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Albert Londe
Fonctions
Maire
Reuil-en-Brie
à partir de
Président
Société d'excursions des amateurs de photographie (d)
-
Lucien Mouton (d)
Secrétaire général adjoint (d)
Société française de photographie
-
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Joseph-Albert LondeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Édouard Londe (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Hôpital de la Salpêtrière (années 1880-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Société française de photographie ()
Société d'excursions des amateurs de photographie (d) ()
Fédération photographique de FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Liste détaillée
Officier d'académie ()
Chevalier de l'ordre de Charles III d'Espagne ()
Officier de l'instruction publique ()
Médaille d'honneur d'argent de l'Assistance publique (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Pyb/Brouillon3
Signature.

Albert Londe, né le à La Ciotat et mort le à Reuil-en-Brie, est un photographe français, reconnu pour ses travaux pionniers dans le domaine de la photographie médicale (en) et de la radiographie.

Biographie

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Albert Londe est né le 26 novembre 1858 à La Ciotat, d'Anne-Marie Bourdon (1839-1922), sans profession, et Édouard Londe (1829-1891), ingénieur civil des mines[1],[2]. Albert est l'aîné de cinq enfants. Il fait ses études à Paris où il obtient un baccalauréat ès lettres en 1875[3] puis il effectue une année de service militaire au 67e régiment d'infanterie en 1877[4],[5]. Sa formation universitaire demeure inconnue, mais en 1880, il travaille au laboratoire de chimie d’Edmond Frémy au Muséum national d'histoire naturelle[6]. Puis deux ans plus tard, il rejoint Jean-Martin Charcot comme préparateur chimiste au laboratoire de la Clinique des maladies du système nerveux à l’hôpital de la Salpêtrière[3]. Il prend la direction du service de photographie en 1884, succédant à Louis Loreau, chargé de réaliser des cires anatomiques et des photographies[7].

Leçon clinique à la Salpêtrière d'André Brouillet en 1887 : Londe est représenté en bas à gauche.

La photographie médicale est alors en plein développement. En 1862, le neurologue Guillaume Duchenne de Boulogne publie deux ouvrages médicaux illustrés de photographies, Album de photographies pathologiques[8] et Mécanismes de la physionomie humaine ou analyse électrophysiologique de l’expression des passions[9]. En 1866, l'hôpital Saint-Louis ouvre le premier laboratoire photographique dans un hôpital français[10]. Le dermatologue Alfred Hardy confie à son interne et futur ophtalmologiste Arthur de Montméja le soin de réaliser des iconographies photographiques à visée pédagogique[11]. Des revues spécialisées apparaissent dans la foulée, comme la Revue photographique des Hôpitaux de Paris publiée par Arthur de Montméja et Jules Rengade en 1869[12]. Jean Martin Charcot confie à Désiré-Magloire Bourneville et Paul Regnard la tâche de photographier les patientes hospitalisées. Ce travail est publié dans l'Iconographie photographique de la Salpêtrière à partir de 1875[10] et conduit à la création d'un service photographique à la Salpêtrière en 1878. Les internes Bourneville et Regnard quittent peu après l'hôpital, remplacés par Louis Loreau.

Albert Londe s'intéresse énormément à la photographie. Depuis 1879, il est membre de la Société française de photographie. Il utilise à partir de 1883 la chronophotographie pour décomposer les mouvements à des fins d'analyse dans le cadre médical. Il participe, aux côtés de Paul Richer[13] et Georges Gilles de la Tourette, à la création en 1888 de la revue Nouvelle Iconographie de la Salpêtrière[14] sous la direction de Jean-Martin Charcot. Dans le texte introductif lançant la revue, il est rappelé la place prépondérante à l'image :

« L'importance que nous accordons au document figuré nous marque donc une place parfaitement délimitée à côté des autres Revues de pathologie nerveuse, des Archives de Neurologie par exemple, dont nous aspirons à être le complément. D’ailleurs la voie nous a été ouverte dans ce sens par une publication de MM. Bourneville et Regnard, L'Iconographie photographique de la Salpêtrière, entreprise avant la fondation de la chaire de clinique et interrompue depuis plusieurs années.

Placés par notre maître à la tête des branches les plus importantes de son service, nous avons en main tous les éléments pour mener à bien cette entreprise. »

Ses expérimentations photographiques sont accompagnées par de nombreuses inventions destinées à améliorer la prise de vue photographique. Entre 1884 et 1896, il dépose de nombreux brevets avec Charles Dessoudeix puis Charles Bazin et Lucien Leroy[15]. Il met au point des obturateurs circulaires, dont un obturateur destiné à la prise de vues stéréoscopiques ou encore un obturateur à objectifs interchangeables. il mène également des recherches sur une échelle de graduation des vitesses d'obturation. Des brevets portent sur les chambres photographiques afin de concevoir une chambre portative à prisme ou une chambre pour photographie instantanée. Il met aussi au point des chronophotographes composés de 9 à 12 « couples objectif-obturateur à déclenchement électrique pouvant être pilotés à distance ou à l’aide d’une horloge afin de décomposer le mouvement. L’équipe du neurologue Charcot utilise ce genre d'appareil pour mieux de comprendre le fonctionnement des crises d’épilepsies et d’hystéries[16].

Photographies de bâillements hystériques, 1890.

Cet autodidacte publie de nombreux articles dans des revues scientifiques et une dizaine d'ouvrages sur la photographie, dont plusieurs feront l'objet de rééditions. Il est notamment l'auteur du premier traité technique de photographie médicale en 1893. à compléter

Comme de nombreux contemporains, les découvertes réalisées par Röntgen inspirent Londe qui voit l'intérêt de cette nouvelle méthode d'illustration médicale. Les rayons X permettent pour la première fois de voir l'intérieur d'un corps humain vivant. Le 7 février 1896, il fait une communication à la Société française de photographie pour rendre compte de ses premières expérimentations[17],[18]. Un an plus tard, il devient directeur du service de radiographie de la Salpêtrière et publie l'année suivante un traité de radiographie et de radioscopie[7].

Radiographie d'une main contenant une balle de revolver, 1896.

Au cours de sa carrière, Albert Londe s'est beaucoup investi dans le développement de la photographe. Il devient membre du conseil d'administration de la Société française de photographie en 1880, et deux ans plus tard en devient son secrétaire général-adjoint. En 1887, il fonde avec Gaston Tissandier, rédacteur en chef du magazine La Nature, la Société d'excursions des amateurs de photographie. Le matériel photographique étant devenu transportable, les membres de la société organisent des excursions pour photographie des monuments et paysages français.

Il prend sa retraite en 1904, à l'âge de 46 ans. Il est remplacé par Charles Infroit et reçoit le titre de directeur honoraire des services de photographie et de radiographie de la Salpêtrière[7]. Le couple part s'installer à Reuil-en-Brie, un petit village de Seine-et-Marne où ils acquièrent le château de Bréau[19]. Son épouse, Isabelle Fourtoul, meurt quatre ans plus tard[20],[21]. La même année il devient maire de la commune.

Il poursuit la photographie, en s'intéresse notamment au procédé de l'autochrome développé par les Frères Lumière, qui le commercialisent en 1907, avec lequel il réalise de nombreux clichés en couleur et articles pour Le Chasseur français[19]. Lors de la commémoration du vingt-cinquième anniversaire de la Société d'excursions des amateurs de photographie, il déclare :[19]

« La vie pour les uns comme pour les autres ne se passe pas sans qu'il y ait des séparations cruelles dans la famille et un jour on reste seul, comme je le suis maintenant. Or, je vous l'avoue, sans la photographie [...], je ne sais ce que je serais devenu. C'est la photographie qui m'a sauvé et surtout la photographie en couleurs. »

Londe tenant un chronophotographe, sans date.

Albert Londe meurt le 11 septembre 1917, à l'âge de 58 ans, dans son château de Bréau[22],[23]. Photographe largement oublié à la fin du XXe siècle[24], son travail est reconnu de son vivant par le milieu médical ainsi que le milieu de la photographie. Il reçoit entre autre des prix de l'Académie de médecine, de la Faculté de médecine, de l'Assistance publique ainsi que de plusieurs sociétés savantes de photographie. Il est également fait officier d'académie et officier de l'Instruction publique[7].

Récompenses et décorations

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Décorations

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Récompenses

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Collections publiques

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Publications

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  • La Photographie instantannée, Paris, Gauthier-Villars (réimpr. 1890, 1897) (1re éd. 1886) (lire en ligne).
  • Nouvelle iconographie de la Salpêtrière : Clinique des maladies du système nerveux, 1888-1918 (lire en ligne).
  • La Photographie dans les arts, les sciences et l'industrie : conférence faite au Conservatoire national des arts et métiers, Paris, Gauthier-Villars, (lire en ligne).
  • Traité pratique du développement, Paris, Gauthier-Villars (réimpr. 1890, 1898, 1904) (1re éd. 1886) (lire en ligne).
  • La Photographie moderne, Paris, G. Masson (réimpr. 1896) (1re éd. 1888) (lire en ligne).
  • Paul Blocq (co-auteur) (préf. Jean-Martin Charcot), Anatomie pathologique de la moëlle épinière, Paris, G. Masson, (lire en ligne).
  • La Photographie médicale, Paris, G. Masson, (lire en ligne).
  • Aide-mémoire pratique de photographie, Paris, J.-B. Baillière et fils, (lire en ligne).
  • Traité pratique de radiographie et de radioscopie, Paris, Gauthier-Villars, (lire en ligne).
  • « Le service photographique de la Salpêtrière », Archives d’électricité médicale, no 78, , p. 282-296 (lire en ligne).
  • Album de chronophotographies documentaires à l'usage des artistes, Paris, Ch. Mendel, .
  • La Photographie à l'éclair magnésique, Paris, Gauthier-Villars, .
  • La Photographie à la lumière artificielle, Paris, Octave Doin et fils, (lire en ligne).
  • L'hystérie dans l'art (recueil non publié de reproductions photographiques de peintures ou gravures sur l'hystérie, accompagnées de notes manuscrites, ex-libris et signature autographe sur chacune des planches de photographies), 19 p. (lire en ligne)

Notes et références

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  1. A. Petitjean, « Édouard Londe (1829-1891) », Bulletin de l'Association amicale des anciens élèves de l'Ecole des Mines, (lire en ligne Accès libre)
  2. Acte de naissance, Archives des Bouches-du-Rhône, La Ciotat, côte 201 E 4477, vue 44, n°211.
  3. 1 2 Olivier Walusinski, « Albert Londe (1858-1917). Le photographe de Jean-Martin Charcot à La Salpêtrière », e.sfhm, vol. 4, no 1, , p. 16-27 (lire en ligne Accès libre [PDF])
  4. Registre matricule d'Albert Londe, Archives de Paris, bureau 6, côte D4R1 220, classe 1878, matricule 890
  5. Xavier Boniface, « La réforme de l’armée française après 1871 », Inflexions, vol. 21, no 3, , p. 41–50 (ISSN 1772-3760, DOI 10.3917/infle.021.0041, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  6. P.-P. Dehérain et L. Maquenne, « Expériences sur la végétation dans des atmosphères riches en acide carbonique », Annales agronomiques, , p. 387 (lire en ligne Accès libre)
  7. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Notice sur les titres et travaux scientifiques de M. Albert Londe, Paris, A. Gauthier-Villars, (lire en ligne)
  8. « Album de photographies pathologiques », sur Gallica
  9. Guillaume-Benjamin Duchenne, Mécanisme de la physionomie humaine ou analyse électro-physiologique de l'expression des passions, (lire en ligne)
  10. 1 2 Alice Aigrain, « Histoire de la photographie médicale : Les photographies du Musée Dejerine sur le portail SorbonNum+ », Encyclopédie d'histoire numérique de l'Europe, 2025-1020 (ISSN 2677-6588, lire en ligne Accès libre)
  11. « L’imagerie à l’hôpital avant la Radiographie », sur Société française de radiologie & d'imagerie médicale (consulté le )
  12. « Revue photographique des hôpitaux de Paris », sur Mirabel (consulté le )
  13. Monique Sicard, La photographie scientifique, les académismes et les avant-gardes, tribunes.com.
  14. « Nouvelle iconographie de la Salpêtrière », sur patrimoine.sorbonne-universite.fr
  15. INPI
  16. Étienne Gérard, De Londe à Guérin ou l'histoire de la maison Dessoudeix, Club Niepce-Lumière, coll. « Maxifiche » (no 39), (ISSN 2104-6182, lire en ligne)
  17. Albert Londe, « Contribution à l'étude des rayons X », Bulletin de la Société française de photographie, , p. 105-106 (lire en ligne Accès libre)
  18. Thouroude, « Rapport de la commission chargée de proposer un candidat pour la médaille Janssen de 1900 », Bulletin de la Société française de photographie, , p. 157 (lire en ligne Accès libre)
  19. 1 2 3 Nathalie Boulouch, « Albert Londe. Positions autochromistes », Études photographiques, no 6, (lire en ligne Accès libre)
  20. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53924170j/f3.item.r=%22Mme%20Londe%22.zoom
  21. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96027328/f2.image.r=%22Mme%20Londe%22?rk=1030048;0
  22. « Nécrologie », Le Publicateur de l'arrondissement de Meaux, , p. 3 (lire en ligne)
  23. Acte de décès d'Albert Londe, Archives de Seine-et-Marne, Reuil-en-Brie, 11 septembre 1917, côte 6E408/6, vue 28, n°10
  24. Michel Guerrin, « Albert Londe, « touriste de la science » et pionnier de l'instantané », Le Monde, (lire en ligne Accès payant)
  25. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6542412q/f7.item.r=%22londe%20joseph%22
  26. médaille d'honneur d'argent de l'Assistance publique
  27. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1476512v/f156.item.r=%22Concours%20de%20cin%C3%A9matographie%20de%20Monaco%22
  28. https://beauxartsparis.fr/fr/collectionoeuvre/photographies
  29. https://www.getty.edu/art/collection/person/104T0C
  30. https://emuseum.mfah.org/people/39607/albert-londe/objects
  31. https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/albert-londe-22566
  32. https://photographie.sfp.asso.fr/index.php?/category/londe-albert-3
  33. https://wellcomecollection.org/search/works?contributors.agent.label=%22Albert+Londe%22

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Notice sur les titres et travaux scientifiques de M. Albert Londe, Paris, A. Gauthier-Villars, (lire en ligne)
  • Georges Didi-Huberman, Invention de l'hystérie. Charcot et l'iconographie photographique de la Salpêtrière, Macula, .
  • André Gautier, Un pionnier méconnu de la photographie médicale : Albert Londe (1858-1917) (thèse), Caen, , 114 p.
  • André Gunthert et Denis Bernard (préf. Louis Marin), L'Instant rêvé : Albert Londe, 1858-1917, J. Chambon, coll. « Penser la photographie », , 320 p. (ISBN 9782877110815)
  • Nathalie Boulouch, « Albert Londe. Positions autochromistes », Études photographiques, no 6, (lire en ligne Accès libre).
  • André Gunthert, Albert Londe, Actes Sud, coll. « Photo Poche » (no 82), , 144 p. (ISBN 978-2-09-754133-8)
  • André Gunthert, « Esthétique de l’occasion », Études photographiques, no 9, , p. 64-87 (lire en ligne Accès libre).
  • Denis Bernard, « L’image des rayons X et la photographie », Études photographiques, no 17, , p. 86-111 (lire en ligne Accès libre)
  • Pascal Frilloux et Jean-Pierre Salvarelli (directeur de thèse), Albert Londe, la photographie au service de la pulsion scopique en médecine (thèse), Lyon, .
  • Étienne Gérard, De Londe à Guérin ou l'histoire de la maison Dessoudeix, Club Niepce-Lumière, coll. « Maxifiche » (no 39), (ISSN 2104-6182, lire en ligne)
  • Olivier Walusinski, « Albert Londe (1858-1917). Le photographe de Jean-Martin Charcot à La Salpêtrière », e.sfhm, vol. 4, no 1, , p. 16-27 (lire en ligne Accès libre [PDF])
  • Alice Aigrain, Des corps malades sous l'objectif : la photographie médicale dans les musées hospitaliers parisiens (1866-1945) (thèse), Paris, (DOI 10.70675/a0417818zc282z4babzbe63zd83ae35bf6b0)
  • Denis Bernard, « La mesure de la lumière : Albert Londe et les éclairs magnésiques, 1886-1914 », Photographica, no 11, , p. 82-100 (lire en ligne Accès libre)

Filmographie

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Voir aussi

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Liens externes

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