Eva Kail

urbaniste autrichienne
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Eva Kail née en 1959 est une urbaniste autrichienne. Dès les années 1990, elle met la question du genre au centre des politiques de développement de la ville. Il s'agit d'une approche de l'urbanisme qui prête attention à la question du genre dans la conception de l'espace public et plus généralement de l'approche intégrée de l'égalité entre les femmes et les hommes (dite gender planning)[1],[2].

Eva Kail
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Biographie

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De 1977 à 1985, Eva Kail étudie l'aménagement du territoire et les sciences régionales à l'Université technique de Vienne. En 1985, elle est ingénieure[3]. Elle travaille comme urbaniste pour la ville de Vienne[2].

En 1991, elle organise une exposition au Messepalast « À qui appartient l'espace public - Les femmes de tous les jours dans la ville »[4]. Cette exposition illustre les parcours et déplacements de huit femmes dans la ville. Une enfant de huit ans, une apprentie photographe de 16 ans, une femme au foyer avec trois enfants, une femme au foyer turque avec deux enfants, une infirmière divorcée et monoparentale avec deux enfants, une étudiante à temps partiel en fauteuil roulant, une travailleuse indépendante âgée et une retraitée, toutes pratiquent la ville avec des contraintes spécifiques[5]. À Vienne, en 1986, environ deux tiers des personnes qui marchent sont des femmes, deux tiers des automobilistes sont des hommes. L'exposition montre les contraintes liées aux transports publics, l'inconfort ressenti par certaines femmes dans les passages souterrains, aux arrêts de transport, le harcèlement de rue[6]. Cette exposition fait grand bruit. La ville de Vienne s'empare du sujet et crée un service dédié : le bureau des femmes (Frauenbüro), qu'Eva Kail dirige de 1992 à 1997[7].

En 1998, le Centre de coordination pour la planification et la construction adaptées au quotidien et aux femmes est créé. Eva Kail le dirige de 1998 à 2024[8].

L'un des premiers projets est le quartier Frauen-Werk-Stadt (de), un complexe résidentiel de 359 logements. Eva Kail a recensé les besoins des futurs résidents par genre[9]. De cette étude, il en ressort que les femmes consacrent plus de temps par jour aux tâches ménagères et à la garde des enfants que les hommes. Le programme va s'attacher à développer davantage les espaces liés aux soins. Le projet, réalisé par les architectes Franziska Ullmann, Liselotte Peretti, Elsa Prochazka (de) et Gisela Podreka, est achevé en 1997. Les immeubles comportent de nombreuses places de stationnement pour les poussettes, de larges cages d'escalier. La hauteur des bâtiments permet de voir ce qui se passe dans la rue et ainsi garder un œil sur les enfants[8]. Les transports en commun, les écoles, les jardins d'enfants, le centre médical et commerces sont accessibles à pied. Ce qui permet aux enfants d'être autonomes dès leur plus jeune âge[9]. La Frauen-Werk-Stadt est la première ville qui prend en compte la dimension de genre dans l'urbanisme. Et c'est une réussite[8].

De 2002 à 2006, Eva Kail travaille sur un projet pilote dans le quartier Mariahilf de Vienne, qui compte 28 000 habitants[8]. Ce projet comprend l'amélioration de l'éclairage public, la priorité donnée aux piétons, l'installation de nouveaux bancs, l'élargissement des trottoirs et la suppression des obstacles pour faciliter la mobilité des parents avec poussettes, des personnes en fauteuil roulant et des personnes âgées[10].

L'intégration de la dimension de genre a également influencé la refonte des parcs après que le service des parcs de Vienne a constaté que la fréquentation des parcs par les filles diminuait après l'âge de neuf ans[11]. Cela a incité le groupe d'urbanisme de la ville à apporter des améliorations, telles que la création d'espaces spéciaux pour le volley-ball et le badminton, et la création de davantage d'éclairage et de bancs[12].

Publications

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  • (de) Wem gehört der öffentliche Raum? : Frauenalltag in der Stadt, Wien, Böhlau, , 187 p. (ISBN 978-3-205-05426-9)
  • (de) Building power : Architektur, Macht, Gender, Vienne, Luftschacht, , 277 p. (ISBN 9783902373779)

Notes et références

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  1. Vianey Lorin, « Vienne, capitale de l’urbanisme « sensible au genre » », Mediapart, (lire en ligne).
  2. 1 2 « Vienne, capitale du « féminisme urbain » ? », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  3. (de) Cathren Landsgesell, « Öffentlicher Raum - Keine rosa Gehwege », sur Wiener Zeitung Online, (consulté le )
  4. Wem gehört der öffentliche Raum: Frauenalltag in der Stadt, Böhlau, coll. « Kulturstudien Sonderband », (ISBN 978-3-205-05426-9)
  5. (de) Presse-Service, « Archivmeldung: "Wem gehört der öffentliche Raum" », sur Presseservice der Stadt Wien, (consulté le )
  6. Oliwia Jackowska et María Novas Ferradás, « Who owns public spaces? The trailblazer exhibition on women’s everyday life in the City of Vienna (1991) », Planning Perspectives, vol. 38, no 2, , p. 253–279 (ISSN 0266-5433, DOI 10.1080/02665433.2022.2074526, lire en ligne, consulté le )
  7. Marjolaine Koch, « À Vienne, le « Gender planning » est entré dans les mœurs », sur Urbanisme, (consulté le )
  8. 1 2 3 4 (en-GB) Elle Hunt, « City with a female face: how modern Vienna was shaped by women », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  9. 1 2 Stephanie Singh, Unsichtbare Frauen: wie eine von Daten beherrschte Welt die Hälfte der Bevölkerung ignoriert, btb-Verl, coll. « btb », (ISBN 978-3-442-71887-0)
  10. (it) « Di come Vienna sia stata plasmata dalle donne per le donne per diventare un esempio di gender equality », sur ELLE, (consulté le )
  11. « Vienne, un modèle de ville inclusive », sur France Culture, (consulté le )
  12. (de) Tina Groll, « Stadtplanung: "Wir müssen das Dorf zurück in die Stadt bringen" », Die Zeit, (ISSN 0044-2070, lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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