’Union nationale des centres de montagne (UNCM), fondée en 1944, vise à ouvrir la pratique de la montagne à un public plus large, notamment aux jeunes issus des classes populaires, avec le soutien de fédérations sportives comme la Fédération sportive et gymnique du travail[2]. L’année suivante est fondée l'Union nautique française (UNF). Ces deux organisations développent des centres d'accueil permettant l’initiation aux sports de montagne et de mer pendant les vacances, tout en cherchant à maintenir des tarifs accessibles grâce à leurs recettes d’activité et au soutien des pouvoirs publics[3].
La structuration du secteur s’accélère dans les années 1950. En 1952, la création de l'Inspection de la jeunesse et des sports renforce l'engagement de l’État dans le développement des pratiques sportives. Parmi ses douze premiers inspecteurs figure Raymond Malesset, futur cofondateur de l’UCPA[1]. Ce dernier devient secrétaire général de l’UNCM en 1955[3]. Aux côtés de l’alpiniste Guido Magnone, il œuvre au rapprochement des structures existantes afin de créer une organisation capable de massifier l’accès aux sports de plein air. Selon l’historienne du sport à l’Université Gustave-Eiffel, Marion Philippe, l’UCPA résulte principalement de la fusion de l’UNCM et de l’UNF[4].
Le relatif échec sportif français aux Jeux olympiques d'été de 1960 renforce la volonté publique d'investir dans les infrastructures sportives et l’encadrement de la jeunesse[1]. Sous l’impulsion de Maurice Herzog, secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports du général de Gaulle, l’accès du plus grand nombre aux pratiques sportives et au tourisme social devient un objectif prioritaire[1].
Fondation
modifierL’UCPA est officiellement fondée le sur une péniche à Paris, avant que son organisation institutionnelle ne soit consolidée l’année suivante[5]. Maurice Herzog résume l’esprit du projet en décrivant l’UCPA comme « un enfant tardif des congés payés et de la Résistance », chargé d’offrir aux jeunes, notamment les moins favorisés, des vacances sportives accessibles et formatrices[5].
Développement du modèle de tourisme sportif social (Années 1970–2000)
modifierDans les années 1970, l'UCPA bénéficie de subventions de fonctionnement et d’équipement destinées à maintenir des tarifs accessibles, tout en développant une offre centrée sur la pratique sportive encadrée[5]. Elle devient organisme de formation professionnelle à partir 1976[1]. Elle exploite des établissements dès les années 1970 en Guadeloupe, en Espagne, en Grèce, en Tunisie, au Maroc[1]. Dans le contexte de la création des grandes stations de sports d’hiver, elle renforce son implantation dans les Alpes avec l'ouverture de centres de grande capacité, notamment à Val Thorens et Flaine en 1977, puis aux Arcs, à La Plagne en 1983 et à Tignes en 1985. Ces implantations renforcent son offre dans les sports de neige, qui demeurent longtemps au cœur de son activité. Les activités d’été ne dépassent celles d’hiver en nombre de journées-stagiaires qu’en 1987, tandis que les activités hors ski deviennent majoritaires en chiffre d’affaires à partir de 1990[6].
L’UCPA cible principalement les jeunes adultes de 18 à 35 ans. Majoritaires dans les années 1970, les étudiants et lycéens ne représentent plus qu’environ 40 % de la fréquentation au début des années 1980, tandis que la part des groupes organisés issus de collectivités recule progressivement au profit d’une clientèle individuelle[6]. Dans les années 1980, les pratiquants déclarent rechercher davantage le bien-être, la sociabilité et l’expérience collective à travers le sport[7]. Dans les années 1990, l UCPA développe des séjours orientés vers les activités de nature, puis vers les sports urbains dans les années 2000, notamment autour des skateparks[8]. Elle fonde également la première école de DJs en France[1], à Lyon[9].
En 2005, pour ses 40 ans et ses 8 millions de clients par une fête techno au palais omnisports de Paris-Bercy[10]. À partir de 2008, elle lance un programme de rénovation de plusieurs de ses centres (La Plagne, Argentière, Tignes, Les Saintes notamment) pour améliorer la qualité d'accueil[11].
Années 2010 et 2020 : diversification, acquisitions, rénovations
modifierÀ partir des années 2010, l’UCPA diversifie ses activités en renforçant son pôle de gestion d’équipements sportifs et de loisirs : centres aquatiques, espaces de fitness, salles d’escalade et complexes multisports[12]. Elle ouvre en 2012 aux Halles de Paris un espace permettant notamment aux visiteurs de découvrir à distance les centres et activités de l’association grâce à des dispositifs interactifs et immersifs[13]. Elle ouvre une seconde école de DJ à Poitiers[9], propose des offres groupées en partenariat avec les Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires et diverses associations étudiantes[8], ou encore la Fédération française handisport et la Fédération française du sport adapté[14]. Elle reprend aussi d'autres associations, comme deux associations de tourisme social, Aludeo et Accueil et Loisirs Pyrénéens[15], en 2016, et, l'année d'après, Destination Découverte, spécialiste des colonies de vacances scientifiques, thématiques et linguistiques, connu notamment sous la marque Telligo[16]. En , l'UCPA s'associe avec Cap'Vacances pour lancer des séjours sportifs à destination des familles[17]. Elle s'associe aussi aux guides Berlitz pour créer une offre de séjours sportifs en anglais[18]. En 2020, elle reprend notamment l’exploitation du complexe de loisirs Vitam à Neydens (Haute-Savoie), investit dans le développement du stade nautique de Mérignac[12], entre autres projets ciblant les actifs urbains[19].
En raison de la pandémie de Covid-19, l'association subie une perte d'exploitation cumulée de 50 millions d’euros sur les années 2020 et 2021[20]. Elle lance un plan d'investissement de 150 millions d'euros sur 5 ans pour développer les UCPA Sport Station, des multiplexes sportifs urbains. Les premiers sites ouvrent à Meudon et Reims. Suivi d'autres à Paris en 2022, puis en 2023 à Bordeaux[21] et à Nantes[22], alors qu'une troisième école de DJ ouvre à Barcarès[23].
En 2022, l’UCPA réalise 10 % de son activité hors de France[24] et emploie 12 800 salariés en France[25]. L’été 2022 esr marqué par des grèves aux centres de Serre Chevalier, Les Orres (près de Gap), Hyères et Argentière (près de Chamonix) en raison des rémunérations[26],[27] Le complexe aqualudique du Grand Reims est ciblé par une grève de plusieurs jours fin , les salariés dénonçant des malfaçons et le management[28],[29],[30].
Selon l’UCPA, la moitié des jeunes accueillis dans ses centres bénéficie d’une aide sociale[8]. Depuis 2025, l'association propose des colonies sans écran[31].
Identités visuelles
modifierOrganisation
modifierL'UCPA est reconnue d’intérêt général, laïque et indépendante, s’inscrivant dans le champ de l’économie sociale et solidaire (ESS)[32]. Elle exerce des missions reconnues d’utilité sociale dans les domaines du sport, de la jeunesse, de l’éducation populaire, de la formation et de la cohésion sociale. Cette reconnaissance se traduit par l’obtention d’agréments administratifs, d’habilitations et de conventions conclus avec les pouvoirs publics et différents partenaires institutionnels. Elle est gérée par trois collèges représentant les mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, les associations de sports de nature et les pouvoirs publics[33].
Les délégations de service public et autres contrats conclus pour la gestion d’équipements sportifs, pour le compte de communes ou d'intercommunalité, notamment des centres aquatiques sous la marque UCPA Sport Station, relèvent des activités opérationnelles de l’association[34]. 0,5% de son budget provient de financements publiques[Quand ?][35].
Directions
modifierPrésidences
modifier- Martine Pinville : depuis 2024[36].
Directions générales
modifierGuillaume Legaut : depuis 2012[37].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 « L’UCPA, la quinqua qui fait courir les jeunes », Le Monde, .
- 1 2 « Historique de la Montagne-escalade à la FSGT », sur Archives FSGT, .
- 1 2 Pierre-Olaf Schut et Marion Philippe, « L'UCPA, un instrument des politiques sportives ? », Le 17e Carrefour d'histoire du sport, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « SAGA VIDEO - 60 ans d'aventure, zéro profits : le pari fou de l'UCPA », Les Échos, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- 1 2 3 « Marion Philippe l « L’UCPA a dû évoluer pour s’adapter à la demande » », sur Sport et Plein air, .
- 1 2 Jacques THIOLAT, « L’UCPA : un acteur des activités de neige entre public et privé », .
- ↑ Raymond Malesset, Vacances sportives de plein air de l’UNCM et l’UNF à l’UCPA, Chiron, , Page 166.
- 1 2 3 « L'UCPA : vacances sportives et tremplin vers l'emploi », Le Parisien, .
- 1 2 AFP, « À Poitiers, une école de DJ pour passer du rêve à la réalité », Le Figaro Étudiant, (consulté le ).
- ↑ « La saga UCPA », L'Express, .
- ↑ « L'UCPA : vacances sportives et tremplin vers l'emploi », Le Parisien, .
- 1 2 « L'UCPA devient aussi un poids lourd du sport en salle », Les Échos, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- ↑ « Le concept store de l'UCPA mise sur le tout numérique », Les Échos, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- ↑ « Après-midi sport pour tous à l’UCPA de Saint Cyprien », lindependant.fr (consulté le ).
- ↑ « Colonies de Vacances : l'UCPA absorbe 2 associations », sur TourMaG.com, (consulté le ).
- ↑ Christophe Palierse, « L’UCPA complète son offre pour les enfants et les « ados » en reprenant Telligo », Les Échos, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Laury-Anne Cholez, « UCPA : quand les vacances sociales et solidaires se mettent au sport », sur TourMaG.com, (consulté le ).
- ↑ « English Camp : l'UCPA s'associe à Berlitz pour des séjours sportifs et linguistiques », sur TourMaG.com, (consulté le ).
- ↑ « Le projet d'UCPA Sport Station à Bordeaux Brazza prévu pour fin 2022 », sur 20 Minutes, (consulté le ).
- ↑ Thomas Lestavel, « L’UCPA mise sur des centres sportifs en ville », Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ « Escalade, golf, squash : la « cathédrale des sports » de l'UCPA ouvre à Bordeaux Brazza », latribune.fr, (consulté le ).
- ↑ Christian Meas, « Nantes. Avec 3 500 m² d’activités sportives, le complexe UCPA ouvrira ses portes le 17 juin », Ouest-France, .
- ↑ « Une école pour former les futurs DJ va débarquer à la rentrée prochaine près de Perpignan ! », sur Actu.fr, (consulté le ).
- ↑ « L’UCPA mise sur des centres sportifs en ville », Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ Clémentine Eveno, « Grèves à l’UCPA: les syndicats veulent remonter la pente des salaires », Libération (consulté le ).
- ↑ Clémentine Eveno, « Grèves à l’UCPA : les syndicats veulent remonter la pente des salaires », Libération (consulté le )n
- ↑ « Hautes-Alpes/Haute-Savoie. Mouvement de grève dans des sites UCPA ce vendredi 29 juillet », ledauphine.com (consulté le ).
- ↑ « Le complexe aqualudique de Reims sous le feu des critiques », lunion.fr, (consulté le ).
- ↑ « ENQUÊTE. Manque d’effectifs, clients mécontents, malfaçons : les raisons de la colère des salariés en grève de l'UCPA, le complexe aqualudique de Reims », sur France 3 Grand Est, (consulté le ).
- ↑ « Des salariés du complexe aqualudique de Reims dénoncent leurs conditions de travail », sur ici, par France Bleu et France 3, (consulté le ).
- ↑ Lola Laumonier, « En quoi consiste cette colonie de vacances sans écrans organisée par l'UCPA dans le Loiret ? », La République du Centre, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- ↑ « Comment concilier ESS et pratique sportive ? Nos finalités sont d’utilité sociale », L'Humanité, (consulté le ).
- ↑ Marion Philippe et Pierre-Olaf Schut, « Les effets de la présence publique au sein d’une fédération multisport : le cas de l’UCPA : L’UCPA, un instrument des politiques sportives ? », Sciences sociales et sport, vol. 23, no 1, , p. 7–32 (ISSN 1967-7359, DOI 10.3917/rsss.023.0007, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « L'UCPA muscle son offre sportive dans les centres-villes », Les Échos, (consulté le ).
- ↑ Sarah Spitz, « UCPA : un pied dans la solidarité, l’autre dans le marché », L'Opinion, (consulté le ).
- ↑ Céline Eymery, « Martine Pinville (VVF) élue à la présidence de l'UCPA », sur TourMaG.com (consulté le ).
- ↑ « Guillaume Légaut, éveilleur de liens », La Croix, (consulté le ).
Liens externes
modifier- Site officiel
- Ressources relatives aux organisations :
