Utilisateur:CezilePrince/Brouillon
| Calogena | |
| Création | |
|---|---|
| Dates clés | 2023 : adoption de la dénomination Calogena et sélection au programme France 2030 |
| Forme juridique | Société par actions simplifiée |
| Siège social | Paris |
| Direction | Julien Dereux (président) ; Raphaël Gorgé (président du CA) |
| Actionnaires | Groupe Gorgé (majoritaire), Groupe Snef, Banque des Territoires, fonds Deep Tech 2030 (Bpifrance) |
| Activité | Industrie nucléaire |
| Produits | Petits réacteurs modulaires calogènes (CAL30) |
| Société mère | Gorgé SAS (groupe Gorgé) |
| Filiales | Calogena Oy (Finlande) |
| Site web | calogena.com |
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |
Calogena est une entreprise française d'ingénierie nucléaire, filiale du groupe industriel familial Gorgé, qui développe un petit réacteur modulaire (PRM, ou small modular reactor, SMR) destiné exclusivement à la production de chaleur pour les réseaux de chaleur urbains. Son siège est à Paris et ses équipes techniques sont principalement établies à Aix-en-Provence.
Son concept de référence, le CAL30, est un réacteur de type piscine d'une puissance de 30 mégawatts thermiques (MWth), fonctionnant à basse pression et à basse température. Contrairement à la plupart des projets de SMR, conçus pour produire de l'électricité, il fournit directement de la chaleur, sans turbine ni alternateur.
Lauréate en 2023 de l'appel à projets « Réacteurs nucléaires innovants » du plan France 2030, l'entreprise a franchi la seconde phase de ce programme en 2026, puis ouvert son capital au Groupe Snef, à la Banque des Territoires et au fonds Deep Tech 2030 géré par Bpifrance. Son premier projet d'implantation concerne le centre du CEA de Cadarache, dont le réseau de chaleur est alimenté au gaz ; il fait l'objet d'une concertation préalable sous l'égide de la Commission nationale du débat public à partir de septembre 2026.
Le CAL30 fait l'objet d'échanges techniques avec l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), qui a rendu en 2026 un premier avis sur ses options de sûreté, ainsi qu'avec l'autorité de sûreté finlandaise, la STUK, qui en a achevé une évaluation préliminaire fin 2025. L'entreprise est candidate à des projets de chaleur nucléaire en Finlande et engagée dans des coopérations industrielles en Europe centrale et orientale.
Historique
modifierOrigines
modifierLe projet est rendu public en mai 2023 par Raphaël Gorgé, président du groupe industriel familial Gorgé, qui crée Calogena afin de développer un réacteur de faible puissance destiné aux réseaux de chauffage urbain[1]. Le groupe, une entreprise de taille intermédiaire réalisant alors environ 500 millions d'euros de chiffre d'affaires[1], s'entoure pour ce projet d'une dizaine de spécialistes issus de la filière nucléaire[2]. La société, immatriculée le 16 décembre 2021, adopte la dénomination Calogena en 2023[3][4].
Selon Raphaël Gorgé, Calogena est alors, avec le projet NUWARD (réacteur) d'EDF, le seul projet français de SMR porté par un groupe industriel, ce qui lui permet d'apporter une part de fonds propres plus importante qu'une jeune pousse[5].
France 2030 et premières étapes (2023-2024)
modifierLe 27 novembre 2023, lors de l'ouverture du World Nuclear Exhibition, le gouvernement annonce que Calogena figure parmi les six nouveaux lauréats de l'appel à projets « Réacteurs nucléaires innovants » de France 2030, opéré par Bpifrance[6]. L'entreprise reçoit à ce titre une subvention de 5,2 millions d'euros[5][7]. En janvier 2024, la Commission nationale d'évaluation (CNE2) auditionne Calogena parmi les lauréats de France 2030 dans le cadre de son évaluation de la gestion des matières et déchets radioactifs[4].
En 2024, Calogena retient un combustible de type crayon à base d'oxyde d'uranium, de même technologie que celui du parc électronucléaire français, et engage des négociations commerciales avec Framatome pour son approvisionnement[2]. En octobre 2024, le projet CityHeat, porté avec la société finlandaise Steady Energy, est retenu par l'Alliance industrielle européenne pour les petits réacteurs modulaires[8]. Le 31 octobre 2024, Calogena dépose auprès de l'autorité de sûreté nucléaire une première demande d'avis sur les options de sûreté du CAL30[9][10]. Selon Le Figaro, le Haut-commissariat à l'énergie atomique, qui a analysé douze projets français de SMR, classe alors Calogena au premier rang pour la maturité de ses choix technologiques[11].
Choix du site de Cadarache et activités en Finlande (2025)
modifierLe 17 mars 2025, lors du Conseil de politique nucléaire réuni à l'Élysée, le président de la République demande au CEA de donner suite à la demande d'accès de Calogena au site de Cadarache[12]. Une lettre d'intention entre le CEA et Calogena est annoncée fin août 2025[13][14][15].
En 2025, l'entreprise développe ses activités en Finlande au travers d'une filiale, Calogena Oy[16][17]. En juillet 2025, le CAL-30 figure parmi les modèles recensés dans la troisième édition du tableau de bord des petits réacteurs modulaires de l'Agence pour l'énergie nucléaire de l'OCDE, qui évalue l'avancement des projets selon des critères de réglementation, de site, de financement, de chaîne d'approvisionnement, de combustible et d'engagement des parties prenantes[18][19].
En novembre 2025, lors du World Nuclear Exhibition, Calogena signe un accord de partenariat avec Orano, qui prévoit le développement d'un emballage de transport du combustible usé du CAL30 dérivé du modèle TN Eagle et l'étude de procédés de filtration et de purification[20][21]. Elle conclut un second accord avec l'ingénieriste tchèque Škoda JS, fabricant de cuves de réacteurs, chargé de développer des équipements clés du circuit primaire du CAL30[22][23]. En décembre 2025, la STUK achève son évaluation préliminaire du concept CAL-30[17].
Seconde phase de France 2030 et concertation (2026)
modifierLe 10 mars 2026, à l'occasion du Sommet sur l'énergie nucléaire organisé à Boulogne-Billancourt, Calogena est désignée, avec Jimmy Energy et le projet Nuward d'EDF, parmi les projets franchissant la seconde phase de France 2030 ; l'aide accordée à Calogena s'élève à 48 millions d'euros[24][25]. Elle est suivie en avril 2026 d'une augmentation de capital d'environ 50 millions d'euros (voir section Gouvernance et actionnariat).
Le 6 mai 2026, la CNDP désigne deux garants pour la concertation préalable relative au projet de Cadarache[26][27]. Le 19 mai 2026, l'ASNR rend son avis sur la démarche de diversification des systèmes d'arrêt du CAL30[28]. Le 4 juin 2026, Calogena signe un protocole de coopération avec Veolia à Prague[29]. La concertation préalable s'ouvre le 28 septembre 2026[30][31].
Gouvernance et actionnariat
modifierCalogena est une société par actions simplifiée dont le siège est à Paris ; environ 80 % de ses salariés, dont les équipes techniques, travaillent à Aix-en-Provence[31][3]. Elle est présidée par Julien Dereux[31].
Contrôlée à l'origine par le groupe Gorgé, l'entreprise réalise en avril 2026 une augmentation de capital d'environ 50 millions d'euros. Celle-ci fait entrer au capital le Groupe Snef, spécialisé notamment dans les services au secteur nucléaire, la Banque des Territoires (groupe Caisse des Dépôts) et le fonds Deep Tech 2030, géré par Bpifrance pour le compte de l'État ; le groupe Gorgé réinvestit et demeure actionnaire majoritaire[25][32].
Avec l'aide de France 2030, les ressources réunies en 2026 atteignent près de 100 millions d'euros, dont environ la moitié en fonds publics au titre de France 2030[24][25]. Elles sont destinées à finaliser la conception du réacteur, à engager l'industrialisation des composants clés du premier exemplaire et à préparer l'exportation vers l'Europe du Nord et l'Europe centrale[25].
Caractéristiques techniques
modifierCAL30
modifierLe CAL30 est un réacteur à eau légère, dans lequel l'eau assure à la fois les fonctions de modérateur et de caloporteur. Sa conception s'inspire des réacteurs de recherche de type piscine : la chaudière nucléaire est immergée dans une piscine d'eau, et le cœur, placé en partie basse de la cuve, occupe un volume de l'ordre du mètre cube[33][2]. Sa puissance est de 30 MW thermiques[34][4], ce qui permettrait de chauffer l'équivalent de 12 000 foyers selon le concepteur[1][7].
Le réacteur fonctionne à une pression de l'ordre de 5 à 6 bars, contre environ 155 bars pour un réacteur à eau pressurisée électrogène[7][35], et fournit de la chaleur à une température comprise entre 70 et 110 °C[5][30]. La chaleur est transmise du circuit primaire à un circuit intermédiaire par un échangeur, puis au réseau de chaleur par un second échangeur, ce qui sépare physiquement le circuit primaire du réseau de distribution[33]. L'absence de production d'électricité supprime le recours à une turbine et à un alternateur[2].
Le combustible est constitué de crayons d'oxyde d'uranium enrichi à moins de 5% %, de même technologie que ceux du parc électronucléaire français mais environ quatre fois plus courts ; les assemblages ont une hauteur de l'ordre d'un mètre[2][33]. Le combustible usé est compatible avec l'aval du cycle français existant, qui prévoit son retraitement[4][2]. La maîtrise de la réactivité repose sur deux systèmes d'arrêt d'urgence, dits principal et diversifié, fondés sur l'insertion gravitaire de grappes absorbantes dans le cœur[28]. L'évacuation de la puissance résiduelle fait appel à des phénomènes passifs, notamment la circulation naturelle de l'eau[33].
Selon l'entreprise, le coût de la chaleur produite serait de l'ordre de 60 euros par mégawattheure, pour un coût d'environ 100 millions d'euros par module et une durée de vie visée d'au moins soixante ans[36][4] ; ces valeurs sont des objectifs du concepteur, non des données d'exploitation.
Configurations multi-modules
modifierProjets et déploiement
modifierProjet pilote de Cadarache
modifierLe projet vise à remplacer les installations au gaz qui alimentent le réseau de chaleur du centre CEA de Cadarache, à Saint-Paul-lès-Durance (Bouches-du-Rhône)[30][12]. Le site, déjà nucléarisé, accueille notamment le réacteur Jules Horowitz et le programme ITER[12]. La lettre d'intention signée en 2025 entre le CEA et Calogena prévoit des études de faisabilité portant sur l'implantation d'un module sur une zone identifiée du centre et sur son raccordement au réseau de chaleur[15][38][39].
Dans le dossier soumis à la concertation, l'installation présente une puissance de 35 MW thermiques, pouvant être portée à 40 MW, un îlot nucléaire enterré à environ 25 mètres de profondeur et une emprise d'environ 3 000 m2. Son coût est estimé par le maître d'ouvrage entre 100 et 200 millions d'euros[30][27]. Le calendrier présenté envisage une construction à la fin des années 2020 et une mise en service au début des années 2030[40] ; l'entreprise vise une mise en service en 2032[13][36].
La concertation préalable est organisée à l'initiative du maître d'ouvrage, qui a saisi la CNDP sur le fondement de l'article L. 121-17 du code de l'environnement. Le 6 mai 2026, la commission désigne Jacques Finetti et Jean-Michel Fourniau comme garants[26][41]. La concertation se tient du 28 septembre au 28 novembre 2026 sur l'ensemble du territoire concerné[30][31].
Projets internationaux
modifierFinlande
modifierLa Finlande, où le chauffage urbain est très développé et où plusieurs villes étudient le recours à des petits réacteurs pour remplacer leurs centrales à combustion, constitue l'un des principaux marchés visés par l'entreprise[42][16].
À Kuopio, l'énergéticien municipal Kuopion Energia étudie un petit réacteur nucléaire pour remplacer l'unité Haapaniemi 2, dont la fin d'exploitation est prévue vers 2035. Deux sites, à Sorsasalo et Hepomäki, ont été retenus pour l'évaluation environnementale, conduite principalement avec la société finlandaise Steady Energy[43][44]. Calogena y est citée en 2026 comme l'autre fournisseur envisagé, avec son réacteur de 30 MW[42][44].
À Helsinki, l'énergéticien municipal Helen a lancé en 2025 un appel d'offres pour sélectionner le fournisseur d'un petit réacteur destiné à son réseau de chaleur[45]. Calogena est candidate à cette procédure[11][46].
Union européenne : projet CityHeat
modifierLe projet CityHeat, porté conjointement par Calogena et Steady Energy, fait partie des neuf projets retenus en octobre 2024 pour constituer le premier groupe de travail de projets (Project Working Groups) de l'Alliance industrielle européenne pour les petits réacteurs modulaires, à l'issue d'un appel ayant recueilli vingt-deux candidatures[8][47][48]. Cette sélection ne s'accompagne pas d'un financement direct de l'Alliance[8]. Le tableau de bord de la task force SMR de l'ENSREG, groupe des autorités de sûreté européennes, recense le CAL30 au titre de CityHeat comme en phase de pré-instruction en France et d'examen préparatoire achevé en Finlande[49].
Europe centrale et orientale
modifierLe 4 juin 2026, Veolia et Calogena signent à l'ambassade de France à Prague un protocole de coopération visant à évaluer le déploiement de la technologie de Calogena dans les réseaux de chauffage urbain d'Europe centrale et orientale[29][35]. En République tchèque, l'entreprise travaille également avec Škoda JS sur le circuit primaire du réacteur[35][22].
Sûreté et réglementation
modifierFrance
modifierLa première demande d'avis sur les options de sûreté du CAL30, déposée le 31 octobre 2024 et modifiée le 20 juin 2025, porte notamment sur la diversification des systèmes d'arrêt. Trois demandes complémentaires portant sur d'autres options de sûreté sont déposées le 23 décembre 2025, le 6 janvier 2026 et le 11 mai 2026[9]. Après une expertise technique publiée en février 2026[33] et la consultation, en mars 2026, du groupe transverse des réacteurs innovants, l'ASNR rend son avis sur la première demande le 19 mai 2026[34].
L'autorité y juge la démarche de diversification « globalement satisfaisante », tout en estimant qu'elle peut être renforcée. La fiabilité de l'option retenue devra être consolidée par des éléments détaillés de conception, de qualification et d'essais. [28][34].
La construction d'un réacteur CAL30 en France nécessitera une autorisation de création d'installation nucléaire de base, délivrée par décret après instruction par l'ASNR et enquête publique[28][40].
Finlande
modifierEn Finlande, la STUK a mené en 2025 une évaluation préliminaire du concept CAL-30, achevée en décembre 2025. L'autorité a transmis ses observations à l'entreprise pour la suite de la conception et indique utiliser cette expérience pour préparer l'évaluation de conception conceptuelle prévue par la réforme de la loi finlandaise sur l'énergie nucléaire[17][49][14].
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Site officiel
- Page de la concertation préalable sur le site de la CNDP
- Avis de l'ASNR sur les systèmes d'arrêt du CAL-30
Notes et références
modifier- 1 2 3 Elsa Bembaron, « Le groupe familial Gorgé mise sur le nucléaire pour chauffer les villes », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le )
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- 1 2 3 Elsa Bembaron, « France 2030 : 77 millions d'euros pour les petits réacteurs nucléaires », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le )
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- 1 2 Elsa Bembaron, « La ville d'Helsinki prête à se chauffer au nucléaire, le français Calogena en lice », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 Juliette Raynal, « Petit réacteur nucléaire : Calogena décroche le site de Cadarache et un nouveau financement », La Tribune, (lire en ligne, consulté le )
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