Jeanne Huc-Mazelet, née le à Morges, morte le à Tolochenaz, est préceptrice à Saint-Pétersbourg auprès de la cour du Tsar Alexandre Ier[1].

Jeanne Huc-Mazelet
Biographie
Naissance
Décès
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TolochenazVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Biographie

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Jeunesse

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Jeanne Huc-Mazelet (1765-1852) est de religion protestante. Fille de Jaques, médecin et pharmacien, et de Marie Saucon. Sœur ainée de Jean David. Elle reste célibataire jusqu'à la fin sa vie.

En été 1790, Jeanne Huc-Mazelet, âgée de 25 ans, issue d'un milieu de commerçants peu fortunés mais cultivés, quitte les rives du Léman pour celles de la Neva, le fleuve qui traverse Saint-Pétersbourg. Sa mission : être la gouvernante de la grande-duchesse Marie Pavlovna, 4 ans et demi, petite-fille de l'impératrice Catherine II, cinquième enfant et troisième fille de l'archiduc Paul.

La Russie des Tsars

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De 1790 à 1804, Jeanne est la préceptrice à Saint-Pétersbourg, de la grande-duchesse Marie Pavlovna, sœur du Tsar Alexandre Ier[1] et future épouse du prince héritier de Saxe-Weimar. Fin 1813, elle prend part aux démarches entreprises auprès du tsar pour défendre la neutralité suisse et empêcher la rétrocession de Vaud et de l'Argovie aux Bernois[2]. Elle séjourne souvent à Weimar où elle se lia d'amitié avec Charlotte Schiller, la femme de l'écrivain.

En 1790, la Morgienne Jeanne Huc-Mazelet (1765-1852) quitte son Pays de Vaud natal pour rejoindre la cour des tsars en qualité de gouvernante. Durant quatorze ans, elle se consacre à l’éducation de la grande-duchesse Marie Pavlovna, petite-fille de l’impératrice Catherine de Russie. Elle correspond durant toute cette période avec sa famille et tient un journal (1791-1793) qu’elle adresse à son frère Jean-David. Déposé à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne, ce corpus de sources inédites fait l’objet d’une édition scientifique en 2025[3].

La Vaudoise, qui en partant ne connait ni la durée de son « exil » ni le montant de son salaire, pense passer quelques années en Russie. Elle s'y consacre près de quinze ans de sa vie, connaît trois monarques – Catherine II, son fils Paul Ier et son petit-fils Alexandre Ier – sans se départir de son rôle d'observatrice discrète et attentive. Sa riche correspondance avec sa famille fait l'objet d'un livre de la collection Ethno Doc, qui sort de l'ombre sa destinée aussi bien que les coulisses de la vie de l'une des plus grandes cours du Siècle des Lumières.

Dans les ors des palais impériaux, la jeune et modeste Morgienne qui veut « devoir [sa] fortune à [son] mérite et point à une épousaille » va surtout développer une extraordinaire relation d'amitié et de confiance avec sa future pupille, la future princesse éclairée de Saxe-Weimar-Eisenach, amie des arts et des sciences. Jusqu'à la mort de sa « Jeannette » le , sa « meilleure amie », Marie Pavlovna lui témoigne une affection et une reconnaissance infinies[4].

Le Retour

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Le , Jeanne prend le chemin du retour et arrive le à Morges. Dès lors, elle s'installe à Tolochenaz, dans la propriété que son travail à la cour lui permet d'acquérir et termine sa vie dans ce havre de paix. Elle correspond régulièrement avec la Grande Duchesse Maie Pavlovna, jusqu'à son décès en 1852.

  • Il est à relever qu'au XVIIIe ainsi qu'au XIXe siècle, les aristocrates allemands et russes confiaient volontiers leurs enfants à des précepteurs ou des gouvernantes suisses romands. La raison en est que le français était la langue des gens bien nés[5].
  • Des textes présentés et annotés par des spécialistes, qui permettent d'en savoir plus sur le contexte et les personnages croisés par Mlle Mazelet, de la petite colonie de compatriotes expatriés qu'elle fréquente – dont bien sûr son protecteur Frédéric-César de La Harpe, précepteur du futur empereur Alexandre Ier – à l'élite aristocratique qu'elle frôle.
  • D'une manière générale, la Suisse a une longue histoire d'avoir des précepteurs et des gouvernantes, particulièrement au XIXe siècle, où des nobles russes et allemands engageaient des précepteurs et des gouvernantes suisses pour éduquer leurs enfants, notamment en langue française. Ces éducateurs ont joué un rôle significatif dans l'éducation des enfants de l'aristocratie russe, se spécialisant dans des matières comme l'étiquette de la cour et les arts. Bien que le rôle de précepteur et de gouvernante ne soit plus aussi courant qu'auparavant, la Suisse est toujours réputée pour son système éducatif et offre des opportunités d'emploi dans l'enseignement.

Notes et références

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  1. 1 2 Boris Anelli, « JeanneHuc-Mazelet », sur DHS, (consulté le )
  2. ↑ (de) Christophe Seiler et Andreas Steigmeier, Geschichte des Aargauer, Aarau, AT VERLAG, , 240 p. (ISBN 3-85502-410-3), p. 88-89
  3. ↑ Nathalie Dahn-Singh, « CR11 Jeanne HUC-MAZELET, Je suis moi, ils sont eux. », sur Société Vaudoise d'histoire et d'archéologie, (consulté le )
  4. ↑ Gilles Simond, « Une jeune Morgienne à la cour de Catherine II de Russie », 24 Heures,‎ , Rubrique Histoire (lire en ligne)
  5. ↑ Benjamin Chaix, « Quand les précepteurs suisses s'arrachaient », Tdg (Tribune de Genève),‎ 24 août 2018 (mis à jour 25 ao^t 2018), Accueil / Savoirs / Histoire (lire en ligne)

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (de) Christophe Zeller et Andreas Steinmeier, Geschichte des Aargaus, Aarau, AT VERLAG, , 240 p. (ISBN 3-85502-410-3), p. 88-89
  • Ethno-Doc, Je suis moi, ils sont eux, Lettres et journal d'une gouvernante à la cour de Russie 1790-1804, Ethno-Doc, Lausanne, Suisse, Editions d'en-bas, , 256 p. (ISBN 978-2-8290-0584-8)
  • L'appel de l'Est, Précepteurs et gouvernantes suisses àmla Cour de Russie (1760-1820), 54 p. Université de Lausanne (ISBN 978-2-8399-2256-82) p. 33

Liens externes

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