Histoire d'un homme véritable (livre)

livre de Boris Polevoï
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L'Histoire d'un homme véritable ou Un homme véritable (en russe Повесть о настоящем человеке) est un livre de Boris Polevoï publié en 1946[1]. Il relate de façon romancée le parcours du pilote de l'armée de l'air soviétique Alexeï Maressiev[2].

Un homme véritable
Auteur Boris Polevoï
Pays URSS
Genre Roman
Distinctions prix Staline (1947)
Version originale
Langue russe
Titre Повесть о настоящем человеке
Lieu de parution Moscou
Date de parution 1946
Version française
Traducteur Roger Garaudy
Éditeur Les Editeurs français réunis
Date de parution 1950
Nombre de pages 431

Pour son œuvre, l'écrivain a reçu le prix Staline en 1947. Du temps de l'Union soviétique, l'étude du livre faisait partie du programme scolaire[3].

Genèse

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En 1942, Alexeï Maressiev est gravement blessé lorsque son avion est abattu près de Staraïa Roussa. Malgré l'amputation de deux jambes, il ne renonce pas à son rêve de voler de nouveau et relève le défi grâce à des prothèses, mais surtout à sa volonté de fer. À l'été 1943, sa renommée militaire s'étendit à toute la 15e Armée de l'air et sur tout le front. Boris Polevoï, alors journaliste de la Pravda, le rencontre en et consigne son récit. Après la guerre, guidé uniquement par les notes prises trois ans plus tôt, il écrit l'épopée entière en 19 jours. L'auteur a changé seulement une lettre dans le nom de son héros, en l'appelant Meressiev au lieu de Maressiev. À l'été 1946, L'Histoire d'un homme véritable fut publiée dans le magazine Oktyabr.

Résumé

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Fin , lors d'un combat aérien au dessus d'une forêt près de Demiansk, le pilote de chasse soviétique Alexeï Meressiev est abattu par des tirs ennemis dans une zone boisée et marécageuse. Il reprend connaissance au sol alors qu'un ours le renifle. Alexeï feignant la mort, sort furtivement un pistolet de la poche de sa veste et tire sur l'animal.

Plus tard, il réalise que ses jambes sont probablement brisées. Se retrouvant seul dans la forêt hivernale, à 50 kilomètres des positions de l'Armée rouge, Alexeï décide de rejoindre les siens. Chaque pas est un effort incroyable. Lorsque ses jambes finissent par l'abandonner, il rampe à quatre pattes, et lorsqu'il ne peut plus ramper, il roule. Son calvaire dure plusieurs semaines jusqu'à ce qu'il soit découvert par hasard par les habitants du village de Plavni réfugiés dans la forêt pour échapper au massacre par les SS. Tout le monde s'occupe du malade, on sacrifie même la dernière poule pour lui préparer un bouillon, afin qu'il reprenne des forces. Enfin, les villageois trouvent un moyen de le transporter sur le continent.

À l'hôpital, l'état de ses pieds nécessite l'amputation. Devenu handicapé, Alexeï traverse une crise psychologique. Il est persuadé être devenu un fardeau inutile. L'impulsion pour remonter la pente lui vient de son voisin de chambre, Vorobyov, un commissaire du régiment qui malgré ses blessures très graves garde le moral. Vorobyov lui rappelle entre autres l'exemple de Nikolaï Ostrovski, qui paralysé et aveugle, a écrit le livre Et l'acier fut trempé. Et comme dernier argument contre tous les doutes d'Alexeï, Vorobyov ne cesse de lui répéter «Mais tu es un homme soviétique». Pourtant malgré toute sa volonté le courageux commissaire finit par mourir. Désormais, Alexeï va tout faire pour suivre son exemple[4]. Il endosse même le rôle d'inspirateur auprès d'un autre patient, un tankiste défiguré dans l'incendie de son char d'assaut.

Un article sur le lieutenant Valérien Karpovitch, pilote militaire amputé du pied pendant la Première Guerre mondiale et ayant repris les commandes d'un avion, contribue à convaincre Alexeï, que tout est encore possible. Chaque jour, le jeune homme malgré une douleur intense, augmente la durée de ses séances de rééducation et réapprend à marcher grâce à des prothèses spécialement conçues.

Pendant sa convalescence au sanatorium où il est envoyé après son hospitalisation, Alexeï pratique la marche et la course, et avec l'aide de l'infirmière Zinotchka, apprend même à danser. Lors de son bilan médical, il convainc les médecins de ses capacités et, le soir même, exécute les pas d'une dance populaire, surprenant non seulement les autres soldats, mais aussi la commission médicale chevronnée. Finalement, l'autorisation de réintégrer l'armée de l'air lui est délivrée.

En 1943, Alexeï s'inscrit dans une école de pilotage et, après avoir volé avec un instructeur, confirme ses compétences de pilote de chasse et reprend le service.

Lorsqu'Alexeï intègre sa nouvelle unité, les autres pilotes sont réticents apprenant son handicap. Pourtant bientôt, pendant une bataille, il sauve non seulement son binôme mais aussi le commandant d'une escadrille voisine en abattant deux Würgers pilotés par des as allemands du célèbre escadron de chasse de Jagdgeschwader 2[2].

Critique

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La nouvelle est un exemple classique de réalisme socialiste. Dans son analyse, Serge Rolet souligne que le récit de L'Homme véritable est construit sur le modèle du mythe. Le parcours du héros est une succession d'exploits. On remarque que sa mort symbolique intervient au milieu de l'histoire lorsqu'il s'apprête à tirer la croix sur sa carrière de pilote. Il puise sa force dans sa condition d'homme soviétique qui le conduit vers son accomplissement personnel symbolisant sa renaissance. Du point de vue symbolique, le héros est équivalent à la collectivité tout entière[1].

Influence

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Dans le livre satyrique Omon Ra de Viktor Pelevine publié en 1992, l'intrigue se déroule à l'école de pilotage Maressiev de Zaraysk, où les cadets se font amputer les jambes au nom de la patrie après leur entrée, et apprennent ensuite à danser la Kalinka, faisant référence aux passages marquants du récit de Polevoï[5].

Notes et références

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  1. 1 2 Serge Rolet, « Le réalisme socialiste comme impossible non fiction: l'exemple de deux romans de guerre soviétiques », sur archives-ouvertes.fr,
  2. 1 2 Alexandra Gouzeva, « Dix livres soviétiques incontournables sur la Seconde Guerre mondiale », sur Fenêtre sur le Russie,
  3. ↑ (en) Joseph I. Zajda, Education in the USSR : International Studies in Education and Social Change, Edmund J. King, , 282 p. (ISBN 9781483157580, lire en ligne), p. 212
  4. ↑ (en) « A Story About a Real Man », Soviet Literature, vol. 1, no 6,‎ , p. 153-154 (lire en ligne)
  5. ↑ (en) Caryl Emerson, The Cambridge Introduction to Russian Literature, Cambridge University Press, (ISBN 9781139471688, lire en ligne), p. 242

Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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