Uniparti

Concept politique

Le terme anglais « uniparty » (en français : « uniparti ») est un terme qui désigne une situation où deux partis politiques apparemment opposés, généralement les deux plus influents d’une démocratie libérale, (par exemple le Parti républicain et le Parti démocrate aux États-Unis d'Amérique, ou le Parti conservateur et le Parti travailliste au Royaume-Uni), mais qui, dans la pratique, fonctionnent comme une seule et même entité[1]. Les partisans de cette idée estiment que, malgré leurs désaccords affichés en public, ces partis travaillent ensemble en secret puisqu'ils partagent plusieurs intérêts économiques et politiques similaires et qu'en plus, ils exploitent leur emprise sur les médias de masse et les restrictions d'accès aux bulletins de vote pour empêcher activement l'émergence d'une véritable alternative, ce qui a pour conséquence de créer de facto un parti unique[2].

Utilisation du terme selon le pays

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États-Unis d'Amérique

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Selon Dalibor Rohac, cet uniparti se caractérise aux États-Unis dans la politique étrangère tant chez les Démocrates que chez les Républicains, par un manque d'initiative et une propension à agir au rabais et sans conviction, à gérer les crises plutôt qu'à les résoudre[2]. Le 5 juillet 2025, Elon Musk annonce la création de son propre parti, l'America Party, pour contester le bipartisme étatsunien car il estime que les Républicains et les Démocrates sont devenus un « uniparti »[3],[4].

Royaume-Uni

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Au Royaume-Uni, les partisans de cette théorie, tant à droite qu’à gauche, ont affirmé que le Parti conservateur, le Parti travailliste et les Libéraux-démocrates étaient indissociables les uns des autres. Plus généralement, cette théorie a été de plus en plus invoquée à la suite d’évolutions politiques centristes telles que le « New Labour » sous les mandats de Premier ministre de Tony Blair et Gordon Brown ou encore le mouvement «One Nation » sous le mandat de David Cameron. Ces idées ont pris une importance particulière lors de la direction du Parti travailliste par Jeremy Corbyn, du Brexit et de la montée en puissance de « Reform UK » sous la houlette de Nigel Farage[5] et du Parti Vert[6]. Le Parti conservateur et le Parti travailliste se sont montrés favorables à une augmentation des dépenses de défense, au maintien du programme Trident et ont des positions quasiment identiques sur la politique à l'égard de la guerre en Ukraine. Tous deux soutiennent un renforcement des contrôles sur l'immigration clandestine et, pour des raisons économiques, un assouplissement des contrôles sur l'immigration légale. Tous deux ont tendance à adopter une approche autoritaire concernant ce qui touche à la criminalité et aux libertés civiles[7]. Néanmoins, selon George Eaton, les électeurs se refèrent rarement aux programmes politiques quand ils reprochent au Parti conservateur et au Parti travailliste de se ressembler mais ils mettent surtout en évidence à quel point les hommes politiques de ces formations semblent tous identiques, tant par leur apparence que par leurs manières et leur accent. Le sentiment d'éloignement des électeurs vis-à-vis de Westminster tiendrait donc moins à la politique qu'à la culture. Même si les députés britanniques conservateurs et travaillistes ne sont pas dans le même camp, selon Eaton, aux yeux des électeurs, ils jouent à l'équivalent westminstérien du jeu du mur (en), c'est-à-dire qu'ils participent tous au même entre-soi politique[8].

Néanmoins, en 2026, même Reform UK est aussi qualifié d'être de l'uniparty car selon Richard Thomson, même si Reform UK a été créé pour contester la classe politique, il ressemble aux autres partis de l'uniparti qu'il dénonçait : centralisme du parti, axé sur l'image et les personnalités, mépris de l'usage des mécanismes parlementaires[9].

Voir aussi

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Notes et références

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  1. ↑ (en-US) Aris Roussinos, Mary Harrington, Tom McTague et Freddie Sayers, « Welcome to the Uniparty election » [« Bienvenue à l'élection du parti unique »] [archive du ], sur UnHerd, . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  2. 1 2 (en-US) Dalibor Rohac, « The ‘Uniparty’ Is Real—but It Isn’t What You Think » [« L'« Uniparty » existe bel et bien… mais ce n’est pas ce que vous croyez »], The Wall Street Journal,‎ (ISSN 0099-9660, lire en ligne [archive du ] Accès payant)
  3. ↑ Sean Seddon et Stuart Lau, « Que sait-on du nouveau pari politique de Elon Musk ? » [« Elon Musk says he is launching new political party »], BBC,‎ (lire en ligne [archive du ])
  4. ↑ Grégor Brandy, « Le Parti de l’Amérique d’Elon Musk peut-il mettre fin au bipartisme américain ? », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne [archive du ])
  5. ↑ (en-GB) « Nigel Farage: UK election outcomes irrelevant, because of EU » [« Nigel Farage : les résultats des élections britanniques sont sans importance du fait de l'UE »], BBC,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  6. ↑ (en-US) Stephen Castle, « Britain Has Entered a New Era of Multiparty Politics. It’s Messy. » [« La Grande-Bretagne est entrée dans une nouvelle ère du multipartisme. C'est chaotique. »], The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ (en-GB) George Eaton, « The quiet consensus: how Labour and the Tories are converging » [« Le consensus tacite : comment les travaillistes et les conservateurs convergent »], New Statesman,‎ (lire en ligne [archive du ] Accès payant)
  8. ↑ (en-GB) George Eaton, « Labour and the Tories aren’t the same - so why do voters still think they are? » [« Les travaillistes et les conservateurs ne sont pas identiques – alors pourquoi les électeurs continuent-ils à croire qu'ils le sont ? »], New Statesman,‎ (lire en ligne [archive du ] Accès payant)
  9. ↑ (en) Richard Thomson, « Reform UK is morphing into the uniparty – Nigel Farage gives us 20 examples how » [« Reform UK est en train de se transformer en « uniparty » : Nigel Farage nous donne 20 exemples pour nous l'illustrer »], Daily Express,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )