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(ar)الطريقة السنوسية
1843–1917
Bannière senoussie |
| Statut | Pouvoir confrérique héréditaire, sous suzeraineté nominale ottomane (jusqu'en 1912) |
|---|---|
| Capitale |
Al-Bayda (1843-1856) Al-Jaghboub (1856-1895) Koufra (1895-1899) Gouro (1899-1902) Koufra (1902-1917) |
| Religion | Islam sunnite (soufisme, Sanousiyya) |
| 1843 | Fondation de la zaouïa d'Al-Bayda |
|---|---|
| 1856 | Transfert du siège à Al-Jaghboub |
| 1895 | Transfert du siège à Koufra |
| 1911 | Invasion italienne de la Libye |
| 1917 | Accords d'Acroma |
Entités précédentes :
Entités suivantes :
Le cheikat senousside de Cyrénaïque désigne l'ensemble politique, religieux, économique et territorial constitué entre 1843 et la fin de la Première Guerre mondiale par la confrérie soufie de la Sanousiyya (ou Senoussiya, السنوسية) en Cyrénaïque et dans le Sahara oriental. Fondée par le savant d'origine algérienne Mohammed ben Ali al-Senoussi, dit « le Grand Senoussi », la confrérie a progressivement superposé à l'administration nominale de l'Empire ottoman un véritable réseau de pouvoir, appuyé sur des loges religieuses (les zaouïas), sur l'allégeance des tribus bédouines et sur le contrôle des pistes caravanières reliant la Méditerranée au Ouaddaï et au bassin du lac Tchad[1][2].
Sans jamais se proclamer État souverain au sens européen du terme, la Sanousiyya a exercé dans ces régions des fonctions habituellement réservées à un État : justice, enseignement, perception de contributions, arbitrage des conflits tribaux, sécurité des routes, relations extérieures et, à partir de 1902, conduite de la guerre. L'anthropologue britannique Edward Evan Evans-Pritchard, qui l'étudia de l'intérieur pendant la Seconde Guerre mondiale, y voyait l'exemple d'un ordre religieux devenu, par sa fusion avec le système tribal bédouin, l'armature politique de toute une région[3].
L'entité, dont les centres successifs furent Al-Bayda, Al-Jaghboub, Koufra puis Gouro, affronta successivement la France au Tchad (1901-1913), l'Italie en Libye (à partir de 1911) et le Royaume-Uni en Égypte (1915-1917). Les accords d'Acroma (1917) puis d'al-Rajma (1920) transformèrent ce pouvoir confrérique en un émirat reconnu par l'Italie, l'Émirat de Cyrénaïque, dont le chef, Mohammed Idris al-Senoussi, devint en 1951 le premier roi de la Libye indépendante.
Terminologie
modifierLe terme de « cheikat » renvoie au titre de cheikh porté par les chefs de la confrérie et par les responsables de ses loges. Les sources de l'époque ne désignent cependant pas cette entité par un nom d'État : les textes arabes parlent de la ṭarīqa al-sanūsiyya (« la voie senoussie ») ou des zawāyā (« les loges »), tandis que les administrations ottomane, française, italienne et britannique utilisent les expressions de « confrérie », d'« ordre » ou de « secte » senoussie[4]. Les historiens modernes emploient selon les cas les termes de « confrérie-État », d'« État confrérique » ou d'« État théocratique », en soulignant le caractère hybride d'une organisation qui n'avait ni frontières fixes ni administration bureaucratique, mais qui s'imposait aux populations comme l'autorité de référence[5].
Les graphies du nom varient fortement en français : Senoussi, Sénoussi, Senousi, Sanûsî, Sanusi ; de même pour la confrérie : Senoussiya, Sanousiyya, Sanûsiyya. L'adjectif « senousside » est construit sur le modèle de dynastie (comme « abbasside » ou « fatimide ») et désigne ici à la fois la famille dirigeante, la famille Al-Sanoussi, et le pouvoir qu'elle exerçait.
Contexte
modifierLa Cyrénaïque ottomane au début du XIXe siècle
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Au début du XIXe siècle, la Cyrénaïque est une province périphérique de la régence de Tripoli, gouvernée jusqu'en 1835 par la dynastie semi-autonome des Karamanli. Après le rétablissement de l'autorité directe d'Istanbul en 1835, la région devient un sandjak, puis une mutasarrifiya rattachée tantôt à Tripoli, tantôt directement à la capitale. L'autorité ottomane se limite toutefois aux villes côtières, en particulier Benghazi et Derna, et à quelques garnisons ; l'intérieur — le plateau du Djebel Akhdar, les steppes du sud et le désert libyque — reste dominé par les tribus bédouines[6].
Ces tribus, d'origine arabe hilalienne et sulaymide, se divisent en deux grands ensembles : les tribus « libres » dites Saʿādī, qui revendiquent la propriété de la terre et de l'eau, et les tribus clientes dites Murābiṭīn, installées sur les terres des premières contre redevance ou protection. Parmi les tribus saʿādī figurent notamment les ʿAwāqīr, les Magharba, les ʿAbaydāt, les Ḥāsa, les Barāʿaṣa, les Darsa et les ʿAylat Fāyid[3]. Chacune est elle-même fractionnée en sections et sous-sections selon un modèle que l'anthropologie a qualifié de « segmentaire » : en l'absence d'autorité centrale, l'équilibre entre groupes rivaux repose sur la menace de la vendetta et sur la médiation de personnages religieux[3].
Le renouveau soufi et l'enseignement d'Ahmad ibn Idris
modifierLe monde musulman connaît, à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, un vaste mouvement de réforme des confréries soufies, souvent qualifié par les historiens de « néo-soufisme ». Ces nouvelles ṭuruq mettent l'accent sur l'union spirituelle avec le Prophète, sur l'étude directe du Coran et des hadiths, sur le rejet de l'imitation aveugle (taqlīd) des écoles juridiques et sur une organisation plus centralisée[5]. La figure centrale de ce mouvement est le maître marocain Ahmad ibn Idris al-Fasi (1760-1837), installé à La Mecque puis au Yémen, dont l'enseignement donne naissance à plusieurs confréries : la Khatmiyya au Soudan, la Rachidiyya, et la Sanousiyya.
Fondation (1837-1859)
modifierMohammed ben Ali al-Senoussi
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Mohammed ben Ali al-Senoussi naît vers 1787 près de Mostaganem, dans l'ouest de l'actuelle Algérie, dans une famille se réclamant d'une ascendance chérifienne remontant au Prophète par les Idrissides. Il étudie d'abord dans sa région natale, puis à Fès, alors l'un des principaux centres intellectuels du Maghreb, avant de voyager vers l'est. Après un séjour au Caire, où ses positions sur l'ijtihad (l'effort d'interprétation personnelle) lui valent l'hostilité d'une partie des oulémas d'Al-Azhar, il rejoint La Mecque et devient le disciple d'Ahmad ibn Idris[5][7].
Lors de son voyage vers les lieux saints, vers 1830, il traverse la Tripolitaine et le Fezzan, où tribus et villes lui rendent déjà hommage sous le nom de « Grand Senoussi » (al-Sanūsī al-Kabīr)[1]. À la mort de son maître en 1837, il fonde sa propre confrérie et établit sa première loge sur le mont Abu Qubays, qui domine La Mecque[1][8].
L'installation en Cyrénaïque
modifierL'opposition des autorités religieuses et politiques de La Mecque, et notamment des oulémas proches du chérifat, pousse le Grand Senoussi à quitter l'Arabie en 1841. Le retour en Algérie est rendu impossible par la conquête française : il s'arrête plusieurs mois dans l'oasis égyptienne de Siwa, puis s'établit en Cyrénaïque[8]. En 1843, il y fonde sur le plateau du Djebel Akhdar, non loin des ruines de l'antique Cyrène, la Zāwiya al-Bayḍāʾ (la « Loge blanche »), première loge senoussie d'Afrique et premier centre du futur réseau[1][8]. Ce site a donné son nom à la ville moderne d'Al-Bayda.
Le choix de la Cyrénaïque répond à plusieurs logiques. La région est suffisamment éloignée des centres du pouvoir ottoman et égyptien pour offrir une grande liberté d'action ; elle est peuplée de tribus nomades encore faiblement islamisées dans leurs pratiques, et donc réceptives à une prédication réformiste ; enfin elle occupe une position de carrefour entre le Maghreb, l'Égypte, le Hedjaz et le Soudan au sens historique du terme[3].
Doctrine et règle de vie
modifierLa doctrine senoussie s'inscrit dans le courant réformiste issu d'Ahmad ibn Idris. Elle rejette les pratiques extatiques de nombreuses confréries maghrébines — danse, musique, transes, automutilations — et prône un retour à la simplicité de l'islam des origines[8]. Le Grand Senoussi interdit l'usage des stimulants comme le tabac et le café, prohibe la mendicité et la pauvreté volontaire et exige au contraire que les membres de l'ordre travaillent et vivent du fruit de leur labeur[1]. Le travail agricole, l'artisanat et le commerce sont valorisés comme des formes d'adoration.
Sur le plan juridique, la Sanousiyya suit le rite malikite dominant au Maghreb, tout en revendiquant le droit à l'ijtihad. Cette position, qui lui valut l'accusation d'hétérodoxie de la part de certains oulémas d'Égypte et du Hedjaz, est exposée par le fondateur dans plusieurs ouvrages, parmi lesquels Al-Masāʾil al-ʿashar et Īqāẓ al-wasnān[5]. La spiritualité de l'ordre est centrée sur la « voie muhammadienne » (al-ṭarīqa al-muḥammadiyya) : le disciple cherche moins l'union mystique avec Dieu que la proximité spirituelle avec le Prophète, par l'étude de sa vie et de ses paroles[8].
Le transfert à Al-Jaghboub
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En 1856, le Grand Senoussi transfère le siège de la confrérie à Al-Jaghboub, une petite oasis isolée située à environ 250 km au sud du littoral, près de l'actuelle frontière égyptienne. Le choix de ce site, à l'écart des villes côtières où s'exerce le contrôle ottoman, mais sur la route des pèlerins et des caravanes entre le Maghreb et l'Égypte, traduit la volonté d'autonomie de l'ordre[1].
Al-Jaghboub devient la capitale intellectuelle et spirituelle de la confrérie. Le fondateur y crée une grande mosquée, une bibliothèque réputée et une école (souvent qualifiée d'« université ») où sont formés les futurs responsables de loges ainsi que les missionnaires destinés au Sahara et à l'Afrique subsaharienne[1][9]. L'enseignement comprend les sciences religieuses classiques — exégèse, hadith, droit — mais aussi des savoirs pratiques. Mohammed ben Ali al-Senoussi meurt à Al-Jaghboub en 1859, où il est inhumé ; son tombeau devient un lieu de pèlerinage majeur pour les fidèles de l'ordre[1].
L'apogée sous Mohammed al-Mahdi (1859-1902)
modifierSuccession et régence
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À la mort du fondateur, la direction de la confrérie revient à son fils aîné, Mohammed al-Mahdi (1844-1902), alors âgé d'une quinzaine d'années. Pendant ses premières années, l'ordre est dirigé de fait par un conseil composé des principaux disciples du Grand Senoussi, qui assurent la continuité de l'œuvre de leur maître[5]. Son frère cadet, Mohammed al-Charif, se consacre principalement à l'enseignement à Al-Jaghboub.
Le titre de mahdī porté par le nouveau chef nourrit très tôt les spéculations des observateurs européens, qui y voient la promesse d'une insurrection messianique comparable à celle qui éclate au Soudan en 1881 avec Muhammad Ahmad. Les historiens considèrent aujourd'hui qu'il s'agissait d'un prénom et que Mohammed al-Mahdi refusa expressément de se joindre au mouvement mahdiste soudanais, dont il désapprouvait les méthodes[4]. Une partie des fidèles le tenait néanmoins pour le mahdī attendu[1].
L'expansion du réseau
modifierSous la direction de Mohammed al-Mahdi, la confrérie atteint l'apogée de son influence[1]. Les loges se multiplient en Cyrénaïque, où elles finissent par couvrir l'ensemble du territoire tribal, mais aussi en Tripolitaine, au Fezzan, dans le désert occidental égyptien, au Hedjaz et surtout vers le sud, le long des routes caravanières qui traversent le Sahara. En 1902, à la mort de Mohammed al-Mahdi, la confrérie compte 146 loges réparties entre l'Afrique et l'Arabie[1][8], et exerce son influence sur la quasi-totalité des Bédouins de Cyrénaïque[1].
Dès 1883, le géographe français Henri Duveyrier consacre à la confrérie un mémoire alarmiste, La confrérie musulmane de Sîdi Moḥammed ben ʿAlî es-Senoûsî et son domaine géographique, qui en fait un ennemi juré de l'influence européenne en Afrique et contribue à forger l'image d'une « puissance occulte » saharienne[10][4].

Le transfert à Koufra (1895)
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En 1895, Mohammed al-Mahdi quitte Al-Jaghboub pour Koufra, un groupe d'oasis situé à environ 650 km plus au sud, au cœur du désert libyque[1]. Plusieurs raisons expliquent ce déplacement : la volonté de s'éloigner de la surveillance ottomane et de la pression européenne qui s'exerçait sur la côte ; le souhait de se rapprocher des régions sahéliennes où la confrérie menait l'essentiel de son œuvre missionnaire ; enfin le contrôle de la grande route caravanière reliant Benghazi au Ouaddaï, dont Koufra constituait l'étape principale.
Les oasis de Koufra, peuplées par les Zuwayya qui les avaient conquises sur les Toubous au cours du XIXe siècle, deviennent alors le siège du pouvoir senoussi. Une importante zaouïa est établie à El Tag, sur une hauteur dominant les palmeraies[3]. La ville sainte de Koufra, longtemps fermée aux Européens, fascine les explorateurs : la Britannique Rosita Forbes et l'Égyptien Ahmed Hassanein y parviennent en 1921, au terme d'une expédition dont ils tirent chacun un récit[11][12].
Vers le Sahara central : Gouro (1899)
modifierEn 1899, Mohammed al-Mahdi se déplace encore vers le sud et installe sa résidence à Gouro (ou Qiru), dans la région du Borkou, au nord de l'actuel Tchad. Ce dernier transfert, à proximité immédiate des zones convoitées par la France, fait de la confrérie un acteur direct de la rivalité coloniale au Sahel[13].
Organisation
modifierLa famille dirigeante
modifierLe pouvoir suprême appartient au chef de la confrérie, désigné par le titre de sayyid ou de cheikh, choisi au sein de la descendance du fondateur. Cette transmission familiale, qui n'est pas strictement fixée par une règle de primogéniture, donne à la direction de l'ordre un caractère dynastique : la famille Al-Sanoussi conserve la tête de la confrérie jusqu'à la chute de la monarchie libyenne en 1969[2]. Les membres de la famille sont entourés d'une vénération qui, selon les observateurs, confine au culte des saints[1].
Les zaouïas
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L'unité de base du système senoussi est la zaouïa (zāwiya, pluriel zawāyā), une loge qui remplit simultanément des fonctions religieuses, éducatives, économiques, judiciaires et politiques. Selon les descriptions de l'époque, les loges servent de centres religieux, d'écoles, de caravansérails, de centres sociaux et commerciaux, de tribunaux et de refuges pour les pauvres[1][8].
Une zaouïa type comprend une mosquée, une école coranique, des logements pour le cheikh, sa famille et les élèves, des chambres pour les hôtes et les voyageurs, des entrepôts, une citerne ou un puits, et souvent un jardin ou des champs. Chaque loge est dirigée par un muqaddam ou cheikh nommé par le chef de la confrérie, assisté d'un wakīl chargé de la gestion matérielle[3].
Le point décisif, souligné par Evans-Pritchard, est l'insertion de la loge dans le système tribal. Lorsqu'une tribu ou une section de tribu sollicitait l'établissement d'une zaouïa, elle lui cédait des terres, des sources et des puits, qui devenaient des biens de mainmorte (waqf) de la confrérie. La loge devenait alors la loge « de » cette tribu, et son cheikh l'arbitre naturel des conflits entre ses sections[3]. Ainsi, la carte des zaouïas reproduisait la structure segmentaire des tribus, et la confrérie se trouvait en mesure de mobiliser l'ensemble des Bédouins au-delà de leurs rivalités internes[2].
Ressources et économie
modifierLes ressources de l'ordre proviennent de plusieurs sources : les revenus des terres et palmeraies des loges, cultivées par les élèves, les esclaves affranchis et les fidèles ; les dons (ziyāra) et la zakat versés par les tribus ; les contributions des pèlerins ; enfin les droits et services liés au commerce caravanier[9]. Le principe du travail obligatoire imposé aux membres de la confrérie contribue à faire des loges des exploitations agricoles productives, notamment dans le Djebel Akhdar et dans les oasis.
Le contrôle des routes caravanières
modifierLa puissance senoussie repose pour une large part sur la sécurisation de la route transsaharienne orientale, qui relie Benghazi à Abéché, capitale du Ouaddaï, par Al-Jaghboub ou Ajdabiya, Koufra et le Borkou-Ennedi. Les loges jalonnent cet itinéraire, offrant eau, ravitaillement, protection et arbitrage aux caravanes. Ce commerce porte sur l'ivoire, les plumes d'autruche, les peaux, et, dans une mesure qui fait débat parmi les historiens, sur les esclaves[4]. Les sultans du Ouaddaï, en particulier le sultan Ali (r. 1858-1874), entretiennent des relations étroites avec la confrérie, ce qui renforce la sécurité de cet axe[14].
La justice
modifierLes cheikhs des zaouïas rendent la justice selon la charia dans le rite malikite, mais aussi selon la coutume tribale (ʿurf), en particulier dans les affaires de terres, de pâturages et de prix du sang. Ce rôle d'arbitre, traditionnellement dévolu aux lignages maraboutiques, devient l'une des principales sources de l'autorité de la confrérie auprès des tribus[3].
L'enseignement
modifierChaque loge comprend une école où les enfants apprennent le Coran, la lecture et l'écriture. Les élèves les plus doués sont envoyés à Al-Jaghboub, puis à Koufra, pour y recevoir une formation supérieure en sciences religieuses[1]. Ce système éducatif contribue à diffuser une culture religieuse homogène dans l'ensemble des territoires sous influence senoussie et à former les cadres de l'ordre.
Territoire et population
modifierUn territoire sans frontières fixes
modifierLe pouvoir senoussi ne s'exerce pas sur un territoire délimité par des frontières linéaires, à la manière des États européens, mais sur un réseau de points — loges, oasis, puits — et sur les populations qui s'y rattachent. Son cœur est la Cyrénaïque, où la confrérie encadre la quasi-totalité des tribus bédouines[1][2]. Autour de ce noyau s'étend une vaste zone d'influence qui comprend, selon les époques, la Syrtique, le sud de la Tripolitaine, le Fezzan, le désert occidental de l'Égypte, le Sahara central et le Hedjaz[2].
On peut distinguer trois cercles. Le premier, la Cyrénaïque et les oasis du désert libyque (Al-Jaghboub, Aujila, Djalo, Koufra), constitue le domaine où l'autorité senoussie est directe et quasi exclusive. Le deuxième, formé par le Fezzan, le Borkou, l'Ennedi, le Tibesti, le Kanem et le Ouaddaï, est une zone d'expansion missionnaire et commerciale, où la confrérie compose avec des pouvoirs locaux — sultans, chefs touaregs et toubous. Le troisième, enfin, rassemble les loges éloignées du Hedjaz, d'Égypte et du Maghreb, qui assurent la présence de l'ordre dans le monde musulman sans lui conférer de pouvoir politique[5][4].
Les populations
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La base sociale de la confrérie est constituée par les tribus arabes bédouines de Cyrénaïque, pasteurs semi-nomades de moutons, de chèvres et de chameaux, qui pratiquent aussi une céréaliculture d'appoint sur le plateau du Djebel Akhdar. Les habitants des oasis — cultivateurs de palmiers-dattiers — et les commerçants des routes caravanières forment un deuxième groupe, tandis que les esclaves et anciens esclaves, nombreux dans les loges du sud, constituent une part importante de la main-d'œuvre agricole[3][4].
Plus au sud, la confrérie recrute parmi les Toubous, les Zaghawa, les populations du Ouaddaï et certaines fractions touarègues. Son implantation dans ces régions, souvent présentée par les sources coloniales comme une domination politique, relève plutôt, selon Triaud, d'une influence religieuse et commerciale négociée avec les pouvoirs en place[14].
Symboles
modifierLa bannière de la confrérie est un drapeau noir frappé d'un croissant et d'une étoile blancs. Ce symbole, arboré sur les zaouïas et porté au combat par les forces senoussies, devient en 1949 le drapeau de l'émirat de Cyrénaïque, puis constitue la partie centrale du drapeau de la Libye adopté en 1951[15]. Abandonné par le régime de Kadhafi en 1969, ce drapeau tricolore rouge, noir et vert est repris par les insurgés lors de la guerre civile libyenne de 2011, puis redevient le drapeau officiel du pays.
Le chef de la confrérie est désigné par les titres de sayyid (« seigneur »), qui souligne sa descendance prophétique, et de al-ustādh (« le maître »). Son nom est invoqué dans les prières des loges, et les fidèles se rendent en visite pieuse (ziyāra) auprès de lui ou des tombeaux de ses prédécesseurs[3].
Relations avec l'Égypte et le Hedjaz
modifierL'Égypte constitue pour la confrérie un débouché commercial et un espace de circulation essentiel. Les loges du désert occidental égyptien — à Siwa notamment — et les communautés de Cyrénaïques installées dans la vallée du Nil assurent le lien avec Le Caire et Alexandrie. Les relations avec les autorités égyptiennes, puis avec l'administration britannique après 1882, restent globalement pacifiques jusqu'en 1915[16]. C'est en Égypte que Mohammed Idris passe la majeure partie de son exil et qu'il prépare, pendant la Seconde Guerre mondiale, son alliance avec le Royaume-Uni[15].
Le Hedjaz, berceau de la confrérie, conserve quant à lui un rôle symbolique majeur. Les loges de La Mecque, de Médine et de Taïf accueillent les pèlerins venus des territoires senoussis et maintiennent le rayonnement de l'ordre dans le monde musulman. C'est à Médine que meurt Ahmed al-Charif en 1933[16].
Relations avec l'Empire ottoman
modifierLes relations entre la confrérie et l'Empire ottoman sont ambivalentes. D'un côté, la Sanousiyya reconnaît l'autorité du calife ottoman et ne cherche pas à renverser l'administration de la Porte ; de l'autre, elle se constitue en pouvoir parallèle dans l'intérieur du pays. Les autorités ottomanes, qui n'ont pas les moyens d'administrer directement les tribus bédouines, trouvent dans la confrérie un relais utile pour le maintien de l'ordre[6].
Les loges senoussies bénéficient d'exemptions fiscales accordées par la Porte, et la confrérie se voit reconnaître un droit de regard sur les affaires tribales[9]. Sous le règne d'Abdülhamid II (1876-1909), la politique panislamique du sultan rapproche Istanbul de la confrérie, que le pouvoir ottoman considère comme un rempart contre l'expansion européenne en Afrique[6]. Cette convergence se confirme en 1911, lorsque l'Italie envahit la Libye : la confrérie combat alors aux côtés des troupes ottomanes.
La confrontation avec la France au Sahara (1901-1913)
modifierLe contexte de la course au Tchad
modifierÀ la fin du XIXe siècle, la France cherche à relier ses possessions d'Afrique du Nord et de l'Ouest à celles d'Afrique centrale par le bassin du lac Tchad. La défaite et la mort du conquérant Rabah à la bataille de Kousséri, en avril 1900, ouvrent aux colonnes françaises la région du Kanem, où la Sanousiyya avait établi des loges[13]. Par la convention franco-britannique de 1899, le Royaume-Uni avait reconnu à la France une zone d'influence qui englobait une grande partie des territoires où la confrérie était implantée.
Bir Alali et la guerre « oubliée »
modifierMohammed al-Mahdi, qui avait jusque-là évité tout conflit ouvert avec les puissances européennes, proclame le djihad contre l'expansion française au Soudan central : c'est la première confrontation de la confrérie avec une puissance européenne[1]. Les forces senoussies et leurs alliés touaregs et toubous affrontent les troupes françaises dans le Kanem. Le 20 janvier 1902, les Français s'emparent de la zaouïa fortifiée de Bir Alali, principal centre senoussi de la région[13].
Mohammed al-Mahdi meurt quelques mois plus tard, en 1902, à Gouro. L'historien Jean-Louis Triaud a qualifié ce conflit de « guerre franco-libyenne oubliée », en soulignant qu'il fut largement ignoré par l'historiographie coloniale française, qui préférait présenter la Sanousiyya comme une puissance occulte plutôt que comme un adversaire militaire organisé[13].
La poursuite des hostilités
modifierLe nouveau chef de la confrérie, Ahmed al-Charif, poursuit la lutte, mais la supériorité militaire française s'impose progressivement. Les postes senoussis du Borkou, de l'Ennedi et du Tibesti tombent les uns après les autres. La prise d'Aïn Galakka, dans le Borkou, en novembre 1913, marque la fin de la présence senoussie organisée au nord du Tchad[4]. La campagne contre les Français échoue et entraîne la destruction de nombreuses loges senoussies en Afrique de l'Ouest et centrale[1].
Ahmed al-Charif et la guerre contre l'Italie (1902-1917)
modifierLa régence d'Ahmed al-Charif
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À la mort de Mohammed al-Mahdi en 1902, son fils Mohammed Idris n'est âgé que d'une douzaine d'années. La direction de l'ordre est confiée à son cousin Ahmed al-Charif al-Senoussi (1873-1933), fils de Mohammed al-Charif, en qualité de régent[1]. Ahmed al-Charif ramène le siège de la confrérie à Koufra et réorganise ses forces.
L'invasion italienne (1911)
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En septembre 1911, l'Italie déclare la guerre à l'Empire ottoman et débarque en Tripolitaine et en Cyrénaïque : c'est le début de la guerre italo-turque. Les troupes italiennes s'emparent rapidement des villes côtières — Tripoli, Benghazi, Derna, Tobrouk — mais se heurtent à l'intérieur à une résistance acharnée, menée conjointement par les officiers ottomans, parmi lesquels Enver Pacha et Mustafa Kemal, et par les tribus mobilisées par la Sanousiyya[16].
Par le traité d'Ouchy d'octobre 1912, l'Empire ottoman renonce à la Libye au profit de l'Italie. La Sanousiyya refuse de reconnaître ce traité et poursuit la guerre seule en Cyrénaïque. Le départ des troupes ottomanes fait d'Ahmed al-Charif le principal chef politique et militaire de la résistance cyrénaïque : la confrérie prend alors des caractères étatiques plus marqués, avec la levée de contributions, l'organisation de dawr (camps militaires permanents) et la conduite de relations diplomatiques autonomes[3][16].
La campagne d'Égypte (1915-1917)
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Au début de la Première Guerre mondiale, l'Empire ottoman et l'Empire allemand cherchent à ouvrir un front contre les Britanniques à la frontière occidentale de l'Égypte. Sous la pression des officiers ottomans présents à ses côtés, dont Nouri Pacha, frère d'Enver, et l'officier égyptien Aziz al-Masri, Ahmed al-Charif accepte, à la fin de 1915, de lancer ses troupes contre l'Égypte britannique[16].

Les forces senoussies s'emparent de Salloum et avancent jusqu'à Marsa Matruh. La campagne Senussi tourne cependant rapidement en faveur des Britanniques, qui disposent de troupes nombreuses, d'automobiles blindées et d'aviation. En février 1916, les Senoussis sont battus à Agagia ; les Britanniques reprennent Salloum en mars. Au début de 1917, une colonne motorisée britannique reprend l'oasis de Siwa, dernier bastion senoussi en territoire égyptien[16].

Cette défaite discrédite Ahmed al-Charif auprès des tribus cyrénaïques, épuisées par la guerre et coupées de leurs débouchés commerciaux vers l'Égypte par le blocus britannique. Il abandonne progressivement la direction des affaires politiques à Mohammed Idris, qui avait entamé des contacts avec les Britanniques dès 1916[6]. En 1918, Ahmed al-Charif quitte la Libye à bord d'un sous-marin allemand et se réfugie à Istanbul. Il meurt à Médine en 1933[16].


En Turquie, Ahmed al-Charif soutient la lutte nationale menée par Mustafa Kemal en Anatolie ; son prestige religieux est mis au service de la mobilisation contre les puissances de l'Entente.
Les accords d'Acroma (1917)
modifierEn avril 1917, Mohammed Idris conclut avec les représentants de l'Italie et du Royaume-Uni les accords d'Acroma (ou d'Akrama), qui mettent fin aux hostilités. L'Italie reconnaît de fait l'autorité de la confrérie sur l'intérieur de la Cyrénaïque, tandis que les Senoussis renoncent à attaquer les positions italiennes sur la côte. Le commerce avec l'Égypte est rouvert[6][16]. Ces accords marquent la fin du cheikat senousside dans sa forme autonome et confrérique et le début de sa transformation en un émirat reconnu par une puissance coloniale.
Postérité
modifierL'émirat de Cyrénaïque (1920-1923)
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Le 25 octobre 1920, l'accord d'al-Rajma accorde à Mohammed Idris le titre d'émir et lui reconnaît l'administration autonome des oasis de l'intérieur — Al-Jaghboub, Aujila, Djalo, Koufra — avec Ajdabiya pour siège[6]. Cet émirat de Cyrénaïque reçoit une subvention italienne, tandis que les camps armés senoussis doivent être progressivement dissous. Après l'arrivée au pouvoir de Benito Mussolini en octobre 1922, l'Italie dénonce ces accords. Idris, menacé, s'exile en Égypte à la fin de 1922[15].
La résistance d'Omar al-Mokhtar (1923-1931)
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La résistance armée en Cyrénaïque est alors dirigée par Omar al-Mokhtar, cheikh d'une zaouïa senoussie et représentant d'Idris sur le terrain. Pendant près de dix ans, il mène une guérilla contre l'armée italienne en s'appuyant sur le réseau des loges et sur le soutien des tribus[16]. L'Italie répond par une politique de répression systématique conduite par le général Rodolfo Graziani à partir de 1930 : confiscation des biens de la confrérie et fermeture des zaouïas, déportation de la population nomade du Djebel Akhdar dans des camps de concentration, construction d'une barrière de barbelés le long de la frontière égyptienne[16][15].



L'oasis d'Al-Jaghboub, rattachée à la Libye italienne par l'accord italo-égyptien de 1925, est occupée en 1926. En janvier 1931, les troupes italiennes s'emparent de Koufra, dernier sanctuaire senoussi. Capturé en septembre 1931, Omar al-Mokhtar est jugé sommairement et pendu le 16 septembre 1931 à Soluq, devant des milliers de détenus rassemblés. Sa mort marque la fin de la résistance armée en Cyrénaïque[16].
Le retour d'Idris et le royaume de Libye
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Pendant la Seconde Guerre mondiale, Mohammed Idris s'allie au Royaume-Uni et met sur pied une force arabe libyenne, recrutée parmi les exilés cyrénaïques, qui combat dans le cadre de la guerre du désert en échange de la promesse britannique que la Cyrénaïque ne retournerait pas sous domination italienne[15]. Après la défaite de l'Axe, la région est placée sous administration militaire britannique. En 1949, avec l'appui britannique, Idris proclame l'émirat de Cyrénaïque[15].
Le , la Cyrénaïque, la Tripolitaine et le Fezzan sont réunies au sein du Royaume-Uni de Libye, dont Idris devient le roi sous le nom d'Idris Ier[2]. Le drapeau du nouvel État, frappé du croissant et de l'étoile blancs sur fond noir hérités de la bannière senoussie, encadrés de bandes rouge et verte, témoigne de la filiation entre la confrérie et la monarchie. Le roi est renversé par le coup d'État militaire mené par Mouammar Kadhafi le [2][8]. Le nouveau régime s'efforce ensuite de marginaliser l'héritage politique senoussi[15].
Historiographie
modifierLa « légende noire »
modifierPendant plusieurs décennies, la Sanousiyya a fait l'objet en Europe, et particulièrement en France, d'une abondante littérature présentant la confrérie comme une société secrète fanatique, hostile par principe à tout Européen et capable de soulever l'ensemble du monde musulman. Cette image, alimentée par le mémoire de Duveyrier et par les rapports des militaires et des administrateurs coloniaux, a été analysée par Jean-Louis Triaud dans La légende noire de la Sanûsiyya (1995), qui montre comment les peurs coloniales ont façonné une représentation largement imaginaire de la confrérie[4].
Les travaux anthropologiques et historiques
modifierL'ouvrage d'Evans-Pritchard, The Sanusi of Cyrenaica (1949), fondé sur l'expérience de l'auteur comme officier de liaison britannique auprès des tribus cyrénaïques pendant la guerre, propose une interprétation anthropologique de la puissance senoussie : la confrérie aurait réussi parce qu'elle s'était coulée dans la structure segmentaire des tribus, offrant à la société bédouine l'unité politique qu'elle ne pouvait se donner elle-même[3]. Cette analyse, longtemps dominante, a été nuancée par des historiens comme Knut Vikør, qui insiste sur la dimension intellectuelle et religieuse de l'œuvre du fondateur[5], ou Ali Abdullatif Ahmida, qui replace la résistance senoussie dans l'histoire sociale et économique de la Libye[16].
Galerie
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 (en) Helen Chapin Metz (dir.), « Libya: A Country Study – The Sanusi Order », GPO for the Library of Congress, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 (en) « Sanūsiyyah », sur Encyclopædia Britannica (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 (en) Edward Evan Evans-Pritchard, The Sanusi of Cyrenaica, Oxford, Clarendon Press, , 240 p..
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Jean-Louis Triaud, La légende noire de la Sanûsiyya : une confrérie musulmane saharienne sous le regard français (1840-1930), vol. 2 vol., Paris / Aix-en-Provence, Éditions de la Maison des sciences de l'homme / IREMAM, , 1151 p. (ISBN 2-7351-0584-9).
- 1 2 3 4 5 6 7 (en) Knut S. Vikør, Sufi and Scholar on the Desert Edge: Muhammad b. ʿAli al-Sanusi and his Brotherhood, Londres, Hurst & Company, , 310 p. (ISBN 1-85065-218-X).
- 1 2 3 4 5 6 (en) Lisa Anderson, The State and Social Transformation in Tunisia and Libya, 1830-1980, Princeton, Princeton University Press, (ISBN 0-691-05470-2[à vérifier : ISBN invalide]).
- ↑ (en) « al-Sanūsī – Islamic religious leader », sur Encyclopædia Britannica (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Stephen Epstein, « The Sanusi », Expedition Magazine, Penn Museum, vol. 29, no 1, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 (en) Nicola A. Ziadeh, Sanūsīyah: A Study of a Revivalist Movement in Islam, Leyde, E. J. Brill, .
- ↑ Henri Duveyrier, La confrérie musulmane de Sîdi Moḥammed ben ʿAlî es-Senoûsî et son domaine géographique en l'année 1300 de l'hégire = 1883 de notre ère, Paris, Société de géographie, .
- ↑ (en) Rosita Forbes, The Secret of the Sahara: Kufara, Londres, Cassell, .
- ↑ (en) Ahmed Hassanein Bey, The Lost Oases, Londres, Thornton Butterworth, .
- 1 2 3 4 Jean-Louis Triaud, Tchad 1900-1902 : une guerre franco-libyenne oubliée ? Une confrérie musulmane, la Sanûsiyya, face à la France, Paris, L'Harmattan, , 203 p..
- 1 2 Jean-Louis Triaud, « Les « trous de mémoire » dans l'histoire africaine. La Sanûsiyya au Tchad : le cas du Ouaddaï », Outre-mers. Revue d'histoire, no 311, (DOI 10.3406/outre.1996.3427).
- 1 2 3 4 5 6 7 (en) Dirk Vandewalle, A History of Modern Libya, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-61554-1[à vérifier : ISBN invalide]).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 (en) Ali Abdullatif Ahmida, The Making of Modern Libya: State Formation, Colonization, and Resistance, 1830-1932, Albany, State University of New York Press, (ISBN 0-7914-1761-1).
Bibliographie
modifier- Henri Duveyrier, La confrérie musulmane de Sîdi Moḥammed ben ʿAlî es-Senoûsî et son domaine géographique, Paris, Société de géographie,
- (en) Edward Evan Evans-Pritchard, The Sanusi of Cyrenaica, Oxford, Clarendon Press,
- (en) Nicola A. Ziadeh, Sanūsīyah: A Study of a Revivalist Movement in Islam, Leyde, E. J. Brill,
- (en) Lisa Anderson, The State and Social Transformation in Tunisia and Libya, 1830-1980, Princeton University Press,
- Jean-Louis Triaud, Tchad 1900-1902 : une guerre franco-libyenne oubliée ?, Paris, L'Harmattan,
- (en) Ali Abdullatif Ahmida, The Making of Modern Libya, Albany, SUNY Press,
- Jean-Louis Triaud, La légende noire de la Sanûsiyya, Paris, Éditions de la MSH,
- (en) Knut S. Vikør, Sufi and Scholar on the Desert Edge, Londres, Hurst,
- (en) Dirk Vandewalle, A History of Modern Libya, Cambridge University Press,
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- (en) « Sanūsiyyah », sur Encyclopædia Britannica
- (en) « The Sanusi Order », sur Library of Congress Country Studies
- (en) Stephen Epstein, « The Sanusi », sur Penn Museum – Expedition Magazine