Utah Data Center

centre de stockage et de traitement de données

Le Centre de données de l'Utah (Utah Data Center) est un centre de stockage et de traitement de données géré par la NSA pour le compte de la Communauté du renseignement des États-Unis, qui est opérationnel depuis [1],[2],[3],[4].

Panorama de l'Utah Data Center, le

Le centre est installé au Camp Williams, à 40 km au sud de Salt Lake City, dans l'Utah aux États-Unis.

Il est à ne pas confondre avec d'autres datacenters également appelés Utah Data Center appartenant eux à des entreprises privées : le Utah Data Center de la firme Novva dans l'agglomération de Salt Lake City et le Strada Utah Data Center situé au Uintah Basin Medical Center[5]. Enfin la presse anglophone est également susceptible d'appeler Utah data center le projet de datacenter géant Stratos situé dans le comté de Box Elder du promoteur Kevin O'Leary (exemple[6]).

Présentation

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Installé sur l'ancien terrain d'aviation de Camp Williams, un vaste terrain d'entraînement de la Garde nationale, ce site est l'un des 6 data center de la National Security Agency[7]. L'Utah Data Center serait le plus grand centre d'interception des communications des États-Unis, et vraisemblablement du monde[2].

Il est toujours en activité et, en octobre 2024, se classait comme le 7ème plus grand data center du monde en superficie[8].

Structure

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Fin 2013, la surface de la structure était de 100 000 m2,dont 10 000 m2 dédiés aux serveurs informatiques au sein de 4 immeubles et 90 000 m2 pour les espaces techniques et administratifs[9],[10],[11].

Plan conceptuel de l'Utah Data Center

Le coût total de l'installation est estimé à 3,2 milliards de dollars, incluant 1,2 milliard pour la construction et 2 milliards pour les équipements matériels, les serveurs, les logiciels et les systèmes de communication sécurisés[9].

Le , le Wall Street Journal indique que le datacenter est victime de mystérieuses pannes électriques (10 surtensions en 13 mois)[12]. Il dit que le projet, dont la puissance requise pour le fonctionnement est estimée à 65 mégawatts[9], pourrait avoir un an de retard, évoquant la date de [13].

Il semble finalement avoir été mis en activité en mai 2014[14],[15].

Capacité de stockage

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En , sur la base des plans de la structure, le magazine Forbes estimait la capacité de stockage entre 3 et 12 exaoctets (milliards de gigaoctets), à l'aide de 10 000 racks de serveurs[16].

À titre de comparaison, le magazine indique que l'intégralité des communications téléphoniques des États-Unis pendant une durée d'un an (estimée à 272 pétaoctets) pourrait être sauvegardée sur un espace représentant à peine 2% de la capacité de stockage des serveurs du centre[16].

Données récoltées

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Le centre stocke les données issues de satellites, de postes d'écoutes internationaux, de communications téléphoniques, de branchements sur les fournisseurs d'accès internet, etc[17]. Ces informations sont mises à disposition de la NSA, du FBI, de la CIA et d'autres agences dans le but de lutter contre le terrorisme, les cyberattaques ainsi que pour se livrer à de l'espionnage politique et économique à travers le monde[17],[18].

Le chef de la Division technique de la CIA, Gus Hunt (en), a déclaré que l'« on s'efforce de collecter tout, et de le conserver pour toujours. »[17].

Consommation d'eau et opposition en Utah

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En 2014 un débat s'engage en Utah sur la divulgation des données relatives à la consommation d'eau du centre, que le Salt Lake Tribune voudrait publier tandis que la NSA souhaiterait les conserver secrètes « pour des raisons de sécurité nationale »[19]. En juin 2014 le Bluffdale Town Council vote une mesure privant l'état de l'Utah de pouvoir décisionnaire en la matière[15]. Finalement Bluffdale accepte d'en divulguer elle-même, permettant au Salt Lake Tribune de rendre compte de la situation en 2015[20].

A la même période des parlementaires de l'Utah reprochent à l'état fédéral de vouloir entretenir le secret et d'espionner leurs propres citoyens, proposant une loi qui priverait d'eau le centre à partir de 2021[21],[22] argumentant qu'ils ne voient pas pourquoi les contribuables d'Utah devraient financer leur propre surveillance de masse, les contrats d'alimentation ayant été conclus à des prix très avantageux[22]. La dispute entre opposants locaux au centre (dont des parlementaires appartenant à la majorité républicaine de l'état de l'Utah) et état fédéral (soutenu par la municipalité de Bluffdale) se poursuit durant l'année 2015[23].

Le Salt Lake Tribune, se basant sur les données des fournisseurs, a calculé que l'Utah Data Center a consommé plus de 126 millions de gallons (476 millions de litres) d'eau entre octobre 2024 et septembre 2025[24].

La consommation d'eau des data centers en Utah, état désertique, est une question souvent évoquée par la presse et des organisations écologistes, mais l'essor des data centers privés dans les années 2020 (en particulier dédiés à l'intelligence artificielle) ne fait de celui de la NSA qu'une partie du problème (s'il demeure celui qui en consomme le plus de ceux en activité en Utah[24],[25], des projets récents comme le centre de données Stratos sont encore plus massifs[26]).

IC Gov Cloud et partenariats avec des groupes privés

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La NSA gère depuis 2018 un service de cloud computing destiné à l'ensemble agences de renseignement américaines connu comme l'Intelligence Community Gov Cloud[27]. L'importance actuelle de l'Utah Data Center pour celui ci n'est pas connue, mais il était vu à l'origine comme destiné à y participer[28]. Le service se baserait sur une infrastructure hybride, en partie hébergée par des fournisseurs privés (en particulier Amazon Web Services[29], après que Microsoft ait échoué à obtenir une réattribution du principal contrat).

Notes et références

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  1. (en) « Utah Data Center », sur nsa.gov1.info (consulté le ).
  2. 1 2 Philippe Bernard, « Au cœur de l'Utah, les États-Unis déploient leurs "grandes oreilles" », Le Monde, (consulté le )
  3. (en) James Bamford, « The NSA Is Building the Country’s Biggest Spy Center (Watch What You Say) », Wired (magazine), (consulté le )
  4. (en) Eric Lichtblau et James Risen, « Officials Say U.S. Wiretaps Exceeded Law », The New York Times, (consulté le )
  5. (en) datacenters.com, « Utah Data Center Locations »
  6. (en-US) Emma Roth, « Kevin O’Leary agrees to downsize massive Utah data center », sur The Verge, (consulté le )
  7. (en) Thomas Burr, « Shhh … NSA’s Utah Data Center may be open already - Spy agency Officials won’t say directly whether it’s up and running or not », The Salt Lake Tribune,
  8. (en) Amber Jackson, « Top 10: Biggest Data Centres », sur datacentremagazine.com, (consulté le )
  9. 1 2 3 (en) Henry Kenyon, « New NSA data center breaks ground on construction -- Defense Systems », Defense Systems, (consulté le )
  10. (en) Rich Trenholm, « NSA to store yottabytes in Utah data centre », CNET (site),
  11. (en) James Bamford, « Who’s in Big Brother’s Database? by James Bamford éditeur=The New York Review of Books », (consulté le )
  12. Siobhan Gorman, « Meltdowns Hobble NSA Data Center », The Wall Street Journal, (lire en ligne)
  13. Hélène Dupuy, « NSA : le futur grand centre d’espionnage des États-Unis victime de mystérieuses pannes électriques », Les Échos, (lire en ligne)
  14. « Ned Einsig, Computer Systems Analyst at United States Department of Defense | Industry Era », sur industry-era.com (consulté le )
  15. 1 2 (en-US) Robert McMillan, « NSA's Data Center Back in the Shadows After Government Maneuver », Wired, (ISSN 1059-1028, lire en ligne, consulté le )
  16. 1 2 (en) Kashmir Hill, « Blueprints Of NSA's Ridiculously Expensive Data Center In Utah Suggest It Holds Less Info Than Thought », Forbes, (consulté le )
  17. 1 2 3 Philippe Bernard, « Grandes oreilles », Le Temps, 29 août 2013, p. 24.
  18. Emmanuel Garessus, « Les services secrets au cœur de la guerre économique », Le Temps, 29 août 2013 (page consultée le 3 septembre 2013).
  19. (en-US) Robert McMillan, « Why Does the NSA Want to Keep Its Water Usage a Secret? », Wired, (ISSN 1059-1028, lire en ligne, consulté le )
  20. (en-US) Nate Carlisle The Salt Lake Tribune · February 2 et 2015 10:48 Am, « NSA Utah Data Center using more water », sur The Salt Lake Tribune (consulté le )
  21. (en-GB) Spencer Ackerman, « Utah lawmaker floats bill to cut off NSA data centre's water supply », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  22. 1 2 (en-US) Robert McMillan, « Utah Considers Cutting Off Water to the NSA's Monster Data Center », Wired, (ISSN 1059-1028, lire en ligne, consulté le )
  23. (en-US) Damian Paletta, « A Top-Secret NSA Site Draws Swipes, Shrugs », Wall Street Journal, (ISSN 0099-9660, lire en ligne, consulté le )
  24. 1 2 (en-US) Leia Larsen, Addy Baird, « Can you build data centers in a desert without draining the water supply? Utah is finding out. », sur Grist, (consulté le )
  25. Jonathan Gilmour, Rebecca Kilberg et Mary-Clare Bosco, « Great Salt Lake Basin Data Center Water Use » [PDF], sur https://aspenpolicyacademy.org,
  26. (en-GB) Oliver Milman, « ‘Irresponsible’: backlash as Utah approves datacenter twice the size of Manhattan », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  27. (en) « NSA ‘Systematically Moving’ All Its Data to The Cloud », Nextgov.com, (lire en ligne, consulté le )
  28. (en) Frank Konkel, « NSA Turns to the Cloud to Help Manage Data Deluge », sur Nextgov.com, (consulté le )
  29. (en-US) « NSA goes live with ‘Hybrid Compute Initiative’ », sur Federal News Network, (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Philippe Bernard, « Voyage au cœur de la NSA », Le Monde, , p. 2-3 (supplément géo & politique) (ISSN 0395-2037).

Articles connexes

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